TANT TE
Dans le progrès de l'attaque , et plus ordinairement lorsqu'elle n’est pas la première, souvent la Goutte se porte successivement et alternativement d’un pied à l’autre; et ensuite elle peut occuper d'autres articulations , surtout celles des mains. A chaque articulation qu'elle affecte, il se forme un nouvel accès qui finit ( comme le premier ) par une tumeur au-dessus de l'article, et par la desquammation de la peau qui le couyre. |
Pendant toute la durée de l'attaque , lé malade manque d’appétit , et a le ventre resserré : il est sujet à ressentir de légers trémoussemens , et une pesanteur inquiétante dans différentes parties du corps qui ne sont pas le siége de la Goutte. Ses urines sont généralement enflammées , et chargées de sédiment.
Stahl a observé que pendant presque tout le cours de l'attaque, mais surtout vers sa fin , les malades ont une affection très-manifeste de compression et de contracture des parties musculeuses de l'extrémité souffrante : et que l’état de tension et de rigidité de ces parties intercepte les mouvemens volontaires et autres de cette extrémité, qui
ne peut être étendue ou retirée qu'avec des douleurs violentes.
Il me paroît que c'est surtout à la rigidité de ces muscles, qu'on doit rapporter un symptôme qu'on a observé, quoique rare- ment , dans la Goutte, et qu'on sait avoir lieu
aussi dans le scorbut. Ce symptôme est la crépitation sensible des os dans le jeu des articulations affectées.
Ainsi Musgrave a vu des cas de Goutte, où dans le genou, le coude, et d’autres grandes articulations, les os, en frottant les uns contre les autres dans les mouvemens de leurs muscles, rendoient un son ou bruit, qu’il attribuoit au dessèchement des parties voisines de leurs articulations. Cælius Aurelianus a parlé de ce symptôme, qu'il n’a pourtant remarqué que dans le sommeil des goutteux.
Je pense que cette crépitation de grands os joints ensemble , et qui jouent sur leurs arti-. culations , dépend, principalement dans ce cas de Goutte ( ainsi que dans des cas de scorbut ), de la contracture des muscles moteurs de ces os. Cette contracture rend eurs mouvemens , pour la flexion ou l’extention, beaucoup moins doux et moins gradués que dans l'état naturel.