MÉNINGITE
sr. Alt LATINE.
1847. Quatrième lri(ncstr(J
13 cas
4 cas
1848. Premier trimestre
Deuxième Irimcsli'e
Troisième trime.^lrc
Quatrième tri(uestre
1849. Premier triuiestco
Tüla!
I2i) cas
128 cas
|T) [liatoire de l'épid. de croup (pii a réi/né eu 1810-1811 à l’Iuip. des ICn fauta de Paris, pac E. lloudiT.
(2) Mouvement des fiévreux de t'hôp. de Strashoiirq pendant les deu.t- prem. trhn. 1818, cité p:(r Hoiuliii (lîec. mé.in. méd. militaire), loc.cit.
MÉNINGITE CÉUÉBI’.O-SPINALE. 437
Les chilïres suivants prouvent le parallélisme des deux maladies à Paris (M. Lévy, mém. cité); 2» trimestre 1848: méningite “20 cas, scarlatine 21; 3“ trimestre 1848: méningite 12 cas, scarlatine,
28 ; — 4“ trimestre 1848 : méningite 23 cas, scarlatine 30.
La glande épidémie de Suède a coïncidé avec une épidémie de scarlatine et d’oreillons; dans le grand-duché de Bade (1804), les fièvres éruptives régnaient avec une fréquence inusitée quand se montra la méningite cérébro-spinale.
Mais, dira-t-on, la coïncidence fréquente de la scailatine et de la méningite cérébro-spinale no démontre pas que ces maladies relèvent de la môme cause, du même miasme. Voici d’autres preuves.
L invasion brusque de la méningite, l’ascension rapide de la tempélatuie, tout ressembler le début de la maladie à celui de la scarlatine (J. Lewis Smitb, (of. ci/.); à la période d’état, la méningite s’accompagne souvent il eruplioiis variées, peu c.aractéristi([ues il est vrai dans la grande majorité des cas, mais qui queli[uefois ont présenté l’aspect de l’exantbème scarlatineux.
Il Dans les trois ou quatre premiers jours, dit F. Villar, on remarquait sur la peau de la plupart des cas graves des taches d’un brun foncé ou d’un pourpre vif, quelquefois arrondies et lenticulaires, quelquefois irrégulièrement découpées et ayant de deux cà dix millimètres de largeur ; elles occupaient de préférence la partie antérieure du tronc et des membres inférieurs, ne disparaissaient pas par la pression et taisaient quelquefois une saillie prononcée au-dessus de la peau;... dans quebpies cas, au lieu d’une éruption poni’iirée, j’ai observé des taches d un noir d’encre, mal circonscrites et se fondant comme des ombres sous la peau, ou des taches rouges analogues à celles de l’urticaire ou de la scarlatine, ou encore une véritable éruption miliaire rouge. y>{Loc. 90.) Au nombre des complications de la méningite, F. ^ illar note : une fois la scarlatine, une fois l’angine qu’il nomme gangréneuse. A la deuxième période, l’éruption disparaissait, et enfin à la troisième, « la peau devenait sèche et aride et oiTrait aux extrémités une desquamation analogue à celle de la scarlatine ». {Loc. ciL, p. 9(3.) M. Tourdes a noté aussi chez un certain nombre de malades des exanthèmes et dos pétéchies, ces dernières annonçaient presque toujours une terminaison fatale ; « deux fois pendant la convalescence, dit M. Tourdes {loc. cil.), la peau a été le siège d’une desquamation générale ». Graves et Trousseau ont insisté sur ce faitipie des desquamations pouvaient SC produire dans la scarlatine alors même qu'il n’y avait pas eu d’exanthème.
■\ Constantine (1837), à xVlger (1847), à Metz, à Paris (18 38), à Bade (18(33), etc., tous les obsenateurs disent avoir observé dans un
MALADIES ET ÉI'IDÉMIES DES AlLM^ES.
certain noml)rc de cas des taches cxantliéinateuses on pétécliiales ciiez les méningitH|iios.
Les principales complications de la scarlatine se prodnisciil dn côté des mcmhiaiies séreuses, ainsi delà méninj^ite, et dans les deux cas il y a nne grande tendance à la snjipnration ; la psorentéric intestinale s’observe dans les deux maladies.
