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CUEILLONS. M

déforme à peine les (rails cl qui peut échapper à une observation superficielle.

2° degré. La région parotidienue est. plus saillante, plus bombée, plus tendue, la douleur est plus vive que clans la l'orme précédente, et souvent il va de la rongeur à la peau; la tuméfaction reste bornée à la région parotidienue.

3° de»ré. La tuméfaction s'étend aux parties voisines, elle gagne les côtés du cou el même la partie supérieure de la poitrine.

i Nous avons vu, disent MM. Rilliet et Barlhez (Op. cit., p. 610), celle tuméfaction portée au point que la tumeur, partant des régions parolidiennes, s'étendait presque jusqu'à l'extrémité externe de la clavicule, donnait à la tète et au cou une apparence pyriforme, et rendait les malades à la fois grotesques et méconnaissables. » M. le docteur Rizet a observé des parotides très-volumineuses chez trois militaires pendant l'épidémie d'Arras; « en ville, chez un jeune homme de seize ans, la parotide droite seule fut prise et, en moins de cinq jours, elle touchait à l'articulation slerno-claviculaire de ce même côté; la peau était luisante et donnait une fausse sensation de fluctuation. En quinze jours tout avait disparu... » (Rizet, Op. cil., Arch. gén.deméd., 1866, 1. 1, p. 356.)

Les formes moyennes (2° degré) sont de beaucoup les plus fréquentes.

D'après MM. Rilliet ctBarthez, trois points seraient particulièrement douloureux à la pression : le premier, au niveau de l'articulation lemporo-maxillaire; le deuxième, en arrière de la mâchoire, sous l'apophyse mastoïde;le troisième, en regard de la glande sous-maxillaire (Op. cit., t. II, p. 610); la parotide est quelquefois indolente, quand il y a douleur à la pression, celle-ci est uniformément répartie sur toute la régon tuméfiée; je n'ai jamais pu constater pour ma part les trois points douloureux mentionnés plus haut.

Lorsque la tuméfaction est considérable les malades accusent une sensation de tension très-pénible qu'exagèrent les mouvements, surtout ceux de mastication.

Chose remarquable, celle tuméfaction qui s'accompagne clans bon nombre de cas des symptômes classiques de l'inflammation : rougeur, tuméfaction, douleur, aboutit très-rarement à la suppuration. Rilliet, pendant l'épidémie de Genève, ne vit pas une seule fois les parotides suppurer; de même à Arras tous les engorgements parolidiens se terminèrent par résolution. Dionis rapporte cependant que durant une épidémie d'oreillons observée sur les demoiselles de Saint-Cyr, les tumeurs donnaient lieu presque toutes à de petits abcès. Eu 1869, à l'hôpital Saint-Martin, j'ai vu clans un seul cas uu orcillou aboutir

à suppuration; le malade n'avait eu qu'un oreillon assez volumineux à droite; dix jours après l'entrée à l'hôpital on dut pratiquer une incision qui donna issue à une assez grande quantité de pus phlegmowxa, la guénson se fit sans autre accident. Les parotides non épidémiques suppurent au contraire très-souvent.

Le tissu glandulaire lui-même est-il enflammé, infiltré ou bien est-ce le tissu cellulaire ambiant quiesllesiégeanatomiquedel'oreillon? Pour résoudre celte question, il était important d'examiner l'état de la sécrétion parotidienne chez les malades; chacun sait qu'une glande enflammée cesse de sécréter comme à l'état physiologique; le produit de la sécrétion est altéré dans sa quantité (diminué en général) et dans sa qualité. M. le docteur Lombard, qui a fait quelques recherches sur la nature de la salive, n'a découvert aucune altération; d'après Trousseau, la sécrétion salivaire est complètement supprimée dans quelques cas, de telle sorte que, même pendant la convalescence, le malade est obligé de boire sans cesse en mangeant (1). Chez la plupart de nos malades (en 1869) la sécrétion parotidienne ne semblait pas altérée, aucun n'éprouvait celte sensation de sécheresse dont parle Trousseau.

Orchites. — Les oreillons se compliquent très-souvent d'orchites chez l'homme, de tuméfactions des seins, des grandes lèvres, rarement des ovaires chez la femme. Ces accidents sont presque inconnus chez les enfants; les testicules, les glandes mammaires, les ovaires, sommeillent encore et ne présentent à cet âge aucune prédisposilion morbide.

