‹ Traite ́des maladies goutteuses (volume 2)Chapitre 18 sur 81 · TR ANT · texte numérisé non relu

TR ANT

Les mouvemens même les plus foibles de ces muscles , tels que ceux qui résultent de l'action tonique des fléchisseurs qui l’emportent sur les antagonistes, sont comme soudains et abandonnés dans le sommeil : ce qui doit y produire plus fréquemment cette crépitation , qui a élé remarquée dans les goutteux, surtout durant le sommeil.

Toutes les fois que le réveil des goutieux est soudainement produit par la douleur, ils éprouvent comme un soubresaut violent dans les articulations affectées ( ainsi que l’a observé Cælius Aurelianus). Cela est relatif a l'espèce de convulsion générale qui a lieu dans le réveil naturel; non pas universellement, comme l'a dit Boerhaave ; mais seulement lorsque ce réveil se fait tout-à-coup et sans gradations (1).

Il est aussi des goutteux qui sentent dans leur réveil soudain , les ligamens des os du métatarse , comme frappés et étreints par la compression la plus vioiente ( Baglivi ).

Sydenham dit que la douleur , dans les accès de Goutte , Saccommode singulièrement

(1) Comme je l’ai expliqué dans mes Nouveaux | Élémens de la Science de l'Homme, p. 256.

bien aux diverses formes des os du tarse et du métatarse , dont elle attaque les ligamens, Je remarque à cette occasion, qu'Arétée dit que lorsque la Goutte se porte aux os de la tête , elle en affecte les sutures , de telle manière que le malade, quoiqu'il ne connoisse point anatomiquement les parties souffrantes , en indiquant les endroits où la douleur est fixée, trace exactement le cours des diverses sutures du crâne.

Les attaques régulières de la Goutte sont d'abord séparées par des intervalles fort longs , quelquefois même de trois ou quatre ans ; mais ensuite elles reviennent une ou deux fois l'an , et surtout aux premières chaleurs du printemps. Ælles se rapprochent par degrés, se prolongent en même temps, et deviennent d'autant moins régulières. Elles sont alors moins douloureuses, mais accompagnées d’un mal-être intérieur plus constant et plus fâcheux. Elles dégénèrent enfin en un état goutteux habituel, où les malades sont à peine exempts de souffrance pendant quelques mois de l’année.

Lorsque cette habitude de l'état goutieux

Page 1