La méningite règne sons forme de petites épidémies, comme la scarlatine; comimî la scarlatine elle est contagiensc, mais à nn moindre degré (pic la variole et la rougeole; comme elle enlin elle s’attarpie snrlont aux enfants, anx adolescents on aux jeunes soldats.
i\ons avons vn ipie la scarlatine prenait sonvent des formes anormales et qn’elle avait de la tendance à produire des inllammations pnrnlenies des séreuses, pmmpioi ne se tradnirait-ellc jtas aussi hicn par nne méningite snppnrée ipie par nne pleurésie pnrnlente?Dans(pieiqncs épidémies de scarlatine, la méningite s’est montrée fréquente, comme dans l’épidémie de (Ireiswald, et si nous la croyons rare, n’est ce pas parce (pie nous la méconnaissons sonvent? iMM. Uilliet et Barthez, dont l’antorilé est si grande en ces matières, disent à propos des accidents nerveux de la scarlatine ; «L’état cérébral est qnehpielois si alarmant et absorbe tellement l’attention (jne l’éruption passe inaper- (;nc, et qu’au grand détrimentdes maladeslemédeciii prend pour nne affection cérébrale idiopathique nne manifestation nerveuse de la maladie générale. 11 subit de parcourir les recueils d’observations sur la méningite pour en trouver [dnsieurs décrites sous ce nom et qui luî sont que des scarlatines larvées (l). »
Il nous reste à dire poniapioi la scarlatine se cache ainsi sons le masque de la méningite; c’est ici qn’oii peut taire intervenir le Iroid et les fatigues, le froid empêche les fièvres éruptives de suivre leur marche naturelle, de venir s’épanouir a la surlace du corps, alors b's localisations se font vers les organes internes, la rougeole devient catarrhe suffocant, la scarlatine se transforme en ideurésie ou en méningite purulente. Les fatigues excessives, en produisant une excitation exagérée du système cérc'hro-spinal, sont lu’ohahlement une des causes prédisposantes; en 1837, la méningite épidémi(pic se déclara parmi les troupes (pii venaient de prendre Constantine et <[ui avaient subi de grandes fatigues;en 183!) à Versailles, en 1817 à Alger,elle se montra sur de jeunes soldats (pii chaque jour, et par une températuri' très-basse, faisaient l’exercice pendant de longues heures; en 18-10, à Strasbourg, sur de jeunes soldats qui, pour rejoindre leur corps, avaient dû faire de très-longues marches par un hiver rigoureux.
(1) Traité des malad. (ks oifinils, l. lit, p. 18).
MÉNINGITE CÉUÉlîUO-SPlNALÉ.
i'RoriiYLAXiK. fiXAiTEMENT. — Lorsquo la scai'laliiie règne dans une garnison, il est sage d’en éloigner les jeunes soldais, el de ne pas souincttre ceux qui rcslcnlà de trop grandes faligues, non plus (pi’à l’exposilion prolongée au Iroid. Quand la luéningile cérébro-spinale a éclaté dans une garnison, les malades doivent être isolés avec soin, et l’on doit clicrdier a éloigner les jeunes s(ddals du fuver épidémique; le fait suivant, (pic j’emprunte à rarlicle Méningite du Diclioniinire encijcIupédifjKe, prouve relfu-acilé de celle mesure :
Eu i8(»3, un des régiments d’artillerie de la garnison de Ueunes reçut, au commencement de l’automne, les hommes de la réserve; un de ces hommes fut pris au polygone d’accidents auxquels il succomba après deux jours de maladie; à l’aulopsie, on trouva le cerveau et la moelle recouverts d’une couche de pus. Le lendemain, un second artilleur du même régiment el également de la réserve, présenta les mêmes accidents et succomba; une dépêche fut adressée immédiatement au conseil de santé, cl le jour même arrivait l’ordre de renvoyer tous les hommes de la réserve dans leurs loyers. Dès lors aucun cas ne se présenta dans le régiment ni dans la garnison.
La gravité de la maladie et le peu d’erticacilé de la Ihérapeuliipie autorisent l’emploi de ces moyens exceptionnels.
Les émissions sanguines, les révulsifs, les vomitifset les purgatifs, le sulfate de ([iiininc, les anlispasmoditpies, l’éllier (.M. liesseron), l’opium (M. Chauirard), ont été vantés et décriés tour à tour, la grande mortalité de la méningite dans toutes les épidémies prouve bien le peu d’efflcacilé de ces moyens de traitement.
