Tl
Cevlan
Chine
.lapon
Indes (présidences du Rengale, de Madras et de
Rond)av)
Australie et Tasmanie.. . .
Nouvelle-Zélande
A Anvers, liaiis File de ^Yalclleren, à Rochelort, .où les fièvres sont fréquentes, on observe en même temps la tuberculose; à la Guyane la plilhisie est très-répandue (Laure); de même au Pérou (Tschudi); eu Algérie on rencontre la phthisie chez les Arabes aussi bien que chez les Européens, et il n’est pas très-rare de la voir co-exister avec l’intoxication paludéenne(l); l’individu affaibli par les fièvres n’est pas plus à l’abri de la phthisie que de la fièvre typhoïde.
L’étude de la géographie médicale montre, en somme :
1° Que les (lèvres palustres peuvent régner dans les pays froids comme la Suède, l’Irlande, les bords de la Balti(|ue;
"2° Que, d’autre part, des pays intertropicaux (Nouvelle-Calédonie) peuvent en être complètement indemnes;
(1) L’antagonisme entre le palmlisnic et la ]ihtliisie pnlinonaire n’existe pas en Algérie {.M. Masse, Rec. mém.méd. militaire, février 1868;.
A LAVERAN.
3“ Que les fièvres deviennenl de plus en plus graves à mesure qu’on s avance des pôles vers l’équaleur, et qu’elles leiuleiit à prendre eu même temps le type couliiiu;
■t" Que les pays marécageux, les côtes, les plaines basses et humides, sont le milieu le plus favorable au développement de l’endémie palustre;
5“ Enfin, que le marais n’est pas par lui-même, en tant ipie marais, la cause des fièvres, attendu ipie même dans les pays cbauds tous les marais ne sont pas fébrigènes.
Etiologie. — Les propositions précédentes vont nous permettre d’écarter immédiatement plusieurs théories étiologiques des fièvres palustres.
Quebiucs médecins ont nié l’cxisteucc d’un miasme spécial et ont attribué toutes les fièvi'es aux circonstances atmospbéri((ues, et particulièrement à la chaleur; cette opinion, qui fait des fièvres palustres des fièvres climatiiiues, a été soutciiue surtout par U. Faure. La chaleur a sans contredit une ti'ès-graïulc importance dans les manifestations de l’impaludisme : d’abord, un certain degré de chaleur est indispensable au développement du miasme; puis, l’élévation de la température joue, comme nous le verrons, un très-grand rôle dans le type et la gravité des formes ; mais il n’est pas possible de soutenir (}ue la chaleur seule est cause de l’eudémo-epidémie des [lays cbauds. Nous avons vu que la distribution des fièvres à la surface du globe ne correspondait [las exactement aux lignes isothermes; tel pays situé sous les tropiques est indemne, tandis que tel autre, malgré une latitude élevée, est ravagé par les fièvres; les navires en pleine mer ne sont pas à l’abri de la chaleur, cependant jamais les fièvres ne s’y développent, et dans les pays les plus insalubres, comme sur la côte d’Or, les navires à l’ancre, même à peu de distance des côtes, sont complètement préservés; c’est ce que Pringle fait remarquer pour la Hotte qui stationnait près de file de Walcheren. La chaleur, qui aggrave beaucoup les fièvres intermittentes et qui les transforme en fièvres rémittentes et en continues, agit aussi sur les autres fièvres; on Algérie la fièvre typhoïde présente plus de gravité qu’en France; ainsi de l’embarras gastrique fébrile, ijui dans les pays cbauds devient une fièvre rémittente, laquelle mérite bien le nom de rémittente climatique. Réduite à ces proportions, la tbéorie des fièvres climatiques est parfaitement exacte, et presque tous les observateurs l’admettent; ils ne ditlèrent que sur la part plus ou moins large qu’on doit faire à l’élément climatique. Priuglc déjà attribuait une partie des fièvres
(t) D. Eauro, op. cil.
l’IÈVRES PALUSTRES.
rémitleiitos observées par lui aux seules iuflueuces météorologiques; il est clair que plus le climat devient chaud, plus l’élément climatique doit prcndia; d’importance ; cela explique pourquoi M. le professeur L. Colin, observant à Home, écrit que presque toutes les fièvres relèvent (lu miasme palustre, tandis que Morehead aux Indes fait une part plus large aux fièvres climatiques proprement dites, dont il décrit deux espèces : fièvre épliémère et ardente, fièvre continue ardente (op. cil., p. lü“2).
Nous reviendrons, à propos des dilTérents types des fièvres, sur cette intéressante question; il nous suffit pour l’instant de constater que si la chaleur joue un rôle important dans le développement des fièvres, c’est d’une façon indirecte eu favorisant l’éclosion du miasme et en exagérant les manifestations symptomatiques.
