MOYENNE
annuell 1 des décès.
PROPORTION
pour 1000 hommes.
Sous-officiers et soldats ayant
De 1 à 3 ans
De 3 à 5
De 5 à 7
De 7 à 10 ..
De 10 à 14
Les corps dans lesquels l'âge moyen est le plus élevé (garde de Paris, aujourd'hui garde républicaine) ont naturellement la plus faible mortalité par fièvre typhoïde, janj^sj^Jej^^ exposés à
la contagion, ont un chiffre de décès par cette cause supérieur à la moyenne. C'est ce qui ressort des chiffres suivants empruntés au mémoire de mon père :
Garnison de Paris... 274 décès par fièvre typhoïde sur 1000 décès gén.
Garnison de Metz.. . 208
Principales garnis . . 259
Garde de Paris 114
Infirmiers milit.... 397
Les influences saisonnières n'ont pas une bien grande prise sur la fièvre typhoïde, le^épid^^se, développent en toute saison. Les 2743 décès relevés par mon père se répartissent ainsi qu'il suit (mém. cité) :
Janvier 185
Février 228
Mars 265
Avril 200
Mai 205
Juin 245
Juillet 228
Août 298
Septembre 293
Octobre 232
Novembre 192
Décembre 172
Total.
Les mois les plus chargés sont ceux d'août et de septembre; Marc d'Espine a trouvé que l'ordre des saisons pour la fréquence de la fièvre typhoïde était le suivant : automne, hiver, été, printemps; à
Londres (Murchison), à Zurich (Griesinger), dans l'Amérique du Nord (Bartlett, Flint), l'automne est aussi l'époque à laquelle la fièvre typhoïde règne avec le plus de fréquence. En 1872, la mortalité par fièvre typhoïde s'est répartie ainsi qu'il suit (statistique officielle) :
1er trimestre : 482 décès par fièvre typhoïde. 29 0/0 des décès 2e — ltl — 18 —
Cette répartition par trimestre ne correspond pas à la répartition par saison, il n'y a pas de conclusion à en tirer.
La fièvre typhoïde prend souvent la forme épidémique dans l'armée ; tantôt elle se localise à une caserne, ou même à une partie d'une caserne, tantôt et plus souvent elle atteint tous les corps faisant partie d'une même garnison. L'énumération de ces petites épidémies serait longue si nous voulions remonter jusqu'à celle qui régna en 1826 à la Flèche, ou à celle de Vendôme décrite par le docteur Gendron (1); l'histoire banale de chacune de ces petites épidémies présenterait peu d'intérêt, nous nous contenterons de citer quelques exemples pris dans l'histoire de ces dernières années.
En 1868, la fièvre typhoïde règne épidémiquement dans plusieurs garnisons, notamment dans celle de Metz; M. P. Molard, qui décrit cette épidémie, accuse l'encombrement momentané produit par l'augmentation de l'effectif de la garnison (2). En 1869, la fièvre typhoïde donne lieu à bon nombre de petites épidémies locales, comme l'attestent les chiffres de mortalité très-élevés pour certains corps : le 48e de ligne à Marseille a 27 décès par fièvre typhoïde (12 pour 1000); le 52e de ligne à Perpignan, 22 décès (10 pour 1000); le 87e à Montpellier, 28 décès (13 pour 1000); le 100° à Clermont, 26 (11 pour 1000); le 19e d'artillerie à Valence, 10 (8 pour 1000), et le 15e bataillon de chasseurs à pied, 9,11 pour 1000 (3). M. Widâl à Maubeuge (1869) décrit une petite épidémie remarquable par sa localisation (4). La même année, la fièvre typhoïde règne à Paris sur les troupes casernées au Prince-Eugène, à la Nouvelle-France et à la Courtille : cette épidémie commence au mois de septembre sur des régiments qui rentrent du camp de Saint- Maur, et persiste pendant les mois d'octobre, de novembre et de décembre; à côté de cas très-graves on observe un assez grand nombre de fébricules typhoïdes, la maladie prend dans l'hôpital militaire
(î) Ozanam, Op. cit., t. III, p. 276.
(2) Recueil mém. de méd. militaire, septembre 1869.
(3) Statistique officielle de V armée pour 1869, p 47. (i) Rec. mém. de méd. militaire, décembre 1870.
Saint-Martin un caractère contagieux manifeste, plusieurs cas inté- * rieurs se développent chez des malades entrés pour d'autres affec- jr lions et chez des infirmiers, jn^ieiupe l'on doit isoler les typhoïdes.
En 1870, pendant le siège de Metz, la fièvre typhoïde sévit avec intensité sur nos soldats; à l'hôpital de la caserne Chambière, je traite un très-grand nombre de malades atteints de fièvre typhoïde, et tous les autres services en sont également encombrés. Ces fièvres trèsbien caractérisées étaient remarquables seulement par Fadynamie profonde où tombaient les malades, cela s'explique de reste par les causes d'affaiblissement qui minaient alors l'armée de Metz.
Au mois de juillet 1871, la fièvre typhoïde éclate à Paris peu de temps après la chute de la commune; tous les corps fournissent de nombreux malades, sauf les sapeurs-pompiers, qui, n'ayant pas quitté Paris, n'ont pas besoin de se réacclimater et qui comptent peu de jeunes soldats, tandis que les autres corps en renferment un grand nombre. (Noies inédites.)
Du mois de février au mois de mai 1873, la fièvre typhoïde est épidémique parmi les troupes du camp de Satory ; la maladie atteint son maximum d'intensité au mois d'avril. Les formes abortives étaient fréquentes, si bien qu'à l'ambulance de Jouy en Josas la mortalité ne fut que de 4,2 pour 100, à Rambouillet, de 11 pour 100; dans tous les cas mortels l'aphonie était complète pendant les derniers jours, et à l'autopsie on trouvait des ulcérations laryngées, ainsi que des altérations intestinales très-étendues ; la forme spinale fut observée dans quelques cas.
Mon ami le docteur Viry, auquel j'emprunte ces détails (1), fait jouer un grand rôle à l'infection et à l'encombrement comme causes de cette épidémie; le plateau de Satory avait servi à de nombreuses exéçjH^ons^ et le docteur Richard pense que l'infection du sol par les cadavres a contribué au développement du miasme "typhoïde. (Communie, orale.)
En 1874, lors de l'épidémie de fièvre typhoïde de Lyon, la maladie s'étend de la population civile, d'abord atteinte, à l'armée, et l'immense quartier de la Part-Dieu est un des plus éprouvés.
La même année, vers la fin du mois de juillet, une épidémie de fièvre typhoïde se déclare parmi les troupes casernées au fort de Vincennes et prend dès les premiers jours un tel développement qu'on est obligé d'évacuer le fort, ce qui met fin à l'épidémie.
