‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 55 sur 129 · Ci · texte numérisé non relu

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Domliav

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Moielicad ne tient pas compte dans ce tableau de toutes les fièvres réniiKcnles, c’est ce qui c.vplique pourquoi le chilTre des décès n’est pas plus élevé encore.

Kn Cochinchine l’endémie palusirc est très- marquée ; parmi les formes pernicieuses de ce pays, l’accès cholérique est un des plus Ireqnents (Linquette, Libermann); lorsque le choléra existe en Cochincbine la fièvre paludéenne s’edace devant lui, ce qui a fait dire à quehjucs médecins qu il y avait antagonisme entre ces deux maladies : il y a bien plutôt alfinité, dit Dniroulan, et absorption de l’iine par 1 anlie, si 1 on a égard à l’analogie de forme qui les rapproche {op.

Les îles de 1 Océanie, dont la flore et la faune présentent tant de bizaiieries, sont presque toutes épargnées par le miasme palustre, sauf les îles de la Malaisie (Bornéo, Java, Sumatra) ; en Australie, à la Nouvelle-Calédonie, à Taïti, les fièvres sont très-rares. A la Nouvelle-Calédonie on trouve cependant, dit Dniroulan, des marais présentant les caractères objectifs les plus marqués des, marais fébrigènes; on s’est en vain ingénié jusqu’ici à découvrir la cause de celle iininunilé : dore, faune, météorologie, géologie, tout a été interrogé sans résultat (“2), et l’on est obligé de reconnaître qu’il existe sous les tropiques comme ailleurs des marais non fébrigènes; c’est Boudin qni le premier a fait celle importante remarque dans son Traité de qéoqraühie médicale.

Les fièvres manquent également à la Réunion; pendant longtemps nie Maurice, sa voisine, a partagé cette immunité, mais depuis 180(5 l’endétnie palustre a pris à Maurice une grande extension.

A-idO kilomètres de la Réunion, la malaria sévit avec violence à Mayotte et à Madagascar; les Européens n’échappent à ta fièvre |>ernicieuse que pour tomber dans la cachexie palusirc; à Mayotte ouest

(1) Moielicad, op. cil., p. Ifi.

(2) Dutroulau, op. cil , j). 1)(3.

l'iEvr.ES PALUSTUES.

obligé de changer tous les ans la garnison, dont la mortalité est excessive (Dutroulau). Les côtes d’Al'ri(iue sont tout aussi malsaines que ces îles si peu hospitalières à l’Européen : en Guinée, au Sénégal, les (lèvres palustres sont aussi communes que graves.

En Algérie, « les fièvres caractérisent principalement l’endémoépidémie annuelle; elles comptent pour 20 097 sur 42 507 malades,

' ou pour 48 pour 100... Moins généralisées que la dysenterie, elles sont assez limitées dans la sphère d’infection des localités marécaj geuses pour (pi’il ne puisse subsister de doutes sur la réalité des in- (luences nocives des marais (1). » Les plaines de laSeybousc près de Boue, de la Mitidjadaiis la province d’Alger, sont particulièrement insalubres; tous les médecins d’Algérie ont insisté sur le danger de séjourner dans les plaines pendant la période endémo-épidémique (2); les tribus arabes connaissent bien cette iniluence désastreuse des I plaines; dès (pie la moisson est achevée, au mois de juin, elles vont i s’installer sur les montagnes voisines, comme font aussi les habitants de la campagne romaine; le même mot arabe qui signifie fièvre veut I aussi dire plaine (h’emma). C’est sous forme d’eiulémo-épidémic an- I nnelle que les fièvres régnent en Algérie et dans tous les pays chauds.

I « Pendant les six premiers mois de l’année on ne trouve que des I affections sporadiques communes en Europe et des affections consé- I cutives aux maladies de l’année précédente ; puis tout à coup les afi'ections sporadiques disparaissent, et toutes les maladies se confondent ! en une seule pour ainsi dire. Alors l’attention du médecin est partagée I entre les fièvres variables par leur type et leur gravité, et la dysenterie, i si souvent confondue avec elles, qu’on est tenté de leur reconnaître une nature commune (3). » En Égypte c’est l’endémie palustre qui ' rend si difficile racclimatement de l’Européen; en Abyssinie les fiè- I vres sévissent sur les plateaux inférieurs, dans les vallées basses et profondes recouvertes de forêts impénétrables, d’une végétation sur- I abondante, et l’on observe, dit Ch. Blanc les (4), les formes plus graves de l’impahulisme.

« En Amérique comme dans l’hémisphère oriental, l’endémie palustre étend sa sphère d’action sur toute la zone tropicale, mais elle paraît avoir une action beaucoup plus grande sur le littoral du golle du Mexique et les Antilles que sur le littoral de l’océan Pacifique... On pourra se rendre compte de la salubrité relative des deux rivages

(I) L. Lavoran, art. Alcérik, iii Diction, encijclo]).

(i) l’auly, Esipiisse.s de climatologie comparée. Paris, (874-, p. 57 (.

(5) L. Laverai!, Documents pour servir à l’histoire des maladies du nord de l’Afiigue, loc. cit.

(4) Gaielle hebdomadaire, !2Ü mai t87l : Une mission diplomatique en Abij.ssinie.

du continent américain en examinant sur une carte le système hydrologique de cet hémisphère. Tous les gi'ands (leuves se déversent dans | 1 océan Atlantique en tonnant a leur emhouchure d’énormes amas alluvionnaires. Du côté du Pacili(|ue, au contraire, à peine une étroite zone sépare la mer des pentes ahruptes des Cordillères. Quelques cours d’eau (jui ne sont que des ruisseaux en comparaison du Mississipi, de rAmazoïie, de l’Orénoque, de la IMata, viennent interrompre de loin en loin l’aridité des ])lages du Chili et du Pérou (I). »

La statistique médicale de l’armée américaine pendant la guerre de la sécession montre parfaitement la différence qui existe au point de vue des fièvres palustres entre les rives de l’océan Atlantique et celles du Pacifnpie; l’auteur de la statistique a eu l’excellente idée de séparer en trois grands groupes l’immense théâtre de la guerre (“2).

NOMIt|\K DE MALADIES Eï UE DÉCÈS DAK KIÈVUE INTEUMITTE.NTE DA.NS CIIACILNE DES TDOIS UÉCIDNS.

ANNÉE FINl.SSA.NT LE 30 JUIN 18()-2.

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