‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 80 sur 129 · NOMBRE · texte numérisé non relu

NOMBRE

de

revaccin-alions.

RÉSULTATS SUR 1000 REVACCTXATIONS.'

succès parfait.

succès modifie.

sans succès.

AVurtcnibergeoise. ....

üavaroise

Prussienne

Anglaise

On voit que dans ces quatre armées le nombre des succès est du tiers environ. La statistique médicale de l’armée française donne: En 1869, sur 50297 revàccinations, 16667 succès, 33 630 insuccès, soit 33.1 succès sur 100 revaccinations, ou I sur 3, comme dans les autres armées. En 1872, sur 22303 revaccinalions, 4381 succès et 17 922 insuccès, soit seulement 19.6 succès sur 100. Il y a lieu sur-

VACCINE

tout de s’étonner du faible chiffre de succès indiqué pour les vaccinations : en 1872, sur 2338 vaccinations pratiquées, il y en a (d’après la statistique) G59 avec succès, 1079 sans succès; il u’esl pas admissible que sur 100 hommes vaccinés pour la première fois on en trouve plus de 70 réfractaires à la vaccine (1).

La plupart des hommes qui arrivent au corps présentent des traces de vaccine. Eu 1809, 115 870 recrues se répartissent ainsi ;

Varioles 391G soit 3 38 sur 100

Vaccinés 107343 — 92.64 —

Non-variolés ni vaccinés 4617 — 3.98 —

Pour 1872, les proportions sont à peu près les mêmes.

Plusieurs auteurs ont cherché à fixer la durwte de la préservation conférée par la vaccine, et à établir par conséquent à quelle époque il fallait faire les revaccinations ; les chiffres les plus différents ont été adoptés tour à tour, les uns étendant le pouvoir préservatif jusqu’à 25 ans, d’autres le réduisant à 5 ou G ans. Evidemment on peut citer un certain nombre de faits qui prouvent que des personnes vaccinées avec succès ont été prises de variole quehjues années après cette vaccination, mais qu’est-ce que cela prouve? Assurément on ne peut pas en conclure que le pouvoir préservatif de la vaccine n’est que de 4, 5 ou 0 ans (1) ; on ne saurait établir une moyenne en ne tenant compte que des minima de préservation. Nous n’avons pas du reste à discuter la question de savoir à quel' âge on doit commencer les revaccinations, il nous suffit d’avoir établi qu’elles sont nécessaires chez les soldats qui arrivent dans les corps, c’est-à-dire à 21 ans, et qu’elles donnent alors près d’un tiers de succès.

Nature nu vaccin. — C’est sur une fille d’étable inoculée naturellement en trayant une vache atteinte de cow-pox, que Jenner recueillit du vaccin pour la première vaccination. Qu’est-ce donc que le cow-pox? L’ériqition du cow-pox ou picote de la vaclie est constituée par des pustules siégeant sur les pis ou les trayons; |)ustules ombiliquées, entourées d’une aréole inflammatoire, aussi larges parfois que des pièces de 0 fr. 50; on peut trouver de 10 à 20 pustules sur les pis et les trayons^ d’un même animal. xVu moment de l’éruption, les vaches présentent quelques symptômes généraux : fièvre, perte d appétit, la sécrétion du lait s’altère ou se tarit; les croûtes découvrent en tombant (du 18« au 24“ jour) des ulcérations souvent profondes. Le cow-pox a été retrouvé bon nombre de fois depuis Jenner :

(1) Slatist. méd. pour 1869, p. 224; pour 1872, p. 168.

(2) Communie, de M. Hervieux. (Académie de médecine, séance du 9 février 1875).

cl après le docteur Iléring, de 1831 à 1835, 188 vaches ont été atteintes de cow-pox dans le. royaume de Wurtemberg ; en 1833, Macphersoii en a vu plusieurs cas près de Calcutta ; en 1830 le cow-pox a été observé à Passy, puis dans le département d’Eure-et-Loir; des épizooties de cow-pox ont régné dans plusieurs districts d’Angleterre et dans un village voisin de Saint-Pétersbourg (1838) (1).

Ainsi de temps à autre le cow-pox apparaît chez la vache, soit à l’état sporadi(iue, soit à l’état d’épizooties.