Tourdes, Eorget, Cliaulfard, Doudin, disent avoir vu les accidents nerveux s’amender sous l’action de l’opium cl de la morphine; Doudia a été jusqu’à donner 0,.ü0 et même I gramme d’extrait d’opium en une seule dose au début, en coidinuant par 0,05 d’heure en heure; on suspendait (piand les accidents s’apaisaient, pour recommencer quand ils se réveillaient. Ces fortes doses d’opium n’étaienl pas absorbées, elles s’accumulaient dans l’inleslin, cl l'on voyait survenir des accidents d’intoxication graves et même moi'lels lorsque l’absorption iHtestinalo se rétablissait. Les opiacés sont indiqués pour diminuer l’excitabilité du système nerveux, mais il serait peut-être préférable de les employer par la méthode hypodermique.
Avec l’opium les révulsifs constituent la médication la plus utile; peut-être, au début, les atfusious froides pourraient-elles rendre les mêmes services (pie dans les scarlatines ataxiques; mais évidemment, (piand le pus est formé, et il -se forme très-rapidement, ou ne pont pas songer à amener sa résoi'plion par ce moyeu. Les sinapismes promenés sur dilïérents points du corps, les vésicatoires lorsipie la
•liO
MAI.ADIKS ET ÈI'IDÉMIES DES AUMKES.
(iilililliérilc ne règne pas, sont d'nn utile emploi. Le sulfate de epunine éclione eoinplétement, niais le qnimpiiiui, en soutenant les forces des malades, peut rendre des services.
La convalescence est longue et difficile, et les accidents consécutifs, paralysie, etc., donnent lieu à des indications spéciales.
cil API T FIE XXI
SYI'HILIS. MAI.AUIES V É N É U iE.\ N E S.
Historique. — Vers la fin de l i-94, au moment où Charles VIII faisait la conquête du royaume de Naples, une maladie que tous les écrivains coidemporains : Commines, Guicliardin, Pierre Hinctor, Jaccpies de Calanco, s’accordent à regarder comme eutièrcmeiit nouvelle, se répandit dans les années belligérantes : c’était la syphilis. Italiens et Français s’accusèrent réciproquement de s’élre communiqué le mal, et tandis (pie les Italiens lui donnaient le nom de mal français, les Français l’ap[)elaient mal napoUlain.
Dès 1493 la syphilis était connue en Auvergne, dans le Brandebourg cl dans le Mecldembourg, ainsi qu’en Lombardie (1); l’armée de Cbarlcs VIH ne servit donc qu'à propager une maladie qui existait déjà; il est à remarquer que la syphilis ne commença à exercer scs ravages ilans l’armée qui assiégeait Naples qu’après l’arrivée d’uii grand nombre de courtisanes chassées de la ville ou envoyées à des- ■ sein dans le camp français fi).
Ce ii’csl pas ici le lieu de reprendre la controverse encore pendante sur l’ancieuncté cl les origines de la syphilis; tons les textes anciens ont été fouillés à maintes reprises ; cette œuvre d’érudition et de patience a conduit à des citations nombreuses de médecins, d’iiisloriens et de poètes, citations qui ont trait évidemment aux maladies vénériennes, mais la syphilis n’est nulle part clairement décrite. Si elle avait existé à Home, par exemple, dans cette société si corrompue de l’Empire, il est à croire (pi’elle y aurait fait des ravages suflisants pour attirer l’altenliou de tous les médecins, or ni Cclsc ni Galien ne décrivent la maladie. Au contraire, au commencement du 9 xvF siècle, le doute disparaît tout à coup, la syphilis devient 1a grande h préoccupation du moment, tous les auteurs la décrivent comme une ma- I ladie nouvelle, on lui donne des noms nouveaux : grosse, vérole on s vairole (France), les poipies (Flandre, Picardie), las huhas ou buvas
(Ij Sprcugol, |)ai' E. Laiiccccaii.x, 7 r{iilé de hi sijpJtilis, ]i. 50.
(5) E. Maréchal, llechercites sur les tnalad. endém. épid. el co/Uaj. , cliap. vi.
MAL.UMKS El’ rilMDlv MIES DES AliMf'ES.
