‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 56 sur 129 · I.OOl · texte numérisé non relu

I.OOl

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Les chiffres fournis par J. Metcalf (3) permettent de constater, d’autre part, que les fièvres augmentent de fréquence aux Etats-Unis â mesure qu’on se rapproche de l’équateur. Dans la région des lacs elles donnent 103 malades sur 1000 hommes; dans les postes nord à distance de la mer et des grands lacs, 151 ; dans les stations du hord de la mer, depuis le cap Delaware à Savannah, 370; dans le sud-ouest, y compris JelTerson Barraks, les forls Gibson, Smith, Coffee, Towson et .lesup, 7T7; sur le bas Mississipi, 335; dans la Floride orientale, 520.

Au Mexique les fièvres palustres régnent sur les côtes, dans les terres cbaudes, en même temps que la fièvre jaune, sans cenfondre

(1) Art. Amérique, in Diclion. encyclop. des sc. màlic

(2) Stalisliqiie américaine. Tablenn \X.

(3) Rapport à la Commission sanitaire des Etats-Unis. Evans, Op. cit., p. 170.

: FIÈVRES PALUSTRES 1ô<J

leurs l'üvers avec ceux de cette dernière maladie; la lièvre jaune se I localise dans les ports, dans les quartiers les plus malsains des villes du littoral, tandis que la malaria règne sur les campagnes et respecte I les villes; ni la fièvre jaune, ni les fièvres palustres ne s’élèvent, du I reste, sur les hauts plateaux. Bien que Mexico soit entouré de lacs et I de marais, bien que la température moyenne soit assez élevée, les I lièvres palustres y sont rares, et, au lieu d’an'ecter comme dans les I (erres chaudes les formes continues, elles sont le plus souvent inter- I miltentes comme en Europe; M. le docteur Lihermann(l)a observé sur i le plateau de Mexico deux fois plus souvent le type tierce que le quotidien; on voit bien ici que la climatologie verticale correspond à la climatologie horizontale; s’élever sur les hauts plateaux ou se rapprocher des pèles d’un certain nombre de degrés revient à peu près au même.

Les Antilles françaises (Martinique, Guadeloupe) ont un littoral très-insalubre, mais les hauteurs sont à l’abri des fièvres, témoin le camp Jacob. La Guyane est une vaste plaine parcourue par de nombreux cours d’eau qui ont donné lieu à des marais, d’imposantes forêts couvrent le sol, et malgré cette richesse de végétation l’endémie palustre désole ce beau pays. En 17fi3, L200Ü colons provenant surtout de l’Alsace et de la Lorraine se firent transporter cà la Guyane, dont on leur avait fait des descriptions enchanteresses; au bout de trois ans les fièvres les avaient réduits à 2000.

La race noire jouit seule d’une immunité véritable pour le miasme palustre, immunité qui permet à cette race de prospérer dans des pays, comme Madagascar, où l’Européen ne peut pas s’acclimater. Nous n’avons pas h expliquer ici cette immunité, contentons-nous de dire que, grâce à elle, les nègres peuvent rendre de grands services dans les pays palustres ; les troupes nègres employées pendant la guerre de sécession ont beaucoup moins souffert que les troupes blanches (2); au Mexique, les nègres, qui n’avaient à craindre ni la fièvre jaune ni les fièvres palustres, nous ont été d’un grand secours pour le service des terres chaudes; les Anglais utilisent dans toutes leurs colonies des pays chauds et dans toutes leurs expéditions cette utile propriété du nègre. Quand les nègres séjournent longtemps hors de leur pays, ils perdent en partie leur immunité; l’iiistoire médicale de l’expédition du Niger (1841) est très-intéressante à cet égard. Trois navires anglais, YAlherl, le Wilber force et le Soudan, remontèrent le Niger; les équipages se composaient de 145 blancs I et de 158 nègres d’origine américaine : un mois après l’entrée dans

(1) Des fièvres inlermiUenles dans la vallée de Mexico (Dec. mém. méd. militaire, avril 1801).

(2i J. Melcalf, V. Evans, op. cil., p. 171.

le Niger, 130 blancs sur 145 étaient alleinls de fièvre, 40 siicoombèrenl; des 158 noirs 11 seulement eurentde légères atteintes, aucun ne mourut; les II nègres qui ne jouirent pas d’une immunité complète avaient passé plusieurs années en Angleterre (1).

Kxiste-t-il un antagonisme entre les fièvres palustres et la. fièvre typhoïde ou la tuberculose? Il est très-exact que la fièvre typhoïde et la tuberculose sont rares dans beaucoup de pays palustres, et vice versd; mais autant cette proposition générale est vraie, autant la loi de l’antagonisme posée par Boudin est fausse, précisément parce qu’elle a la prétention d’être une loi. « De même que chaque pays possède son règne végétal, écrit Boudin en tête de son Traité de géogrnphie médicale, de même il possède aussi son règne pathologique, il a ses maladies i)ro|)res et exclusives de certaines autres. » Nous monticrons (lièvre iijijhoide) qu’en Algérie la fièvre jialustre n’est nullement exclusive de la fièvre typhoïde, et que ces deux maladies peuvent se rencontrer successivement chez le même sujet. La fièvre typhoïde a été observée dans les foyers les plus intenses du paludisme, a Borne, à Madagascar, aux Indes, avec peu de fréipience, il est vrai, dans ces deux diM'iiiers pays.

Il nous a paru intéressant de rapprocher le nombre des décès par phthisie dans les ditférentes stations de l’armée anglaise, du nombre des admissions aux hôpitaux pour fièvres; on verra par le tableau ci-dessons que la phthisie règne surtout là où les fièvres sont rares : Angleterre, Australie, Nouvelle-Zélande, Sainte-Hélène, Cap, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Bermudes, Gibraltar, Malte, îles Ioniennes; mais qu’en Chine, à Ceylan, aux Indes et aux Antilles les deux maladies s’observent avec une grande fréquence.

Ces chilfres se rapportent à la période comprise de 1859 à 1800; ils sont empruntes à la slatistit[ue médicale de l’armée anglaise C2). (A., troupes anglaises; I., troupes indigènes.)

(I) L. Laveran, art. Axtagomsme, iii Diction, encijciop. ile.'i sc. niéd.

(“2) Itecueil mém. de méd. militaire, SEpti'iulirc I8(it».

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