‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 68 sur 129 · ÉPIDÉMIES DE SAINT-CLOUD, DE LOIT.CINE, ETC · texte numérisé non relu

ÉPIDÉMIES DE SAINT-CLOUD, DE LOIT.CINE, ETC

rature des malades ne s’élevait pas au-dessus de la normale, au Valde-Gràce le cidirre de 38“ n’est pas dépassé, c’est à peine si ces maladies méritent le nom de lièvres; sur le cadavre on ne trouve pas les lésions de la rate caractéristi([ncs de la typlioïde bilieuse ou de la rémittente palustre; à Saint-Cloud, comme à Caillou et à Lourciue, l’épidémie se développe en dehors de toute iiilluence palustre; à Civita, c’est pendant l’Iuver, alors ([ue le miasme sommeille, (|iie la maladie prend naissance, et elle ne cède pas au sull'ale tle (piinine; nous avons déjà dit (|ue ces petites épidémies si hicii localisées ne pouvaient pas s’ex[di([uer davantage par les iidlueuces saisonnières <iui donnent lieu parfois à l’idère épidémi(iue.

Les causes des é|)itlémies de Caillou et île Civita u’ont pas été étudiées avec tout le soin désirable, et nous sommes obligé de nous en tenir aux faits observés à Saint-Cloud et à Lourcinc. Î\LM. Wornis et L. Laverai! n’Iiésiteiit pas- à atiribuer ces deux épidémies à la mauvaise qualité de l’eau; à Saint-Cloud, une citerne ijui n’avait pas été curée depuis longtemps et qui renfermait une grande ipiaiitilé ib* débris organiques, est évidemment cause des accidents, ipii disparaissent dès que les soldats font usage d’eau plus saine; de même à Lourciue. Mais quel est le principe toxi(|ue que renfermaient ces eaux?

Quand on lit les obser\ allons recueillies en ISO.') au Cros -Caillou et au Val-de-Cràce, on est frappé de la ressemblance qui existe entre les symptômes observés chez les malades venus des casernes de Saint-Cloud et de Lourciue, et les descriptions qui ont été faites de reinpoisoiinemenl par !e [ihospliore à petite dose. Ciiez l’homme on n’observe guère que l’intoxication par le phosphore donné à hante dose, dans lin but criminel (je ne parle pas de rempoisonnemenl par les vapeurs plio.s[)liorées, suivi de nécroses du maxillaire, etc., il y a là des conditions spéciales à certaines professions), mais chez les animaux on a pu étudier à loisir les symptômes derintoxicalionsubaiguc, et l’on a constaté que de très-faibles doses de phosphore données à des chiens snflisaienl pour déterminer les troubles suivants (I): perle de l’appétit, soif vive, sécheresse de la bouche et du museau dénotant un peu de fièvre; vomissements, puis ictère de la,.sclérotique et apparition de pigment biliaire dans les urines, saignement des gencives; une des conséquences de l’ictère est de faire tomber le pouls; les urines deviennent ipielquefois albumineuses. Quand les chiens succombent, on trouve assez souvent de petites ecchymoses

(T) Eludea cUni<iuaa et expérimentales sur l'empoisonnement airju par le phosphore, imr Lct)prt et 0. Wyss {Arch. gén. de méd., 1808i.

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MALADIES ET El'I DÉMIES DES ARMÉES.

à la surface des séreuses et des muqueuses, l’eslomac présente seulement de la rougeur sans ulcérations ni cscliares, enfin 1e foie est atteint à un degré variable de dégénérescence graisseuse.

L’empoisonnement par l’arsenic dorme lieu aussi à quelques-uns des symptômes observés au Gros-Caillou et au Val-de-Gi’àce : vomissements, ictère, purpura (1).

C’est évidemment avec des empoisonnements par le pbospliore ou l'arsenic que les petites épidémies de Saint-Cloud et de Lourcine présentent le plus de rapports; reste tà dire comment du pliospbore ou de l’arsenic a pu èti’e introduit dans l’eau de ces casernes. Los rats étaient fort nombreu.v à Saint-Cloud et à Lourcine, ils avaient accès dans les réservoirs souillés de leurs cadavi'es, or dans les établissements militaires ou empoisonne les rats avec des pètes phosphorées ou arsenicales et il est possible que telle soit l’origine des é[)idémies dont nous parlons. C’est là évidemment une hypothèse, mais une hypothèse probable, et à l’occasion, si de pareilles épidémies se montraient de nouveau, il ne faudrait pas négliger de rechercher dans les eaux la présence du phosphore ou de l’arsenic, ce qu’on n’a pas songé à faire lors des épidémies de Saint-Cloud et de Lourcine.

(1) Tardieu, médico-légale sur l'empoisonnement. Paris, 1867, p. 326.

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