DES GRANDES ÉPIDÉMIES. — DE LA PESTE ANTIQ DES GRANDES ÉPIDÉMIES
Les plus anciens documents nous montrent que de tout temps les peuples ont été mis en coupe réglée par les grandes épidémies, par les pestes, comme on disait autrefois en confondant sous ce nom générique toutes les maladies qui prenaient une grande extension et qui donnaient lieu à une grande mortalité. On distingue souvent les différents âges du monde en leur appliquant les noms des espèces qui ont tour à tour dominé dans la flore ou dans la faune et dont beaucoup ne figurent plus que dans nos musées; on peut de même diviser l'histoire des épidémies en périodes, caractérisées chacune par l'apparition d'un ou plusieurs types morbides; là aussi on rencontre des espèces éteintes.
La peste antique marque une première période qui commence en 430 avant J.-C. avec la peste d'Athènes et qui se termine au vi° siècle après J.-C. Sans doute avant celte époque, peu éloignée en somme, si nous la comparons à l'antiquité de certains peuples, du peuple égyptien par exemple, de grandes épidémies ont dévasté le monde : nous en trouvons la preuve dans les livres bibliques, dans les poètes dont les chants transmis de bouche en bouche à travers les siècles constituent la première page de l'histoire de l'humanité, mais il ne sert à. rien de se livrer à des considérations stériles sur des maladies dont on ne peut affirmer que l'existence et la gravité.
A la peste antique succède la peste à bubons, qui règne du vic siècle au xvir siècle ; la grande épidémie de 1348 connue sous le nom de peste noire, marque l'apogée de celle époque néfaste où l'humanité affolée de terreur peut croire un instant qu'elle est vouée à une destruction complète. La mort se fatigue enfin, les vicies creusés par elle se réparent avec une facililé singulière, mais de nouvelles maladies attendent de nouvelles générations.
Au xvi° siècle les maladies typhoïdes prennent une grande exten-