Jenner avait remarqué que le cow-pox se développait surtout dans les fermes "où les mêmes personnes étaient chargées de panser les chevaux et de traire les vaches; plusieurs autres faits tendent à prouver (|ue le cow-pox et le horse-pox (eaux aux jambes) relèvent du même virus ; les docUmrs Pichot et Manoury (1850), Loy (d’Aislahy), Sacco (de Naples), Viborg, Ritter (de IÇel) et M. Lafosse, vétérinaire a Toulouse, ont inoculé le liquide des pustules du horse-pox soit à des vaches, soit à des enfants, et ces inoculations ont produit, chez les vaches le cow-pox, chez les enfants la vaccine.

La commission lyonnaise de la vaccine (2) a étudié avec soin la transmission du cow-pox aux solipèdes ; le cow-pox est inoculable au cheval, et produit chez lui une éruption qui ne diffère de celle du cowpox que par la rareté de l’oinhilication des pustules et l’abondance de la sécrétion; le contenu des pustules inoculé à la vache donne lieu au cow-pox, à la vaccine chez l’enlant. M.lis, dit le rapport, il a toujours paru que le vaccin s’alfaiblissait en passant par le cheval, tandis (ju’il reprenait toutes ses propriétés en revenant à la vache; l’organisme du cheval est moins apte que celui de la vache à la culture du vaccin, il est donc probable que la race bovine est par excellence la patrie du vaccin.

Les expériences de la commission lyonnaise nous permettent encore de répondre à cette question très-controversée : le virus vaccin n’est-il que le virus varioleux modifié par l’organisme de la vache? Ij’inoculation de la variole aux vaches détermine une éruption caractérisée par de très-petites papules souvenUlilficiles à voir, ce qui ex-

(1) Rapport sur le prix relatif « la vaccine pour 184-2, par Serres, Acad, des sciences, séance dn lü mars 18-15).

(2) Vaccine et variole. — Nouvelle élude sur la question de Tidentilé de ces deux affections. Étude faite a\i nom de la Société des sciences médicales de Lyon, par une commission composée de MM. Bondet, Ciiauvcan, Dclore, Dupuis, Gailleton, Ilorand, Loriot, P. Mcynct et Viennois; rapport par MM. Chauveau, président delà commission; Viennois, secrétaire; P. Mcynct, secrétaire adjoint. (Expériences communiquées à l’Académie de médecine dans la séance du 30 mai.) — (Gaielte hebdomadaire de médecine et de chirurgie, 1865, p. 337-353-386-401-418.)

YACCINli.

I plique pourquoi plusieurs observateurs disent n’avoir jamais obtenu t que des résultats négatifs. Cette éruption, si différente de celle qui I constitue le cow-pox, reste localisée; le virus provenant des papules 1 perd rapidement ses propriétés quand on l’inocule à d’autres ani- I maux; au contraire, inoculé à des enfants, il donne lieu à des va- 1 rioles parfaitement caractérisées. « Donc l’organisme des vaches est I inhabile à transformer en vaccin le virus varioleux, donc la petite ! vérole u’esl pas la même chose que la vaccine (1). » Du reste, la va- -I riole inoculée ci la vache lui procure l’immunité pour le cow-pox,

J de même que la vaccine met l’homme à l’abri de la variole.

I Notons en passant que le cow-pox se développe parfaitement chez i les animaux qui ont eu la maladie aphtheuse, d’où l’on peut conclure

Ique cette épizootie n’est pas le cow-pox.

La variole s’inocule au cheval comme au bœuf, elle détermine chez lui une éruption locale sans phénomènes généraux ; l’éruption papuleuse (]ui se développe aux points inoculés est bien plus marquée que chez le bœuf; tout animal qui a eu le horse-pox perd eu grande partie la propriété de contracter la variole; sur trois enfants inoculés avec du virus variolique é(iuiu, deux prirent des varioloïdes, le troisième ne présenta rien. (Rapport cité.)

Les docteurs Thiélé et Ceely prétendent avoir réussi à donner le cow-pox aux vaches en leur inoculant la variole, et le cow'-pox ainsi développé serait devenu la source d’un excellent vaccin ; tl après les observateurs lyonnais, ]\1M. Thiélé et Ceely auraient produit la variole chez les vaches, non le cow-pox, et leur prétendu vaccin ne serait que l du virus varioleux.

De tous ces faits on peut conclure avec la commission lyonnaise de la vaccine : 1“ que le cow-pox est une maladie propre a la race bovine, susceptible de se transmettre au cheval (horse-pox) et à l’homme (vaccine). — Que le virus vaccin diffère essentiellement du virus varioleux, et que l’organisme de la vache est impuissant à

I transformer le virus varioleux en virus vaccin.

