‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 58 sur 129 · CI! A IM T HE IX · texte numérisé non relu

CI! A IM T HE IX

MAI.AIJIKS TELLUIUU U KS (sililc).

FIKVKES -PALU5TUES (silüc).

l'üi'iiies pf'rniciciisos cl larvéps, — Caclicxic [paluslro. — Aiialomie lialliologiiiue.

l’i'opliylaxie. — TrailuiniMil.

Ou donne généralement le nom de lièvres i)ernicienses aux maiiil'estalions graves et anormales d(; rimi)aliidisnie.

Torti, qui le premier a bien décrit ces fièvres en même temps qu’il enseignail à les guérir (1), les divise en soUldriœ et comilatæ. La pernicieuse est dite solitaire lorsque sa gravité résulte de la continuité ou de l’acuité des symptômes ordinaires; comitée {comilala), lorsque la gravité résulte de la prédominance d’un symptôme ou de l’adjonction de pliénomènes anormaux.

Les comitées de Torti se divisent en deux groupes : fièvres pernicieuses colliquatives : cholérique, dysentériiiue, atrabilaire ou hémorrbagique, cardialgique, diaphorétique; — fièvres pernicieuses coagulatives : syncopale, algide, léthargique.

Les successeurs de Torti ont multiplié ces l'ormes; Alibert (:2) en décrit jusqu’à 20; on s’aperçoit facilement qu’Alibert n’a pas observé dans un pays palustre; quelle dilférence entre les descriptions incolores qu’il nous donne des accidents pernicieux, et les tableaux si saisissants que Torti, Bailly (3) et Maillot en ont tracés'

.Maillot repousse la classification de Torti et celle d’Alibert: « Ce cadre (celui d’AlibeiT), dit-il, me parait trop vaste et comprendre des lièvres intermittentes dont la bénignité est évidente, telle l’exautbématique, telle la rhumatismale. Je pense ([u’on ne doit ranger parmi les fièvres pernicieuses que celles dont les accidents sont si graves, que la mort est imminente et même presque certaine au troisième ou au quatrième accès pernicieux, lorsqu’on ne les arrête pas dans leur marche. En partant de cette donnée, on ne tardera pas à coii-

(Ij Tliernpeiilice specialis ad febres prriodicas perniciims, t71'2.

I-) Trailc lies fierren peniic. inierm. Pnris, an XII (1801).

(tlj Traité amit.-palliol. des fièvres inierm. Paris, I8i5.

KIKVKES PALLSTllES.

naître que les piiénomènes (lui coiislitiieiit les fièvres iuternnllenles pernicieuses ne peuvent être rapportés qn’à la lésion ou de l’appareil céréfii'o-spinal, on des organes abdoniinanx, ou des viscères contenus dans la cavité tlioracique. C’est sur celte triple base (]ue doit être fondée la classification de ces maladies (1). »

Dutroulau distingue quatre grands groupes : comateuses, ataxi- (pies, algides, bilieuses.

l'ounpioi donner le nom de fièvres à des accidents comme la syncope, ii des symptômes nerveux comme la cardialgie? ce sont là des complications, des accidents de la maladie, non des fièvres particulières; accidents qui peuvent se produire aussi bien dans les fièvres intermittentes que dans les rémittentes ou dans la cachexie palustre; nous réserverons le nom de fièvres pernicieuses aux subcontinues et nous décrirons les autres fièvres pernicieuses sous le nom d’accidents ou accès pernicieux.

FréoukxXce dks formes PERmciEUSES. Mode d’iiNvasion.— Dans les pays chauds, où l’on a surtout l’occasion de les étudier, les formes pernicieuses ne se montrent guère que pendant la période endémoépidémi(iue; à Rome c’est au mois d’août qu’on les observe avec le plus de fré(iuence; M. le professeur L. Colin estime qu’à Rome on trouve environ une pernicieuse sur 25 intermittentes simples. Les formes à réaction fébrile violente ou à symptômes gastro-intestinaux très-intenses sont propres à la saison chaude; celles au contraire où la tendance au collapsus est plus considérable se manifestent de préférence à la fin de l’épidémie, au moment où la température est sensiblement abaissée (llaspel, L. Colin).

Prescpie tous les auteui's qui ont écrit sur les fièvres pernicieuses sont d’accord pour dire qu’il est exceptionnel de les voir éclater chez des malades qui n’ont jamais eu d’accès de fièvre (Maillot, llaspel, Dutroulau, L. polin). Quelques faits montrent C(‘pendant que l’invasion peut être brusque.

Lind rapporte que 27 hommes de l’équipage d’un navire qui avait jeté l’ancre sur les côtes de la Sardaigne furent envoyés à terre pour faire de l’eau; 12 hommes, après avoir passé uiie seule nuit à terre, furent reconduits à bord dans le délire.

Rringle raconte que des soldats (pii traversaient un marais sur un char furent pris d’une phrénésie si subite, qu’ils voulurent se jeter dans l’eau pour regagner leur quartier à la nage.

Nepplc traversait avec deux de ses amis, sur un char découvert, une des parties les plus marécageuses du département de l’Ain,

(L Maillot, op. cil., p, 27.

Page 1