M , M A KA DUOS ET KPIHKMIMS DUS AIMÉES
bronchite épidémique, les circonslances atmosphériques ne sont qu'un des. facteurs du mal.
Quelques observateurs ont attribué un rôle plus ou moins important à l'encombrement (Paul, Gasté, Vital); des laits nombreux montrent que les conditions d'infection si favorables à l'éclosion du typhus nv jouent aucun rôle dans l'étiologie de la méningite cérébro-spinale. A Metz, en 1847, l'épidémie commença à une époque où le chiffre de la garnison était descendu au-dessous de la moyenne, elle disparut au moment où l'on augmentait l'effectif; dans l'épidémie du duché de Bade, les quartiers riches de Rastadt n'ont pas été épargnés ; la caserne où l'épidémie prit naissance était placée dans des conditions hygiéniques excellentes. Très-rarement la méningite cérébro-spinale a régné à côté du typhus, les quelques faits observés par Comte à Besançon" et par Rampont à Metz, sont les seules exceptions pour les épidémies françaises.
La conlagion de la méningite cérébro-spinale a été admise par un grand nombre d'auteurs.
Le développement des épidémies est successif, la maladie peut se limiter à une famille, à une maison, à une caserne; mais le plus souvent elle rayonne de ses foyers principaux et donne lieu à des foyers secondaires. Les régiments, dans leurs migrations, transportent avec eux la méningite, de là vient que dans l'histoire de ces épidémies les numéros des mêmes régiments reviennent souvent (Boudin).
La méningite parait avoir été importée à Rocheforl et à Versailles par le 18° léger; à Dijon, par le 14e de ligne; à Constantine, en 1837, par deux régiments, le 26° venant de Perpignan, le 01e de Montpellier.
Dans le grand-duché de Bade, l'apparition de l'épidémie coïncida avec l'arrivée de recrues du contingent prussien venant des environs de Kœnigsberg, où régnait la méningite épidémique. Le fait suivant démontre bien qu'il s'agit d'une maladie transmissible : le 29e régiment de ligne quitte Strasbourg le 20 janvier 1841 ; à Erstein, il perd un tambour par suite de méningite; arrivé à Schelestadt le 21, il envoie à l'hôpital un malade atteint de celle même affection ; le 29, on constate dans la population civile le premier cas chez l'enfant d'un cabaretier demeurant près de la caserne et dont la maison est exclusivement fréquentée par des soldats du 29°. Le 6 février, deux nouveaux cas se présentent sur les deux jeunes fdles du bouclier qui fournil la viande à la troupe. Peu à peu la maladie envahit tout le quartier, et, dans l'espace de deux à trois jours, on observe une trentaine de cas. Les habitants des autres quartiers sont épargnés; dans la" garni-
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Daim le* cax moyens, régulier*, on distingue deux périodes, l'iHM il V\« itation, de délire, l'autre <l';iff;tÎMKr;fiM;ril et *J *t coma, mai» souvent la mardi*- « 1 *r la maladie est hi rapide que ces périodes se confondent, la mort arrive en quelques heure*.
La maladie déhute brusquement |>ar un frisson qui peut se répéter plusieurs jour» de suite 'Tonne intermittente;; en même temps que la température du COrpi s'élève rapidement, Je malade accuse de la douleur occipilo -frontale, pui -.nrvienucnl des vomissement», de l'agitation, du délire, des convulsions et surtout une roideur très-caractéristique de la nuque; cette première période dure de douze heures â trois jours.
I.a -eeoiule période e t caractérisée parles phénomène--, de dépression des activités cérébro-spinales : le malade perd connaissance, la douleur n'est plus accusée que par l'agitation, les contractures. La stupeur, la physionomie atone de l'ivrogne, remplacent le masque crispe de premiers jours. La face est pâle, l'onl sans expression, l'insensibilité fait place à l'h vpere-.lliésie. Le pouls diminue de fréquence en même temps que les inspirations s'élèvent â 50 ou 00 par minute. La -oifuV-l plus accusée, les boissons sont rejelées par suite du spasme des mu-clcs; les selles sont complètement ••u.-.pendue-, les urine-; s'accumulent dans la vessie ou sont rendues par regorgement.
Lorsque la maladie doit se terminer par la guérison, le sommeil remplace la somnolence, les convulsions cessent, l'agitation diminue, la connaissance revient, la peau perd de sa sécheresse, le pouls s'élève en même temps que la respiration reprend son rhylhme normal. La physionomie s'anime, l'appétit se prononcé et une convalescence plu.s ou moins franche commence.
