‹ Traité des maladies et épidémies des armées [electronic resource]Chapitre 44 sur 127 · ADMIS · texte numérisé non relu

ADMIS

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l'effectif.

Morehead ne tient pas compte dans ce tableau de toutes les fièvres rémittentes, c'est ce qui explique pourquoi le chiffre des décès n'est pas plus élevé encore.

En Cochinchine l'endémie palustre est très- marquée ; parmi les formes pernicieuses de ce pays, l'accès cholérique est un des plus fréquents (Linquette, Libermann); lorsque le choléra existe en Cochinchine la fièvre paludéenne s'efface devant lui, ce quia fait dire à quelques médecins qu'il y avait antagonisme entre ces deux maladies : il y a bien plutôt affinité, dit Dutroulau, et absorption de l'une par l'autre, si l'on a égard à l'analogie de forme qui les rapproche (op. cit.).

Les îles de l'Océanie, dont la dore et la faune présentent tant de bizarreries, sont presque toutes épargnées par le miasme palustre, sauf les îles de la Malaisie (Bornéo, Java, Sumatra) ; en Australie, à la Nouvelle-Calédonie, àTaïti, les fièvres sont très-rares. A la Nouvelle-Calédonie on trouve cependant, dit Dutroulau, des marais présentant les caractères objectifs les plus marqués des marais fébrigènes ; on s'est en vain ingénié jusqu'ici à découvrir la cause de cettêlmmunité : flore, faune, météorologie, géologie, tout a été interrogé sans résul- :U$} tat (2), et l'on est obligé de reconnaître qu'il existe sous les tropiques \/ comme ailleurs de^jnju3is n p^f^rigènes; c'est Boudin qui le premier a fait cette importante remarque dans son Traité de géographie médicale.

Les fièvres manquent également à la Réunion; pendant longtemps l'île Maurice, sa voisine, a partagé cette immunité, mais depuis 1866 l'endémie palustre a pris à Maurice une grande extension.

A 400 kilomètres de la Réunion, la malaria sévit avec violence à Mayotte et à Madagascar; les Européens n'échappent à la fièvre pernicieuse que pour tomber dans la cachexie palustre; a Mayolte on est

(1) Morehead, op. cit., p. 10.

(2) Dutroulau, op. cit., p. 98.

Llfeê de changer tous les ans la garnison, dont la mortalité est exccsiv ^m-olu). Les côtes d'Afrique sont tout aussi malsaine . que ; ! ut - peu hospitalières a l'Européen : en Guinée, au Sénégal, les l fièvres palustres sont aussi communes que graves. JO/T | i I»

STaSST« les fièvres caractérisent principalement l'endemo-' L^e^nuell elles comptent pour 20 697 sur 43 50 malades EwiB pour 100... Moins généralisées que la dysenterie, el es K« limitées dans la sphère d'infection des localités maréca- "eu e'pour qu'il ne puisse subsister de doutes sur la réalité des i - Ce œ Ici es des marais (1). » Les plaines de laSeybouse près de B Te la Milidja dans la province d'Alger, sont particulièrement inslb'r es tous les médecins d'Algérie ont insisté sur le ; danger de Sourie clans les plaines pendant la période endémo-epidemique (2 ; eTSbus arabes connaissent bien cette influence désastreuse de Lines- dès que la moisson est achevée, au mois de juin, elles vont tSer sur" les montagnes voisines, comme font aussi les habitants de l campagne romaine; le même mot arabe qui signifie fièvre veut, aussi dire plaine (h'emma). C'est sous forme d'endemo-epidemie annuelle que les fièvres régnent en Algérie et dans tous les pays chauds. , Pendant les six premiers mois de l'année on ne trouve que des affections sporadiques communes en Europe et des affections consécutive^ maladies de l'année précédente; puis tout a coup les affections sporadiques disparaissent, et toutes les maladies se confondent en une seule pour ainsi dire. Alors l'attention du médecin est partagée entre les fièvres variables par leur type elleur gravité, et la dysenterie, si souvent confondue avec elles, qu'on est tenté de leur reconnaître nne nature commune (3). » En Egypte c'est l'endémie palustre qui rend *i difficile l'acclimatement de l'Européen; en Abyssinie les fièvres sévissent sur les plateaux inférieurs, dans les vallées basses et profondes recouvertes de forêts impénétrables, d'une végétation surabondante, et l'on observe, dit Ch. Blanc les (4), les formes plus graves

de l'impaludisme.

« En Amérique comme dans l'hémisphère oriental, l'endémie palustre étend sa sphère d'action sur toute la zone tropicale, mais elle parait avoir une action beaucoup plus grande sur le littoral du golfe rlu Mexique et les Antilles que sur le littoral de l'océan Pacifique... On pourra se rendre compte de la salubrité relative des deux rivages

I !.. Laveran, art. Algérie, in Diction, encijclop.

(2) l'.mlv, Etquiitet de climatologie comparée, l'aris, 1874, p. 371.

(3) L. Laverai, Documents pour servir à l'histoire des maladies du nord de l'Afrique, loc. cit.

(41 Gaulle hebdomadaire, l29 mai 1874 : Une mission diplomatique en Abyssmie.

''""s MALADIES ET ÉPIDÉMIES DES ARMÉES,

du continent américain en examinant sur une carte le système bvdro- Iogique de cd. hémisphère. Tous les grands neuves se déversent dans 1 océan Atlantique en formant à leur embouchure d'énormes amas alluvionnaires. Du côté du Pacifique, au contraire, à peine une étroite zone sépare la mer des pentes abruptes des Cordillères. Quelques cours d eau qui ne sont que des ruisseaux en comparaison du Mississipi de 1 Amazone, de l'Orénoque, de la Plala, viennent interrompre de loin en loin l'aridité des plages du Chili et du Pérou (1) »

La statistique médicale de l'armée américaine pendant la guerre de la sécession montre parfaitement la différence qui existe au point de vue des fièvres palustres entre les rives de l'océan Atlantique et celles du Pacifique; l'auteur de la statistique a eu l'excellente idée de séparer en trois grands groupes l'immense théâtre de la guerre (2).

NOMBRE DE MALADIES ET DE DÉCÈS PAU FIÈVRE INTERMITTENTE DANS CHACUNE DES TROIS RÉGIONS .

ANNÉE Kl

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