Mon collègue etamile docteur Barthélémy a bien voulu me commu-
(1) Quelques considérations sur l'hygiène des camps permanents (Tribune médicale, numéro du 3 mai 1874).
niquer les renseignements suivants sur une épidémie de fièvre typhoïde qui a régné pendant l'été de 1874 dans la caserne de Gasseras à Montauban. Cette caserne, située sur la rive gauche du Tarn, renfermait, au moment où l'épidémie commença, le 3° bataillon et le dépôt du 20e de ligne, une compagnie du 11° régiment d'infanterie et un escadron du train des équipages; de plus, on venait de recevoir un grand nombre de jeunes soldats de la 2e portion du contingent (1er juillet 1874), d'où un surcroît d'encombrement; les salles mal aérées étaient infectées par les émanations provenant de lieux d'aisances dont l'installation était très-défectueuse. Le premier cas de fièvre typhoïde se déclara le 3 août ; dans l'espace de deux mois, 220 hommes environ furent atteints et 35 succombèrent . L'épidémie n'atteignit pas la population civile du faubourg de Villebourbon, où se trouvela caserne de Gasseras, ce qui montre qu'il faut chercher dans des circonstances locales la cause de la maladie. L'encombrement et l'infection produite par les lieux d'aisances ont joué très-probablement un rôle important clans l'éclosion de la fièvre typhoïde, qui une fois née chez des sujets qui peut-être y étaient prédisposés, s'est ensuite répandue par contagion même après l'évacuation des locaux infectés; l'arrivée d'un grand nombre déjeunes soldats était bien propre à faciliter l'extension de la maladie.
Dès le début de l'épidémie, le médecin-major du 20° de ligne avait proposé d'évacuer la caserne et de faire camper les troupes en dehors de la ville; on se contenta de demi-mesures : les lieux d'aisances furent modifiés, on évacua les chambrées, mais au lieu d'aller camper en dehors de la ville, on dressa les tentes non loin des lieux d'aisances qui avaient été une des causes d'infection; la fièvre typhoïde continua de sévir avec une grande intensité. Au mois de septembre, on se décida à aller occuper le camp de Pomponne, à quelque distance de Montauban; cette mesure tardive ne produisit pas les résultats favorables qu'on eût pu en attendre si elle avait été prise au début de l'épidémie, trop de soldats avaient emporté au camp les germes de la fièvre typhoïde. L'épidémie disparut au commencement d'octobre avec les premiers froids.
Après les grandes manœuvres d'automne, la fièvre typhoïde s'est montrée avec une assez grande fréquence sur les troupes de la garnison de Versailles en 1874; le mauvais temps avait obligé les hommes à s'enfermer sous leurs petites tentes, qui s'étaient rapidement infectées; les fatigues peuvent aussi avoir agi comme cause prédisposante; les détachements qui n'avaient pas pris part aux manœuvres ne furent pas atteints, ou le furent du moins dans une proportion beaucoup plus faible.
FIÈVRE TYIMIOIDK. 231
Vers la même époque, une petite épidémie éclatait à Fontainebleau sur des troupes du génie; comme à Vincenrïés, on fit évacuer rapidement la caserne et l'épidémie s'arrêta.
Dans l'armée belge, les épidémies de fièvre typhoïde sont aussi communes que chez nous; il suffit pour s'en convaincre de feuilleter les archives belges de médecine militaire.
La maladie peut se localiser dans un seul bâtiment (épidémies observées par MM. Widal à Maubeuge, Régnier à Courbevoie); ces épidémies de casernes, de maisons, ont attiré dans ces derniers temps l'attention des observateurs, mais il y a longtemps qu'elles ont été signalées. Dès 18 10} M. le docteur Gaslé notait à Metz ce caractère de la lièvre typhoïde, et M. le docteur Dufourq rappelait l'histoire d'une petite épidémie qui, en 1842, avait frappé 18 personnes à Metz dans une même maison située rue Vincent-Rue, n° 9 (1). Sur 463 cas de fièvre typhoïde traités par Griesinger à l'hôpital de Zurich, il y en eut 135 pour lesquels il fut constaté que les malades venaient de maisons où plusieurs individus étaient atteints. « D'une seule maison nous en reçûmes même 13; de deux, 7; d'une autre, 6; d'une, troisième, 4; d'une autre enfin, 3. Dans une fabrique des environs de Zurich, sur près de trente ouvrières qui habitaient ensemble, vingt tombèrent malades; dans une maison située près de la ville, sur 21 habitants, 14 furent atteints et 7 moururent; sur 9 filles de fabrique qui ne dormaient pas dans une même maison, mais qui y travaillaient tout le jour, 7 furent atteintes; un étranger qui visita une malade dans cette maison et qui n'y resta qu'un quart d'heure fut atteint le jour suivant (2). » o^^./Çi
Etiologie. — La contagion 'de la fièvre typhoïde a été niée pendant longtemps, el de fait elle est difficile à démontrer dans les grandes villes. Mais est-il plus facile de suivre à la piste, au milieu du tourbillon humain qui s'agite dans nos grands centres, la variole ou la rougeole? Combien de varioleux peuvent dire à Paris où et quand ils ont contracté leur maladie? Évidemment c'est le petit nombre, cependant personne ne conteste le caractère éminemment contagieux de la variole.
Les médecins des campagnes et des petites villes étaient bien^^.^ placés pour étudier la propagation par contagion de la fièvre typhoïde ; 4 aussi, tandis que l'École de Paris niait encore la transmissibilité de Cfl*~k la fièvre typhoïde, des médecins de province, MM. Gendron el Pied-
(1) Rapport fait à la Société médicale de la Moselle, par MM. Thibaut, Dcgoltet L.iveran Metz, I8W.
(ti Griesinger, Op. cit., p. 187.
ïïfc&
vache soutenaient la doctrine de la contagion par d'excellents arguments : des faits.
Pendant cinq ou six ans M. Gendron n'observe pas de fièvres typhoïdes dans une petite localité; arrive de la ville voisine un individu convalescent de cette maladie, les personnes de son entourage prennent la fièvre typhoïde, qui règne bientôt d'une façon épidémique, les circonstances atmosphériques et hygiéniques restant les mêmes que les années précédentes pendant lesquelles on n'avait pas observé un 'seul cas de cette maladie. M. Gendron remarque que presque toujours plusieurs personnes sont atteintes dans la même maison : une [fois, 10; une fois, 9; une fois, 7; 2 fois, 6; 5 fois, 5; 5 fois, 4; 7 fois, 3 ; 10 fois, 2 (1).
M. Piedvache est témoin à Dinan de faits analogues; la fièvre typhoïde, qui est importée dans cette ville, atteint une fois 10 personnes dans la même maison; une fois, 8; 2 fois, 7; 13 fois, 6; 14 fois, 5; 30 fois, 3; 49 fois, 2 (2).
Jenner à Londres, Griesinger à Zurich, font remarquer de même que les typhoïdes proviennent souvent des mêmes maisons; ce fait seul ne prouve pas la contagion, attendu que les habitants d'une même maison sont soumis aux mêmes conditions hygiéniques, exposés aux mêmes causes d'infection.