Les théories électriques d’Eisenman, de A. Burdel, de Pietra-Santa, ne méritent })asde nous arrêter; comparer un marais à une pile électrique est peut-être ingénieux, mais cette comparaison n’expli(|ue pas le plus petit accès de fièvre; comment assimiler à une décharge électrique ou à une soustraction brusque de tluido l’action presque toujours assez lente du miasme palustre? Les individus qui ont séjourné dans un foyer de malaria no sont pris souvent de lièvre que plusieurs jours, voire même plusieurs semaines après en être sortis.
Les marais mixtes sont très-souvent féhrigènes; M. Mêlier a fondé sur ce fait une théorie des fièvres : les poissons habitués les uns à l’eau douce, les autres à l’eau salée, meurent rapidement dans les marais mixtes, la matière animale provenant de leurs cadavres décompose les sulfates, et le miasme palustre naît de cette réaction. En admettant même que partout où se développent les fièvres on trouve ces trois éléments en présence ; eau, matières organiques, sulfates, on ne voit pas comment de leur combinaison on peut faire sortir le miasme palustre; les matières organirpies décomposent les sulfates, c’est vrai; il y a formation d’acide sulfhydrique, c’est encore vrai; mais le gaz acide suifhydrique n’a jamais passé pour un agent féhrigène.
M. le profe.sseur L. Colin {op. cil.) insiste beaucoup sur ce fait que les fièvres telluri(pies peuvent se développer en l’absence de marais proprement dits; de grands mouvements de terrain ont suffi quelquefois; c’est ce qu’on a vu <à Paris lors du creusement du canal de l’Ourcq et du canal Saint-Martin, lors des travaux des fortifications, etc. Bien que le marais soit le milieu par excellence du miasme palustre, il est certain que c’est là une condition adjuvante, mais nullement nécessaire; des terrains humides, des plaines mal drainées, des couches d’eau souterraines, des inondations, des irrigations mal faites, des rizières, des remuements de terrain, des alternatives de pluie et de
"’*■ MALADIES ET El'IDI-MIES DES ARMÉES.
chaleur, SMlfisenl souvent au (lévelo|ipemeiil du miasme (l). M. le professeur L. Colin, après avoir montré que le marais n’esl pas la condition une rjua non du miasme, fait remarquer que les pays dévastés, ahandonnés, i)i'oduisent surtout la fièvre, tandis que les pays riches et bien cultivés en sont le plus souvent indemnes, et il en conclut que si les premiers sont l'chrigènes, c’est que la force végétative du sol ne trouve pas son emploi. La puissance végétative du sol est une pure abstraction, un être de raison, incapable d’agir sur l’organisme ; aussi M. L. Colin admet-il un intermédiaire: la puissance végétative du sol engendre le miasme palustre, et le miasme, les fièvres. « Quant à la constitution même du miasme tellurique, dit M. L. Colin, il est certainement de nature malérielle, pondérable; il semble même devoir être de tous les miasmes le plus saisissable : il se rattache, dans son e.xpansion à la surface du sol, à certains phénomènes météorologiques très-appréciables; comme un gaz, comme une particule organique vivante ou non, il est transporté par le courant atmosphérique ; il est même trèsprobablement rccélé dans cette abondante rosée si riche en matière organique qui malin et soir recouvre les pays à fièvres {i). »
Dans les |)ays à malaria, les lieu.v dépeuplés, incultes, coin me la campagne romaine sons la domination des papes, sont particulièrement insalubres, c’est très-vrai; mais il n’esl pas nécessaire, croyons-nous, pour expliquer ce fait, si bien mis en lumière parM. le professeur L. Colin, de faire intervenir la puissance végétative du sol. Dans un pays riche et peuplé comme l’était la campagne romaine au temps où Horace célébrait les charmes de sa villa de Tivoli, de nombreux travaux d’art sont exécutés et entretenus avec soin; on dessèche les marais, on endigue les fleuves; les égouts, les aqueducs, se multiplient; les moissons couvrent le sol et le drainent par leurs racines; vienne une invasion de barbares : les travaux d’art sont détruits, les aqueducs coupés, les marais s’étendent, les arbres périssent, et le miasme palustre croît en liberté nu milieu de ces ruines. Certains jiays doués d’une végétation luxuriante, comme la Guyane et les vallées inférieures de l’Abyssinie, sont cependant des foyers très-puissants de malaria; c’est en drainant et en desséchant le sol que les végétaux contribuent à i’assaiuir, liien plutôt qu’en mettant en œuvre sa puissance végétalivo, et lorsque l’humidité du sol est trop considérable, comme à la Guyane, ils ne suffisent plus au drainage.
Les agglomérations de maisons protègent aussi contre la malaria ; à Rome, pendant la période endémo-épidémique, on n’est en sûreté qu’au
(t) E. ]iKx\\wi, Hecherchex sur les causes des fièvres à quinquina. Taris, I818.
(2) L. Colin, art. Mcxs-MC, in Diction, encyclop. des sc. méd., l. VU, 2' série, p. Ô3â.
