‹ Traité des maladies et épidémies des arméesChapitre 90 sur 129 · IG · texte numérisé non relu

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3“ Les épidémies de méningite cérébro-spinale ont coïncidé presque partout avec des épidémies de fièvres éruptives; les nombreuses épidémies observées en France forment deux grands groupes: le jircmier a son maximum d’intensité en 1839 et 1840, le deuxième en 18-t7 et 1848 ; or ces deux périodes sont remarquables par la grande extension des fièvres éruptives dans presque toutes les garnisons de 4 rance; en Suède, dans le grand-duebé de Bade, les fièvres éruptives régnent avec une grande fréquence en même temps que la méningite; nousauions l’occasion de revenir sur ce point si intéressant au point de vue de la

nature de la méningite épidémique.

Ces conditions générales : froid, fréquence des fièvres éruptives, arrivée des recrues, favorisent donc le développement de la méningite épidémique comme celui de la bronchite capillaire; est-il admissible que les mêmes causes produisent des effets aussi diflércnts? Sans doute un coup de froid peut donner lieu à une laryngite, à une bronebite ou encore cà un rhumatisme, suivant les prédispositions individuelles ; mais ces maladies sont alors mêlées les unes aux autres, il n y a pas ici une épidémie de rhumatismes, là une épidémie de laryngites; le cataiilie suffocant et la méningite cérébro-spinale régnent au contraire sous forme de petites épidémies parfaitement distinctes dans lesquelles ces deux types morbides ne se mélangent pas. Ajoutons que ces deux maladies ne sont pas des affections banales se développant journellement sous l’innuence des agents atmosphériques, et ipie dans leur physionomie, dans leur marche, dans leur épidémicité, elles ont un cachet de spécificité indéniable. Pour la méningite comme pour la

MALADIKS ET ÉI’mÉMiES DES AIEMÉES.

bronchite épidémique, les circonstances almospliériciucs ne sont qu’un des facteurs du mal.

Quelques observateurs ont attribué un rôle plus ou moins important à rencombremcnt (Paul, Gasté, Vital); des faits nombreux montrent que les conditions d’infection si favorables à l’éclosion du typhus ne jouent aucun rôle dans l’étiologie de la méningite cérébro-spinale. A Metz, en 1847, répidémiecommença à uneépoque où le chitfrc de la garnison était descendu au-dessous de la moyenne, elle disparut au moment où l’on augmentait l’elfectif; dans l’épidémie du duché de Bade, les quartiers riches de Rastadt n’ont pas été épargnés ; la caserne où 1 épidémie prit naissance était placée dans des conditions hygiéniques excellentes. Très-rarement la méningite cérébro-spinale a régné à côté du typhus, les quelques hiits observés par Comte à Besançon, et par Rampont à Metz, sont les seules exceptions pour les épidémies françaises.

La contagion de la méningite cérébro-spinale a été admise par un grand nombre d’auteurs.

Le développement des épidémies est successif, la maladie peut se limiter à une famille, à une maison, à une caserne; mais le plus souvent elle rayonne de ses foyers principaux et donne lieu à des foyers secondaires. Les régiments, dans leurs migrations, transportent avec eux la méningite, de là vient que dans l’histoire de ces épidémies les numéros des mêmes régiments reviennent souvent (Boudin).

La méningite parait avoir été importée à Rochefort et à Versailles par le 18“ léger; à Dijon, par le 14“ de ligne; à Constantine, en 1837, par deux régiments, le 2G“ venant de Perpignan, le 01“ de Montpellier.

Dans le grand-duché de Bade, l’apparition de l’épidémie coïncida avec l’arrivée de recrues du contingent prussien venant des environs de Kœnigsberg, où régnait la méningite épidémique. Le fait suivant démontre bien qu’il s’agit d’une maladie transmissible : le 2l)“ réeiment de ligne quitte Strasbourg le 20 janvier 1841 ; à Erstein, il perd un tambour par suite de méningite; arrivé à Schelestadt le 21, il envoie à rhôj)ital un malade atteint de cette même affection; le 20, on constate dans la population civile le premier cas chez l’enlànt d’un cabaretier demeurant près de la caserne et dont la maison est exclusivement fré(|uentée par des soldats du 20“. Le G février, deux nouveaux cas se présentent sur les deux jeunes fdles du boucher qui fournit la viande à la troupe. Peu à peu la maladie envahit tout le quartier, et, dans l’espace de deux à trois jours, on observe une trentaine de cas. Les habitants des autres quartiers sont épargnés; dans la garni-

MÉNINGITE CÊnÉnnO-SPINALE.

son, la maladie continue ses progrès, mais lc!2'.)'’ en fuit seul les frais (1).

