DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE EN ALGÉRIE
Dans les premières années de l'occupation de l'Algérie, la fièvre typhoïde paraît avoir été assez rare parmi nos soldats si fortement éprouvés par les fièvres palustres; c'est là un des principaux faits qui servirent de base à la théorie de l'antagonisme. Cependant, dès 1840, mon père observait à Alger 48 cas de fièvre typhoïde en sept mois (1), presque tous les hommes atteints étaient des nouveaux venus, aucun n'avait un an de séjour en Algérie.
La statistique montre qu'aujourd'hui la fièvre typhoïde est presque aussi commune dans l'armée d'Afrique que clans l'armée de l'intérieur; pour plusieurs années (1863, 1864, 1865, 1868) la mortalité est plus élevée en Algérie qu'en France, mais la mortalité ne représente pas la fréquence dans les deux pays, attendu que la fièvre typhoïde algérienne est particulièrement grave.
La mortalité par fièvre typhoïde a été :
En 1868 Armée de l'intérieur : 3,05 sur 1000 hommes d'èffeclit.
Armée en Algérie : -4,63 —
Eu 1869 Armée de l'intérieur : 2,28 —
Armée en Algérie : 1,99 —
En 1872 Armée de l'intérieur : 1,46 —
Corps en Algérie : 1,67 —
Corps indigènes : 1,31 —
(1) L. Laveran, Documente pour servir à l'histoire des maladies du nord de l'Afrique {loc. cit.).