ABCÈS OUVERTS
Guerisons
pour 100 L-as.
pour 100 c is.
A travers la paroi thoraco-abdominale . . .
Il peut j avoir, il y a souvent plusieurs abcès du foie, et le malade est exposé à de nouveaux accidents quand bien même un des abcès s'est ouvert spontanément ou a été vidé par un des procédés que nous indiquerons plus loin.
Prophylaxie. Traitement. — L'hygiène peut beaucoup contre les causes de l'hépatite idiopathique des pays chauds, dont les principales -ont : les excès jkins le régime et surtout l'alcoolisme, les fatigues et les variations brusques de température. R faut combattre l'alcoolisme "avec pluslIë sévefÏÏe encore dans les pays chauds que dans les climats tempérés, éviter de soumettre les troupes à de trop grandes fatigues, veillereufifl^à ce que le soldat ne s'expose pas sans nécessité Q/juo^/ au refroidissement nocturne. Quant aux abcès métastatiques de la ly^enterie, le meilleur moyen de les rendre rares consiste évidemment à traiter les dysenteries de bonne heure el, lorsqu'elles résistent, à renvoyer les hommes dans les climats tempérés, où l'on évacuera aussi les malades affaiblis par les fièvres el prédisposés de ce chef à l'hépatite.
Ces mesures appliquées peu à peu i\ nos troupes d'Algérie ont eu pour effet de diminuer considérablement la fréquence de l'hépatite '•t des abcès du foie; nous sommes loin du temps où un même observateur pouvait réunir, comme l'a fait M. Rouis, près de deux cents
cas d'abcès du foie. La Statistique médicale de 1809 donne les chiffres suivants des entrées et des décès par hépatite dans les hôpitaux militaires des trois provinces (1) :
1 » U'i ' PC
Total
Ce qui pour un effectif de 60000 hommes environ donne une mortalité de 0.14 pour 1000.
La Statistique de 1872 confond les maladies du foie et de la rate, qui réunies ne donnent pour toutes les troupes d'Algérie" que 20 décès, soit une mortalité de 0.49 pour 1000.
Le traitement doit comprendre : celui de l'hépatite au début et celui de l'abcès du foie.
Traitement de V hépatite aiguë. — Les émissions sanguines générales sont rarement applicables à des malades anémiés déjà sous l'action énervante des' climats chauds; M. Haspel s'est bien trouvé des émissions sanguines locales au début. Le calomel a été vanté par Annesley, Haspel, Morebead, Rouis; comme le fait remarquer M. Haspel, le calomel a l'avantage d'être un médicament très-actif aussi contre la dysenterie, compagne ordinaire de l'hépatite ; on l'administre à la dose d'un gramme en 24 heures pendant plusieurs jours. Le tartre stibié à dose rasorienne a été préconisé par MM. Berenguier, Thèse, Lepelit (2); c'est la comparaison de l'hépatite aiguë avec la pneumonie qui a conduit à appliquer aux deux maladies un traitement analogue. Le^,tartre stibié doit être réservé aux cas d'hépatite franchement aiguë, lundis que le calomel convient mieux à l'hépatite suite de dysenterie; le calomel s'adresse alors tout autant, sinon plus, à la dysenterie qu'aux abcès du foie en voie de formation.
Pendant la période inflammatoire, des cataplasmes seront appliqués sur l'hypochondre droit; quand les phénomènes réactionnels (douleur, fièvre) seront un peu tombés, on recourra avec avantage aux vésicatoires; enfin, si l'abcès, déjà formé, tend à se frayer une route
(1) Statistique médicale pour 1869, p. 213.
(2) Cilés par Dulroulau, op. cit.
ABCÈS DO l'olK. H*8 au travers des parois tlioraco-abilominales, ou reviendra aux cala-, plasmes.
Traitement des abcès. — Lorsqu'il existe de l'œdème et de la rougeur de' la peau au niveau de l'abcès, lorsqu'on sent de la fluctuation, il faut intervenir pour faciliter l'évacuation du pus; Pexpectation présente des dangers; en laissant la perforation se produire spontanément on s'expose à voir le pus, renonçant à vaincre la résistance des téguments et des aponévroses, s'épancher clans le péritoine ou bien fuser- au loin sous la peau et produire de graves désordres. Morebead compte 8 succès sur 24 opérations ; Annesley 2 sur 5 ; Malcohnson ô insuccès sur 5 opérations, Stovel (1) 4 sur 5, Haspel 4 sur 7. Ce qui donne 14 succès contre 32 insuccès.