Formes de la méningite épidémique. Description générale. — Dans les cas moyens, réguliers, on distingue deux périodes, l’une d’excitation, de délire, l’autre d’alfaisscment et de coma,mais souvent la marche de la maladie est si rapid-e que ces périodes se confondent, la mort arrive en quelques heures.

La maladie débute hrusquemeut par un frisson qui peut se répéter plusieurs jours de suite (forme intermittente)-, en même temps que la température du corps s’élève rapidement, le malade accuse de la douleur occipito-frontale, puis surviennent des vomissements, de l’agitation, du délire, des convulsions et surtout une roidetir très-caractéristique de la nuque; cette première période dure de douze heures à trois jours.

La seconde période est caractérisée parles phénomènes de dépression des activités cérébro-spinales : le malade perd connaissance, la • douleur n’est plus accusée que par l’agitation, les contractures. La stupeur, la physionomie atone de l’ivrogne, remplacent le masque crispé des premiers jours. La face est pâle, l’œil sans expression, l’insensibilité fait place à l’hyperesthésie. Le pouls diminue de fréquence en même temps que les inspirations s’élèvent à 50 ou 00 par minute. La soifii’est plus accusée, les boissons sont rejetées par suite du spasme des muscles; les selles sont complètement suspendues, les urines s’accumulent dans la vessie ou sont rendues par regorgement.

Lorsque la maladie doit se terminer par la guérison, le sommeil remplace la somnolence, les convulsions cessent, l’agitation diminue, la connaissance revient, la peau perd de sa sécheresse, le pouls s’élève en même temps que la respiration reprend son rhylhme normal. La physionomie s’anime, l’appétit se prononce et une convalescence plus ou moins franche commence.

Dans les cas qui se terminent par la mort, les traits sc relâchent, la pupille SC dilate, l’œil est souvent dévié par le strabisme, rouge, injecté, les coniractures des membres sont remplacées par des mouvements automatiques, de la carphologie; la somnolence lait place au coma, l’insensibilité est complète; le pouls est large, mou, sans résistance, ou petit et irrégulier. Des palpitations violentes soulèvent la région précordiale, les bruits du cœur sont soufflés, les mouvements respiratoires se répètent à de plus longs intervalles, ils sont irréguliers, suspirieux. Une transpiration abondante recouvre la lace et le tronc, la peau se cyanose, les extrémités sc relroidissent (L. Laveran).

Dans la forme foudroyante ou apoplectique, le malade perd rapide-

(1) Wistler, Relation de l’épid. de Sclielestadt, in Encyclopédie de Bruxelles, t. Il, p. U3. 1841.

ment connaissance, il tombe clans le coma, et la mort arrive par asphyxie, dix à douze heures après le début de la maladie. On a décrit aussi des formes rachialgicjues et phrénéticpies caractérisées par la prédominance des symptômes spinaux (douleurs atroces le long de la colonne vertébrale, contractures, convulsions lélanicjucs) ou de l’excitation cérébrale (délire violent et furieux).

A coté de ces formes graves quelcpies auteurs en ont décrit de légères, mais la nature de ces derniers accidents n’est pas encore bien démontrée.

Symptomatologie. — Aspect extérieur , symptômes généraux^ — L’exl)ression du visage est ciu[)rciute de douleur, les traits sont crispés, la face pâle, les yeux injectés, le regard tixe; ou bien la physionomie ne porte plus l’eiupreinte de la pensée, elle ressemble à celle de riiomme en état d’ivresse (L. Laveran) ; les malades sont couchés sur le coté, les membres inférieurs ramassés vers le tronc.

La température du cor|)S s’élève très-haut dès le début; chez un enfant de trois ans observé par Lewis Smith, elle était de il“,9 deux ou trois heures après l’invasion de la maladie. Dans l’épidémie de Metz (184-7-1848), la température , toujours fébrile, oscillait entre 88", 5 et 40", 5, et la fièvre avait le type rémittent avec des exacerbations de à 1 degré (L. Laveran).