Des individus atteints de fièvre typhoïde peuvent transporter la maladie dans des localités jusqu'alors indemnes; l'exemple suivant, emprunté à A. Flint, nous a paru mériter quelques détails (3). En 1842, à North-Boston, petit village de l'État de New-York, arrivait un jeune homme de l'État de Massachusetts, malade depuis plusieurs jours et atteint de fièvre typhoïde très-bien caractérisée, à laquelle il succombait après vingt-neuf jours de maladie; avant cet événement, la fièvre typhoïde était inconnue, à North-Boston et dans le voisinage. Le malade fut soigné et mourut à l'auberge, où les sept familles composant toute la population du village se rendaient journellement pour se procurer le nécessaire; une seule famille, celle de Stearns, n'avait aucun rapport avec l'auberge, bien qu'elle ne demeurât qu'à 20 mètres de là. L'arrivée d'un étranger gravement malade était un but intéressant pour tous les habitants; le jeune homme fut visite tous les jours plus ou moins souvent par les membres des diverses familles, à l'exception de la famille Stearns, brouillée avec l'aubergiste; bien entendu, les habitants de l'auberge avaient avec le malade les rap-
(1) Épid. des petites localités (Joum. des conn. médic. chir., 1» et 2» année).
(2) Mèm. de l'Acad. de méd., 1850.
(3) A Flint, Résumé de recherches cliniques. Pans, 1854
FIÈVRE TYPnOÏDE. -33
ports les plus fréquents. Vingt-trois jours après l'arrivée de l'étranger, 9 membres de la famille de l'aubergiste avaient la fièvre typhoïde et 5 autres peu après. Dans toutes les familles, excepté dans celle de Stearns, il y eut des cas plus ou moins nombreux; en l'espace d'un mois, plus de la moitié des habitants furents atteints, puis la maladie disparut complètement.
Il faut noter que A. Flint, professeur à l'université de Louisville, ne confond nullement la fièvre typhoïde avec le typhus, qu'il trace au contraire avec grand soin les caractères différentiels de ces deux maladies, et que chez les victimes de cette petite épidémie si intéressante il a pu constater l'existence des lésions intestinales caractéristiques de la fièvre typhoïde.
La transmission de la fièvre typhoïde n'est pas aussi facile que celle de la variole ou de la rougeole; on peut visiter sans grand danger un individu atteint de fièvre typhoïde, je danger est surtout pour les personnes qui soignent les malades, quh^sjnren^J^ir^ujiJA "pltTléur respiration et par les exhalaisons des matières fécales, et encore les cas intérieurs sont-ils assez rares clans les hôpitaux pour qu'il soit inutile d'isoler les typhoïdes, cette mesure ne devient nécessaire qu'en temps d'épidémie. En 1870, à la caserne Chambière (Metz), il y avait un encombrement déplorable de malades et de blessés, les fièvres typhoïdes étaient nombreuses, cependant il y eut très-peu de cas intérieurs, aucun de nous ne fut atteint, i'expérience de Crimée permet de dire qu'il n'en aurait pas été de même s'il se fût agi du typhus.
Gietl(l),Budd (2), Murchison (3), pensent que le conlagium réside • --;ntiellement dans les déjections intestinales, et que les malades atteints de. diarrhée typhoïde peuvent transmettre la maladie comme ceux atteints de diarrhée prémonitoire transmettent le choléra; cette opinion, dit Griesinger (4), mérite toute considération; les linges souillés par les déjections des malades pourraient aussi être les agents de la dissémination. Les médecins anglais font jouer un rôle très-irnportant aux eaux potables dans la propagation de la fièvre typhoïde-comme dani ceïïëlïu choléra.
Quoi qu'il en soit des voies et moyens de la contagion, un fait est démoriln'' : la fièvre typhoïde est une maladie contagieuse. Est-ce à dire qu'elle se transmet toujours, soit directement, soit indirectement
(\) Die L'rtachen (1er enlerisch. Typhus in Mïtnchen. Leipzig, 1865. (1) Ou iijphoïd or intestinal fever (Dritish mrd. Joum., 1861). (3; Treatise on continuel! fevers, 1802. <ii f.riesinger, Op. cit., p. 183.
d'un individu malade à un individu sain, comme la variole, la syphilis ? qu'elle n'est pas susceptible de se développer spontanément de toutes pièces, sans être engendrée par une fièvre typhoïde préexistante? La contagiosité n'exclut pas plus le développement spontané pour la fièvre typhoïde que pour le typhus, l'infection purulente, la fièvre puerpérale, l'érysipèle.
Parmi les causes susceptibles de provoquer la fièvre typhoïde il t faut ranger en première ligne les émanations qui proviennent de
rp^* cloaques, de ruisseaux infects, d'égouts mal entretenus, etc. Toute ^àrfl^" réserve faite de la propagation par contagion, dit Murchison (op. cit.) et de l'influence des causes prédisposantes, la cause excitante de la maladie, le poison spécifique doit être recherché dans les émanations gazeuses des égouls et des fosses d'aisances mal entretenues; dans quelques cas ces émanations n'agissent pas directement, elles souillent l'eau des réservoirs et des fontaines, qui devient ainsi l'agent d'infection. Barlcer (1), Griesinger, citent des faits favorables à cette opinion; pendant l'automne de 1862, dit Griesinger, sept personnes tombèrent malades dans une même maison après avoir été soumises pendant cinq jours aux émanations infectes d'un cloaque (op. cit., p. 193).
D'après notre collègue le docteur Régnier, la fièvre typhoïde se développa dans la caserne de Courbevoie en 1874, sous l'influence d'un égout qui longeait les murs du casernement le plus éprouvé; de quatre corps de troupes casernés clans la même enceinte, trois jouirent d'une immunité complète, tandis qu'une épidémie des plus graves atteignait le dernier (102° de ligue) (2).
L'épidémie du fort de Vincennes (1874) a été attribuée à l'ingestion et aux émanations de l'eau croupissante des fossés, la fièvre typhoïde cessa de régner parmi les troupes dès qu'elles eurent évacué le fort.
M. Bribosia (3) a rapporté deux épidémies observées, l'une dans un pensionnat voisin de Londres, l'autre au séminaire de Namur, épidémies qui s'expliquent, dit-il, par le voisinage et la construction vicieuse d'égouts remplis d'immondices au point d'en être puesque obstrués; le curage de ces égouts mit fin aux deux épidémies. A cette occasion, M. Bribosia fait remarquer que la fièvre typhoïde sévit sou-
(1) Malaria and miasmata, 18G3.
(2) Régnier, Relation deVépldèmie de fièvre typhoïde qui régna au 102<> à Courbevoie, du 13 août au 6 septembre 1874 (travail inédit envoyé au conseil de santé des armées). — Rapport de M. le docteur E. Bcsnicr sur les maladies régnantes (Union médicale, 3 février 1874).
(3) Communie, à l'Acad. roy. de méd. de Bruxelles (Bulletin, 1874, n»4, p. 337).
vent à la campagne dans des localités peu considérables placées en apparence dans de très-bonnes conditions hygiéniques, et que, dans ces cas, les causes locales d'infection : fumiers, fosses non étanches, etc., expliquent seules l'apparition de la maladie.