FIÈVRES l'ALUSTUES.
centre de la ville (de Touriion, F. JacquoI, L. Colin); le Glielto, quartier des juifs, est le quartier le plus salubre, quoique le plus sale et le plus encombré, tandis que les i;randes places et les avenues désertes de l’ancienne Rome sont très-daiii(ereuses à parcourir (L. Colin, oj).cil.). Dans une de ses belles expériences surlagénéralion spontanée M. Pasteur fait bouillir un liquide fermentescible dans un ballon dont le col est plusieurs fois recourbé ; on chauffe le ballon de façon à détruire les germes existants, puis on abandonne le liquide à lui-même, la fermentation ne se produit pas, les sinuosités du col suffisent à arrêter les germes; eli bien, n’en est-il pas de même des rues tortueuses du Gbetto, qui défendent leurs habitants contre le miasme, tandis que les grandes avenues le laissent circuler librement? Des forêts, des rideaux d’arbres, peuvent amener le même résultat.
M. le professeur L. Colin fait remarquer aussi, avec beaucoup de raison, (pie certaines localités sont très-peuplées parce qu’elles sont très-salubres, et non pas très-salubre sparce qu’elles sont très-peuplées.
1" Le miasme palustre est transportable à distance : des faits trèsnombreux démontrent qu’il faut redouter les vents qui viennent de marais lëbrigènes.
“2“ Le miasme palustre est pesant, il s’élève peu dans l’atmosplièrc, et dans une même maison les habitants du rez-de-chaussée sont plus cx[»osés que ceux des étages supérieurs.
3'^ Le miasme palustre est un corps solide, car il est arrêté par une forêt, par un rideau d’arbres, qui fillr ni l’air comme la ouate dans les expériences de M. Pasteur et dans celles de Tyndall sur la lumière.
Les conditions de développement du miasme palustre sont celles de toute végétation ; il lui faut :
a. De la terre; il ne se développe jamais sur les navires en pleine mer;
b. De la chaleur; il n’y a pas de fièvres palustres dans les régions polaires;
c. De l’humidité; dans les pays tropicaux, lorsque le sol est desséché depuis' longtemps, les fièvres disparaissent, maisilsuffit de quelques jours de pluie pour remire au sol sa puissance fébrigène.
Ces propositions toutes parfaitement établies conduisent naturellement à cette conclusion, que les fièvres palustres sont dues à un germe, à un ferment de nature végétale; aussi cette hypothèse si rationnelle a-t-elle été faite souvent. On a accusé les palétuviers, la flouve des marais (Boudin); mais ces espèces végétales n’existent pas partout où la fièvre est endémi([ue, et dans d’autres pays elles jouissent d’une innocnilé parfaite. D’après Bouebardat, le miasme serait
produit par runc des espèces animales microscopiques qui pullulent dans les marais, opinion conCorme à la théorie de M. lierllielot sur les lerment'ations ; les micropliytes et les microzoaires n’agiraient pas l>ar eux-mêmes pour provoquer les rermcntatious, mais en sécrétant des lérmenls, comme l’orge en germant fournit la diastase. Hallier accuse une espèce voisine des oscillarinées; enfin Salishury, professeur à Cleveland (Ohio), croit avoir trouvé dans une espèce du genre PalmcHa, cà laquelle il donne le nom de Gcmiasma, la cause, le ferment des fièvres. Voici les principaux faits sur lesquels s’appuie Salishury (1) :
1° 11 a découvert à la surface du sol de certains pays marécageux de l’Ohio des cellules analogues ii celles d’une algue du genre palmelle.
2“ 11 a constaté : que ces spores se rencontrent dans l’atmosphère pendant la nuit et ne s’élèvent qu’à une certaine altitude (35 à lOÜ pieds);
3“ Qu’on les retiouve dans l’expectoration et les urines des fébricitanls.
•i“ Dans les prairies où il recueillait ces spores, Salishury dit avoir éprouvé une sensation très-pénihlc de sécheresse et de constriction dans la bouche, le pharynx et le larynx, sensation suivie de toux avec expectoration de mucus dans lequel on retrouvait des palmelles.
5“ Salishury a trans|mrlé de la terre provenant de ces prairies sur la croisée d’une chambre loin des foyers de la malaria, et au bout de douze jours des fièvres tierces bien caractérisées se sont déclarées chez deux jeunes gens qui occupaient cette chambre.
Un fait observé par M. le docteur Bachon en Algérie établit parfaitement le rapport qui existe entre le miasme féhrigène et les fermentations des matières végétales (2).
« En 1870, dit M. Bachon, nous habitions depuis cim[ ans, à Médéah, une maison dans laquelle nous avions fait un magasin à fourrage d’une pièce du rez-de-chaussée. Toute la chambre n’élait point occupée, mais, dans Tun des angles, nous avions fait délimiter un carré avec des perches cl des toiles ; cl c’est dans celle espèce de cadre que depuis plusieurs années le foin était mis en dépôt, à chaque distribution, C'est-à-dire tous les dix jours. Le foin était rapidement renouvelé, mais les détritus s’étaient amoncelés et n’avaient pas été enlevés depuis longtemps. Un quart de la pièce était donc consacré
(1) Came des lierres interniiltente/i el rémittentes rapportée à une alijaedugenre i'almcWa (Ann. d’hijn. Paris, 1808, t. XXIX, p. 117).
