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SYPHILIS. MALADIES VÉNÉRIENNES. 4-W

serait pas présenté spontanéineiil au médecin-major du corps. En cas d'infraction à cette disposition, le sous-officier, caporal ou brigadier, pourra encourir, suivant la gravité des .circonstances, l'une des peines prononcées par les ordonnances du 2 novembre 1833 (service intérieur des troupes, infanterie et cavalerie) pour les fautes contre la discipline.

IV. — Les c hefs de corps feront passer à la visite, conformément aux articles 50 à 61, infanterie, et 70 à 75, cavalerie, des ordonnances précitées, tout militaire soupçonné d'être affecté de maladie vénérienne ou cutanée, et qui se refuserait à eu faire la déclaration volontaire. Nonobstant les dispositions qui précèdent, les cbefs de corps eonservent le droit de punir avec sévérité les bommes que leurs antécédents signaleraient comme plus particulièrement adonnés au libertinage.

V. — Quand un corps quitte une garnison, le commandant, avant le dépari et le jour qu'il jugera convenable, fait passer à la visite des officiers de santé les militaires qui déclarent être atteints de gale ou de syphilis, et ceux qu'il serait convenable d'assujettir à cette visite dans la prévision des articles 3 et 4. Les militaires malades sont immédiatement dirigés sur l'hôpital du lieu. Dans chacun des gîtes où la troupe doit séjourner, le chef de corps fait connaître par la voie de l'ordre, l'heure à laquelle les officiers de santé, dans le but indiqué par le précédent paragraphe, admettront les bommes à la visite. Dans toutes les places où il existe un hôpital militaire, celte visite pourra recevoir l'extension prescrite par le paragraphe lor du présent article, si le chef de corps le juge nécessaire. Elle devra être renouvelée dans cette même forme, et au jour le plus rapproché possible de l'arrivée dans la nouvelle place où la troupe doit tenir garnison. Les hommes atteints de maladies vénériennes ou cutanées seront immédiatement admis dans les infirmeries régimentaires ou les hôpitaux.

\ L — Les dispositions qui précèdent sont applicables aux détachements et aux compagnies formant corps. Dans ce cas, les visites sont faites et les déclarations sont reçues au départ et à l'arrivée par les officiers de santé militaires ou les médecins civils chargés du service de ces troupes. Les commandants de détachements ou de compagnies formant corps reçoivent, lorsqu'ils sont en route, les instructions des fonctionnaires de l'intendance ou se concertent avec les maires pour la visite, par les médecins civils, des hommes qui se déclarent affectés de gale ou de syphilis, et de ceux qu'on peut soupçonner d'en être atteints, et ils font surveiller jusqu'à ce qu'ils puissent être admis à l'hôpital les hommes reconnus malades.

A. I.AVEKA.N. 2SJ

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VII. — Les hommes atteints de sypliilis ou de gale, et dirigés sur les hôpitaux affectés au traitement de ces maladies, pourront être logés dans les hospices civils des communes où ils devront coucher ou séjourner, si elles possèdent des établissements de ce genre et si les maires le préfèrent, ou être réunis dans un local commun qui leur serait affecté.

A leur arrivée au lieu de destination, ils ne recevront sous aucun prétexte de billet de logement, et ils seront, autant que possible, conduits directement à l'hôpital par un homme de garde. Après guérison, ils seront également conduits à la porte de la ville par un homme de garde du poste de l'hôpital, ou par le sergent de planton.

VIII. — Tout brigadier, caporal et soldat partant de son corps, pour voyager isolément, sera soumis, avant son départ, a une visite sanitaire, à l'effet de s'assurer s'il n'est atteint ni de maladie vénérienne ni de gale. Celte visite sera constatée par un certificat du médecinmajor qui sera visé par l'officier supérieur commandant et annexé à la feuille de roule du militaire. Dans tous les gîtes d'étape où résidera un fonctionnaire de l'intendance, l'homme voyageant isolément sera interrogé sur son état, et il pourra être soumis à une visite si, malgré sa déclaration négative, des symptômes extérieurs donnent lieu do croire qu'il est atteint de gale ou de syphilis; s'il est reconnu malade, il sera dirigé immédiatement sur l'hôpital.