Dans quelques cas très-graves et rapidement mortels, dit^Vunderlicb, la lièvre présente une allure semblable à celle de la méningite de la convexité; à l’approche de la mort, elle peut atteindre 4:2" et audessus (43", 75 dans un cas, et 44", 10 trois quarts d’heure api'ès la mort); dans les cas plus légers, la fièvre a une plus courte durée, bien qu’elle soit encore mar([uée souvent par des élévations très-considérables de la température, la marche de la fièvre est discontinue, la défervescence brusque ou lente (1).

Le pouls, dur et résistant pendant la première période, devient petit, dépressible dans la seconde, il s’élève parfois à 100, 105, 1 10 pulsations par minute, mais plus souvent sa fré([uence diminue comme dans la méningite franche, et il peut tomber à 50 et même 40 [udsations; dans l’agonie il redevient fréquent.

La peau, sèche et rude au toucher, présente souvent de la cyanose, des marbrures noirâtres; des taches exanthémateuses analogues à celles de la rougeole et de la scarlatine; des sudamina ou bien des pétéchies; mais l’éruption la plus commune consiste en vésicules d’herpès qui apparaissent en groupes aux lèvres, au menton, aux ! oreilles, aux joues, plus rarement aux extrémités. La disposition ,|

(1) WundeiTicli, De la température dans les malailies, Iraàücl., p. 400.

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(jiielquefois symélriquc des vésicules suggère la pensée qu’il s’agit ])eut-èlre, comme dans le zona, d’une lésion trophique (L. Laveran); la nalure des lésions anatomiques autorise pleinement cette supposition; le facial et le trijumeau, entourés d’une gaine de pus, doivent suhir une vive irritation, qui est, comme on sait, la cause sine qua non des lésions trophiques d’origine nerveuse (1).

Sjjstème nerveux. — « Troubles de la scnsibililê. La céphalagie est le symptôme dominant, elle ne manque jamais au début, et persiste jusqu’à la lin dans les formes les plus prolongées; elle est absorbante, violente, atroce, arrache des cris aux malades ou les jette dans une agitation violente et un délire furieux. Cette douleur s’étend à toute la tête, à la nuque, aux parties latérales du cou, aux mâchoires. La lumière, le bruit, les mouvements spontanés ou communiqués l’exaspèrent.

» A la céphalalgie occipito-frontale se joignent le plus souvent des douleurs de la nmpie et du dos. Les malades témoignent d’une sensibilité exagérée ou de douleurs le long de la colonne vertébrale, surtout à sa partie inférieure; cette sensibilité exagérée devient une douleur par le fait de la pression sur les apophyses éjtineuses ou les mouvements du tronc et de la tète. Chez qucbpies malades, la sensibilité cutanée est exagérée sur toute la circonférence du tronc; les malades poussent des cris quand on presse un point quelconque des parois abdominales. Enfin, les malades les plus gravement atteints accusent un sentiment exagéré de la sensibilité à la surlace desmembres, tout atloucbcmenl un peu rude augmente l’agilation et les gémissements du malade, tout mouvement le fatigue et 1 irrite.

» Dans les formes comateuses, la douleur n’est plus accusée par l’agitation ni perçue par les malades; les irritations les plus fortes de la peau des membres supérieurs ne provoquent aucune réaction, au contraire les mouvements réllexes des membres iidèrieurs persistent. 11 est rare de constater une anesthésie périphérique sans perte de connaissance, phénomène qui provient, suivant jNicmeyer, d une extinction de l’excitabilité des racines postérieures, par l elTet du piocessus infiammaloire, la perte de l’ouic a lieu par le môme mécanisme.

)-> Molililé. La douleur, au début, roidit, limite tout mouvement ; les malades sont profondément abattus, ils ne peuvent maicbei ou s asseoir dans leur lit f[ue soutenus par la tête, les épaulés et le tronc. Cette roideur est surtout accusée à la région cervicale, où elle varie d’une simple gêne à un véritable opistbotonos. Cette roideur qui s’é-

(1) Charcot, Des troubles trophiques consécutifs aux tnaladies du cerveau et de la moelle épiniére, 1872.