(2) De t’infection palustre et particulièrement de la fièvre rémittente bilieuse, par M. Baclion (Dec. mém. de méd. nùlitaire, 1873, t. XXIX, p. 23‘Ji.
FIÈVRES PALUSTRES
HiT
au fourrage, et le reste servait de lieu de passage, et était consacre au logement de l’ordonnance, (pii avait son lit dans l’angle opposé à celui du magasin. Plusieurs hommes avaient occupé ce logement, sans que jamais aucun d’eux eût été atteint de la fièvre.
» Au mois de juin 1870, ne voulant plus mettre le foin dans cette pièce, nous fîmes balayer les détritus, après avoir lait enlever le cadre. L’ordonnance, jugeant qu’il serait mieux dans ce nouvel emplacement, y transporta son lit, et deux jours après il était pris de lièvre intermittente quotidienne, à sa grande surprise, car il n’avait jamais ■eu d’accès depuis deux ans qu’il était en Algérie. Nous soupçonnâmes immédiatement d’où venait le mal, et nous donnâmes a cet homme l’ordre d’abandonner cette chambre, et en même temps nous lui fîmes prendre de la quinine. Après le troisième accès, la fièvre parut teimiuèe; notre homme, qui se trouvait mal dans sa nouvelle habitation, s’empressa de revenir dans l’angle où avait séjourné le foin : dès le lendemain, il fut pris d’un nouvel accès de fièvre. Il n’y avait pas à en douter, le foyer d’infection était bien là; nous voulûmes cependant faire une nouvelle expérience. Sans abandonner la chambre, nous fîmes mettre le lit dans l’angle opposé, là où il était précédemment, et le jour même, nous fîmes laver à grande eau et à plusieurs reprises le sol de l’appartement : toutes les portes (|ui y donnaient accès furent largement ouvertes pendant plusieurs jours. A dater de ce moment, la fièvre ne parut plus. »
Plusieurs observateurs n’ont pas réussi à découvrir les palmeilcs de Salisbury dans l’air des marais fébrigèiies, mais il n’y a rien à en conclure contre l’existence d’un miasme animé. Pouvons-nous reconnaître dans l’air les corpuscules virulents de la variole? de la rougeole? Les plus forts grossissements de nos microscopes ne nous permettent pas de dire en passant en revue les innombrables corpuscules qui voltigent dans l’air ; Voici une granulation capable de donner la variole, en voici une autre qui porte la rougeole; cependant personne ne nie l’existence de ces granulations. Loin de nous l’idée d’assimiler la fièvre palustre aux maladies virulentes, le miasme palustre aux virus; nous voulons dire seulement qu’il n’est pas bien élonnaul qu’on ne connaisse pas les corpuscules du miasme palustre, puisqu’on ne sait pas distinguer des éléments que nous pouvons examiner tout à loisir.
Un fait rapporté par Boudin semble prouver que les eaux marécageuses employées pour la boisson peuvent donner la fièvre, et qu on a mis, comme il dit, le miasme eu bouteille : au mois de juillet 1831cent vingt militaires s’embanpieut àBùne sur un navire sarde, l’Ar^/o; pendant la traversée, longue et difficile, les militaires sont obligés de
MAU DU', S ET ÉPIDÉMIES DES AlïMÉES.
tioire une eau puisée près de Bouc, dans un endroit marécageux, tandis ([uc les hommes de réquipage font usage d’une eau de bonne qualité; treize militaires- meurent pendant la traversée, et à l’arrivée a Marseille quatre-vingt-dix-huit sont déposés à l’hôpital du Lazaret, « offrant, dit Boudin, les signes les moins étptivoques de l’intoxication paludéenne sous toutes les formes, sous tous les types, et portée sur (pielque.s-unsau plus haut degré de gravité ou, si l’on aime mieux, de perniciosité » ; au contraire, les matelots sont épargnés. « Ce fait démontre d’une manière péremptoire, ajoute Boudin, que la matière paludéenne à l’état hhpiide comme à l’état gazeux, absorbée par la surface gastro-iidestinale comme par la surface bronchique, provoque egalement l’inloxicalion (1). » Ce fait assez extraordinaire a été soumis par M.le professeur L. Colin à une sévère critique, d’où il semble lésulter ipi il s agissait non pas uniquement de fièvres palustres, mais aussi d’une épidémie de fièvre typhoïde développée à bord de 1 Argo(i). Lin diagnostic rétrospectif est ici bien difficile, le mieux est de ne plus tenir compte de ce fait contesté et contestable et de chercher a établir sur de nouvelles preuves la nocuité ou l’innocuité des eaux marécageuses.