Les égouts ne doivent pas faire négliger cependant la propagation de la fièvre typhoïde par contagion. M. Perroud, qui a donné dans le Lyon médical (1874) un aperçu de la fièvre typhoïde de Lyon, attribue le rôle éliologique principal àl'abaissement des eaux dans le Rhône et la Saône et par suite dans les égouts; si l'épidémie a sévi en particulier sur les quartiers riches, c'est, dit-il, que les égouts longent les principales artères de la ville. On ne voit pas bien comment les égouts de nos villes modernes, si bien construits, si profondément placés sous le sol pavé des rues, peuvent devenir le point de départ d'émanations pernicieuses. J'étais à Lyon au moment où cette épidémie de 1874 éclata, et il me semble qu'elle s'explique bien mieux parla contagion que par Tabàlssenient des eaux du Rhône et de la Saône. La lièvre typhoïdê^éblitâ~àiny7JeFlë Lyon au moment des vacances de Pâques; les élèves, dont plusieurs étaient déjà malades, rentrèrent dans leurs familles pour y passer leurs vacances, et beaucoup tombèrent malades peu de jours après avoir quitté le lycée; les premiers cas dans la population civile furent observés sur les parents des collégiens malades, dans bon nombre de familles plusieurs personnes furent successivement frappées. Comme les élèves du lycée appartiennent aux meilleures familles, il est tout naturel que l'épidémie se soit localisée tout d'abord aux quartiers riches. La population militaire fut atteinte après la population civile; c'est vers le milieu d'avril que la fièvre typhoïde se montra .parmi les troupes casernées à la Part-Dieu, les premiers malades que j'eus à envoyer à l'hôpital étaient des ordonnances qui logeaient en ville; dès lors les cas se multiplièrent rapidement : au 10 mai il y avait à l'hôpital militaire 22 î cas de fièvre typhoïde en traitement, dont 86 très-graves, 94 graves et 74 légers (1).
Griesinger admet que l'eau d'un puits communiquant avec des fosses d'aisances ou avec une fosse à fumier, que des aliments en décora- P position peuvent être causes de la fièvre typhoïde. « L'exemple le plus remarquable de cette espèce, dit Griesinger, est celui d'Andelfingen dans le canton de Zurich ; cinq ou six cents personnes se trouvaient dans une fête où l'on servit de laviajnle de veau corrompue,, celles qui en mangèrent furent alteintéTde typhus, il y eut un très-grand
(I) Société médic. des hop. de Paris. Séance du 22 mai 1871. Note lue par M. E. Besnier.
nombre de febricula et un grand nombre de fièvres typhoïdes assez graves qui eurent la vérification de l'autopsie » (1). Je n'aurais pas rapporté ce fait singulier si Griesinger ne lui avait pas prêté la grande autorité de son nom.
Le docteur V. Gauthier a communiqué le fait suivant à la société médicale de Genève (2) : au mois de juin 1873, quatorze personnes dînent dans une maison de campagne située sur la rive droite du lac Léman, près de Rolle, et boivent de l'eau souillée parla présence de matières organiques provenant d'un fumier ; sur ces quatorze'personnes, neuf sont prises de fièvre typhoïde peu de temps après ce dîner; M. Gauthier n'hésite pas à attribuer cette petite épidémie à la mauvaise qualité de l'eau. La conclusion de M. Gauthier est passible de quelques objections, et ce fait intéressant est bien loin d'être complètement démonstratif.
Il y a évidemment encore plus d'une inconnue dans celte question; les faits précédents tendent à montrer que des foyers locaux d'infection peuvent être l'occasion d'épidémies de fièvre typhoïde; pourquoi donc les émanations des fosses d'aisances ou des matières animales en décomposition ne produisent-elles pas la fièvre typhoïde chez les vidangeurs et les équarisseurs qui s'y exposent plus que personne? Parent-Duchâtelet a constaté (3) que ces hommes jouissent souvent d'une véritable immunité quand la fièvre typhoïde règne épidémiquement. v 9 Faut-il admettre avec Griesinger (op. cit, p. 194) qu'il y a chez eux ac- 1^°^ ■ coutumance, que l'organisme familiarisé avec les émanations putrides devient. rél'raclaire au poison? Du moins devrait-on observer la lièvre typhoïde avec unegrande fréquence chez les individus qui ont embrassé depuis peu les professions dont nous parlons; or, il n'en est rien.
La putréfaction animale, les émanations provenant d'égouts, de fossés mal curés, ou de fosses d'aisances mal entretenues, peuventpelles créer de toutes pièces la fièvre typhoïde, comme le pensent Murli "chison et Griesinger, ou bien les foyers infectieux sont-ils simplement i z j ™nr. o.>A„;c,f,„no ai loiirr/M» cp hnrnft-t-il à offrir
fy " j 1
J**" à ces germes un milieu favorable?
« Dansla généralité des cas, dit M. le professeur L. Colin, les foyers
le réceptacle des germes spécifiques, et leur rôle se borne-t-il à offrir
de décomposition animale nous paraissent plutôt agir en sollicitant "l'affection, en y prédisposant qu'en la transmettant ou la constituant
de toutes pièces (4). »
(1) Schmidt's Jahrbâcher, 1841. Band, XXXI, p, 34. (Griesinger, Op. cit., p. 193.)
(2) Gazette hebdomadaire, 25 septembre 1874.
(3) Des chantiers d'équarrissage de la ville de Paris (Ann. d'hyg. publ. et de méd. légale, 1832; 1™ série, t. VIII, p. 5).
(4) Ann. d'hyg. publ. et de méd lég., janvier 1875, t. XLIII, p 92.
Évidemment ce ne sont pas les émanations putrides elles-mêmes qui produisent la fièvre typhoïde, ce n'est ni l'ammoniaque, ni le gaz hydrogène sulfuré ; maisjejjjîarti^ peuvent pré- )tf cba*.
tendre que dans les foyers d'infection il se formelles germes, des A^* //Au ferments, qui à leur tour agissent sur l'organisme humain. C'est là la \[fJ^\A seule manière de comprendre la spontanéité de la fièvre typhoïde et L ij le rôle des matières animales en putréfaction. La discussion entre les ATJÈA^-^w contagionistes et les spontanéistes n'est pas encore close, de nouvelles observations sont nécessaires, mais dès à présent deux faits sont démontrés : l0ja^fièw£^;pjuyide esj^çmta^ieuse ; 2° hBsJoyjers tocjujiLdjjrîection favorisent le développement épidémique de la maladie.
~^ cela se résume ce que nous savons de certain touchant l'étiologie de la fièvre typhoïde; nous devons cependant consacrer quelques lignes à la théorie défendue par Peltenkofer dans ces dernières années.
D'après Peltenkofer, les eaux potables ne jouent pas dans l'étiologie de la fièvre typhoïde le grand rôle qui leur a été attribué par les y-j^ auteurs anglais, c'est la nature du sol qui est l'élément important à . considérer (1) ; quand les résidus organiques enfouis dans le sol sont baignés par les nappes d'eau souterraines, la putréfaction s'arrête et ces matières jouissent d'une innocuité parfaite; au contraire, quand la nappe d'eau baisse et met à nu les débris organiques, la putréfaction devient très-active et le miasme filtre au travers des couches superficielles du sol jusque dans les maisons; plus le sol est poreux, perméable, plus il laisse passer avec facilité les émanations délétères qui sont arrêtées par un sol dur et argileux ;'c'est en somme la théorie des marais souterrains appliquée à la fièvre typhoïde. Quelques faits témoignent en faveur de cette hypothèse : de 1850 à 1867,;le nombre des fièvres typhoïdes à Munich a toujours augmenté avec l'abaissement de la nappe d'eau souterraine, c'est cette observation qui a servi de base à la théorie de Pettenkofer; Jessen à Kiel, Thomas à Leipsig, Yan der Corput à Bruxelles (2) (1869) ont noté des faits analogues.