De la vaccination. — De tous les procédés de vaccination, le meilleur sans contredit est celui qui consiste à vacciner de bras à hias; le choix du vaccinifère doit surtout préoccuper le médecin, nous y leviendrons à propos de la syphilis vaccinale.

Généralement on prend le vaccin du huitième jour; on peut ainsi avoir un jour par semaine, toujours le même, réserve aux vaccinations, dans la pratique civile il est très-diflicile de faire autiement, mais dans l’armée, comme on a les hommes sous la main, il est aussi

(1) Rapport cité, loc. cit., p. 403

simple de vacciner avec du vaccin du cinquième ou du sixième jour, ainsique Trousseau le recommande; il importe de n’employer que de la lymphe vaccinale, et non du pus, qui expose aux phlegmons.

Le vaccin conservé (en tubes ou en plaques) jouit évidemment i d’une eflicacité bien moindre que le vaccin frais, on ne doit l’em- ! ployer que dans les cas où il est impossible de s’en procurer d’autre; Ij alors on vaccinera d’abord des enfants ou des individus n’ayant jamais été vaccinés, et l’on se servira du vaccin ainsi développé pour les revaccinations.

Trois piqûres à un bras sont suffisantes, il n’est pas prouvé qu’un plus grand nombre de piqûres confère une immunité plus grande, tandis qu’il est certain que la multiplication des piqûres augmente les chances d’accidents : phlegmons, adénites axillaires; la vaccination sera pratiquée de préférence sur le bras gauche, qu’il est plus facile de tenir au repos que le droit.

Le jour même de l’inoculation, il n’est pas rare d’observer un peü de rougeur autour des piqûres, mais cette rougeur disparaît rapidement, et c’est seulement du deuxième au troisième jour qu’on voit survenir une petite vésicule entourée d’une aréole rosée. La vésicule s’accroît rapidement en même temps que l’aréole; au huitième jour, la vésicule s’est transformée en pustule, et l’aréole a un caractère infiammatoire bien marqué; les ganglions de Taisselle sont souvent douloureux et un peu tuméfiés; la pustule se rompt soit sponlanément, soit sous l’influence du grattage el des frottements de la chemise, il se forme des croûtes qui tomhentet se reproduisent; souvent au vingtième jour après la vaccination, les petites plaies suppurent encore.

Chez l’adulte les symptômes généraux manquent en général; il ne se produit pas d’éruption secondaire et, en comparant les efl'ots de la vaccination à ceux de l’inoculation telle qu’on la prati(jnait autrefois, on se convainc facilement qu’il s’agit de deux virus diflérents.

11 faut éviter avec le plus grand soin tous les accidents que peut occasionner la vaccination, non-seulement à cause du danger qu’ils présentent par eux-mêmes, mais aussi parce qu’ils discréditent la vaccine; le public n’apprécie pas les bienfaits de la vaccine qui ne sont pas immédiats, tandis que les accidents consécutifs à la vaccination sont amplifiés et commentés par lui; il faut bien se rappeler que tout accident qui surviendra chez un individu récemment vacciné sera at- I tribué an vaccin, d’après le fameux adage : Pust hoc, ergo propler hoc; le médecin doit donc être sur ses gardes et ne vacciner que 1 des bommes en parfait état de santé. On évitera facilement les 1 phlegmons du bras et les adénites axillaires en ne faisant usage pour ,1

VACCINE

la vaccinalion que de sérosité vaccinale et non de pus, et en donnant ([uelqnes jours de repos aux hoinmes vaccinés dont les pustules sont endamiTiécs ou les ganglions axillaires douloureux.

Syi’iiilis VACCINALE. — Leslaits les plus connus sont ceux de Rivalta et de Lupara. En 1850, à Lupara (royaume de Naples), M. Marone vaccine, dans les premiers jours de novembre, un certain nombre d’enfants avec du vaccin conservé et renfermant un peu de sang, 23 ‘enfants prennent la syphilis à la suite de l’inoculation, les mères qui alliûtcnt leurs enfants sont prises à leur tour et transmettent la sypbilis à leurs maris; Il autres enfants vaccinés sur les premiers prennent également la syphilis, la transmettent à leurs nourrices et aux nourrissons non vaccinés de ces femmes. A Rivalta, un enfant est vacciné avec dn vaccin en tube (1801); 03 autres enfants sont vaccinés sur le premier, iO prennent la syphilis et 20 la transmettent à leurs mères.