La (picstion est plus difficile à juger qu’on no pense, attendu que dans les pays palustres, lorsiiu’on est pris de fièvre à la suite de 1 usage d’eauy corrompues, rien ne prouve que l’air n’a pas servi de véhiculé au miasme autant et plus que l’eau. Minzi a condensé de la rosée dans des localités très-insalulires, aux (-nvirons de Rome, pendant la période cndémo-épidémiqiic, et il a avalé plusieurs onces de ce liquide sans le moindre accident; ce fait isolé ne prouve rien; MM. Peter et Trousseau n’ont-ils pas pu impunément se barbouiller les lèvres et la gorge avec des fausses membranes dipbtbéritiques? M. le professeur L. Colin pense que les eaux marécageuses peuvent donner la dysenterie, non la fièvre, et dans un excellent mémoire ilra|iporle un grand nombre de faits à l’appui de celte opinion (B); mais dans un autre travail (T) il admet ipie le miasme palustre peut se mêler à la rosée, et de la rosée à l’eau potable il n’y a jias bien loin.
Le docteur Cb. Blanc, qui a parcouru des régions très-insalubres en Abyssinie, prétend qu’il a toujours réussi à se préserver des maladies, et des fièvres en particulier, eu ne buvant jamais que de l’eau filtrée ou bouillie; un officier anglais ([ui se soumit à la môme règle fut égale-
(I) Douilin, Traité des fièrres intermil lentes, 1818, p. 0(i.
(-) De i’inijesliun des eaux marécageuses comme cause de la dgsenferie et des jievres [Ann. d'Iigg. puld.etde méd. lég., séiïo, 187“2, l. XWVIII)
(8j De. Tingeslion des eau.v marécageuses, etc., toc. cil.
(-1) Art. Mi.xsmk, in Diction, encgclop., toc. cil.
FIÈVRES PALUSTRES
ment préservé, (anclis que loules les autres personnes faisant partie de la même mission furent atteintes de fièvre on de dysenterie pour n’avoir pas voulu prendi'e les mêmes précautions (1); le docteur Ch. Blanc a le tort de coidbndre au point de vue de l’étiologie la dysenterie et les fièvres; les eaux de mauvaise qualité, souillées de délritus d’origine animale ou végétale, peuvent provoquer la dysenterie, le fait est certain; quant à l’intoxicaliou palustre par ingestion d’ean marécageuse, adhuc sub jiidice lis est.
IxcL-iiATiON. — Le temps de l’incubation est très-irrégulier; parfois l’action est brusque, nous en citerons quelques exemples à propos des accès pernicieux ; [tins souvent le miasme n’agit pas rapidement, comme un poison dont les elTets se manifestent dès qu’il aété absorbé; il n’est pas exact, dit Maillot, fine le miasme agisse de suite, comme l’a prétendu Nepple; cela peut arriver, mais le plus souvent les accidents ne surviennent qu’au bout de dix à douze jours, quelquelois alors seulement que les malades ont quitté les foyers endémiques. 11 n’est pas très-rare de voir des militaires qui en Algérie n’ont jamais eu les fièvres, en être atteints pendant la traversée d’Algérie en France on peu de temps après leur débarquement.
Formes. ~ 11 est parfaitement reconnu aujourd’hui que le miasme tellurique peut donner lieu à des fièvres rémittentes ou continues aussi bien qu’aux formes intermittentes; la répartition des dill'érents Ivpes varie beauco\qi avec les localités; les fièvres a longues intermittences (tierce, quarte), communes dans nos climats, deviennentde plus en plus rares à mesure qu’on s’avance vers l’éqnateur et sont remplacées par les rémittentes ou les continues. Griesinger à Tubinguc observe beaucoup plus de tierces i[ue de quotidiennes, et le type quarte est assez fréquent; Nepple, dans la Bresse, trouve déjà un peu plus de ipiotidiennes que de tierces (l'.)8 ipiotidiennes, contre llô tierces); àBone M. Maillot compte 158“2 quotidiennes contre 530 tierces; les quartes deviennent rares (2), les rémittentes et les pernicieuses communes; de même en Italie (L. Colin, op. cil., p. 138); enfin, aux Indes les types continus deviennent prédominants, et sur 243 cas de fièvres intermittentes Morebead note 211 quotidiennes, 27 tierces, 5 à type indéterminé {op. cil., p. 17). Nous passerons successivement en revue les formes intermittentes et rémittentes simples, les accès peridcieux, les fièvres larvées et la cachexie palustre.
O-Vo/e.s' médic. recueillies pendant ^ln voyarje en Ahyssinie {GaiCtle hebdoin.. Kl avril 187 1).
(2) l’ar iiiic cxccplioii ti’(‘S-raro, M. le docteur Uliassagiie a vu le type f[uartc ju'édomiiier cliez les Kabyles des ciivirous du fort Napoléon (lleciteil méni. de nied. militaire, juin 18C2j.
