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Il est des formes du corps qui annoncent sommunément la disposition goutteuse:
Ainsi Cullen dit bien que la Goutte attaque spécialement des hommes dont le corps esf
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plein et robuste et qui ont une grosse tête ; l'on pourroit même ajouter qu'ils ont le plus ordinairement de gros os. Cullen observe encore que les sujets disposés à la Goutte ont aussi en général une peau dont le tissu muqueux étant plus épais, rend la surface plus rude et plus grossière.
J'ai reconnu que les goutteux ont souvent dans les traits du visage une forme d’ensemble qui leur est particulière , et qui constitue une espèce de physionomie goutteuse.
Cullen dit que, quoiqu'il soit difficile de traiter cette matière avec précision , si on pouvoit désigner les tempéramens , comme faisoient les anciens , on verroit que la Goutte est particulière aux hommes d’un tempérament cholerico-sanquain , et très-rare chez ceux qui sont d'un tempérament purement sanguin ou mélancolique. Mais cela ne s'accorde point avec les observations de Grant et de Stoll , qui les ont conduits à regarder la Goutte comme intimement liée au tempérament atrabilaire.
Entre les erreurs de régime qui influent le plus sensiblement sur la formation de la
Goutte , la plus commune est de prendre trop de nourriture en même temps qu'on fait trop peu d'exercice. Cette cause peut faire que la Goutte soit produite même chez des femmes qui sont encore réglées, et chez des eunuques ( quoique Hippocrate ait dit le contraire ), et cependant beaucoup plus rarement que dans d’auires classes d'hommes.
Grant a prouvé, par l'exemple de divers peuples chez lesquels la Goutte est commune , et d’autres chez qui elle est inconnue, que la Goutte et les maladies atrabilaires sont principalement produites, quand les excès dans le régime sont joints à une vie molle, où l’on néglige tout exercice ; à des passions vives ou à des agitations fréquentes de l'ame ; à des débauches qui hâtent la vieillesse ; enfin à une manière d’être triste et pénible.
* Grant dit fort bien que c’est par ces causes que la Goutte est fort répandue dans Paris et dans les autres capitales , et que le genre de vie du temps présent la rend plus commune qu'elle n’était dans les temps passés (1).
(1) Livre cité, p. 4 et 5.
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Il est vraisemblable que les affections goutteuses étoient répandues chez les peuples qui , comme les Sybarites , menoïent une vie oisive et livrée aux voluptés. Mais d'ailleurs il paroît que ces affections étoient beaucoup moins communes chez les anciens , et sans doute à raison des exercices qu'ils pratiquoient journellement (1).
Il est des boissons et des alimens dont l'abus rend encore plus puissant pour produire la Goutte , l'effet général de l’intempérance.
De ce genre sont l'abus du vin et des liqueurs spiritueuses (2), le trop grand usage
(1) Pline dit( dans son Histoire naturelle , Liv. xxvr, sect. LxIv ), que la podagre étoit une maladie rare en Ttalie, dans le temps où il vivoit, et même dans les âges précédens. Mais il en donne une preuve bien foible , tirée de ce que cette maladie n’avoit pas de nom Jatin.
J’observe à ce sujet, que dans les écrits d’Hippocrate ou qui lui sont attribués , il est fait mention , mais pas très-souvent , de la podagre et des maux des artigulations qui sont vraiment goutieux.
(2) Van-Swieten dit que les Hollandais ne sont devenus sujets à la podagre , que lorsqu'ils ont substitué l'usage du vin à celui de la bière. |
des acides (1), l'excès des nourritures et des boissons fort chargées de mucilage.
J'observe que le mucilage qui abonde dans les alimens est une cause de Goutte d'autant plus puissante , lorsqu'il a été soumis à la fermentation animale. Ainsi Jos. Scaliger 2 remarqué que rien n’engendre plus la podagre que le fromage (2), etc.
(1) On a vu des hommes devenir sujets à la podagre, par l’abus du vinaigre ( Gaubius cité par Cohen, Dess. de cateulo et lithontript. p. 11 );et par un grand usage journalier de l’esprit de soufre ( Boerhaave, cité par Van-Swieten, t. 1v, p. 297. Comm. in Aph. Boerhaaw.).
Cependant les fruits doux et subacides sont singulièrement utiles pour prévenir la formation des hu-
smeurs goutteuses.
Ainsi Linnœæus a dit, et paroît avoir prouvé par le fait, que l’usage habituel des fraises est extrêmement avantageux pour prévenir les attaques de Goutte.