Dan» les cas qui se terminent par la mort, les traits se relâchent, la pupille se dilate, l'œil est souvent dévié par le strabisme, rouge, injecté, Ici contractures des mcrnhres sont remplacées par des mouvements automatiques, de la carphologie; la somnolence fait place au corna, l'insensibilité est complète; le pouls est large, mou, sans résistance, ou petit et irrégulier. Des palpitations violentes soulèvent la région précordiale, les bruits du cœur sont soufflés, les mouvements respiratoires se répètent â de plus longs intervalles, ils sont irréguliers, suspirieux. Lne transpiration abondante recouvre la face et le tronc, b peau se cyanose, les extrémités se refroidissent (L. Laveranj. Dans la forme foudroyante ou apoplectique, le malade perd rapide- (L MistW, fielatUm de l'épié, de SckeUstait, in Encyclopédie de Druzellet, t. H,
p. ii3. tait.
ment connaissance, il tombe dans le coma, et la mort arrive par asphyxie, dix à douze heures après le début de la maladie. On a décrit aussi des formes rachialgiques et phrénétiques caractérisées par la prédominance des symptômes spinaux (douleurs atroces le long de la colonne vertébrale, contractures, convulsions tétaniques) ou de l'excitation cérébrale (délire violent et furieux).
A côté de ces formes graves quelques auteurs en ont décrit de légères, mais la nature de ces derniers accidents n'est pas encore bien démontrée.
Symptomatologie.— Aspect extérieur, symptômes généraux —L'expression du visage est empreinte de douleur, les traits sont crispés, la face pâle, les yeux injectés, le regard fixe; ou bien la physionomie ne porte plus l'empreinte delà pensée, elle ressemble à celle de l'homme en état d'ivresse (L. Laveran) ; les malades sont couchés sur le côté, les membres inférieurs ramassés vers le tronc.
La température du corps s'élève très-haut dès le début; chez un enfant de trois ans observé par Lewis Smith, elle était de 41°,9 deux ou trois heures après l'invasion de la maladie. Dans l'épidémie de Metz (1847-1848), la température , toujours fébrile, oscillait entre 38°,5 et 40°, 5, et la fièvre avait le type rémittent avec des exacerbations de '/a à 1 degré (L. Laveran).
Dans quelques cas très-graves et rapidement mortels, dit Wunderlich, la fièvre présente une allure semblable à celle de la méningite de la convexité; à l'approche de la mort, elle peut atteindre 42° et audessus (43°, 75 dans un cas, et 44°, 16 trois quarts d'heure après la mort) ; dans les cas plus légers, la fièvre a une plus courte durée, bien qu'elle soit encore marquée souvent par des élévations très-considérables de la température, la marche de la fièvre est discontinue, la défervescence brusque ou lente (1).
Le pouls, dur et résistant pendant la première période, devient petit, dépressible dans la seconde, il s'élève parfois à 100, 105, 110 pulsations par minute, mais plus souvent sa fréquence diminue comme dans la méningite franche, et il peut tomber à 50 et même 40 pulsations ; dans l'agonie il redevient fréquent.
La peau, sèche et rude au toucher, présente souvent de la cyanose, des marbrures noirâtres; des taches exanthémateuses analogues à celles de la rougeole et de la scarlatine; des sudamina ou bien des pétéchies; mais l'éruption la plus commune consiste en vésicules d'herpès qui apparaissent en groupes aux lèvres, au menton, aux oreilles, aux joues, plus rarement aux extrémités. La disposition
(1) Wunderlich, De la température dans les maladies, traduct., p. 400.
MÉNINGITE CÉRÉBRO-SPINALE. 427 Quelquefois symétrique des vésicules suggère la pensée qu'il s'agit peut-être, comme dans le zona, d'une lésion trophique (L. Laveran) ; la nature des lésions anatomiqucs autorise pleinement cette supposition; le facial et le trijumeau, entourés d'une gaîne de pus, doivent subir une vive irritation, qui est, comme on sait, la cause sine qua non des lésions trophiques d'origine nerveuse (1).
Système nerveux. — « Troubles de la sensibilité. La céphalagie est le symptôme dominant, elle ne manque jamais au début, et persiste jusqu'à la fin dans les formes les plus prolongées; elle est absorbante, violente, atroce, arrache des cris aux malades ou les jette dans une agitation violente et un délire furieux. Cette douleur s'étend à toute la tête, à la nuque, aux parties latérales du cou, aux mâchoires. La lumière, le bruit, les mouvements spontanés ou communiqués l'exaspèrent.