Formes simples. Lntermittentes. — Les formes iiUermiüeiites afleclent trois types principaux : type quotidien (accès tous les jours); type tierce (accès tous les deux jours) ; type quarte (accès tous les trois jours). On peut signaler deux variétés ; la douille tierce, caractérisée par des accès quotidiens, mais d’intensité ditférenle, de telle sorte que les accès des jours pairs sont plus forts, par exemple, que les accès des jours impairs, les heures des accès pouvant aussi être différentes; — la double (juarte, dans laquelle il ii’y a qu’un jour de libre sur quatre, l’accès du premier jour ressemblant à celui du quatrième, et celuidu deuxième à celui du cinquième. Ces variétés sont déjà rares; antrelois on en admettait un grand nombre d’autres; on décrivait : la double quotidienne, la tierce doublée, la (piarte doublée, la quarte triplée, les fièvres qnintane, sextane, octane, mensuelle, etc. Ces divisions faisaient le bonheur des nosologistes, qui prenaient cette énumération de types très-rares ou problématiijues pour une classification métbodi([ue. Comment attacher un grand prix à ces divisions scolastiques, dit M. Maillot(o^i. ciV., p. 9), quand tous les jours on voit les divers types alterner entre eux et se jouer à chaque instant des classifications.
Generalement les accès se reproduisent tous lesjours((piolidiennes), tous les deux jours (tierces) ou tons les trois jours (ipiartes) à peuprès à la même heure; ils peuvent être anticipants ou retardants, mais il y a dans cette irrégularité même une certaine régularité ; si par exemple les accès sont anticipants depuis plusieurs jours, c’est-à-dire si chaque accès avance sur l’heure de l’accès précédent, on peut s’attendre k voir le même fait se produire pour les accès à venir. D’après Griesinger, le passage d’un type à un autre pourrait se faire sous l’intluence de retards ou d’anticipations successives; il est bien plus fréquent de voir les types se transformer brusquement (L. Colin). Les deux tiers des fièvres intermittentes, quel que soit leur type, ont leurs accès de minuit à midi, le maximum pour les quotidiennes et les tierces étant à dix heures du matin, le minimum de neuf heures du soir à minuit. Les belles recherches de Maillot (1) ont été confirmées par celles de MM. Finot, Durand de Lunel (2) et L. Colin. C’est à neuf heures cl dix heures du matin, dit M. L. Colin, qu’on observe le plus grand nombre d’accès ; « aussi pendant toute la période épidémique voyionsnous chaque matin un nombre plus ou moins considérable de malades, huit ou dix quelquefois, tremblant de la fièvre au moment mèmede notre visite. » {Op. cit., p. 181.)
Aux Indes, comme en Algérie et à Rome, la plupart des accès se
(I) Traité (les lièvres, \i. lü.
("2) Traité (lo(jmatique et j>rati(iue des fièvres intermittentes.
FIÈVRES PALUSTRES
produisoiil avant midi (Morcchead); il faut se défier en tons pays des accès do fièvre qui ne reviennent que le soir ou la nuit.
Coinnie l’accès de lièvre est le même dans les dillérenls l\pes, il nous snffii-a d’étudier l’accès de fièvre indépendamment du type.
La fièvre débute quelquol’ois d’emblée par un frisson, mais en général il y a quelques symplômes prodromiques auxquels ne se trompent pas les anciens fébricitants; ils sentent, comme ils disent, venir la fièvre. Ces prodromes consistent en lassitude, céphalalgie, courbature, nausées, etc.; ils varient beaucoup d’un malade à 1 autre. L accès régulier présente trois stades ; frisson, cbaleur, sueurs.
Le frisson est un pbénomène nerveux ([ui marque presque toujours le début des maladies fébriles cà ascension tbermométrique rapide (pneumonie, variole); il n'est pas étonnant de le rencontrer an débnt des accès palustres, car peu de maladies s’accompagnent d une élévation aussi rapide de la température. L’ascension thermique commence avant le début du frisson et continue pendant toute la durée de celui-ci (1); le thermomètre placé dans l’aisselle atteint rapidement 40% 41'’, 42% Griesinger a noté dans un cas 42%G, llirtz (2) dans un autre 44% Le fastigium coïncide avec la fin du frisson et le commencement de la période de cbaleur. Quel([uetois tout se borne a de légers frissonnements suivis bientôt d’une sensation vivo de cbaleur; plus souvent le frisson est violent, et c’est la période la plus redoutée du fébricitant. La peau est pâle, hérissée de follicules pileux en érection (chair de poule), les traits sont tirés, les lèvres bleuâtres, les dents clntpient, tout le corps est agité d’un tremblement si violent, qn’il se communique au lit et qu’on entend le malade frissonner à distance; à l’application de la main les extrémités sont refroidies, mais ce léger abaissement de la température périphérique n’est nullemeid en ra|)|»ort avec la sensation de froid si pénible qu’éprouve le malade; le pouls est petit, fréquent; des urines pâles sont émises en abondance. An bout d’un temps variable, qui dépasse rarement une heure, mais qui peut être moindre, la sensation de froid diminue, le frissonnement alterne avec des bouffées de chaleur, puis la chaleur prend définitivement le dessus, etlemalatle, qui tout à l’heure se ramassait sur lui-même et surchargeait son lit de couvertures, s étend maintenant et se découvre. La peau s’injecte et devient brûlante, le malade accuse une soif vive, de la céphalalgie, parfois on voit survenir un peu de délire; les battements du cœur sont forts et précipités, le pouls large, la respiration fré(piente, l urine rare et chargée. Le stade de cbaleur peut se prolonger pendant plusieurs heures; sa ter-
(1) Gavan'el, joiii'tial l’Expérience, 1839.