La doctrine allemande, qui donne le grand rôle à la nature du sol, à son plus ou moins de perméabilité, ne me semble pas du reste contradictoire à la théorie anglaise de l'infection par les eaux potables (3).
i i; ZeiUch. f. mol., t. iv et v.
[t] De l'éliologie de la fièvre typhoïde, par Martîny (Arch. belges de méd. militaire, 1871, t. XIV, p. 87.) (3; ifed. Times and Gaulle, 1870, p. 1028.
\dJbJlr
Ne peut-on pas admettre que suivant les cas il faut accuser les eaux ou le sol? que le miasme peut souiller les eaux, être absorbé par les voies digestives, ou se répandre dans Pair et s'introduire par les voies respiratoires ? que Buchanan n'a pas toujours raison et que i& Pettenkofer n'a pas toujours tort? Cette théorie éclectique est la seule,
du reste, qui s'accorde avec tous les faits connus. I i Outre les causes d'infection externes, quelques auteurs, Sticb en
particulier, admettent des causes d'infection internes. Lejçmiejmde tf* <Um*- l'intestin, l'exhalation pulmonaire pourraient xleveiiir-.-lg p.oint de dé- %jjbkCÂ part d'un empoisonnement autogénigue, et nous porterions toujours avec nousji^çause de maladie et dë"môrt; à l'état normal, les pro- •tfN*^ duits putrides seraient rapidement neutralisés ou éliminés, et ils ne jJU deviendraient nuisibles que sous l'influence de causes perturbatrices capables d'augmenter leur absorption ou d'empêcher leur élimination; cette ingénieuse théorie ne repose sur aucun fait précis (\).
Formes, fébricule typhoïde. — La marche de la fièvre typhoïde, sa symptomatologie, sont parfaitement connues, je me bornerai à dire quelques mots de la thermométrie et à établir l'existence des formes abortives qui aujourd'hui encore est contestée par quelques observateurs.
D'après Wunderlich, la fièvre typhoïde se présente sous deux types principaux : clans le premier la fièvre dure trois semaines environ, dans le second la période de défervescence est précédée d'un stade assez long, de grande intensité fébrile et d'oscillations thermiques étendues, la maladie se prolonge pendant quatre ou huit septénaires. Ces deux modes d'évolution correspondent (Wunderlich) aux lésions anatomiques : la forme brève se présentant dans les cas où il n'y a dans l'intestin que des plaques molles, l'autre, au contraire, dans les cas où les plaques de Peyer sont confluentes et infiltrées de dépôts abondants; dans la forme brève la régression est facile, dans l'autre l'élimination des exsudais est suivie d'ulcérations dont la guérison peut être plus ou moins lente (2).
Hamernyk (3) distingue une phase d'évolution des lésions intestinales, une phase d'élimination, de suppuration, à peu près comme dans la variole, et cette division a été adoptée par un grand nombre d'observateurs.
Wunderlich et Hamernyk font évidemment jouer un rôle trop important aux lésions intestinales; l'intensité, la durée de la fièvre, ne
(1) Charité annalen, 1853, 2 Heft. (Griesinger, Op. cit., p. -195.)
(2) Wunderlich, De la température dans les maladies.
(3) Hamernyk, Prager Vierteljahrschrift. Band X, 184(5.
ïlÊYiŒ TYPHOÏDE- 239 sont pas en rapport direct avec le nombre des plaques ulcérées; l'autopsie ne révèle souvent que des lésions très-peu considérables : trois ou quatre plaques de Peyer ulcérées, parfois une seule, qui n'expliquent ni la grande élévation de la température, ni la mort; c'est précisément ce défaut de rapport entre les lésions anatomiques et la fièvre qui a fait rejeter l'idée d'une entérite folliculeuse.
Ce qu'il y a de vrai dans les théories de Wunderlich et de Hamernyk, c'est que la fièvre typhoïde qui évolue régulièrement, a une durée de vingt et un jours en moyenne, et que des complications peuvent empêcher la défervescence; ce sont ces complications qui donnent lieu au stade irrégulier, amphibole (Wunderlich); elles peuvent se produire, du reste, du côté de l'appareil pulmonaire ou de tout autre, aussi bien que du côté de l'appareil digestif.
Wunderlich a posé des lois trop absolues relativement à la marche de la température dans la fièvre typhoïde; la pratique de la thermométrie montre vite que l'évolution de la fièvre n'a pas cette régularité mathématique, que le type normal présente des déviations nombreuses. Loin de nous l'idée de déprécier la thermométrie clinique, c'est un excellent procédé d'investigation qui permet mieux que tout autre de suivre l'évolution d'une maladie; les lois absolues formulées par quelques auteurs la déprécient bien plus que ces critiques; dès qu'on a été induit par elles en erreur, le thermomètre devient suspect, on l'abandonne et l'on a tort; le thermomètre est un excellent instrument qui nous fournit toujours des données exactes, c'est à nous de les interpréter, mais pour cette interprétation il faut tenir compte de la spontanéité de l'organisme humain, tel individu réagit vivement, tel autre faiblement sous l'influence d'une même excitation.
Les irrégularités dans la marche de la fièvre sont très-variées; la fièvre peut avorter au huitième ou au dixième jour, quelquefois plus tôt; j'ai vu plusieurs fois dans des fièvres typhoïdes parfaitemenl'confirmées, la température descendre jusqu'à la normale au onzième ou douzième jour de la maladie, pour remonter ensuite; la défervescence définitive se faisait du reste régulièrement vers le vingtième jour Chez un malade atteint d'une fièvre typhoïde parfaitement caractérisée (symptômes nerveux>f abdominaux, taches rosées nombreuses) la température du matin resta normale pendant tout le cours de là maladie (observation prise dans mon service au Val-de-Gràce septembre 1874). M. le professeur E. Vallin a rapporté deux cas de Iicre typhoïde apyrélique, dont un avec autopsie (1).
<h Vallin, Gazette hebdomadaire, 1873, p. 821.
La fièvre typhoïde normale a une durée minima de dix-neuf à vingt jours qui comprend : le stade des oscillations ascendanles (quatre jours), le stade des oscillations stationnâtes (dix à douzejours), le stade des oscillations descendantes (cinq à six jours). L'évolution de la fièvre typhoïde peut être plus rapide; quelques auteurs (Jenner, Murchison) ont formé une classe spéciale de la febricule dans laquelle ils confondent les cas légers de typhus et de fièvre typhoïde ; toutes les fièvres essentielles ont leurs formes bénignes et leur formes graves, leurs formes brèves et leurs formes longues; la varioloïde*qui ne donne lieu qu'à quelques pustules est de même espèce que la variole confluente, personne ne songe à séparer ces deux variétés, il n'y a pas plus de raison pour disjoindre de l'étude de la fièvre typhoïde celle de la fébricule typhoïde.
Louis fixe à quatorze jours la durée minima de la fièvre typhoïde; à propos de plusieurs cas de fièvre typhoïde latente terminés par des perforations intestinales, Louis fait remarquer que la fièvre typhoïde ne s'était révélée dans ces cas que par des symptômes très-peu caractéristiques, ce qui, dit-il, doit faire naître des doutes légitimes sur les affections fébriles sans siège déterminé (1).
