MÉNINGITE
13 cas
4 cas
Il »
12G cas
128 cas
(1) Histoire de l'épid. de croup qui a régné en 1840-1841 d l'hôp. desEnfanls de Paris, par E. Boudct.
(2) Mouvement des fiévreux de l'hôp. de Strasbourg pendant les deux prem. trim. 1818, cité par Boudin (Rec. mêm. méd. militaire), loc. cit.
MÉNINGITE CÉKÉBK0-SP1NALE. 437
Les chiffres suivants prouvent le parallélisme des deux maladies à Paris (M. Lévy, mém. cité): 2° trimestre 1848: méningite 20 cas, scarlatine 21; — 3° trimestre 1848: méningite 12 cas, scarlatine, 28 ; — 4a trimestre 1848 : méningite 23 cas, scarlatine 36.
La grande épidémie de Suède a coïncidé avec une épidémie de scarlatine et d'oreillons; dans le grand-duché de Bade (1864), les fièvres éruptives régnaient avec une fréquence inusitée quand se montra la méningite cérébro-spinale.
Mais, dira-t-on, la coïncidence fréquente de la scarlatine et de la méningite cérébro-spinale ne démontre pas que ces maladies relèvent tle la même cause, du même miasme. Voici d'autres preuves.
L'invasion brusque de la méningite, l'ascension rapide de la température, font ressembler le début de la maladie à celui de la scarlatine (J. Lewis Smith, loc. cit.); à la période d'état, la méningite s'accompagne souvent d'éruptions variées, peu caractéristiques il est vrai dans la grande majorité des cas, mais qui quelquefois ont présenté l'aspect de l'exanthème scarlalineux.
i Dans les trois ou quatre premiers jours, dit F. Villar, on remarquait sur la peau de la plupart des cas graves des taches d'un brun foncé ou d'un pourpre vif, quelquefois arrondies et lenticulaires, quelquefois irrégulièrement découpées et ayant de deux à dix millimètres de largeur ; elles occupaient de préférence la partie antérieure du tronc et des membres inférieurs, ne disparaissaient pas par la pression et taisaient quelquefois une saillie prononcée au-dessus de la peau;... dans quelques cas, au lieu d'une éruption pourprée, j'ai observé des taches d'un noir d'encre, mal circonscrites et se fondant comme des ombres sous la peau, ou des taches rouges analogues à celles de l'urticaire ou de la scarlatine, ou encore une véritable éruption miliaire ronge. )>(Loc. cit., p. 90.) Au nombre des complications de laméningile, F. Villar note : une fois la scarlatine, une fois l'angine qu'il nomme gangréneuse. A la deuxième période, l'éruption disparaissait, et enfin à la troisième, « la peau devenait sèche et aride et offrait aux extrémité une desquamation analogue à celle de la scarlatine ». (Loc. cit., p. '■»>.) M. lourdes a noté aussi chez un certain nombre de malades des exanthèmes et des pétéchies, ces dernières annonçaient presque toujours une terminaison fatale; « deux fois pendant la convalescence, dit M. lourdes (loc. cit.), la peau a été le siège d'une desquamation générale ». Graves et Trousseau ont insisté sur ce fait que des desquamations pouvaient se produire dans la scarlatine alors môme qu'il n'y avait pas eu d'exanthème.
A Conslanline (1837), à Alger (1847), à Metz, à Paris (1818), à Bade (* 864), etc., tous les observateurs disent avoir observé dans un
certain nombre de cas des taches exanlhémateuses oupéléchiales chez les méningiliques.
Les principales complications de la scarlatine se produisenldu côté des membranes séreuses, ainsi delà méningite, et dans les deux cas il y a une grande tendance à la suppuration; la psorentérie intestinale s'observe dans les deux maladies.
La méningite règne sous forme de petites épidémies, comme la scarlatine; comme la scarlatine elle est contagieuse, mais à un moindre degré que la variole et la rougeole ; comme elle enfin elle s'attaque surtout aux enfants, aux adolescents ou aux jeunes soldats.