(■2) Arl. Fièvre, in Nouv. Diction, de méd. et de rliir
MALADIES ET EPIDEMIES DES AI'.MEES.
minaison est marquée par rappariliou de sueurs abondantes ([ue l’on regardait autrefois comme une crise: en réalité l’abaissement de la température précède la sueur comme l’élévation, le frisson ; en même temps (pie la peau s’humecte, la sensation de chaleur et la soif disparaissent, les urines redeviennent abondantes, et le bien-être succède au malaise général. La durée du stade de sueurs est de trois à quatre heures en moyenne; celle de l’accès complet, de six à dix heures.
11 n y a pas toujours de rapport exact entre les trois stades; ainsi, le Irisson, le stade de sueurs, peuvent être très-courts ou manquer complètement; mais on n’observe jamais ces ly|)es inverses décrits par (piebpies auteurs : jamais les sueurs ne précèdent le frisson, jamais le frisson ne suit le stade de chaleur (Maillot, L. Colin).
La rate se tumétie a chaque accès, ce qui explique les douleurs de 1 hypochondre gauche dont se plaignent quelques malades; d’abord celte tumélaction est passagère, l’apyrexie ramène la rate à un volume à peu près normal, mais bientôt l’hypersplénie survit aux paroxysmes. La congestion des organes internes qui accompagne le frisson ne sulfit pas à expliipier ce symptôme, car dans d’autres maladies à Irissons, comme la pyohémie, cette hypertrophie est bien moins marquée, et dans les fièvres palustres qui ne débutent pas par un Irisson elle est tout aussi considérable que dans les autres.
L’élimination d’urée augmente dès le début, en môme temps (pie la température du corps s’élève, et cette augmentation atteint son maximum eu même temps que la température, c’est-à-dire au début de la période de chaleur; pendant le stade de sueurs, l’éliminalion de l’urée diminue graduellement, ses variations suivent en un mot une marche exactement parallèle à celle de la température. Uedeubaclier et flinger ont observé que lorsqu’on coupe la fièvre à l’aide de la quinine,
1 élimination de l’urée augmente encore pendant une partie du temps que devait comprendre l’accès sans que la tcmptratiire du corps s’élève (1). La diète explique la diminution de chlorure de sodium qui s’observe dans pres(pie toutes les maladies fébriles; les matières colorantes en grande quantité dans les urines indiquent que la combustion fébrile aporté sur bîs globules sanguins ; la fièvre palustre et le rhumatisme articulaire aigu sont les deux maladies qui produisent le plus rapidement l’anémie.
Parfois les malades se plaignent de douleurs, lombaires, et l’urine excrétée à la fin de l’accès est albumineuse, voire meme saiiguinoleute ; d’après Martin Solon, l’albuminurie existerait dans le (piart des
(I) r.rif^siiiger, op. cil., p. 13.
FIFAIIES PALUSTRES.
accès; elle disparaît pendant l’apyrexie en même temps que se dissipe la congestion rénale.
Bien des auteurs ont cherché à expliquer rintermittence, si commune dans les affections d’origine palustre, (lue pendant longtemps elle en a été regardée comme la caractéristique. On a accusé les variations atmosphériques, parfois si marquées dans les pays chauds, qui se produisent le soir et le matin (Boche); on a dit ([ue cha(iue accès correspondait à l’absorption d une nouvelle quantité de miasme, théorie inadmissible, car les accès continuent alors que les malades ont quitté depuis longtemps les foyers de la malaria. Bailly prétend que la position verticale succédant le matin à la position horizontale peut amener l’accès, mais on se lève tous les matins, et cette explication assez médiocre pour la quotidienne est tout à fait mauvaise pour la tierce et la quarte; la théorie qui fait intervenir les variations nycthémérales est passible de la même objection : si le relroidissement nocturne prépare l’accès, pourquoi n’agit-il que de deux jours ou de trois jours l’uu chez certains malades? D après M. Durand de Lunel, le miasme s’accumule dans la rate pendant la nuit, le matin il est versé dans la circulation, d’où l’accès de fièvre ; l’autenr de celte ingénieuse théorie a constaté chez un très-grand nombre de malades que la rate était augmentée de volume le malin et diminuée le soir (1); mais on est exposé ici à prendre l’effet pour la cause, car, les accès se produisant le plus souvent le malin et s’accompagnant d’nne tuméfaction de la rate, il est naturel que l’hypersplénie soit plus considérable le matin que le soir; encore la théorie de M. Durand de Lunel ne pourrait-elle s’appliquer qu’aux fièvres quotidiennes.
A propos des différents types des fièvres cl de leurs causes, Sydenham dit ; « Si l’on me pousse là-dessus, je répondrai que je n’en sais rien du tout. » Nous ne sommes pas plus avancés ([ue Sydenham, et je préfère sa franchise aux explications précédentes.