Trousseau, A. Tnrenne, MM. Millanl, Laroyenne, Rodet (deLyon), Bouvier, ont cité des exemples très-probants de syphilis vaccinale; M. Lancereaux a réuni tons ces faits, et du tableau très-complefipi’il en donne (1) il résulte que 258 individus environ ont été infectés par la vaccine. C’est beaucoup trop sans doute, mais quand on songe an nombre immense des vaccinations et revaccinations qui ont été faites depuis 1790, quand on songe surtout qu’on ne prenait autrefois aucune précaution contre la syphilis vaccinale, il est permis de dire que ces déplorablesaccidents, très-rares autrefois, sontcucore moins à craindre maintenant que nous sommes sur nos gardes. D’après M. Viennois, c’estlesang mêlé au vaccin, non le vaccin lui-même, qui est le véhicule de la contagion (2).

On choisira comme vaccinifère un enfant ùgé de plus de trois mois (la syphilis héréditaire se développe rarement passé cet âge), dont on connaît les parents, ou bien un adulte qui n’a jamais eu la syphilis; on évitera de mélanger du sang au virus vaccin, et après chaque vaccination on nettoiera avec soin sa lancette; quand on vaccine coup sur coup un grand nombre de militaires, il y a des chances pour qu’il y ait quelques syphilitiques sur le nombre; or la lancette peut trèsbien se charger d’un peu de sang qui, transporté chez les individus vaccinés ensuite, développera la syphilis sans que le vaccin en soit la cause directe; il est hon d’avoir plusieurs lancettes, qu’un aide est

(1) Traité théorique et pratique de la sijpliilis.

(2) Viennois, De la Iransumsion de la syphilis par la vaccinalion (Arch. gén. de tnéd., juin et septembre 1800). Voyez aussi : Discussion sur la syphilis vaccitialc a l’Académie de médecine en 1861-1865 et 1869 {Gaulle hebdomadaire, années 186.5 et 1869, passim).

chargé d’essuyer après chaque vaccination; se défier du vaccin conservé, qui est recueilli en général dans les maternités, c’est-à-dire à une source à bon droit suspecte; àLupara et à Rivalla, c’est du vaccin conservé qui a été le point de départ des épidémies de syphilis vaccinale. Lorsqu’on ne dispose que de vaccin consené et suspect, le mieux est de l’inoculer à une génisse et de se servir du cow-pox artificiel ainsi développé pour les vaccinations et revaccinations qui pourront ensuite être continuées de bras à bras.

Ceci nous amène à parler du vaccin animal qu’on a voulu substi- | tuer au vaccin humain. Les défenseurs de la vaccine animale ne se ; sont pas contentés d’exagérer comme à plaisir les dangers de la sy- r pbilis vaccinale, ils ont accusé le vaccin humain d’avoir dégénéré.

.lamais le cow-pox n’a donné une immunité absolue contre la variole, i les premiers individus vaccinés ne jouirent de l’immunité que pendant il 15 ou 20 ans, c’est encore ce (ju’on observe aujourd’hui; mais peu- i dant les 15 ou 20 années que la vaccine mit à épuiser son action sur : les premiers vaccinés, on pouvait, on devait croire que la variole ne reprendrait jamais son empire sur eux; ajoutons que beaucoup d’a- , dultes furent vaccinés à cette époque, ceux- là n’eurent pas besoin d’èlre ■ revaccinés, et l’immunité conférée par une seule vaccination parut être complète; c’est seulement en 1822 et 183i qu’on vit (|ue Tefli- i cacitc de la vaccine s’épuisait à la longue. La dégénérescence du vaccin humain n’est nullement prouvée, aujourd’hui comme autrefoisles enfants vaccinés ennaissant sont préservés jusqu’à l’ûge de 14à 15ans, souvent davantage.

Dès 1845 Serres (rapport cité) appelle l’attention sur l’inoculation de la vaccine à la vache comme moyen de se procurer du vaccin et' de le régénérer; « mais, ajoute-t-il, le moyen qui doit être préféré à tous les autres, le seul même dans lequel la science puisse avoir une entière confiance jusqu’à çe jour, est celui de le reprendre à sa source, comme le recommandait Jenner; ce n’est même (|ue la rareté de cow- ) pox naturel (|ui a suggéré aux médecins la recherche des moyens de l le produire d’une manière artificielle. »

En 18G5, M. le docteur Warlomont préconisa en Belgique le vaccin i animal (1), c’est par son initiative que fut créé, àBruxelles, un institut . vaccinal de l’Etat ayant pour objet la culture du vaccin sur des génisses et la distribution gratuite de ce vaccin. M. le docteur Warlomont ai résumé ainsi les avantages de cette méthode (2) ; 1® La vaccination ^ animale crée une source illimitée de matière vaccinale capable de

(t) BuUelxn de. l’Acad. de Belgique, 1865, t. Vllt.