Quoi de plus singulier que ces orchites succédant h des parotides sans que nous puissions savoir ni comment, ni pourquoi. Métastases, disait-on autrefois, comme si ce mot expliquait quelque chose; l'orchite se montre assez souvent lorsque les parotides disparaissent, ce qui a pu faire croire à un déplacement du mal, à une métastase. La maladie ne se déplace pas, elle continue sa marche; l'orchite est un de ses symptômes tout comme la parotide; les testicules et les glandes mammaires se tuméfient sous l'influence des mêmes causes que les glandes parotides, la preuve en est que l'orchite peut être primitive ; dans un cas même j'ai observé l'orchite comme seul symptôme des oreillons.

L'orchite est en général simple, mais parfois les deux testicules se prennent successivement. Au moment où la tuméfaction des testicules se produit ou un peu auparavant, on observe souvent de la fièvre, des accidents nerveux et typhoïdes; en 18(39 l'un de mes malades

(1) Trousseau, Clinique. 3° édition, t. 1, p. m.

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délira pendant 2-1 heures. Borsieri, Trousseau (I), Grisolle (2), ont insUlé sur les symptômes nerveux : fièvre vive (4-0° -41°), convulsions, délire, étal typhoïde, qui peuvent précéder l'apparition des orchites et inspirer de grandes craintes si Ton n'est pas prévenu de la possibilité de ces accidents, qui cèdent en général dès que l'orchile s'est produite.

Au mois de janvier 1875 je recevais dans mon service du Val-de- GràcL\ un militaire qui présentait les symptômes suivants : fièvre intense (30 0 le malin, 40°8 le soir); pouls ralenti ou du moins dont la fréquence (00 à 70 pulsations) n'était pas eu rapport avec l'élévation de la température ; nausées, vomissements bilieux, céphalalgie frontale extrêmement vive, vertiges qui rendaient la position assise très-pénible, malaise général, anxiété, insomnie, rêvasseries, constipation. Ces accidents dataient seulement de M heures. J'étais sur le point de diagnostiquer une méningite de la convexité, quand le malade accusa une douleur au testicule droit ; ce testicule, doublé au moins de volume, était douloureux à la pression, il n'y avait pas trace d'écoulement blennorrhagique; la tuméfaction siégeait du resle dans le testicule lui-même et non dans l'épididyme. Cela me mit sur la voie du diagnostic et je n'eus plus de doute quand le malade m'eut appris que quelques jours auparavant il avait eu du gonflement des régions parolidiennes. Malgré la gravité apparente des symptômes, je portai un pronostic très-favorable; en effet, 48 heures après l'entrée à l'hôpital la défervescence se produisait brusquement et tous les symptômes nerveux disparaissaient sans qu'aucun traitement actif eût été institué. Ce qui dans ce cas rendait le diagnostic difficile, c'est que nous n'avions reçu aucun autre malade atteint d'oreillons; j'appris plus lard qu'il y avait eu une petite épidémie dans le régiment de noire militaire, mais que tous les autres malades avaient été traités à l'infirmerie.

.M. le docteur Bizet signale relativement aux orchites ce qu'il appelle un effet croisé : « la parotide droite se prenait, dit-il, après le testicule gauche, la parotide gauche suivait, enfin le testicule droit. » ( hoc. cil.) Je n'ai pas observé pour ma part celle régularité singulière dans l'évolution de la maladie. Une autre remarque de M. le docteur RÉsef me semble plus juste : ce sont, dit-il, les parolides les plus légères qui s'accompagnent le plus généralement d'orchiles et d'engorgernenls mammaires.

(I, Trousseau, Note sur quelques accidents dans la maladie connue sous le nom d'oreillons. (Arch. gén. de méd., 1851.) — Clinique, l. I. (2) GrifoQe, Gcuellt des hôpitaux, 18G(j.

L'orchile peut précéder la parotide : « il arriva plusieurs fois de voir entrer à l'hôpital des hommes porteurs d'une orchite regardée comme vénérienne ou jugée de cause externe par le médecin du corps; ie lendemain celle affection s'accompagnait d'un léger engorgement d'une ou des deux parotides, d'un peu de gène dans les mouvements de mastication, rarement d'un léger mouvement fébrile une seule fois, au 2° du génie, nous avons observé l'orchile précédant de quelques heures l'oreillon, tandis que sur des soldats du 84° de ligne elle mit une avance de deux ou trois jours. » (Rizet, loc. cil.)

