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MORVE

ulcéralions csl à peu [irès le même, ou est guidé par leur siège, par les anamnestiques, par les symptômes concomitaiils; les ulcères syphilitiques ou tuberculeu.x envahissent rarement les fosses nasales ; la morve clironi(iue s’accompagne d’abcès sur dill'èrents poinis du corps, la profession du malade est elle-même une indication importante, cnün, comme dernière ressource, on peut inoculer le pus des ulcères à un cheval ou à un âne.

La morve chroniiiue par inoculation, lorsqu’il n’e.xiste pas de lésions de la nimpieuse nasale, est difficile à distinguer des accidenis dns aux piqûres anatomiipies; ou est guidé par l’èliologie, par les accidenis consécutifs : abcès multiples, douleurs articulaires, eic.

Pronostic. — La morve aiguë est toujours mortelle chez l’homme; la mort arrive eu deux, (rois ou qualresepléuaires, la morve chrouique par iuoculatiou (farciu chronique) peut aboutir à la guérison lors([iic la maladie ue se généralise pas; il semble que les ganglions lymphatiques forment alors une barrière que le virus ne Irancbit pas; les malades ne guérissent eu tout cas qu’après avoir présenté des accidents de suppuration en général très-prolongés.

Anatomie pathologique. — Sur le cadavre on retrouve les altérations déjà signalées du côté de la peau et îles minpieuses, mais on peut les étudier ici tout à loisir. Nous avons dit que les pustules avaient la plus grande analogie de structure avec celles de la variole; cependant, d’après Ivelsch, le derme est conslamment malade au niveau des pustules morveuses, « l’altération en occupe toute répaisseur, plus accentuée toutefois dans la couche superticielle que dans la profonde ; elle rayonne môme en s’atlénnanl jusqu’à une certaine distance dn boulon; en etïet, avant d’arriver à ce dernier, on voit les faisceaux du tissu conjonctif se gonller et les cellules de juis se tormer entre eux; celles-ci deviennent ensuite plus confluentes, clan niveau du soulèvement épidermique elles imprègnent toute 1 épaisseur du derme et môme le tissu cellulo-graisseux (1). »

Dans le tissu cellulaire, dans l’intérieur des muscles, on trouve des foyers purulents ([ui renferment tantôt du pus crémeux, tantôt du pus brunâtre analogue au chocolat. Au voisinage des abcès les muscles présentent à l’examen histologique une dégénérescence granulo-iilrcuse des plus nettes et une prolifération tres-active des cellules du péiimysium et du sarcolemine. « Tout à fait en contact avec le lo\ei, les fibres complètement cireuses sont désagrégées, réduites en liagments plus ou moins volumineux et irréguliers que baignent de tous côtés

(1) Note sur la morve farcineuse aifjiië c/ies l'homoie. (Arch. de phijsiologie, 1873, p. 731-71.'').)

MAI^ADIKS I:T épidémies DES ARMÉES.

des nappes de leucocytes mêlés de sang. Dans l’abcès Ini-mêmo on trouve des blocs cireux épars au milieu du pus. » (Kelscli, loc. cil.) Les abcès musculaires de la morve ont donc une grande analogie avec ceux do la fièvre typboule.

Les voies respiratoires sont le siège de lésions importantes. La mu- (pieuse nasale est rouge, tuméliée, on y rencontre parfois des ecchymoses et de la gangrène, bien |)lus souvent de petites ulcérations arrondies, à fond grisâtre, j)rovenant de la destruction des pustules; ces ulcérations se réunissant par leurs bords jjouveiit donner lieu à des pertes de substance plus ou moins étendues, à bords irréguliers, décbi(iuctés; les mêmes lésions (pustules ou ulcères) se retrouvent sur les mmiueuses laryngée et trachéale, mais elles y sont moins communes.

C’est la couche sous-épitbéliale de la muqueuse nasale tjui parait être le point de départ ebis altérations, c’est elle tpii présente l’inlil- Iration la plus considérable de globules de pus, répitliélium cylindrique stratifié est conservé, sauf au niveau des ulcérations, les couches profondes de la muqueuse sont intiltrécs de pus, mais les globules y sont plus rares que dans les couches sous-épithéliales; les glandes eu grappe sont altérées, |)arfois des amas de pus se substituent au tissu glandulaire dont lastructureest complétementell'acêe(Kelsch,/üc.n/.).

Dans les poumons ou trouve soit des ahcès analogues aux abcès métastatiques, soit des noyaux de pneumonie lobulaire; les principales formes de pneumonie décrites : la tihrineuse, l’épitliéliale, la purulente, se réunissent pour former ces noyaux: « Ce (pii est caractéristique ici, dit Kelscti, c’est l’association de ces diverses formes et surtout la prédominance de la forme purulente qui remporte de beaucoup sur les autres. »

Le système nerveux et le tube digestif sont en général à l’état sain, l’éruption pustuleuse ne dépasse pas le pharynx; la rate est souvent ramollie.

Dans la morve chronique on a noté des ulcérations des fosses nasales, du larynx, de la trachée, des ahcès sous-cutanés et pulmonaires, mais pas plus dans cette forme que dans la précédente ou ne rencontre chez l’homme de tubercules morveux proprement dits. Les granulations de la morve é(piine ont été comparées aux granulations tuberculeuses, et leur structure histologique les en rapproche certainement. « Ces gramdalions sont formées de petites cellules au sein d’une substance vaguement librillaire; les (déments cellulaires s’alropliient au centre des nodules, et il serait absolument impossible de distinguer l’uii de ces produits de la morve é(piine, d une granulation tuberculeuse bumaiiie. » (Cornil et Uanvier, Mitmtel d'Iiislol.

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