2) Coinnuinic. faite au congrès inéd. de Vienne (Gai. hebdotn., 8 mai 1874-).

VACCINE

répondre presque instantanément aux besoins les plus impérieux et les plus étendus; 2“ elle met sûrement à l’abri de la syphilis vaccinale.

En 1866, la question de la vaccine animale fut portée devant l’Académie de médecine, à propos du prétendu cow-pox que M. le docteur Lanolx avait été chercher à Naples (1) ; et en 1867, M. le professeur Depaul proposa, dans son rapport, l’organisation en France de la vaccine animale (2). Pendant quelque temps le vaccin animal fut à la mode à Paris, on ne rencontrait partout que génisses vaccinifères. Ces génisses n’étaient pas atteintes de cow-pox naturel, on leur inoculait tout simplement du vaccin humain qui, disait-on, se trouvait ainsi régénéré. Les résultats de cette régénération ont été bien singuliers: la proportion de succès pour les revaccinations, qui était de 32 pour 100 dans l’armée avec le vaccin humain, est descendue à 16 pour 100 chez les militaires revaccinés à l’Académie de médecine avec du vaccin animal.

La vaccination de bras à bras constitue un excellent procédé qui restera très-certainement dans la pratique; pour éviter la syphilis vaccinale il suffît de prendre les précautions indiquées plus haut; c’est seulement dans le cas où la provenance du vaccin est douteuse q\i’il est sage de l’inoculer tout d’abord à une génisse. La vaccine animale peut fournir une grande quantité de vaccin à un moment donné, c’est là un grand avantage; une épidémie de variole éclate dans une garninison, on mamjue de vaccin pour faire toutes les revaccinations nécessaires, rien de plus facile qued’envoyer dans celte garnison une ou plusieurs génisses vaccinifères. La marche progressive des épidémies de variole permet cette prophylaxie in extremis, et plusieurs foison a arrête, par des revaccinations en masse, des épidémies qui menaçaient de s’étendre.

Procès de la vaccine. — On a accusé la vaccine d’avoir rendu plus communes la fièvre typhoïde, la scrofule, la diphihérie, etc. La vaccine, tout en diminuant de beaucoup la mortalité par variole, n’a pas intlué notablement sur la mortalité générale des pays où elle a ké adoptée, la mortalité par autres maladies a augmenté, et l’onapris pour une conséquence directe de la vaccine ce qui n’en est qu’une conséquence indirecte. Malthus a parfaitement prouvé qu’une population ne peut s’accroître qu’en raison des subsistances dont elle dispose, ce sont ces conditions de subsistances qui règlent la mortalité,

(1) Acad, de méd., séances des 10, 17 et 24 avril 1866.

(2) Acad, de méd., 2, 0 avril 1867. La discussion sur le vaccin animal a recommencé à l’Académie en 1869.

384 MALADIES KT ÉPIDÉMIES l)i:S AltMÉES.

' ' et l’on a beau se préserver d’une cause de mort, la mortalité générale

ne diminue, la population n’augmente que si les ressources alimentaires s’accroissent en même temps. «Une épidémie ou toute maladie ,!* dont on se préserve, écrit Yillermé (1), supprime bien une cause de

mort, mais par cela même la probabilité de mourir desautres causes devient plus grande. En d’autres termes, en fermant une porte à la mort, le préservatif d’une maladie ouvre les autres plus larges en ce sens, si l’on peut ainsi parler, que plus de personnes passent par ces dernières. »

« Quand on lit ou qu’on entend dire qu’en conservant la vie à cent • mille personnes, la vaccine a ajouté cent mille âmes à notre popula--

■ ^ tion,on peut sourire de l’erreur (outen applaudissantà la découverte. »

; • (J. B. Say) Q2).

Quand la vaccine n’aurait eu pour résultat que d’empêcher la vai.; l’iole de défigurer ou d’aveugler un grand nombre de personnes, elle

n’en serait pas moins une magnificpie découverte; dans l’armée, elle \ a fait plus, elle a contribué à iliminuer la mortalité, l’armée n’a pas

à compter aussi directement que la masse de la population avec la plus ou moins grande abondance des ressources alimentaires, et l’impitoyable raisonnement de Yillermé n’est pas fait pour elle.

, ■» (1) Villcnné, art. épidémies, Diction, en 3ü vol.

2) Cité par Villermc, loc. cil.

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