» A la céphalalgie occipito-frontale se joignent le plus souvent des douleurs de la nuque et du dos. Les malades témoignent d'une sensibilité exagérée ou de douleurs le long de la colonne vertébrale, surtout à sa partie inférieure; cette sensibilité exagérée devient une douleur par le fait de la pression sur les apophyses épineuses ou les mouvements du tronc et de la tète. Chez quelques malades, la sensibilité cutanée est exagérée sur toute la circonférence du tronc; les malades poussent des cris quand on presse un point quelconque des parois abdominales. Enfin, les malades les plus gravement atteints accusent un sentiment exagéré de la sensibilité à la surface des membres, tout attouchement un peu rude augmente l'agitation et les gémissements du malade, tout mouvement le fatigue et l'irrite.
» Dans les formes comateuses, la douleur n'est plus accusée par l'agitation ni perçue par les malades; les irritations les plus fortes de la peau des membres supérieurs ne provoquent aucune réaction, au contraire les mouvements réflexes des membres inférieurs persistent. Il est rare de constater une anesthésie périphérique sans perte de connaissance, phénomène qui provient, suivant Niemeyer, d'une extinction de l'excitabilité des racines postérieures, par l'effet du processus inflammatoire, la perte de l'ouïe a lieu par le même mécanisme.
» Molililé. La douleur, au début, roidit, limite tout mouvement; les malades sont profondément abattus, ils ne peuvent marcher ou s'asseoir dans leur lit que soutenus par la tête, les épaules et le tronc. Cette roideur est surtout accusée à la région cervicale, où elle varie d'une simple gène à un véritable opisthotonos. Cette roideur qui s'é-
( I J Charcot, Des trouble* trophiques consécutifs aux maladies du cerveau et de la moelle épiniére, 1872.
tend aux muscles de la mâchoire et do la déglutition donne au malade un aspect tellement frappant, que les dénominations populaires désignent précisément la méningite par ce symptôme. En Suède on l'appelle nacksjuka (maladie de nuque) ou dragsjulca (maladie qui roidit (Lindstrom) , en Allemagne, nachmfieber (fièvre de nuque); la roideur, l'immobilité font place, dans les cas graves, à un renversement complet de la tète en arrière, les malades font un trou dans l'oreiller ou tendent à glisser vers le pied du lit, ou enfin il survient du trismus ou un véritable opistholonos qui rend le décubilussur le clos impossible et compromet la respiration.
» L'irradiation des douleurs vers les extrémités et la périphérie détermine dans les formes graves des contractions convulsives des muscles des membres qui présentent alternativement de la roideur, des convulsions toniques, et rarement des convulsions générales épileptiformes. Les muscles les plus atteints sont ceux de l'œil et de la face, de là, la contraction de la pupille, le strabisme, l'occlusion des paupières, le grincement des dents. Toutefois, à côté de ces phénomènes de réaction, et comme conséquence même de leur intensité et de leur violence, l'affaiblissement des activités musculaires est après tout le fait dominant dans la pathologie de la méningite. Brusquement clans les cas graves, d'une manière successive dans les formes légères, on peut suivre l'extinction de l'activité musculaire clans les muscles des membres, de la tète et du tronc, la vessie, les intestins, l'œsophage, et enfin les poumons, les artères et le cœur.
» La mort arrive toujours par asphyxie, les bronches s'emplissent de mucosités, une écume mousseuse découle des lèvres, une sueur froide baigne la peau du malade ; le pouls sans résistance offre au doigt une largeur et une amplitude trompeuses, pendant que clans la poitrine le cœur est le siège de pulsations fortes et accélérées, souvent accompagnées d'un bruit de souffle. Une saignée pratiquée à cette période ultime accélère la terminaison fatale.
» Facultés psychiques. L'état mental est le plus souvent altéré. Dans les formes légères, les malades paraissent frappés de stupeur, répondent d'un manière indifférente aux questions, ou réclament les choses qui leur sont nécessaires avec une animation, une exagération singulières, témoignent d'une inquiétude extraordinaire, les questions les fatiguent, et ils y répondent d'une manière brève et incomplète. Bientôt ils semblent devenir indifférents à tout ce qui se passe autour d'eux, ne reconnaissent plus ceux qui leur parlent, il faut insister pour avoir une réponse et tirer les malades de la torpeur et de la somnolence qui finissent par les soustraire complètement à la vie extérieure. Entre ces états extrêmes vient se placer le délire violent ou
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tranquille, conlinu ou inlennitteiU, toujours plus marqué pendant la nuit. Dans la convalescence, les malades sont irritables, méchants; dans un état voisin de la démence, deux fois j'ai observé l'aphasie, l'un de nos malades ne faisait plus emploi que des mots oui et non.
» L'insomnie pénible caractérise la méningite légère; dans les méningites graves, la somnolence, le coma, le carus se succèdent et marquent les différents degrés d'une agonie progressive. » (L. Laveran.)