IX. — Pour le retour, la feuille de route ne sera jamais visée par le fonctionnaire de l'intendance près de qui le militaire devra se présenter au départ, sans que celui-ci ait été soumis à une visite. Usera procédé cà son égard, sur la route, de la même manière qu'il est prescrit par l'article 8.

A son arrivée au corps, l'homme devra passer a la visite le jour même où il se sera présenté.

X. — Les militaires en congé de semestre, en congé provisoire de libération, ou appartenant à la réserve, atteints de maladies vénériennes ou cutanées, seront admis au compte du département de la guerre dans les hôpitaux militaires et hospices civils.

Ceux d'entre eux qui ne se présenteraient pas cà là visite dès le début de la maladie et dans les délais prescrits par l'article 2, seront, traités à la salle des consignés, si leur étal le permet, sans préjudice des punitions mentionnées à l'arlicle 897 du règlement du 1er avril 1831.

Les chefs de corps veilleront, avec une sollicitude éclairée, à l'exécution des visites prescrites par les ordonnances du 2 novembre 1833 (art. 56 à 61, infanterie, et 70 à 75, cavalerie), dans l'intérêt de la santé du soldat, non moins que dans un intérêt d'hygiène publique, et ils tiendront rigoureusement la main aux mesures déterminées par

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le orésent arrêté. (Arrêté du 10 mai 181:2, relatif aux mesures sanitaires propres à empêcher les progrès dans l'armée des affections syphilitiques et cutanées.)

Les ordonnances du "2 novembre 1833 (art. 75, cavalerie.) prescrivent de faire, tous les mois au moins, en présence des officiers de semaine, une visite individuelle des brigadiers et cavaliers, pour reconnaître les maladies vénériennes et cutanées; le médecin-major prend, à cet effet, les ordres du lieutenant-colonel.

Ajoutons que tout homme atteint de syphilis doit, sous peine de punition, donner le nom et l'adresse de la femme avec laquelle il a contracté sa maladie (1).

Ces mesures prophylactiques ont diminué sensiblement la fréquence des maladies vénériennes dans l'armée; mais il ne faut pas oublier qu'elles ne valent que par la rigoureuse application qui en est faite.

J'ai déjà dit qu'il était nécessaire d'abandonner l'ancienne nomenclature des maladies vénériennes pour la statistique ; la nomenclature des maladies et infirmités qui rendent impropre au service actif ou armé, laisse aussi à désirer, ce me semble. Je trouve au n° 3 de l'instruction du 3 avril 1873, parmi les maladies qui exemptent de tout service militaire, « les accidents secondaires ou constitutionnels delà syphilis ». Ainsi, un homme qui se présente au conseil de révision avec une roséole syphilitique ou des plaques muqueuses est exempté de tout service, on ne le place même pas dans le service auxiliaire pour lequel on accepte des individus atteints de claudication, de scoliose et de goitre, tandis qu'un autre homme, porteur d'un chancre induré, est déclaré bon pour le service. Quelle différence y a-t-il entre ces deux hommes? Ils ont la même maladie, seulement le premier a été infecté quelques mois avant l'autre, dans, quelques semaines ou quelques mois les accidents secondaires se produiront chez le deuxième comme ils se sont produits chez le premier. Il y a là une inégalité flagrante, il faut ou bien prendre les conscrits atteints d'accidents secondaires comme ceux atteints de chancre induré, ou bien les rejeter également. On dira que le diagnostic du chancre infectant n'est pas toujours facile; en général, on peut se prononcer; dans les cas douteux, on a la ressource d'ajourner les malades.

Je crois, pour ma part, qu'on doit éloigner tous les syphilitiques, et c'est là l'esprit, sinon la lettre de l'instruction pour les conseils de révision, au lieu d'inscrire : les accidents secondaires ou constitutionnels de la syphilis, il suffirait de mettre : la syphilis. Le conscrit affecté de syphilis est un embarras pour les corps, une dépensé pour

• \) I)i'liot, Code des officiers de vinlê, p. 837.

l'État, et de plus sou instruction militaire est souvent très-incomplète, parce qu'il passe plus de temps à l'hôpital qu'à la caserne. Ricord et A. Fournier admettent que la guérison de la syphilis exige plusieurs années de traitement; avec la durée actuelle du service militaire, on aurait à peine le temps de guérir les malades. Les syphilitiques pourraient être rangés du reste dans le service auxiliaire.

