SCARLATINE
ii vient, les pliénomènes alaxo-adyiiainiques se déclarent, et l’autopsie fi démontre la présence du pus dans les cavités articuliures et diins les |i gaines tendineuses » (1). Sims, Withering, Duclialcau, Kennedy (i), ont P observé aussi le rhunialisine scarlatineu.x suppuré. Dans certaines épii déinies, ces arthrites se sont montrées avec une fréquence inusitée, {> notamment à Breslau en 1770, à Rotterdam en 1778, à Sloldiolm en f 1790, à KœnigsluUen en 1799, à Hanau en 1818 (L. Noirol).
Par une étrange contradiction, tandis (pPon admettait la nature scarlatineuse des inflammations suppuratives du péricarde, des plèvres et des synoviales articulaires, on méconnaissait la méningite scarlatineuse, (jui, dans certaines épidémies, a régné avec une très-grande fréquence ; nous verrons dans le chapitre suivant que la méningite cérébrospinale épidémique n’csl très-probablement qu’une forme larvée de la scarlatine, une scarlatine des méninges.
Natcue de la scarlatine. Mode de propagation. — Dès 17G2, Plenciz (de Vienne) plaçait la cause de la scarlatine dans des corpuscules animés (3); d’après llallier, le sang des scarlatineux renferme une quantité extraordinaire de inicrococcus qui envahissent jusqu’aux corpuscules du sang; ces parasites végétaux se reproduisent rapidement dans un liquide approprié et se développent sous forme de iilaments QiUelia scarlatinosa de llallier) (4) ; le inicrococcus prend un mouvement vibrionieu très-prononcé dans un liquide riche en azote. Ne s’agit-il pas encore des hactéries ou hactéridies décrites par Coze et Feltz dans la variole et la fièvre typhoule?
Miipiel (d’Amboise) (1834) prétend avoir inoculé la scarlatine avec succès à un grand nombre d’enfants, d’une manière préventive; à la suite de l’inoculation, des plaques rouges se développèrent autour des piqûres, mais dans aucun cas l’inoculation ne donna lieu à une éruption secondaire généralisée ; on est autorisé à mettre en doute l’inoculabililé de la scarlatine aussi bien que l’c.xistence de la tUletia scarlalinosa.
‘ La scarlatine est contagieuse, mais beaucoup moins que la variole et la rougeole; comme pour ces dernières maladies, une première atteinte confère en général l’immunité ; quelques faits prouvent la 1 possibilité d’une seconde infection (J. Frank, Rayer, Rilliet et Barthez,
I Blache et Guersant), mais la variole elle-même ne donne pas une im-
(li Trousseau, loc cit., p. 120.
(2) Cités par L. Noirot, op. cit., p. 202.
(3) Cité par L. Noirot, op. cit.
(4) .tahrb. f. Kinder Ileilk. 18G9, 2 tieft. Compterendu in Gaz. hehdom., 1869, p. 84.-..
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niuiülc absolue, il y a des exemples de personnes qui ont eu deux et trois Ibis la variole ou la varioloïde.
TuaitemeiNt. Prophylaxie. — Dans les scarlatines légères, il suffit de mettre en pratique quelques préceptes d’hygiène qui conviennent à tous les fébricitants ; dans les formes qui s’accompagnent de symptômes nerveux graves, de délire, d’ataxie, une intervention thérapeutique très-active est au contraire indispensable. Les saignées générales, les purgatifs énergiques, le tartre stibié à haute dose, ont donné des résultats déplorables; à toutes ces médications il faut préférer les affusions froides conseillées pour la première fois par Reid. C’est à Currie (1) que revient le mérite d’avoir fait ressortir tous les avantages d’un mode de traitement si contraire aux préjugés populaires et qui, de nos jours, rencontre encore bien des préventions; Currie employa les alfusions froides chez ses deux fils atteints de scarlatine maligne et les guérit. Trousseau formule ainsi ce traitement dont il se loue beaucoup (2) : le malade est placé dans une baignoire vide, on lui jette surle corps troisouquatre sceaux d’eau à la température de 20 cà 25“ c., l’affusion dure une minute au maximum ; immédiatement après le malade est enveloppé dans ses couvertures, puis remis au lit sans être e.ssuyé, mais recouvert convenablement; généralement la réaction s’établit avant que 15 à 20 minutes se soient écoulées. Les alfusions sont renouvelées une ou deux fois dans les 24 heures, suivant lagravité des accidents, on doit y revenir chaque fois que les phénomènes nerveux prennent une intensité anormale. La peau, qui avant Talfusion était pâle ou peu colorée, prend une coloration bien plus foncée immédiatement après, l’agitation, le délire se calment, l’oppression diminue, le bien-être succède à l’anxiété.
Les alfusions froides abaissent la température du corps si élevée dans la scarlatine, mais elles agissent aussi en déterminant une vive réaction vei’s la peau ; c’est pour cela que les autres antipyrétiques, sont loin d’avoir la même efficacité. Les alfusions sont surtout indiipiées ; lorsque l’exanthème est jiide; quand il est lrès-abo.ndant, très^foncé, les bains froids, suivant la méthode de Brand et de Lieber-meister, rendraient peut-être plus de services; modérer une tempé-rature by])erpyréti(pie est alors le principal but qu’on se propose,, et il n’est pas nécessaire d’augmenter encore la congestion cutanée,, ipii par elle-même peut être une source de danger en amenant l’ané-mie cérébrale.
L’angine scarlatineuse guérit souvent d’elle-même; Trousseau re--
(1) Medical Reports on tlie e(fects of water cold and tvarm, 1798.
(2) Clinique, l. I, p. 127.
SCAULATINE.
comniaiule dans les angines scarlatineuses graves les applications locales d’acide chlorhydrique; quand la diphihérite vient compliquer la scarlatine, c’est elle qui lournit les indications principales.
On recommande généralement de soustraire les scarlatineux à toutes les causes de rel'roidissement jusqu’à latin de la période de desquamation, mais l’anasarque des scarlatineux procède de la néphrite, et peut se produire chez des malades qui n’ont pas quitté une chambre bien chauffée. Si la saison est favorable, il n’est pas nécessaire de condamner les scarlatineux cà rester dans les salles jusqu’à la Un delà période de desquamation; priver ces malades d’air et de mouvement, c’est au contraire retarder la guérison et faciliter la production de l’anasarque.
L’éclampsie peut survenirà la suite de l’albuminurie, elle s’explique le plus souvent par l’oedème cérébral, aussi les purgatif!? énergiciues (eau-de-vie allemande 40 à 50 gr.) donnent de bons résultats.
La scarlatine étant contagieuse, il làut isoler les malades; les remarques ([lie nous avons fiiites sur la projihylaxie de la rougeoles’ap- [iliquent à la scarlatine; on éloignera des foyers de contagion les jeunes soldats, qui sont toujours les premières victimes de la scarlatine comme de la rougeole.
La belladone a été employée en Allemagne comme moyen prophylactique, sous ce beau prétexte (jue, administrée à [letites doses, elle donne lieu quelquefois à des [ilaques rouges qui ont unevague ressemblance avec l’éruption de la scarlatine (llahnemann) ; cette méthode ne mérite pas plus de confiance que l’inoculation préventive tentée par Miquel (d’Amboise).