XXVIII INTRODUCTION
et de l'orage, l'homme saisi du sentiment de sa faiblesse a invoqué ou accusé les dieux. Plus tard, un coup d' œil plus calme, le fait de la dissémination de la syphilis et du typhus par les armées, a fait naître l'idée d'une certaine analogie entre les causes des épidémies et les poisons dont la connaissance avait été répandue par les Arabes. Fracastor donna une expression à la conception nouvelle de l'épidémicité et fonda l'histoire de la contagion. L'esprit moderne, plus calme, plus réfléchi, plus défiant de sa puissance, a ramené la question des épidémies à l'étude de leurs rapports avec les grandes conditions d'hygiène : le prix des céréales, l'espacement des habitations, la mauvaise tenue des villes et des campagnes. L'histoire des épidémies des armées donne raison à ce dernier point de vue. Pour le médecin d'armée, c'est assez connaître s'il peut prévoir et prévenir, et il est en effet en mesure de dicter les meilleures mesures à prendre pour prévenir ou limiter l'action des saisons, des climats extrêmes, éviter l'infection palustre, diminuer les coups d'une épidémie régnante, prévenir l'infection des tentes et des baraques. Mais pour qu'il ait autorité sur l'esprit défiant du commandement, il doit fonder ses conseils sur la connaissance précise de chaque classe d'affections en particulier et éviter le vague des instructions générales. » (1)
(1) L. Laveran, De la mortalité des années en campagne au point de vue dû l'étiologie. Ann. cl'hijg. publique et de méd. légale, 1863. 2= série, t. XIX.