Griesinger un des premiers, a affirmé l'existence de la fièvre typhoïde abortive et l'a décrite sous le nom de typhus levissimus. c La dénomination de levissimus se rapporte moins, dit-il, au caractère léger de l'expression symptomatique qu'à la courte durée de la maladie. Le développement incomplet du processus, caracténse par celte marche abrégée de l'affection, est le caractère essentiel de ces cas (2) » Griesinger, après avoir décrit brièvement le typhus levissimus, ajoute: «Cette manière générale de considérer les formes des maladies que nous venons de décrire comme une affection typhoïde, n'est pas acceptée aujourd'hui d'une manière générale, c'est là ûn fait connu. On craint de se séparer de la description ordinaire de la maladie et de l'anatomie pathologique en appelant typhus une affection quelconque, et l'on n'est pas encore habitue à se representef que toutes les maladies infectieuses ont leurs formes les plus V 2 res ces maladies, on les retrouve dans les épidémies, mais on \ f p re artificiellement des cas confirmés, et on les appelle, uni- Lement à cause de leur courte durée, des catarrhes aigus de 1 es- I e bien que les symptômes principaux du catarrhe gastrique délit et que la rate soit tuméfiée, ou bien on les considère comme une fièvre gastrique ou rhumatismale. »
(1) Recherches sur la fièvre typhoïde, t.
(2) Traité des maladies infectieuses, p. 289.
FIÈVlîh, TYPHOÏDE. 211
Deux élèves de Griesinger, Wegelin (1) et Schmidt (2), ont défendu Jes idées de leur maître sur le typhus levissimus. Lcbert (3) a décrit aussi la fièvre typhoïde abortive sous le nom de typhus abortif, mais sa description offre plus de prise à -la critique que celle de Griesinger, il range parmi les cas de typhus abortif des fièvres ayant vingt et un à vingt-trois jours de durée, et l'on peut prétendre qu'il a décrit tout simplement des fièvres typhoïdes très-légères, mais de durée normale.
Memeyer (4) signale l'existence de fièvres typhoïdes de très-courte durée, il leur donne, à l'exemple de Leberl, le nom de typhus abortif. beaucoup d'affections que l'on appelait autrefois des fièvres gastriques ou des fièvres muqueuses doivent, dit-il, être comptées parmi Jes cas de typhus abortif.
En 1809 j'ai eu souvent l'occasion d'observer la fièvre typhoïde abortive sur des malades de l'hôpital militaire Saint-Martin, la durée de la maladie était de dix à onze jours en moyenne (5); vers la même époque ces formes légères étaient signalées dans les hôpitaux civils; M. le Dr E. Cesnier, dans un de ses excellents rapports sur les maladies régnantes, disait (fi) : « M. Guyot (médecin à l'hôpital Saint- Antoine i appelle l'attention sur un fait que nous avons tous pu constater, à savoir que certains malades ont un ensemble de symptômes y compris de nombreuses taches rosées qui peuvent faire supposer qu'ils sont atteints de fièvre typhoïde, tandis que après quelques jours de traitement on peut leur donner des aliments et que bientôt la guérison est complète. »
D'après M. Jaccoud, l'ascension thermique se fait dans la fièvre typhoïde abortive comme dans la fièvre typhoïde régulière, c'est-à-dire qu'elle est progressive (période des oscillations ascendantes) • mais ce caractère n'a pas au point de vue pratique une bien grande importance, attendu qu'on assiste rarement au début de la maladie ce qu'il faut retenir, c'est que la fièvre ne commence pas par un frisson unique, violent, comme les maladies à ascension thermique rapide Contrairement à la règle posée par Wunderlich, la température le <o,r du quatrième jour, peut être inférieure de quelques dixième/de degré a 39«,5. Le stade d'état très-écourté fait bientôt place aux
(I; Diaterlalio. Zurich, 1851.
'- Ueber Tijphus levissimm. Zurich, 18C2. (3) Prager Vierleljalirndtrifl, Bd. LVI, 18-17. g Traité de pathologie. Tradtrct. de Culmann et Scngcl 1806
*làXr7\m. lafievre lm'h,Me amm ou fébricule t,JP'wWe (Arch-
(«J 9ociéié roéd. des hôp ., 28 janvier 1870.
oscillations descendantes. La fébricule typhoïde se termine trèsi rarement en 4 ou 5 jours, plus souvent en 6 ou 7, la durée moyenne ^ est de 10 ou 11 jours.
Dans ces formes légères, les symptômes de la dothiénentérie sont réduits à leur minimum d'intensité : les malades accusent de la fa- I tigue, de la faiblesse générale, il y a un peu de bronchite et de diarrhée; la véritable nature de la maladie peut très-bien être méconnue. Les taches rosées constituent un signe d'une grande valeur, en 1869 nous les avons rencontrées dix fois sur 25 cas, elles survenaient alors que la température commençait déjà à tomber, et on les trouvait encore chez les malades en pleine convalescence; la douleur à la pression exactement localisée dans la fosse iliaque droite et la tuméfaction de la rate ont aussi une grande importance pour le diagnostic.
Malgré la bénignité apparente des symptômes et la courte durée de la fièvre, la convalescence est presque toujours longue; dans les cas que nous avons recueillis, elle était de quinze jours en moyenne, et plusieurs malades qui avaient essayé de reprendre leur service rentrèrent bientôt à l'hôpital pour faiblesse générale, la longue durée de la convalescence indique bien que l'organisme a été impressionné profondément, qu'il y a eu « maladie générale ».
Le typhus levissimus s'observe surtout pendant les épidémies de fièvre typhoïde, c'est ce qui eut lieu en 1869 à Paris, et en 1873 au camp de Satory, mais en temps ordinaire il est bien probable qu'il passe souvent inaperçu, et c'est à lui qu'il faut rapporter la plupart ^ ^ des fièvres synoques, muqueuses et catarrhales.
La fébricule typhoïde est une variété naturelle, c'est-à-dire que par le traitement le plus énergique on ne peut pas transformer une fièvre tvphoïde normale en fébricule; pouvons-nous davantage faire avorter une variole continente et la réduire à l'état de varioloïde?
Il peut y avoir dans la fébricule typhoïde comme dans la fièvre typhoïde normale, rechute ou récidive, mais ces cas n'ont rien de commun avec le typhus à rechute (relapsing fever) que nous décrirons plus tard. Il n'y a récidive que dans les cas où, le malade étant entré en convalescence, la fièvre typhoïde recommence et parcourt a nouveau toutes ses phases, les rechutes sont beaucoup plus communes que les récidives. Louis, Bouillaud, Forget, Trousseau Grisolle ont cité des cas de rechute et de récidive. « La fièvre se rallume, dit Trousseau, les taches exanthématiques de la peau reparaissent et 11 dothiénentériesemblerecommencersurde nouveaux frais(l). » Rdhet
(1) Trousseau, Clinique,t. I, p.
et Barlhez citent trois cas de récidive cliez des enfants convalescents de fièvre typhoïde, il y eut pour chacun des enfants deux éruptions de taches rosées; Rilliet et Barlhez pensent qu'il y eut aussi deux éruptions successives dans l'intestin, mais les trois enfants ayant guéri, les preuves anatomiques ont manqué (1). Griesinger à Zurich a observé G fois sur 100 cas de véritables récidives, Murchison 7 fois sur 100, Humait 8 fois sur 100 (2); Buhl, sur 500 autopsies, aurait trouvé 15 fois des processus de récidive.