J'ai vu survenir dans un cas une orchite double sans parotides, c'était pendant la petite épidémie dont j'ai déjà parlé; le malade présenta des symptômes d'embarras gastrique, puis il fut pris d'un gonflement des deux testicules, il n'y avait eu ni traumatisme, ni blennborrhagie pour explicpter cet accident; la tuméfaction disparut rapidement; les testicules revenus à leur volume normal avaient une flaccidité anormale que j'ai notée dans plusieurs autres cas.

Ce sont les testicules eux-mêmes qui sont pris et non pas les épididymes comme dans la blennorrhagie. Ces orchites ne suppurent jamais et la résolution se fait en général très-simplement, quelquefois on a vu l'atrophie succéder à l'engorgement tesliculaire ; comme les malades ne souffrent pas cl qu'ils son! sorlis déjà de l'hôpital quand se produit l'atrophie, elle passe souvent inaperçue; Grisolle, qui a appelé l'attention sur cet accident des oreillons (1), a signalé aussi la mollesse et la flaccidité du testicule.

M. le docteur Rizet a observé chez deux militaires des engorgements douloureux des glandes mammaires; chez la femme, c'est là une suite des oreillons presque aussi commune que l'orchile chez l'homme.

Quand les oreillons sont très-voluinineux, ils peuvent gêner la circulation cérébrale par compression des veines du cou, cela n'arrive guère que chez les enfants. Quelques auteurs ont rangé l'otite, la pneumonie, l'anasarque, parmi les complications des oreillons; en raison de la rareté de ces accidents, on peut croire qu'il s'agit de simples coïncidences.

La durée moyenne de la maladie est de huit à quinze jours.

Le diagnostic est facile; l'épidémicité permet de distinguer la parotide épidémique et contagieuse des autres formes de parotidites que l'on peut réduire à trois principales :

1° Parotidite idiopathique sporadiqup;

(1) Grisolle, De l'atrophie des testicules consécutive aux oreillons. {Gabelle des hôpitaux, 1800, p. 22t.)

2° Parotidite secondaire; 3° Parotidite dyscrasique.

La parotidite idiopalliiquc sporadique ou rhumatismale, est souvent consécutive à un refroidissement, d'où le nom de rhumatismale.

Dans la parotidite secondaire l'inflammation se propage par continuité de tissu de la muqueuse buccale (stomatite mercurielle, etc.) au canal de Sténon. La parotidite dyscrasique apparaît à la suite de maladies générales : typhus, scarlatine, variole, rougeole, pyohémie, choléra, etc. ; autrefois rangée au nombre des crises, celle parotidite se termine souvent par suppuration, et, loin d'être d'un pronostic favorable, elle vient souvent compliquer les maladies à la fin desquelles elle se développe.

Ces trois espèces de parotidites n'ont de commun avec l'épidémique que leur siège analomique. La parotide épidémique constitue U manifestation principale d'une maladie contagieuse qui se traduit, rumine nous l'avons vu, par des symptômes généraux, par des tuméfactions des testicules chez l'homme, des glandes mammaires chez la femme-, la parotide épidémique se développe sous l'influence d'une cause spécifique, c'est à elle qu'il convient de réserver le nom d'oreillons.

Le pronostic des oreillons est très-favorable; presque jamais, à moins de complications, ils ne se terminent par la mort, aussi l'anatomie pathologique est-elle très-pauvre. Il nous paraît rationnel d'admettre avec MM. Rilliet et Barthez : « que les oreillons sont localement constitués par une fluxion sanguine terminée par un œdème aigu ou par une phlegmasie qui occupe principalement le tissu cellulaire des glandes salivaires et quelquefois les glandes elles-mêmes. » La tuméfaction est trop bien limitée dans l'immense majorité des cas aux régions occupées par les glandes parotides pour qu'on puisse soutenir que les glandes elles-mêmes ne sont pas en cause; la tuméfaction des glandes mammaires et celle des testicules plus accessibles à notre exploration que les glandes salivaires prouvent d'ailleurs que la maladie dont les parotides sont la principale et souvent l'unique manifestation a une grande tendance à envahir les tissus glandulaires.

Les parotidites dyscrasiques qu'on a assez souvent l'occasion d'étudier sur le cadavre montrent que le parenchyme glandulaire peut s'enflammer consécutivement. Dans ces cas la glande est hypertrophiée; son tissu, au lieu d'être rosé, comme à l'étal normal, est d'un rouge vif, les acini se détachent fortement sur un fond grisâtre ou jaunâtre constitué parle pus qui infiltre toute la glande.

