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DES MALADIES VIRULENTES

n'exigent-elles pas aussi une certaine prédispositiou de l^auisn^ Un ni'>veu d'éprouver la qualité d'une semence consiste, dit M. asteur, l mettre les ..-aines entre deux morceaux de tlanellc hum.de,aubout de quelques jours le nombre des mauvaises graines s'accuse parce qu'elles se recouvrent de moisissures, tandis que les graines saines se «enflent et se préparent à entrer en germination (I).

Les poux pullulent avec une facilité singulière chez les vieillards cachectiques et misérables, si bien qu'on a cru pendant longtemps a leur génération spontanée.

Led.ampig.ion du muguet ne se développe que sur les muqueuses des individus atteints de maladies graves, de phlhisie pulmonaire a la troisième période par exemple -, dans l'état de santé, le corps humain oppose une résistance très-grande au développement des infiniment petits « la vie arrête la vie qui lui est étrangère ». (Pasteur, loc. cil.)

Une première intoxication ne met pas à l'abri d'une autre par la même substance, tandis qu'une première atteinte de variole oude syphilis par exemple, confère l'immunité pour la variole ou la syphilis. L'action des virus s'épuise lentement, celle des poisons ne survit pas aux <=vmptômes direcls. La vaccinalion, celle petite opération si simple en apparence, doit avoir une action profonde et persistante sur notre organisme pour le mettre, comme elle fait, a l'abri de la variole pendant de longues années.

L ue fois la maladie virulente déclarée, elle suit une marche régulière tvpique; sans doute il y a de grandes différences dans l'intensité des symptômes, mais l'évolution est la même. Si la maladie estaigue, fébrile comme la variole, elle prend place parmi les maladies h courbe thermique régulière, cyclique; si chronique, comme la syphilis, les accidents se développent dans un ordre constant qui permet de les diviser en accidents primitifs, secondaires et tertiaires; les accidents tertiaires peuvent manquer, mais jamais ils ne se produisent avant les secondaires.

La conta-ion est évidemment le mode ordinaire de propagation des maladies virulentes; est-ce le seul, ou bien ces maladies peuvent- elles naître spontanément? Les virus ont dû se développer une première fois de toutes pièces: c'est très-vrai; mais n'en est-il pas de même pour toutes les plantes, pour tous les animaux? Que dirait-on cependant d'un homme qui viendrait annoncer qu'une plante, qu'unanimal peut se reproduire en dehors des lois ordinaires de la génération? La théorie de la génération spontanée, chassée peu à peu de toutes ses positions, a été obligée de se réfugier dans l'élude des infiniment pè-

(11 Complet rendus de l'Acad. des sciences, t. LXXX, p. 8J, 1875.

lits, où elle a été battue encore, grâce aux expériences de ML Pasteur.

La spontanéité de lu syphilis, invoquée pur un malade, ne trouverai! que des incrédules, mais on admet pour d'autres maladies virulentes ce qui est reconnu impossible pour la syphilis ; beaucoup de médecins beaucoup de vétérinaires surtout, croient encore au développement spontané delà morve et de la rage chez le cheval et chez le chien, l'homme ne prenant jamais ces maladies que de seconde main.

La classe des maladies virulentes constituée comme elle l'est aujourd'hui n'est pas bien homogène; il n'est nullement prouvé que les virus rabique et charbonneux soient comparables aux virus varioleux et syphilitique : aussi, quand bien même on démontrerait que la rage, par exemple, peut se développer en dehors de l'inoculation, ce qui n'a pas encore été fait, on ne pourrait pas tirer de ce fait une conclusion générale s'appliquant à toutes les maladies virulentes. Naguère encore la spontanéité de la phthiriase, de . la gale, de l'affection vermineuse, avait ses partisans, ils ont disparu peu à peu; il en sera probablement de môme des partisans de la spontanéité des maladies virulentes.

La longue conservation des virus, leur dissémination à l'état de particules solides, permettent d'expliquer bon nombre de faits qu'il faudrait porter sans cela à l'actif de la spontanéité. Des salles infectées par des varioleux conservent longtemps après le départ des malades la propriété de transmettre la variole ; d'après Chomel, le virus varioleux ne perd qu'au bout de Iroisans ses propriétés contagieuses ; des peaux et des crins venus d'Amérique ont donné la morve ou le charbon à des ouvriers qui les travaillaient enFrance; des écuries qui ont renfermé des chevaux morveux ou des moutons atteints de clavelée peuvent être le point de départ de ces zoonoses; le vaccin est un exemple vulgaire de celte longue conservation des virus.

Nous n'avons pascà faire l'histoire complète des maladies virulentes ;. nous nous occuperons d'abord des fièvres éruplives, variole, rougeole,, scarlatine; à la variole nous rattacherons la vaccine ; à la rougeole, la bronchite capillaire épidémique ; à la scarlatine, la méningite cérébrospinale. Nous ne décrirons pas les formes communes des fièvres éruplives, nous rechercherons seulement quelle est leur fréquence clans l'armée, nous réservantd'insister sur les formes anormales. Après les lièvres éruptives, nous consacrerons deux courts chapitres à la syphilis et à la prophylaxie des maladies vénériennes dans l'armée, puis à la morve, fréquente autrefois dans nos régiments de cavalerie.

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