MALADIES TYPHOÏDES EN GÉNÉRAL DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE DANS L'ARMÉE
Les maladies typhoïdes forment un groupe naturel analogue à celui des fièvres éruptives; Griesinger range sous ce litre : la peste à bubons, la fièvre typhoïde, le typhus exanthématique, la fièvre récurrente et la typhoïde bilieuse. Nous nous occuperons plus, tard de la peste à bubons (voy. grandes épidémies), qui a presque entièrement disparu même de l'Égyple, son antique foyer; quanta la typhoïde bilieuse, nous la décrirons en même temps que le typhus récurrent, dont elle n'est qu'une forme grave.
Les maladies typhoïdes ont de nombreux caractères communs : dues à des miasmes de nature inconnue, contagieuses, ces maladies s'accompagnent d'une réaction fébrile très- vive, d'altérations du sang, d'éruptions variées, de localisations fréquentes sur l'appareil lymphatique (1); la longue confusion des espèces qui composent ce genre est la meilleure preuve de leurs ressemblances symptomatiques. Avant de commencer l'étude de la fièvre typhoïde et du typhus, si communs dans les armées, quelques considérations historiques sur les maladies typhoïdes nous semblent nécessaires.
Les anciens ont-ils connu les maladies typhoïdes? Le mot rûtpoî, stupeur (d'où l'on a fait typhus, typhoïde), se trouve dans les livres hippocratiques pour désigner ce que nous appelons aujourd'hui état typhoïde, mais chacun sait que cet état est commun à un grand nombre de maladies différentes, c'est un syndrome clinique assez fréquent, par exemple, dans les fièvres palustres graves qui régnaient en Grèce cà l'époque d'Hippocrate et qui y régnent encore aujourd'hui. Les descriptions de Celse. et de Galien ne sont pas plus explicites; M. Littré (2) a cru reconnaître la fièvre typhoïde dans le prenitis et le lelkargus de C. Aurelianus; on peut soutenir avec autant de rai-
(1) Griesinger, Traité des malad. infectieuses, trad., p. 130
(2) Art. Fièvre, Diction, en '30 vol.