Cette statistique n'est certainement pas bien brillante, et quelques médecins ont pu soutenir (Budd) qu'on devait abandonner les abcès aux soins de la bonne nature; la plupart des observateurs des pays chauds conseillent l'intervention chirurgicale, tout en différant sur les voies et moyens.
Bégin (2) incisait à l'aide du bistouri la paroi abdominale jusqu'au péritoine pariétal inclusivement, puis, lorsque des adhérences solides s'étaient formées entre la poche et les bords de la plaie, ce qui demandait quelques jours, il ouvrait l'abcès d'un coup de bistouri. Récamier (3) conseille de placer sur le point où la tumeur fait saillie ÔCifTà 0.30 de potasse caustique, il se forme une eschare, et lorsqu'elle s'est détachée, on renouvelle l'application du caustique au fond de la plaie ; on recommence cette petite opération jusqu'à ce que l'abcès soit ouvert. Le grand inconvénient de ce procédé est d'être extrêmement lent; son avantage est de donner lieu à la formation d'adhérences péritonéales solides. ]VL JVidjd a proposé de n'appliquer le caustique qu'après l'incision de la peau, c'est là une heureuse modification du procédé de Récamier.
Le docteur Cameron (4) préconise la ponction simple à l'aide du trocart et il cite plusieurs observations de guérison ; ce procédé opératoire çxpose très-certainement à l'introduction du pus dans le péritoine lorsque les adhérences entre la poche et la paroi abdominale n'existent pas. M. Rouis rapporte un exemple de cet accident, auquel on s'expose, à plus forte raison, par l'incision en un seul temps de la paroi abdominale et de celle de l'abcès; l'empâtement œdémateux
(I) Kaleolattoid, Stovel, cité» par Morclicad, op. cit.
(52) Mémoire sur l'ouverture lien collections purulentes et autres développées dans abdomen [Jovtm. univ. heb. de méd, etdecliir., 1830, t. I, p. 417). ■3> In Méd. opér. de Vclpcau.
il Manuel des maladies fie l'Inde, 1803'. Cité pûrFrei'ichs.
de la peau au niveau de l'abcès n'indique pas d'une façon certaine l'existence d'adhérences solides (Dutroulau), et c'est là cependant le meilleur signe que nous possédions.
D'après Morehead, les petits abcès inflammatoires doivent être ouverts avec le bistouri, les abcès énormes et profonds à l'aide de ponctions successives. C'est là, croyons-nous, un très-sage conseil. Lorsque l'abcès tendra à s'ouvrir une voie au travers delà paroi abdominale, lorsqu'il y aura de l'œdème inflammatoire au point correspondant à la saillie de la tumeur, on pratiquera l'ouverture soit par le procédé de Bégin, soit par le procédé plus sûr et plus facile de Récamier modifié par Vidal; lorsqu'un abcès très- volumineux menacera de se rompre dans l'abdomen, qu'il n'aura pas de tendance à s'ouvrira l'extérieur, on fera la ponction. On se servira avec avantage dans ce cas des trocaris capillaires et des appareils aspirateurs, principalement de celui de M. Polain. Au Mexique, on l'ait la ponction en arrière, au niveau du ligament triangulaire du foie, de façon à arriver clans la poche de l'abcès sans passer par le péritoine; ce procédé est très-ingénieux, mais il nous semble d'une application assez délicate; le trocart doit être très-long, car il a souvent un long trajet à parcourir avant d'arriver dans le foyer purulent.
Une fois l'abcès ouvert, il faut s'abstenir d'injections irritantes s'il y a lieu de croire que la membrane pyogénique n'est pas encore bien formée (Haspel); lorsque l'abcès suppure depuis longtemps, lorsque sa marche a été lente, les injections iodées donnent d'excellents résultats.