J'ai observé pour ma part assez souvent des rechutes, deux fois j'ai vu des récidives complètes, les malades guérirent; d'après Griesinger, les fièvres typhoïdes de récidive sont généralement plus légères que les fièvres de première invasion (3).
Les formes ataxiques, adynamiques, spinales, thoraciques, abdominales de la fièvre typhoïde ne sont que des variétés caractérisées par la prédominance de tel ou tel ordre de symptômes; elles sont trop bien connues pour nous arrêter, nous ne décrirons pas davantage les lésions anatomiques de la fièvre typhoïde, il nous suffira de constater que depuis le jour où Louis a appelé l'attention sur l'importance des ulcérations des plaques de Peyer comme caractéristique anatomique de la fièvre typhoïde, il y a de cela 44 ans, aucune exception n'a été signalée à la règle qu'il avait posée.
Mortalité. — La mortalité de la fièvre typhoïde varie beaucoup suivant les épidémies ; c'est ce qui explique, bien mieux que la différence des méthodes thérapeutiques, l'écart très-considérable qui existe entre les chiffres fournis par les différents auteurs. Louis, sur 138 cas de fièvre typhoïde, note 20 décès, soit une mortalité de 36.23 pour 100; Chomel, Forget, trouvent une mortalité de 34.29 et de 23.15 pour 100; Belarroque, avec les purgatifs répétés, n'a que 10 décès sur 100 cas ; Grisolle, dans deux séries d'observations, obtient des résultats bien différents de la même médication; dans la première série la mortalité est de 14.27 pour 100; de 50 pour 100 dans la seconde. Pour apprécier la mortalité moyenne de la fièvre typhoïde, il ne faut pas s'en tenir aux chiffres d'un seul observateur, ni à ceux qui ont trait à une même période, il faut réunir le plus grand nombre possible de statistiques bien faites, et prendre la moyenne, les épidémies légères compensent alors les épidémies graves. Jaccoud a trouvé ainsi que 49.027 cas de fièvre typhoïde avaient donné 9752 décès, soit 19.89
I) Traité des maladies des enfants, L II, p. 691. t Griesinger, Op. cit., p. 296.
3 Voir an sujet des rechutes et des récidives dans la fièvre tvphoïde une dis cussion à la Société ,néd. des hflp., décembre 1869. Voyez aussi Mabboux Thèse de Strasbourg, 1866. 1
pour 100 (1); Murchison, Griesinger, assignent à la fièvre typhoïde une mortalité de 18 à 20 pour 100. La statistique de l'armée donne la même proportion; il faut se rappeler que c'est là une moyenne générale, et que le plus souvent dans les épidémies de lièvre typhoïde fa mortalité sera tantôt inférieure, tanlôl supérieure à ce chiffre.
Prophylaxie. Traitement. — La fièvre typhoïde, nous l'avons dit peut naître de toutes pièces, sous l'influence de causes d'infection locales ; la contagion est la cause ordinaire de l'extension des épidémies; l'encombrement des hommes clans les casernes favorise à la fois le développement spontané et la propagation par contagion. Ouand on a fréquenté les chambrées de nos casernes, respire leur atmosphère nauséabonde, circulé au milieu de ces lils, serres a ce point les uns contre les autres qu'on a quelque peine à se glisser dans leurs interstices, on s'explique facilement que la fièvre typhoïde trouve là un milieu favorable à son éclosion. Nous aurons plus dune fois l'occasion de signaler l'encombrement des casernes parmi les causes de maladie que l'hygiène devrait supprimer; au risque d être monotone nous ne cesserons pas de répéter que la quant! te d air allouée à ch que homme n'est pas suffisante et qu'il y aurait heu de modifier a cet égard les prescriptions réglementaires. Le. séjour dans 1 es rails v i les est une des causes de la fréquence de la fièvre typhoïde dan rmée; on a établi dans ces dernières années des camps permane, s qui n'ont pas échappé à la lièvre typhoïde épidérme du Z de latory, 1813), les camps s'infectent — ta ; — plus vite peut-être, quand ils sont permanents. Les^e ne nas mus à fabri de l'infection que les baraques; pendant le siese S es tentes avaient été dressées sur l'Esplanade dans un -gnifique, c'est de là que nous vinrent les =- de pourriture d'hôpital; on avait serre ce £™ les autres de telle façon qu'il était impossible de les déplacer. JNi ca n ^. monumentales dans les grandes vUles, ni camps per— Ses casernes spacieuses et bien ^^^^Z viires, telle est la formule qui nous parait résumer 1 expen
fièvre typhoïde nous avons cite e se ffi® d?imIïïondiceS,
Jâccoud, Clinique médicale, 1873, p. 773.
mandent sans se laisser surprendre par une épidémie de fièvre typhoïde.
Lorsque la lièvre typhoïde a éclaté dans une caserne, dans un camp, il faut rechercher avec soin s'il n'y ;i pas une cause locale d'infection, dont la suppression serait la première indication. Les hommes atteints seront envoyés à l'hôpital le pins tôt possible, car leur présence dans les chambrées ou à l'infirmerie favorise la contagion si bien établie de la fièvre typhoïde. A l'hôpital risolemerit dos malades n'est commandé qu'en temps d'épidémie, mais en tout "Temps il faut désinfecter les matières fécales; celte mesure est d'autant plus nécessaire que les malades sont trop faibles pour aller aux cabinets et que les matières restent souvent pendant des journées entières dans les chaises percées; le moyen le plus simple consiste à verser au fond des vases, chaque fois qu'on les rapporte dans les salles, mie solution de sulfate de fer, les selles sont ainsi désinfectées aussitôt après leur émission.
L^rsqu^une épidémie résiste aux mesures ordinaires et qu'elle menace de prendre une grande extension, il ne faut pas hésiter à demander l'évacuation des locaux infectés; on a réussi plus d'une fois a arrêter ainsi des épidémies menaçantes (épidémie de Vincennes, 1874); il sera bon de faire camper les troupes atteintes, surtout si l'on est dans la belle saison, et de déplacer le camp de temps à autre.
Le traitement doit être basé sur ce principe qu'il n'est pas possible de faire avorter la fièvre typhoïde, de la juguler comme on disait autrefois, ce sont les formes abortives qui ont fait le succès des méthodes abortives (Jaccoud); la fièvre typhoïde appartient à ces maladies à évolution régulière dans le traitement desquelles le médecin doit se contenter d'être minisler et inlerpres nakùrœ.
Dans les formes légères on peut se dispenser de toute médication active, perturbatrice : l'hygiène, le repos au lit, une boisson fraîche el abondante, la diète et. un purgatif au dcbul^plus tard une alimentation légère suffisent pour conduire à guérison le malade.