NATURE. — Joseph PratolongO adressait à Borsieri la question sui-

vante au sujet de la nature des oreillons (1) : « Croyez-vous qu'on puisse mettre celte maladie au rang des éruptives? » MM. Rilliet et Bar<thez, qui se posent la même question, croient pouvoir y répondre par l'affirmative; ils font observer que les conditions écologiques des fièvres éruptives et des oreillons sont analogues : comme les fièvres éruptives les oreillons régnent le plus souvent sous forme épidémique; comme les fièvres éruptives, ils sont contagieux et ils donnent l'immunité aux malades qui en ont été atteints; enfin les prédispositions d'âge sont les mêmes pour les fièvres éruptives et pour les oreillons.

Pénétrés de celte idée, MM. Rilliet et Barlhez ont recherché s'il n'existait pas à la face interne de la cavité buccale un exanthème qui se propagerait de là dans l'intérieur des conduits salaires. « Pour nous en assurer, nous avons examiné avec beaucoup de soin chez plusieurs sujets l'intérieur de la bouche, soit au moment de l'apparition de la maladie, soit avant son invasion. Cet examen, ainsi que celui de la gorge (qui n'a pu être pratiqué convenablement qu'au début), ne nous a fourni que des renseignements négatifs; cependant on a vu les amygdales participer à celte affection et le gonflement être assez considérable pour rendre la déglutition difficile et la suffocation imminente. »

Certainement les oreillons présentent de nombreuses analogies avec les fièvres éruptives, et c'est sans contredit de ce groupe nosologique qu'ils se rapprochent le plus, mais ils ne sont la manifestation larvée d'aucune des fièvres éruptives connues; ils ne se rattachent ni à la rougeole comme la bronchite asphyxique, ni à la scarlatine comme la méningite cérébro-spinale, encore moins à la variole; leur histoire suffirait à le prouver : les fièvres éruptives n'ont pris de l'extension en Europe qu'au vi° siècle, tandis que les oreillons régnaient déjà au temps d'Hippocrate. Comme d'autre part les oreillons ne s'accompagnent jamais d'exanthèmes, ni d'énanlhèmes, on n'est pas autorisé, il me semble, à les mettre au rang des fièvres éruptives; ce qui est exact, c'est qu'il s'agit d'une maladie générale, spécifique, et non d'une maladie locale, comme le veulent quelques auteurs. »

M. le docteur Bouchut attribue les oreillons à une rétention salivaire due elle-même à l'inflammation catarrhale du conduit de Sténon (2) ; celte explication, admissible pour quelques cas de parotides sporadiques, ne s'applique pas aux oreillons proprement dits.

Il est très-difficile d'imaginer une physiologie pathologique pour

(1) Ozanam, Op. cit., p. 311.

(2) Acad. des sciences. Séance du 2 juin 1873.

celle maladie si simple en apparence, si bénigne; comment affectel-elle les parotides d'abord, puis les testicules, les glandes mammaires? Comment se Iransmet-elle à distance? On est conduit nécessairement à admettre l'existence d'un miasme spécial, qui, absorbé par les voies naturelles, porte son action principale sur les tissus des glandes salivaires, des testicules et des glandes mammaires.

Prophylaxie. Traitement. — La bénignité de la maladie ne comporte pas des mesures prophylactiques aussi sérieuses que celles conseillées dans les fièvres éruplives, la bronchite capillaire épidéraiqùe et la méningite cérébro-spinale ; cependant la maladie étant contagieuse et pouvant mettre un grand nombre d'hommes hors de service pour quelques jours au moins, on isolera le plus rapidement possible les malades qui seront envoyés a l'infirmerie ou mieux à l'hôpital.

Au début, s'il y a un peu de fièvre, on prescrira le repos au lit, la diète, des boissons fraîches, un purgatif ou un vomitif si les symptômes gastriques sont très-marqués. Les émissions sanguines locales sont rarement indiquées; les pédiluves sinapisés soulagent les malades sans les affaiblir. .

Sur la tumeur on appliquera un peu d'huile de camomille ou d'huile d'olives simple avec une couche d'ouate par-dessus; lorsque la résolution larde à se faire, on peut prescrire des frictions mercurielles locales.

Contre les orebites on recommandera le repos au lit, les bourses étant relevées sur le ventre à l'aide d'une compresse fixée à un bandage de corps ou d'un suspensoir bien fait; quelques purgatifs, des frictions mercurielles auront rapidement raison de ces orchites que la position seule réussit souvent à guérir en quelques jours.

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