A. I.AVERA.V
contre la bronchite capillaire rubéolique : les émissions sanguines, le tartre stibié sont contre-indiqués ; en 1860, au Val-dè-Gràce, la saignée n'avait pour effet que d'accroître la faiblesse sans apaiser les accidents pulmonaires ; l'émétique provoquait des purgations abondantes et affaiblissait également les malades sans profit pour le catarrbe bronchique; en 1870-1871, M. le professeur L. Colin dut aussi rejeter complètement les préparations antimoniales, qui augmentaient, dit-il, la dépression générale. Les affusions froides, si efficaces dans les formes graves de la scarlatine, réussissent beaucoup moins dans les rougeoles anomales.
Les révulsifs, les dérivatifs, rendent de grands services; mais lorsque la diphlhérile règne en même temps que la rougeole, comme en 1860, les vésicatoires sont contre-indiqués; restent les sinapismes promenés sur toute la surface du corps et les ventouses sèches en grand nombre. 11 faut s'efforcer de rappeler l'éruption vers la peau; l'urlication, recommandée par Trousseau, est un moyen un peu barbare, mais très-énergique.
M. le professeur L. Colin recommande l'usage du café et du quinquina; il y aurait lieu d'essayer l'alcool à haute dose, qui donne de bons résultats dans la bronchite capillaire de l'enfance.
La rougeole est une maladie contagieuse, et même une maladie qui ne se développe jamais qu'à la suite de la contagion; à Marseille, pendant une épidémie de rougeole, M. le docteur Girard a pu suivre la filiation de tous les cas qui se sont offerts à son observation; la contagion peut se faire aussi bien à la période d'éruption, et même avant l'éruption, qu'à la période de déclin, de desquamation (1).
La bronchite capillaire est contagieuse aussi, mais beaucoup moins que la rougeole; la bronchite asphyxique se composant de deux éléments, l'un catarrhal, l'autre rubéolique, ne peut se reproduire avec les caractères qui lui sont propres que si un individu se trouve exposé en même temps aux deux influences dont elle est la résultante.
Les malades atteints de rougeole ou de bronchite capillaire épidémique seront envoyés immédiatement à l'hôpital et isolés avec soin; on choisira autant que possible pour les soigner des hommes ayant eu la rougeole, ou à leur défaut des infirmiers ayant plusieurs années de service.
Lorsque la rougeole règne épidémiquemenl dans une. ville, il faut éviter d'envoyer de jeunes soldats dans les corps qui y tiennent gar-
(1) Communie, de M. le docteur Girard à la Soc. méd. des hôp. {Gai. hebdom., 1869, p. 603).
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oison. A Bordeaux, dit M. Larivière, il y avait presque tous les ans une pente épidémie de fièvres éruptives qui coïncidait avec l'arrivée des hommes de la réserve et qui les atteignait presque exclusivement (1). La nouvelle loi militaire aura pour effet d'amener chaque année de grandes agglomérations de troupes à l'époque des grandes manœuvres, d est a désirer, au point de vue de l'hygiène et de la prophylaxie des épidémies, que ces réunions se fassent loin des grands centres de population. 1
(1; Rec. mém. méd. militaire, juillet 1807.