(Espagne), la male de le lavelle ((lènes), grosse Hlalles ('Allemagne), gorre, grande gorre (de gorre, porc, gorrel, petit porc), etc., etc.; les peuples rejettent les mis sur les antres la [iremière l'anle : les Italiens, les Allemands, lui donnent le nom de mal l'raingiis; lies Eraiifais, celui de mal de Naples; les Flamands rappellent vérole espagnole; les Portugais , mal castillan; les Indiens, mal des Portugais, etc., etc. Do tontes parts on prend des mesures sévères pour protéger les villes conire la contagion, entin tous les auteurs se inelleiU en Irais d’iinagination pour découvrir la cause jiremiérc du mal ; les uns accusent des coiijonclioiis planétaires (?) laclieiises (Gelinns, G. Torella, Ilock et J^. l-'risius dit le Fiisoii); d’autres y voient une punition céleste (.1. de Calanéc, Grumpeck); Yan llelmont et Limier croient que la syphilis a été produite par raccouplemeiit iriiommes avec des animaux; d’autres, comme Jean Mainard, atirilnient le mal nouveau au commerce d’un chevalier lépreux avec une courtisane de Valence très en vogue qui l’aurait transmis ensuite à un grand nombre de jeunes seigiieiii's; plus tard on accuse les compagnons de CliristO|)he Colond) d’avoir rapporté la sy|)hilis du nouveau monde (Ulrich de Ihitten, Massa, Fallope, Astruc, etc.), suj)|iosilion jdus vraisemblable, mais non mieux établie que les précédentes.
Ou ne compi'end pas cette épidémie de la fin du xv" siècle ({uand on admet l’ancienneté de la syphilis; nous ne votdons pas dii'o (pic la syphilis ait été créée à cette époque, elle existait sans doute aiqiaravant, mais elle était restée très-localisée, et c’est seulement à la fin du xv^ siècle ipie la maladie, sous l’influence de causes ipie nous ignorons et que nous ignorerons probablement toujours, prit une grande extension. Dans l’histoire de presque toutes les maladies contagieuses, on constate une période de débordement, si j'ose ainsi dire, les premières épidémies anxipielles ('lies donnent lieu ont un caractère de gravité extrême, puis la maladie va en s’alfaiblissant, en s’épuisant à mcsui’e qu’elle s’acclimate dans les pays cnv;diis: ainsi les barbares, a|)rès les brutalités et les violences de l’invasion, devenaient les trampiilles |tossesseurs du sol (pi’ils avaient compiis.
Mais revenons à l’armée de Charles Vlll, qui joua certainement un rôle important dans la dilfusion de la syphilis après en avoir été la première victime. Les soldats licenciés revenant d’Italie importèrent la maladie dans toutes les directions, et cela d’autant plus facilement ipie l’armée française comptait à cette époque autant d’Allemands, de Suisses, de Flamands, etc., que de Français. Dès 1197, un arrêt du parlement de Paris ordonne la séipiestration des malades : « Attendu (pi’aujourd’lmi fi mars 1 P.17, eu cette ville de Paris, y avait plusieurs malades de certaine maladie contagieuse nommée la grosse
SYPHILIS. M.VLADIES VÉNÉRIENNES,
ii3
[ vérole, qui depuis deux ans a uu i;raud cours eu ce royaume lauL cii >j celle ville de Paris que d’aulres lieux; ordonne aux liabilauls aisés ) de lie pas sortir de leurs maisons, et aux liabilauls pauvres de se re- I tirer dans une maison qu’on allait bâtir pour les recevoir (1). »
La maladie lut importée à Slrasbourg- vers l-iO.") par des laiisqnenels qui avaient lait partie de l’année de Cbarles YIIl et qui l'eiilraieut dans leur pays; Melz cbercha à se préserver, mais eu vain. « Au mois de mai (I Wü), disent les cbroniqiics messines, arrivèi-eiil près de Melz grande quantité de Bourguignons au nombre de 50U cbevaux et 700 |détons. Ou leur relïisa le passage par la ville; ou l'ait prendre les armes; enlin on traite avec eux cl ils durent aller loger hors do la terre de Metz et tourner la ville en passant par le pont de Moulin. Et la cause principale pourquoy on craiudail ilc les sonlcnir et ipie cbacun les décbassait estoit pour ce que la plupart estoient malaides et inrectoz de la gourre, variole et mallaidie de Naples et de plusieurs autres iufeclious (:2). »
Malgré ces sages mesures, la sypbilis ne tarda pas à sévir avec intensité dans le pays messin. « La maladie, dit F. Marécbal (/or. ci(.), tut sans doute communiquée par ces soldats errants à des reninu's du dehors qui à leur tour la Iransmircul à des babitaiits sans (pie la garde qui veillait à nos portes pût eu préserver la cité. » C’est seulement en 1500 que la sy[)bilis commence à perdre de sa gravité dans le pays messin ; « En cette présente année 1500, dit la cbroniipie, faillit en partie et se dcsiaissait (piebpie peu la malladie de Naples, ou autrement dit la gourre ou la malladie de Job, laquelle avait fort raigné par l’espace de (piatre ou cinq ans ; et eu furent plusieurs autaiebiés <iui eu reçurent la mort. Et n’y avoil bomme vivant ipii jamais eult oy parler de la ditte malladie avant (pie le roi Cbarles fustallé à Naples; car d’icelle guerre se engendrait la dite malladie (3). '»
Les descriptions des auteurs du temps moulreiit (pie la maladie avait alors une marebe bien plus rapide, uu caractère bien plus grave que de nos jours; les accidents tertiaires éiaienl fort communs; les malades étaient atteints de larges ulcères, d’exostoses volumineuses avec douleurs ostéocopes très-vives ; on rencontrait eu tout lieu des malades qui avaient perdu le nez, le voile du palais, la voûte palatine; la mort était une terminaison fréipiciitc. Qiiebiucs auteurs surpris de la gravité de ces véroles ont jieusé qu’il s agissait de la morve et lion de la sypbilis; à la vérité la morve régnait sur les cbevaux dans
(I; De la prostitulion danri la ville de Davis, P.iroiit-Duchatclel, t. 11, n. 157.