MALADIKS ET É l>II>£.MIES DES ADMIMES.

tend aux muscles de la màclioice eide la dégiulilioii donne au malade un aspect tellement frappant, que les dénominations populaires désignent précisément la méningite par ce symptôme. Kn Suède on rappcll(! îiac/i'.s^n/irt (maladie de nuque) ou dro^.s/K/w (maladie qui roidit (Lindstrom), en Allemagne, ?î«(7ic«/ic/;cr (fièvre de nuque); la roideur, riinmobilité font place, dans les cas graves, à un renverseiiKiiit complet de la tête en arrière, les malades font un ti'on dans l’oreiller ou tendent à glisser vers le pied du lit, on enfin il survient du Irismus ou un véritable opisthotonos (pii rend le décubilussur le dos impossible et compromet la respiration.

» L’irradiation des douleurs vers les extrémités et la péripliérie détermine dans les formes graves des contractions convulsives des muscles des membres qui présentent alternativement de la roideur, des convulsions toniipies, et rarement des convulsions générales épileptiformes. Les muscles les plus atteints sont ceux de l’œil et de la face, de là, la contraction de la pupille, le strabisme, l’occlusion des paupières, le grincement des dents. Toutefois, à côté de ces phénomènes de réaction, et comme conséquence même de leur intensité et de leur violence, l’affaiblissement des activités nmsculaires est après tout le fait dominant dans la pathologie de la méningite, llrusipicment dans les cas graves, d’une manière successive dans les formes légères, on peut suivre l’extinction de l’activité musculaire dans les nmscles des membres, de la tète et du tronc, la vessie, les intestins, l’œsopbage, et enfin les poumons, les artères et le cœur.

» La mort arrive toujours par asphyxie, les bronches s’emplissent (le mucosités, une écume mousseuse découle des lèvres, une sueur froide baigne la peau du malade; le pouls sans résistance offre au doigt une largeur et une amplitude trompeuses, jiendant que dans la poitrine le cœur est le siège de pulsations fortes et accélérées, souvent accompagnées d’un bruit de souflle. Une saignée pratiquée à cette période ultime accélère la terminaison fatale.

» FucuUés psychiques. L’état mental est le plus souvent altéré. Dans les formes légères, les malades paraissent frappés de stupeur, répondent d’un manière indifierentc aux (piestions, ou réclament les choses qui leur sont nécessaires avec une animation, une exagération singulières, témoignent d’une inquiétude extraordinaire, les questions les fatiguent, et ils y répondent d’une manière brève et incomplète, lîientùt ils semblent devenir indilférents à tout ce qui se passe autour d’eux, ne reconnaissent plus ceux qui leur parlent, il faut insister pour avoir une réponse et tirer les malades de la torpeur et de la somnolence qui finissent par les soustraire complètement à la vie extérieure. Entre ces états extrêmes vient se placer le délire violent ou

MÉNINGlTIi CÉRKBIIO-SI'INALE.

triinquille, conliiiu ou iatermiltcnt, toujours plus marqué pendant la nuit. Dans la convalescence, les malades sont irritables, méchants; dans un état voisin de la démence, deux fois J’ai observé l’aphasie, l’un de nos malades ne faisait plus emploi que des mots oui et non.-

» L’insomnie pénible caractérise la méningite légère; dans les méningites graves, la somnolence, le coma, le carus se succèdent et mar- (pient les différents degrés d’une agonie progressive. » (L. Laveran.)

La respiraiion est courte, accélérée, elle s’embarrasse de plus en plus à mesure ([lie le coma augmente, les muscles de la respiration se paralysent, et la mort arrive par asphyxie dans le plus grand nombre de cas.

\jCS (roubles digestifs consislenl en vomissements accompagnés d’une constipation opiniâtre; la soif est vive, la langue souvent sèche et couverte d’un enduit noirâtre.

L'urine est très-chargée, peu abondante, il y a souvent de la rétention; la plupart dos auteurs ont négligé de rechercher l’albumine.

Complications. — Les principales complications de la méningite cérébro-spinale se produisent du côté des séreuses. Les péricardites, les pleurésies, les arthrites, sont fréquentes et prennent souvent la forme purulente.