Nous avons vu que la scarlatine prenait souvent des formes anormales et qu'elle avait de la tendance à produire des inflammations purulentes des séreuses, pourquoi ne se traduirait-elle pas aussi bien par une méningite suppurée que par une pleurésie purulente? Dans quelques épidémies de scarlatine, la méningite s'est montrée fréquente, comme dans l'épidémie de Greiswald, et si nous la croyons rare, n'est ce pas parce que nous la méconnaissons souvent? MM. Rilliet et Barthez, dont l'autorité est si grande en ces matières, disent à propos des accidents nerveux de la scarlatine : «L'état cérébral est quelquefois si alarmant et absorbe tellement l'attention que l'éruption passe inaperçue, et qu'au grand détriment des malades le médecin prend pour une affection cérébrale idiopalbique une manifestation nerveuse de la maladie générale. Il suffit de parcourir les recueils d'observations sur la méningite pour en trouver plusieurs décrites sous ce nom et qui ne sont que des scarlatines larvées (1). »
Il nous reste à dire pourquoi la scarlatine se cache ainsi sous le masque de la méningite; c'est ici qu'on peut faire intervenir le froid cl les fatigues, le froid empêche les fièvres éruplives de suivre leur marche naturelle, de venir s'épanouir h la surface du corps, alors les localisations se font vers les organes internes, la rougeole devient catarrhe suffocant, la scarlatine se transforme en pleurésie ou en méningite purulente. Les fatigues excessives, en produisant une excitation exagérée du système cérébro-spinal, sont probablement une des causes prédisposantes; en 1837, la méningite épidémique se déclara parmi les troupes qui venaient de prendre Constanline et qui avaient subi de grandes fatigues; en 1839à Versailles, en 1847 à Alger, elle se montra sur de jeunes soldats qui chaque jour, et par une température très-basse, faisaient l'exercice pendant de longues heures-; en 1840, à Strasbourg, sur de jeunes soldats qui, pour rejoindre leur corps, avaient dû faire de très-longues marches par un hiver rigoureux.
(1) Traité des malad. des enfants, t. III, |>- 18 J
MÉNINGITE CÉlîÊHIlO-SPlNALE. «9
Proimiylaxik. Traitement. — Lorsque la scarlatine règne dans une garnison, il csl sage d'en éloigner les jeunes soldats, et de ne pas soumettre ceux qui restent à de trop grandes fatigues, non plus qu'à l'exposition prolongée au froid. Quand la méningite cérébro-spinale a éclaté dans une garnison, les malades doivent être isolés avec soin, et l'on doit chercher à éloigner les jeunes soldats du foyer épidémique; le fait suivant, que j'emprunte à l'article Méningite du Dictionnaire encyclopédique, prouve l'efficacité de celte mesure :
En 1863, un dos régiments d'artillerie de la garnison de Rennes reçut, au commencement de l'automne, les hommes de la réserve; un de ces hommes fut pris au polygone d'accidents auxquels il succomba après deux jours de maladie; à l'autopsie, on trouva le cerveau et la moelle recouverts d'une couche de pus. Le lendemain, un second artilleur du .même régiment et également de la réserve, présenta les mêmes accidents et succomba; une dépêche fut adressée immédiatement au conseil de "santé, et le jour même arrivait l'ordre de renvoyer tous les hommes de la réserve dans leurs foyers. Dès lors aucun cas ne se présenta dans le régiment ni dans la garnison.
La gravité de la maladie et le peu d'efficacité de la thérapeutique autorisent l'emploi de ces moyens exceptionnels.
Les émissions sanguines, les révulsifs, les vomitifs et les purgatifs, le sulfate de quinine, les antispasmodiques, l'éther (M. Besseron), l'opium (M. Chauffard), ont été vantés et décriés tour à tour, la grande mortalité de la méningite dans toutes les épidémies prouve bien le peu d'efficacité de ces moyens de traitement.
Tourdes, Forget, Chauffard, Boudin, disent avoir vu les accidents nerveux s'amender sous l'action de l'opium et de la morphine; Boudin a été jusqu'à donner0,50etmême 1 gramme d'extrait d'opium en une seule dose au début, en continuant par 0,05 d'heure en heure; on suspendait quand les accidents s'apaisaient, pour recommencer quand ils se réveillaient. Ces fortes doses d'opium n'étaient pas absorbées, elles s'accumulaient dans l'intestin, et Fou voyait survenir des accidents d'intoxication graves et même mortels lorsque l'absorption intestinale se rétablissait. Les opiacés sont indiqués pour diminuer l'excitabilité du système nerveux, mais il serait peut-être préférable de les employer par la méthode hypodermique.
Avec l'opium les révulsifs constituent la médication la plus utile; peut-être, au début, les allusions froides pourraient-elles rendre les mêmes services que dans les scarlatines alaxiques; mais évidemment, quand le pus est formé, et il se forme très-rapidement, an ne peut pas songer à amener sa résorption par ce moyen. Les sinapismes promenés sur différents points du corps, les vésicaloircs lorsque la
diphthérite ne règne pas, sont d'un utile emploi. Le sulfate de quinine échoue complètement, mais le quinquina, en soutenant les forces des malades, peut rendre des services.
La convalescence est longue et difficile, et les accidents consécutifs, paralysie, etc., donnent lieu à des indications spéciales.