‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 81 sur 129 · CHAPITRE XYllI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYllI

KOUGEOLE. ItllONCIllTE G A PI L I. .V 1 UE ÉPIDÉMIQUE.

La rougeole, qui rcspcclo généralement les adultes, s’observe" cependant assez Iréipienimcnt dans l’année sous forme de petites épidémies; c’est là un des nombreux points de contact des maladies du soldat et lie celles de l’enfant.

De 183:2 à 1850 la rougeole a donné pour la garnison de Paris 27 décès sur 1000 décès généraux; 25 décès sur 1000 pour les principales garnisons de France, Paris compris (1).

La statistique médicale de l’armée indique une proportion beaucoup plus faible pour la période de 181)2 à 1872; en comparant comme précédemment le ebiffre des décès par rougeole à celui des décès généraux, on ne trouve pour 1) années que 155 décès par rougeole sur 37 031 décès, soit T. 08 décès par rougeole (au lieu de 25) sur 1000 décès généraux. 11 est vrai de dire que nous n’avons pas la statistique de 1870-1871, époque à laquelle la rougeole a régné épidémiquement sur plusieurs garnisons, notamment sur celle de Paris pendant le siège. Dans les dernières années de l’empire, grâce au nombre très-considérable des rengagés et des remplaçants, l’âge moyen du soldats’était notablement élevé; c’est là sans aucun doute une des causes principales de la diminution de mortalité que nous constatons pour toutes les lièvres éruptives.

La rougeole a un caractère d’épidémicité bien marqué, le chiffre annuel de ses décès est extrêmement variable pour les mêmes garnisons; de 1832 à 1800, le cbilfre des décès par rougeole dans l’armée de Paris va deOà 110 sur 1000 décès généraux; en 1830, 1843, 18 f0, 1850, 1852, 1858, il n’y a pas un seul décès par rougeole, tandis que pour d’autres années la proportion sur 1000 s’élève à 70, 75, Of et 110 (2).

(t) L. Laveran, Ile cite relies sur les causes de la mortalité de l'année serrant à l’intérieur, loc. cil.

('2) Des injluences nosocomiales sur la marche et la gi'arité de la rougeole, par É. Laveran, {Gazette hebdom., lS6i).

A. LAVF.nAN.

l'cndant la guerre des Ktals-rnis, la rougeole a régné dans l’armée américaine, spécialement sur les recrues, dit l’auleurdela statistique. Yoici les chillres pour les deux années de la guerre :

En France comme en Amérique, la rougeole attacjuc presque exclusivement les jeunes soldais, elle présente son maximum de mortalité chez les hommes âgés de vingt à vingt-deux ans (L. Laveran, lue. cil.)-, les corps (jui ne reçoivent pas de jeunes soldats ont une mortalité Irèsfaihle par la rougeole, tandis (jiie les inlirmiers, trè.s-exposés à la contagion, sont particulièrement (Vap|)és.

IjCS épidémies de rougeole dans l’armée sont plus fréquentes en hiver et au printemps qu’en été et en automne (h. Laveran), c’est ce qui s’observe également dans la population civile; sur 309 épidémies de rougeole, Hirsch en a trouvé 90 en hiver, 94 au printemps, 43 en été, 70 en automne.

La rougeole règne dans l’armée sous forme de petites épidémies de casernes, de régiments; dans l’épidémie de Metz, 1840, un régiment compte 37 malades pendant qu’un autre n’en a pas un seul (1). La gravité de ces épidémies est extrêmement variable. En 1840, à Metz, sur 72 malades il n’y a qu’un décès (M. Lévy); la môme année,!;. Broussais observe 122 cas de rougeole dans le 45“ de ligne sans un seul décès (2). Mais à coté de ces rougeoles bénignes il en est de très-graves : en 1837, M. Lévy, au Val-de-flràce, perd 10 malades sur 00; mon père en 1800, également au Val-de-Gràce, 40 sur 125(3); pendant le siège de Paris, la mortalité par rougeole s’est élevée, dit M. L. Colin, à 1 sur 3 environ (4).

La période d’incubation est de dix cà douze jours, aussi est-ce à ce intervalle qu’on voit les cas de rougeole se succéder quand la maladie est importée dans une agglomération d’hommes ou d’enfants; il m’a été donné plusieurs fois de faire cette remarque. Exemple ; au mois de novembre 187 f, je reçois dans mon service thi Val-de-Cràce un certain nombre de militaires atteints de rougeole; un inlirmierquiadesrapporls avec eux contracte la maladie, il est soigné pendant (luebjues jours

(T) M. L'Wy, Noie .<tur larouxieole (lui a régné danx la ganmon de Mel'^ en ISiii (Rer. uiém. méd. militaire, IHi7).

(2) Itroiissais, Noie sur la rougeole gui a régné dans le iS» de ligne illce. mém. méd. nnlilaire, 18i7).

(3) L. Laveran, Des injluenees nosocomiales, etc., loc.vit.

(•i) L. Colin, la Variole et la Rougeole pendant le siège de Paris, op. cil

Iro année 2c

21 071) cas de rougeole 10 347) —

Page 1