Ç2) E. Miiréclial {op. cil-).
t.ô/ llag, Chroii. messines, p. 051, cite par F. M.u'éclial, op. cit.
i’iUTiiée de Cliarlcs YIII, mais les descriptions des auteurs coiitempolaiiis UC laissent pas place au doute, c’est bien la syphilis que décrit l''racastor, c’est bien elle qu’il chante dans son étrange poëme, et le i malheureux berger Syphile méritait bien de laisser son nom à la maladie (1).
Lasyiddlis s’est répandue aujourd’hui dans le monde entier, mais elle a heureusement perdu dans la plupart des cas le caractère de gravité qu’elle avait à la lin du xv" siècle et au commencement du \vi“ ; sur qnehiues points du globe elle a revêtu une forme anomale, et dans ces dernières années on a reconnu que plusieurs endémies devaient lui être rattachées (Uollet, Lancereaux, op. cil.). La maladie de Lrünn, le pian, yaws ou l'ramhœsia (Sénégamhie, Congo, Sierra- Leone, Nigritie, etc.), le sihhens d’Écosse, le radezyge de Suède et de Norwége, le bouton d’Amhoine, le mal de Sainte- Luphémie, le pian de Nérac, la maladie de la haie de Saint-Paul, la falcaldinc, le scherlievo, la maladie de Chavanne Cure, ne sont antres (pie des syphilis auxquelles des circonstances locales ont imprimé des caractères particuliers. A Brünn, les hahitants avaient la singulière hahitnde de se faire appliquer des ventouses scarifiées à certains jours de rannée, la maladie se montra chez des personnes qui avaient subi cette opération, les scarifications devenaient le point de départ de chancres indurés; le mal de Sainte-Euphémie eut pour point de départ une sagefemme qui portait uii chancre à l’extrémité de l’index; les femmes accouchées ou explorées par elle furent tout d’abord atteintes, puis les maris, les enfants; le pian de Nérac eut pour origine un enfant syphilitique qui contagionna plusieurs nourrices, lesquelles transmirent la maladie à leurs nourrissons. Dans d’autres pays dont les habitants misérables vivent dans des conditions de promiscuité déplorables, la contagion s’opère bien plulijt par l’usage d’ustensiles communs que par le coit {syphilis insouUum). On peut rapprocher de ces prétendues endémies les épidémies de syphilis vaccinale de Rivalla et de Lnpara.
Dans les pays chauds, les manifestations cutanées sont plus fréquentes, plus graves, plus tenaces que dans les pays froids; la surac- ! livité des fonctions de la peau expliipie celte localisation.
En Algérie, l’incurie et le fatalisme des Ai'ahcs favorisent le développement de la syphilis; les accidents primitifs écliappimt le plus soiivcntà l’observation, les malades ne venant consulter que lors(|u’ils sont atteints d’accidents .secondaires on tertiaires graves (2). En .Ahvs-
(1) l’racastor, De inurhis conliujioaiH, Vrncl, ir)t(). Du iiiôinc, Poème sur la .syphilis, Irailuct. (1g A. Eoiimior, Paris, IRl)',).
Ci) Da,»a, Dorumenls pour servir à l'histoire de la syphilis cha les .\rahes. (Arch. yen. deméd., I8GI.) — ,1. Anioukl, ta Lepre habyle. (Hcc. mèm. méd. militaire, 1805.)