Forme rémittente simple. — « La continuité de la fièvre, dit Dutroulau, a la même origine que l’intermittence; supposez aux accès intermittents leur durée la plus longue, la courte rémittence qui les sépare disparaît, et vous avez le type continu, que tous les médecins français rangés aujourd’hui sous la bannière de lorti reconnaissent comme appartenant aux fièvres à quinquina, bien que beaucoup d’entre eux continuent à en donner des descriptions séparées ('2). )) En suppo.sant, comme le veut Dutroulau, des accès aussi longs que possible, on n’arrive pas à constituer le type rémittent ou
(1) Gazelle médic. de Paris, 1849. — Trailé dogmalique el pralique des fièvres inlermiltenles.
(2) Dulroulau, op. cil., p. 217.
MALADIES ET ÉPIDÉMIES DES AlîMÉES.
conlinu; s il s’agissait d’accès siil)iiiti'aiils, ou devrait retrouver les trois stades dont nous avons parlé, les paroxysmes devraient se faire le matin, puisque c’est l’heure ordinaire des accès ; dans la rémittente et dans la fièvre continue d’origine palustre, les paroxysmes ont lieu au contraire le soir, comme dans les fièvres continues en général. l’our d’autres observateurs, la rémittente se composerait de deux maladies : l’une d’origine palustre, intermittente; l’autre d’origine inllammatoire, et continue; Boudin admet qu’il s’agit tout simplement d’une différence dans la quanllh^^ de miasme absorbée, d’autres invoquent une dilféreuce de entre les miasmes des
localités palustres, bypotlièSe invraisenddable. D’après M. L. Colin {op. cil il faut ebereber la cause de la rémittence et de la continuité des fièvres ; 1° dans la température ; 2“ dans la date de l’intoxication.
La chaleur joue évidemment un rôle très-important; il suffit pour s’en convaincre d’étudier comme nous l’avons fait déjà la répartition des fièvres intermittentes et rémittentes à la surface du globe ; dans les pays cbauds les formes continues s’observent surtout pendant la saison chaude et sèche, les formes intermittentes ne viennent que plus tard ; Annesley, Clark, Morehead, l’ont j)arfaitement établi pour les Indes, Ilaspel pour l’Algérie, L. Colin pour Borne (1).
La rémittente marque assez souvent le début de l’intoxication ; des étrangers qui arrivent dans un pays à fièvres, des soldats (pii sont transportés d’un pays sain dans un pays palustre, comme nos soldats à Rome ou dans la haute Balie en 185U, sont surtout exjiosés à contracter des rémittentes, les fièvres intermittentes ne viennent qu’après ; de là la loi de succession des formes établie par M. L. Colin. Si les nouveaux venus en Algérie et à Rome prennent fréquemment des rémittentes, cela tient à ce que ces individus, qui n’ont pas eu le temps de s’acclimater, de subir l’anémie des pays chauds, réagissent bien plus énergiquement ipie les acclimatés et les indigènes. Aux Indes, la rémittente sévit principalement sur les inacclimatés de constitution vigoureuse adonnés à l’intempérance ou fatigués outre mesure (Morehead). Constitution pléthoriipie des individps,grandeélévation de la température, telles sont les deux causes de la transformation des fièvres intermittentes en rémittentes ou en continues.
La rémittente simple se divise en rémittente gastriipie et rémittente bilieuse (L. Colin); la première s’observe surtout au début de la période endémo-épidémitpic, la deuxième ne vient qu’un peu plus tard.
(1) Voir missi Rec.mém. méd. militaire, 1874- (De la fièvre rémitleiile du nord de VAUjérie, par M. Masse, niéil. lu iiicipal).
l’IÈMlES I>AI-USTRES
Le frisson mamiuc assez souvent au début de la rémittente, ce qui ( lui a fait donner le nom de fièvre chaude; il est remplacé par de
i petits frissons successifs ou par des horripilations; le malade se plaint de malaise, d’abattement et surtout d’une céphalalgie violente, la peau est chaude, le pouls large et fréquent; langue blanche, (jiiel- (piefois sèche, soif inextinguible; on dirait, dit M. L. Colin, la fièvre d’invasion de la variole ou de la fièvre jaune; au bout de trois jours la fièvre tombe en général, mais les symptômes gastriques peuvent persister ([uehiue temps.
La rémittente bilieuse peut débuter par des accès intermittents, ou bien la fièvre est d’emblée continue; les vomissements bilieux surviennent de bonne heure; l’ictère se montre bientôt, d’autant plus foncé que la maladie doit être plus grave, l’iirine est fortement colorée par la matière colorante biliaire, la défervescence se fait du cinquième au dixième jour, mais l’ictère persiste plus ou moins longtemps.
Des accès pernicieux peuvent venir se grelfer sur ces formes, qui par elles-mêmes n’ont pas de gravité; il n’est pas rare par exemple de voir les malades atteints de rémittente être pris de délire ou tomber dans le coma ; c’est seulement pour la facilité de la description qu’on sépare ces formes des fièvres pernicieuses; la rémittente bilieuse n’est en somme que le premier degré de la fièvre bilieuse pernicieuse.