Traitement de la syphilis. — Les attaques qui ont été dirigées dans ces dernières années contre le mercure n'étaient pas les premières, le mercure a subi victorieusement plus d'un assaut de ce genre. Dès le xvi° siècle, il eut dans le gaïac un rival souvent préféré; Fracaslor, dans son poème sur la syphilis, dédié au cardinal Bembo, secrétaire du pape Léon X, chante ainsi les vertus du gaïac : « Divin gaïac, ce fut l'Espagne qui eut le bonheur de t'accueillir la première sur notre continent... Salut à toi, arbre sauveur, à la cime luxuriante, àlaséve généreuse! Salut à toi, orgueil du nouveau monde. lJeut-êlre une muse porlera-t-elle ton nom jusqu'aux oreilles de Bembo sur les bords du Tibre, et ce sera là, pour elle, la plus douce récompense de ses labeurs (1). » Le livre du chevalier Ulrich de Hutten contribua puissamment à mettre ce bois sudorifique à la mode, mais cette période d'engouement passa bientôt et l'on revint au mercure.

En 1817, Thompson et R. Gulhrie, en Angleterre, démontrèrent la possibilité de guérir la syphilis sans mercure ; mais à cette époque on confondait la syphilis avec le chancre simple, non infectant, voire même avec la blennorrhagie, ce qui enlève à ces recherches, ainsi qu'à celles de Harris et Stevens, une grande partie de leur valeur. En France, l'école physiologique fit au mercure une guerre acharnée; Broussais, Jourdan, Dubled, Desruelles, 'Devergie aîné, défendirent tour àtourle traitement de la syphilis sans mercure (E.Lancereaux, op. cit.); le mercure a survécu à la doctrine physiologique.

En 1867, nouvelle attaque, dirigée ceitefois à la-Société de chirurgie par MM. Desprès etDolbeau; mais le mercure trouve de nombreux défenseurs parmi lesquels il nous suffira de citer Cullerier, Velpeau, MM. Perrin, L. Le Fort, Verneuil, Vulpian, Depaul, A. Guérin, pour montrer que les forces n'étaient pas égales, aussi cette discussion at-elle tourné tout à l'honneur du traitement mercuriel. M. le docteur Desprès ne s'est pas laissé convaincre, et dans un livre intitulé Traité théorique et pratique de la syphilis ou infection purulente syphilitique (Paris, 1873), il a formulé sa conception nouvelle de la syphilis. D'après M. Desprès, le virus syphilitique ne produit ni les sypbilides, ni riritis, ni les périostéites, ni les caries; c'est le mercure qui est le

(1) Fracastor, Poème, sur la siji>liilis, traduct. de A.

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grand coupable, c'est lui qui occasionne la plupart des accidents dits syphilitiques; la syphilis est uire maladie infectieuse analogue a la pyohémie, et le traitement tonique peut seul lui convenir! A la vi'rité, M. Desprès, qui veut proscrire le mercure, fait grâce à Piodure de potassium, mais il lui refuse toute vertu spécifique, et s'il le conserve, c'est uniquement comme tonique : l'iode se dégageant dans l'économie, a une action analogue à celle de la moutarde, il excite l'appétit et la nutrition se fait mieux!

Dans certains pays, bienque le mercure soit inconnu, les périostéites, les caries syphilitiques sont plus communesencore que chez nous (4); en France même, n'observe-t-on pas souvent les gommes, les périostéites, les caries syphilitiques, chez des malades qui n'ont jamais l'ait usage du mercure? — Non, le mercure n'est pas responsable de ces accidents, c'est une chose jugée, il n'y a plus lieu d'y revenir.