La respiration est courte, accélérée, elle s'embarrasse de plus en plus à mesure que le coma augmente, les muscles de la respiration se paralysent, et la mort arrive par asphyxie dans le plus grand nombre de cas.
Les troubles digestifs consistent en vomissements accompagnés d'une constipation opiniâtre; la soif est vive, la langue souvent sèche et couverte d'un enduit noirâtre.
L'urine est très-chargée, peu abondante, il y a souvent de la rétention; la plupart des auteurs ont négligé de rechercher l'albumine.
Complications. — Les principales complications de la méningite cérébro-spinale se produisent du côté des séreuses. Les péricardites, les pleurésies, les arthrites, sont fréquentes et prennent souvent la forme purulente.
Schilizzi (1) à Aigues-Mortes, Forget (2),Tourdes à Strasbourg, L. Laveran à Metz, M. Lévy à Paris, ont signalé l'existence de pleurésies purulentes chez un certain nombre de méningïliques : le plus souvent ces pleurésies ne s'accompagnent pendant la vie d'aucun symptôme morbide, elles ne sont reconnues qu'à l'autopsie. La complication de péricardite avec épanchement puriforme est notée à Versailles (Faure Villar), à Metz (L. Laveran), à Constantine (A. Vital), à Strasbourg (Tourdes, Vaillant), à Toulon (M. Grellois); comme la pleurésie, la péricardite est souvent latente.
Lefèvre à Rochefort (3), L. Laveran à Metz, M. Lévy à Paris , .Corbin à Orléans (4), Maillot à Lille (5), Grellois à Toulon, notent comme une complication fréquente de la méningite, cérébro-spinale la rougeur des synoviales articulaires et la présence de pus phlegmoneux dans la plupart des grandes articulations et jusque dans les gaines tendineuses (6).
(1) Relal de la méningite cérébro-spinale épid qui a régné à AUines-Mortes Montpellier, 1842.
(2) Forget, Gazette médicale, 1842.
(3) Ann. maritimes et colon. Paris, 1 8 10. (\f Gazette médicale de Paris, 1818.
(5) Gaietle méd. de Paris, 1848.
(6, V. Daga, Gomplic. de la méningite cérébr.-spln. épid. Thèse, Paris, 1851.
La tendance à l'inflammation et à la suppuration des séreuses est si marquée qu'on a trouvé du pus jusque dans la tunique vaginale du testicule (Boudin, lot: cit.).
Le pus en enflammant les gaines des nerfs crâniens et en fusant le Ion- de ces nerfs peut amener des altérations dans les parties profondes de l'œil (irido-choroïdite) ou de l'oreille (inflammation suppurative du limaçon et de la caisse du tympan), ou bien encore il donne lieu à la paralysie des troisième, quatrième, sixième, septième paires, d'où le strabisme, la chute de la paupière supérieure et l'hémiplégie faciale, qui surviennent chez quelques malades.
Les oreillons doivent être rangés aussi parmi les complications fréquentes de la méningite, cérébro-spinale.
Le diagnostic est en général facile; la méningite cérébro-spinale se présentant presque toujours à l'état de petites épidémies, on. est çuidé par l'existence de cas antérieurs soit dans la garnison ou 1 on observe, soit dans les garnisons voisines; la violence de la céphalalgie la roideur de la nuque, la marche rapide et si souvent fatale du m'ai donnent à la méningite épidémique une physionomie particulière facile à reconnaître. A la vérité, les premiers cas qu. se présentent peuvent être confondus avec des méningites franches, mais cette erreur sera de courte durée : la méningite idiopathique non tuberculeuse est une affection rare, elle ne donne pas lieu à des cas successif comme la méningite épidémique, et ne présente pas les mêmes
^r^-stic. Mortalité. La méningite cérébro-spinale peu -mer en vingt-quatre heures, on a même vu la mort survenir en d x ou douze heure! "(cas foudroyants) ; le plus souvent, quand 1 issue e t fafc le elle a lieu dans les cinq ou six premiers jours; a Metz, mon ot ôu é pour les cas mortels : moyenne, cinq jours ; mmimum, Touze heures; maximum, 35 jours ; à Paris (M.Lévy , la durée an les cas de mort prompte a été de 3 à 10 jours; dans les cas de 1 tardive, de 61 à 96 jours; dans les cas de prison rapide, de o . ■ ... rinn« Ips ras de ffuérison lente, de 61 a 9o jours. 8 1 S«I» ' Mammation à la suppuration des
1 Savent la prison et augmentent très-notablement la méninges entravent la gu • Hes des facullés pSj.
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MÉNINGITE CEREBRO-SPINALE.
mais, heureusement, les épidémies de méningite ne prennent jamais un développement analogue à celui de ces dernières maladies.