Dans les cas moyens et graves, la médication doit être dirigée surtout contre la fièvre et contre les symptômes nerveux exagérés (adynamie ou alaxie); la lièvre est un danger par elle-même lorsqu'elle se maintient sans rémissions notables à des degrés élevés, les grandes 'f iliations sont d'un pronostic favorable et rendent presque inutile l'emploi des antipyrétiques.
Tontes les médications antipyrétiques ont été appliquées au traitement de la fièvre typhoïde; on a préconisé tour à tour les saignées proossais, Bomttaud), les purgatifs (Delarroque), la digitale (Traube.
Wunderlich, Hirtz), le sulfate de quinine, les bains froids (Liebermeister, Brand), l'alcool (Todd), enfin on a combiné ces différentes méthodes de cent façons différentes.
Dans ces derniers temps les bains froids ont été fort en honneur, et les médecins de Lyon en particulier en ont fait une très-large application lors de l'épidémie de 187-1. Voici le traitement formulé par Liebermeister : dès qu'un malade marque 39° à l'aisselle, on donne é £ un bain à 22° qu'on refroidit graduellement XI 6°, le malade y reste dix à vingfrnïnutes ; dès que la température remonte, on donne un deuxième bain, les malades peuvent prendre ainsi douze bains par jour et jusqu'à deux cents bains dans le cours^'une fièvre typhoïde (1). Outre les bains froids que l'on donne chaque fois que la température dépasse 39°, Brand (2) préconise l'application de compresses froides de quart d'heure en quart d'heure sur la tête, le thorax ou l'abdomen, suivant que la maladie paraît se localiser dans l'une ou l'autre de ces cavités splanchniques. Rien n'est plus difficile que de produire un refroidissement continuel à l'aide de cette méthode primitive; à peine appliquées sur la peau brûlante du fébricitant, les compresses s'échauffent, l'eau s'évapore et entoure le malade d'un nuage de vapeur d'eau; comment obtenir que jour et nuit les compresses soient changées de quart d'heure en quart d'heure?
Donner dix à douze bains par jour à un malade qu'il faut porter dans son bain, surveiller avec soin pendant et après l'opération, n'est pas chose aussi facile à faire qu'à dire; ajoutons à cela qu'il faut prendre la température des malades au moins dix à douze fois par jour, et l'on verra que cette médication présente des difficultés pratiques avec lesquelles il faut compter. A la rigueur tout cela est possible quand on n'a qu'un ou deux malades, mais quand on en a huit, dix ou davantage dans le même service, ainsi qu'il arrive souvent? A l'hôpital de Bàle, où Liebermeister appliquait le traitement par les bains il y avait une installation spéciale : chaque salle de six malades était pourvue d'une piscine et desservie par deux infirmiers (3), peu d'hôpitaux en Europe sont installés sur ce pied-là. S'il était démontré que la méthode de Brand est supérieure à toutes les autres, il ne faudrait certainement pas se laisser arrêter par des difficultés d'exécution, il faudrait s'efforcer d'aplanir ces obstacles et de rendre celte méthode applicable à nos hôpitaux militaires. Brand prétend avoir sauvé tous les typhoïdes dans sa pratique civile, 207 cas sans
(1) Arch. f. Min. med., 1868.
(2) Die hydrothérapie der typhus. Stettin, 1863.
(3) Hirtz, art. Fièvre, Nouveau Dict. de méd. et de chir.
FIÈYRE TYPHOÏDE. 247
un seul décès! J'avoue que cette statistique ne m'inspire qu'une médiocre confiance : Brand veut qu'on emploie les bains froids dès les premiers jours de la maladie, c'est-à-dire quand la fièvre n'est pas encore bien dessinée, et il prétend faire disparaître tous les symptômes et jusqu'aux taches rosées! C'est bien le cas de dire que qui veut trop prouver... Il est probable que Brand a traité surtout des embarras gastriques ou des fébr.icules typhoïdes; il est, du reste, le seul qui ait obtenu d'aussi étourdissants résultats (1). MM. Mayet et Weil, qui ont appliqué à Lyon la méthode de Brand dans un grand nombre de cas, ont perdu 16.35 pour 100 de leurs malades. Contrairement à l'opinion de Brand, MM. Mayet et Weil ont vu la bronchite, l'engouement pulmonaire et la pneumonie s'aggraver toujours sous l'intluence du traitement par l'eau froide, et dans les conclusions de leur travail ils notent les complications thoraciques parmi les principales contre-indications des bains froids (2). Ainsi le résultat n'est pas certain, et que d'efforts, que de difficultés pour l'obtenir! La méthode de Brand doit être rejetée, croyons-nous, en tant que méthode générale, et réservée pour quelques cas particuliers dans lesquels son efficacité est très-bien démontrée : formes alaxiques qui s'accompagnent d'un délire violent, d'une agitation incessanle.
Le traitement suivant, qui est à très-peu près celui formulé par M. Jaccoud (3), nous a paru donner d'excellents résultats; le jour de l'entrée des malades, un à deux verres d'eau de Sedlitz, diète, limonade tartrique pour boisson; dès le lendemain, bouillon matin et soir, limonade tartrique vineuse, potion avec extrait de quinquina 4 grammes. Lorsque la température se maintient au-dessus de 39°, lotions fraîches sur tout le corps deux ou trois fois par jour; généralement la fièvre diminue, les défervescences matinales s'accentuent, sinon on peut avoir recours au sulfate de quinine.
Dans ses belles leçons sur le typhus fever, Graves consacre plusieurs pages à la question- des gardes-malades, et il va jusqu'à conseiller à .ses élèves de ne pas se charger du traitement d'un typhique a j. quand la famille ne veut pas avoir recours à des gardes habituées au soin de ces malades (4); ce que Graves dit du typhus s'applique encore mieux à la fièvre typhoïde, les soins hygiéniques ont la plus haute importance, et jamais le médecin ne doit craindre de descendre
J A Lyon, M. Glenard dit avoir sauvé tous ses malades, 52 guérisoris sur 52 «•! Toir De là valeur des bains froids dans le traitement delà fièvre typhoïde par Je B» L.berrnann, in liée. mém. méd. militaire, 1874. (2 Omette hebdomadaire, 18 septembre 1874.
(3) Traité de pathol. int., t. II, p. 780.
(4) Clinique, t. I, p. 148.
à ce sujet dans des détails trop minutieux : le malade aura deux lits à sa disposition, il sera placé clans une salle bien aérée; on veillera à ce qu'il ne repose pas toujours sur le dos, afin d'éviter l'hypostase et les eschares; la bouche sera fréquemment lavée avec un gargarisme acidulé, on fera boire souvent le malade, etc.
Les complications créent de nouvelles indications : contre le météorisme abdominal, les lavements avec infusion de camomille ou essence de térébenthine (il ne faut pas abuser des lavements tièdes, non plus que des cataplasmes ou des fomentations émollientes sur le ventre, tous moyens qui favorisent le météorisme, loin de l'empêcher); contre la bronchite et l'hypostase, les ventouses sèches en grand nombre; contre les entérorrhagies, la glace intus et extra, la ratanhia ou le perchlorure de fer à l'intérieur; les lavements sont ici de nulle utilité, puisque les lésions siègent au-dessus de la valvule iléocœcale, etc., etc.