Il y a quelque chose de vrai dans la doctrine des anlimercuristes, c'est que la syphilis peut guérir spontanément sans même donner lieu aux accidents tertiaires. S'il était possible de distinguer les syphilis fortes des syphilis faibles, on pourrait se contenter de traiter les premières, et épargner aux autres maaldes l'ennui d'un traitement prolongé; malheureusement nous n'avons aucun' moyen de reconnaître si une syphilis sera forte ou faible, et par conséquent, comme le dit M. A. Fournier, « la plus simple prudence nous oblige à nous tenir en garde dans tous les cas, à conseiller, dans tous les cas, un traitement propre à atténuer, s'il est possible, les effets de la diathèse dans le présent et dans l'avenir (2) ».

Au temps où l'on soumettait les malades au supplice de la salivation entretenue, le mercure pouvait être un juste sujet d'effroi, il n'était pas rare de voir survenir des caries des maxillaires, et ceux-là s'eslimaienl heureux qui en étaient ciuittes pour la perlede quelques dents; mais avec le mode d'administration du mercure qui a heureusement prévalu, aucun accident de ce genre n'est plus à redouter; en surveillant attentivement les malades, on arrête la stomatite à son début avec quelques doses de chlorate de potasse (A. Fournier, loc. cil.).

Il suffit d'avoir assisté à la transformation rapide que subissent les lésions syphilitiques sous l'influence du traitement spécifique, pour être convaincu de son efficacité; qui n'a vu des ulcérations syphiliti ques dont la nature a été méconnue, et qui résistent depuis longtemps à tous les traitements imaginables, qui n'a vu, dis-jc, ces ulcérations se transformer en quelques jours sous l'action du mercure? le

(\, Atytotoie. — Ch. Blanc, loc. cit.

(■1 Du traitement de la iyphllis, [Gaiettc heblom., \tiU, p. 107.)

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fond des ulcères se déterge, se recouvre de bourgeons charnus de belle apparence, les bords s'affaissent el la cicatrisation commence sans qu'il soit besoin d'employer aucun topique ; qui n'a vu encore des accidents graves dus à la compression du cerveau ou de la moelle épinière par des exostoses, des gommes, se dissiper comme par enchantement sous l'influence du mercure et del'iodure de potassium?' Pour ma part, j'ai été trop souvent témoin de ces cures si heureuses,, si satisfaisantes au point de vue thérapeutique, pour ne pas proclamer bien haut l'efficacité du mercure.

M. le docteur A. Fournier, dans ses excellentes leçons sur le traitement de la syphilis, trace ainsi le parallèle de la vérole traitée et de la vérole non traitée : « Chez les syphilitiques traités, les accidents sérieux ou graves de la vérole sont chose rare, très-rare. On ne compte certainement pas 5 malades sur 100 qui, en dépit d'un traitement convenable, méthodique et prolongé, soient rudement maltraités par la diathèse. Et c'est là même la raison qui rend la vérole que nous voyons en ville si différente de celle que nous observons à l'hôpital. A l'hôpital, la vérole est affreuse, immonde; ici les manifestalions que nous apportent souvent nos malades à leur entrée dans nos salles sont véritablement hideuses, révoltantes, et souvent aussi plus ou moins graves. La vérole de ville, celle de la clientèle privée, a une tout autre physionomie, elle se présente sous un aspect cent fois plus bénin. » (Loc. cit., p. 166.) La raison de celte différence se devine aisément, les malades de la ville se traitent dès le début, tandis que ceux qui forment la clientèle ordinaire des hôpitaux laissent aller le mal comme M. Desprès voudrait que tout le monde le fit; M. le docteur A. Fournier affirme, avec l'autorité de sa grande expérience, que les conséquences de l'expectation appliquée à la vérole sont désastreuses, et il en donne de nombreux exemples. (Leçons déjà cilées.)

Le mercure ne guérit pas toujours la vérole, c'est vrai, et, malgré un traitement prolongé, on peut voir survenir des accidents; mais le sulfate de quinine guérit-il toujours la fièvre intermittente? n'observe-t-on pas souvent des rechutes même après l'emploi méthodique de ce précieux spécifique? Les rechutes de syphilis ne doivent pas plus faire proscrire le mercure, que les rechutes de fièvres le sulfate de quinine.

11 faut donc donner du mercure aux syphilitiques, mais aux syphilitiques seulement, et, bien entendu, on ne prescrira ce médicament ni dans la blennorrhagie ni dans le chancre mou.