La question de l'acclimatement dans les pays chauds a soulevé de vives polémique, ssurlout à l'époque de la conquête de l'Algérie : les uns déclaraient impossible l'acclimatement de l'Européen dans les pays chauds; les autres soutenaient la thèse opposée; des deux côtés on jetait des faits en apparence contradictoires dans cette discussion, qui n'est pas encore fermée. D'après M. Bertillon (1), les migrations rapides d'un climat froid ou tempéré dans un climat chaud ne peuvent pas aboutira l'acclimatement; comme Boudin (2), M. Bertillon cite l'exemple des conquérants de l'Egypte disparaissant toujours au bout d'un certain temps sous l'action dévorante du climat, et celui des Golhs, des Vandales, des Longobards, se fondant rapide-
(1) Bertillon, art. Acclimatement, in Diction, ençyclop. des se. méd.
(2) Traité de géographie et de statistique médicales, chap. Acclimatement.
meut au soleil île l'Italie, de l'Afrique et de l'Espagne; les migrations lentes dos peuples ne nécessitant que le petit acclimatement pour une même génération et facilitées par le croisement des races pourraient seules d'après lui aboutir à l'acclimatement dans les pays chauds. Nous n'avons pas à parler ici des pérégrinations assez problématiques de nos ancêtres probables, les Aryens; le mode d'extension des peuples à travers les siècles n'a rien à voir avec le transport si rapide aujourd'hui des troupes dans les pays chauds.
De ce qu'un pays se trouve dans telle ou telle zone isotherme, il n'est pas possible d'en conclure à l'acclimatement possible ou non de l'Européen; jLjULpays chauds et pays chauds; sous les tropiques même l'acclimatement peut être facile ici, impossible là, les moyennes thermométriques annuelles restant du reste les mêmes. L'organisme humain se plie facilement à des conditions atmosphériques nouvelles, à la chaleur comme au froid, mais il ne s'habitue jamais aux fièvres palustres, et c'est dans les pays où ces fièvres sont endémiques et très-graves que. l'acclimatement est.imuossible.
A Sidney l'Anglais est exposé à une température égale à celle des côtes d'Afrique, cependant il y prospère et s'y multiplie, tandis qu'à .Sieira-Leone sa mortalité est considérable; à Sidney les fièvres palustres et la dysenterie ne régnent pas comme sur la côte de Guinée; à la Nouvelle-Calédonie, malgré une température moyenne de 22° à -23 , l'acclimatement des Européens se fait facilement; làaussion constate l'absence de l'endémie palustre. L'île de la Réunion offre pour la même raison un climat très-hospitalier à l'Européen, bien que la température moyenne soit aussi élevée qu'au Sénégal (24°, 7, Dutroulau). Au contraire, non loin de là, à Madagascar, à Mayotle, l'Européen ne peut pas prendre racine; la moyenne thermomélrique n'est pas plus élevée qu'à la Réunion (24° à 25°, Dutroulau), mais J'endémie jalustreest. terrible. On est obligé de renouveler tous les ans la garlùlïïnTebricitantede Mayolte; en1849 il y eut pour cent hommes 765 entrées à l'hôpital! A Madagascar ceux qui échappent à la fièvre pernicieuse sont atteints au bout de peu de temps de cachexie palustre CDutrouiau).
La dissémination dé la race juivejija surface du globe n'est-elle pas une preuve irréfutable de la facilité avec laquelle l'homme se plie aux dill'érents climats? Les juifs ne se mélangent pas aux autres face», on ne peut pas invoquer le croisement avec les populations aborigènes pour expliquer l'acclimatement; cependant on les trouve partout, partout ils prospèrent et se reproduisent avec une facilité prodigieuse. Pourquoi? Parce que le juif, très-prudent de sa nature, évite les climats malsains; parce qu'il ne s'installe que dans des centres
a. r.AvrnAjr.
de population, au milieu d'agglomérations humaines qui n'ont pu s'établir que dans des pays salubres; le juif ne défriche pas la terre, il ne colonise pas, il se contente d'exploiter les colons.
Comme le dit très-bien Dulroulau, l'acclimatement météorologique est facile, l'acclimatement pathologique est impossible dans les pays où les fièvres telluriques et la dysenterie régnent avec intensité.
Dans les pays palustres la mortalité augmente avec la durée du séjour, preuve infaillible du non-acclimatement.
Masclavy de Beauveset, gouverneur de la Guyane en 1712, a donné les chiffres suivants, qui prouvent l'accroissement rapide de la mortalité :