Schilizzi (1) à Aigues-Mortes, Forget ('2), lourdes à Strasbourg, L. Laveran à Metz, M. Lévy à Paris, ont signalé l’existence de pleurésies purulentes chez un certain nombre de méningitiques : le plus souvent cos pleurésies ne s’accompagnent pendant la vie d’aucun symptôme morbide, elles ne sont l’econnues qu’à l’autopsie. La complication (le péricardite avec épanchement puriforme est notée àV-ersailles (Fanre Villar), à Metz (L. Laveran), à Conslantine (A. Vital), à Strasbourg (Tourdes, Vaillant), à Toulon (M. Grellois); comme la pleurésie, la péricardite est souvent latente.

Lefèvre à Uoebefort (3), L. Laveran à Metz, M. Lévy à Paris, Corbin à Orléans (i). Maillot à Lille (5), Grellois à Toulon, notent comme une complication fréquente de la méningite , cérébro-spinale la rougeur des synoviales articulaires et la présence de pus pblegmoneux dans la plupart des grandes articulations et juscpie dans les gaines tendineuses (G).

(1) Relat. de la méningite cérébro-spinale épid (pii a régné à Aigues-Mortes. Montpellier, 18-i2.

(2) Forj;et, Gazette médicale, 1842.

(3) Ann. maritimes et colon. Poris, 1 810.

(4) Gazelle médicale de Paris, 1818.

(5) Gazette méd. de Paris, 1848.

(6) V. Daga, Complic. de la méningite cérébr.-spin. épid. Thèse, Paris, 1851.

La tendance à rindammation et à la suppuration des séreuses est si marquée ([u’on a trouvé du pus jusfiue dans la tunique vaginale du testicule (Boudin, loc. cil.).

Le pus, en entlammant les gaines des nerfs crâniens et en fusant le long de ces nerfs [)eut amener des altérations dans les parties profondes de l’œil (irido-choroidite) ou de l’oreille (inflammation suppurative du limaçon et de la caisse du tympan), ou bien encore il donne lieu à la paralysie des troisième, (luatrième, sixième, septième paires, d’où le strabisme, laclmte de la paupière supérieure et l’hémiplégie faciale, qui surviennent chez quelques malades.

Les oreillons doivent être rangés aussi parmi les complications fré-

quentes de la méningite cérébro-spinale.

Le lUagnostic est en général facile ; la méningite cérébro-spinale se présentant presque toujours à l’état de petites épidémies, on est guidé par l’existence de cas antérieurs soit dans la garnison où l’on observe, soit dans les garnisons voisines; la violence de la céphalalgie, la roideur de la nuque, la marche rapide et si souvent fidale du mal, donnent ci la méningite épidémique une physionomie particulière facile à reconnaître. A la vérité, les premiers cas qui se présentent peuvent être confondus avec des méningites franches, mais cotte erreur sera de courte durée ; la méningite idiopathique, non tuberculeuse, est une aifection rare, elle ne donne pas lieu à des cas successifs, comme la méningite épidémi(iue, et ne présente pas les memes complications.

Durée. Pronostic. Mortalité. — La méningite cérébro-spinale peut tuer en vingt-quatre heures, on a même vu la mort survenir en dix ou douze heures (cas foudroyants) ; le plus souvent, quand l’issue est fatale, elle a lieu dans les cinq ou six premiers Jours; cà Metz, mon père a trouvé pour les cas mortels : moyenne, cinq jours ; minimum, douze heures; maximum, jours; à Paris (M. Lévj), la duiée dans les cas de mort prompte a été de 3 à 10 jours; dans les cas de mort tardive, de (U à 90 jours; dans les cas de guérison rapide, de 8 à 4" jours ; dans les cas de guérison lente, de 01 à 00 jours.

Les accidents consécutifs ci l’innammation et à la suppuration des méninges entravent 1a guérison et augmentent très-notablement la durée ^de la maladie; les paralysies, les troubles des facultés psychiques, se dissipent lentement, la nutrition ne se rétablit qu’avec peine, et il n’csl pas très-rare de voir des malades qui ont échappé aux accidents aigus succomber à une période très-avancée de la maladie, dans un état d’idiotisme et de marasme (L. Laveran).

Les chiffres suivants montrent l’extrême gravité de la méningite épidémique; sa mortalité est supérieure à celle du typhus et du choiera;

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