Les syphilitiques doivent être envoyés aux hôpitaux, bien que le règlement autorise aujourd'hui les médecins de corps à traiter à l'infirmerie toutes les maladies vénériennes; le traitement de la sy-

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pliilis est très-long, el le séjour de l'infirmerie débilite les malades el entrave la gnérisoib; les infirmeries régimentaires ne sont faites que pour garder des hommes dont les maladies sont faeilement el rapidement curables; les hommes qui s'y trouvent n'ont pas la ressource de ta cour et des jardins des hôpitaux pour se promener, un séjour trop prolongé dans ces espèces de prisons les affaiblit et les étiole.

Le mode d'administration du mercure a beaucoup varié; les friclions sont aujourd'hui abandonnées en tant que méthode générale; elles sont d'une application difficile, et de plus elles provoquent facilement la salivation, il faut les réserver pour les cas où il importe d'agir rapidement. Les injections hypodermiques ne peuvent être aussi qu'une méthode d'exception, elles ont le grand inconvénient de provoquer des douleurs locales extrêmement vives, des indurations très-longues cà se dissiper, parfois même des eschares.

Reste la méthode par ingestion, et ici on a le choix entre un grand nombre de préparations ; Van Swiéten ne voulait pas qu'on eût recours à autre chose qu'au sublimé, et la liqueur qui porte encore son nom est en effet un médicament très-actif, très-fidèle; malheureusement le sublimé est souvent mal supporté. Le protoiodure de mercure n'a pas le même inconvénient et il ne provoque pas non plus la salivation aussi facilement que les pilules de Sédillot. On donnera chaque jour 1 à "2 pilules de protoiodure de 0S,05.

Quelle doit être la durée du traitement? « Six mois de traitement mercuriel, dit Ricord, a une dose journalière qui influence les accidents à combattre et qui indique, après qu'ils ont été détruits, que le médicament agit encore par ses effets physiologiques connus; puis, trois mois d'un traitement ioduré, destiné à prévenir les accidents éloignés de la diathèse, telle est la médication qui donne les cures les plus soutenues, qui réussit dans l'énorme majorité des cas à neutraliser véritablement le virus toxique, je dirais volontiers à guérir la vérole au moins dans la majorité de ses manifestations (1). »

M. le docteur À. Fournier a insisté sur la nécessité d'une médication mercurielle longtemps prolongée, en même temps qu'il montrait le désavantage de la médication mercurielle continue, la continuité d'usage créant pour le mercure, comme pour la plupart des médicaments, une accoutumance qui affaiblit ses propriétés thérapeutiques. Parlant de ces deux principes, M. A. Fournier recommande la méthode à laquelle il a donné le nom de méthode des traitements successifs : un malade se présente avec" des accidents syphilitiques, syphilides,

I; Leçon» nur le chancre, 2* <;ilit., Paris, 1860.

plaques muqueuses, etc., on lui prescrit 0,05 à 0,10 de protoiodure à prendre pendant deux mois; au bout de ce temps on suspend le traitement pour un mois au minimum, puis on recommence, que le malade ait eu ou non de nouveaux accidents; ce nouveau traitement dure de six semaines à deux mois; cela fait, on peut accorder trois mois de répit; traitement de six à huit semaines, nouvelle interruption de quelques mois suivie d'un 4° traitement, et ainsi de suite. En moyenne, dit M. Fournier, le traitement doit durer deux ans (dixmois de traitement et quatorze mois de repos) ; de plus, M. A. Fournier pense qu'un traitement ioduré doit succéder au traitement mercuriel. Dans l'armée, les syphilitiques qui ne présentent plus d'accidents sont renvoyés a leur corps et on ne recommence le traitement que si de nouveaux accidents se produisent; il y aurait sans doute avantage à ne pas attendre ces accidents et à renvoyer à l'hôpital les syphilitiques à des époques réglées, qu'ils aient ou non des accidents; quant à faire poursuivre le traitement au corps, c'est une mauvaise méthode, chez des hommes soumis à des fatigues incessantes, à des refroidissements, etc., le mercure amène rapidement la stomatite et une débilité générale, et l'on est obligé de faire interrompre soit le traitement, soit le service.

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