Je me rappelle, à cette occasion, ce qu’avoit observé Pytherme ( au rapport d'Hégésander , cité par Athénée, Deinosoph. p. 31-2), que de son temps, dans un pays où l’on faisoit un grand usage des mûres , les mûriers ayant manqué pendant vingt ans de donner du fruit, il survint une épidémie d’affections de Goutte aux pieds, qui attaqua non-seulement les hommes, mais encore les filles, les femmes et les eunuques. .{a) Dans les Scatigerana.
Il paroïît que Liger a mal-à-propos condamné, comme très-nuisibles dans la Goutte, les végétaux qu'une longue expérience a prouvé y être fort salutaires. Vogel lui a.
objecté, avec juste raison, l'exemple des hommes qui se nourrissent principalement de farineux et qui ne sont pas fort sujets à la Goutte, quoique ces alimens soient des plus abondans en mucilage. Il faut observer néanmoins que l'effet nuisible que pourroient avoir les alimens farineux, est corrigé chez ces hommes ou par la sobriété ou par l'exercice.
Grant a observé que les maladies goutteuses sont particulièrement causées par Fexcès de nourriture avec les chairs des animaux engraissés. ” On met communément au nombre des causes antécédentes de la Goutte la cessation des exercices habitués depuis long-temps.
Mais on ne remarque point assez ce que jai vu plus d’une fois, et qu'a observé Cælius Aurelianus , qu'il faut compter réciproquement , parmi ces causes de la Goutte, un exercice auquel on n'est point fait dès l'enfance , et auquel on se livre dans un âge avancé ; ce qui produit , dit cet auteur, un
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ébYatlement ruineux dans lés parties nerveuses , qui sont foibles et inaccoutumées à cet exercice (1).
Des affections locales qui déterminent la Goutte aux articulations dans les sujets qui y sont disposés, sont celles qui produisent fréquemment dans les parties voisines de ces articulations un défaut de transpiration et un affaiblissement particulier. Ainsi Boerhaave a observé que la Goutte aux pieds attaque généralement les hommes à qui il arrive souvent d'exposer les pieds au froid ou à l'humidité , et de les faire ensuite chauffer et sécher sans précaution.
Entre les accidens du régime qui déterminent la Goutte des articulations dans les sujets qui y sont disposés, il n’en est point
(1) Repentina desertio solitæexercitationtis in anteactummorem : aut rursum non ex infantia, sed secundaet sera ætate afjecta (jesous-entendseæercitatio) cum mollibus nervis atque insuetis fuerit illataquassatio. Cœt. Aur. Morb. Chron. lib. v, cap. 11 ,p. m. 558. On n’a pas remarqué l’observation renfermée dans l’obscurité de ce passage.
Paul d'Égine et Aëtius ont aussi compté les exercices violens et inaccoutumés entre les causes de la Goutte, :
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dont l'effet soit plus tait que celui des violentes passions de l'ome. Stahl à vu des cas où des mouvemens de terreur ou de colère détermincient dans l'instant un accès de Goutte, dont l'action étoit si forte , que le malade ne pouvoit aller jusqu’à son lit, et qu'il falloit l'y porter.
La forte contention d'esprit est aussi une cause très-active déterminante de la Goutte.
Van-Swieten a connu un mathématicien , vivant sagement, qui avoit une Goutte héréditaire , dont il accéléroit l'attaque lorsqu'il s'étoit appliqué pendant long-temps à la résolution d’un problème difficile.
Les impressions surtout inaccoutumées d'une boisson spiritueuse, même prise avec modération, peuvent aussi déterminer irèspromptement une attaque de Goutte.
Les attaques régulières de Goutte sont ütiles pour détruire les semences de grandes maladies , par les effets du régime forcé qu'on observe durant ces attaques, et par les évacuations critiques qui les terminent.
Sous ces rapports, on est fondé en général à dire que la Goutte prolonge la vie.
. Mais lorsque les attaques de la Goutte inwétérée deviennent longues , irrégulières, et se répètent à courts intervalles, comme aussi lorsque ses premières attaques sont extrêmement violentes ; on a souvent à craindre qu'elles ne déterminent les mouvemens et les humeurs de la Goutte à se fixer sur les viscères ; et les dangers de cette Goutte interne abrégent ordinairement la vie.
Stahl a fort bien observé une différence essentielle entre les divers genres de maladies dont périssent communément les goutteux, suivant quils ont commencé à être attaqués de la podagre ou dans la jeunesse ou dans un âge mûr.
Les premiers, dit-il, ne parviennent point à un grand âge, et périssent le plus souvent de fièvres inflammatoires ou hectiques , de flux hémorragiques , etc. Les derniers parviennent plus généralement à un âge avancé, et périssent le plus souvent du marasme, seul ou joint à l’hydropisie , ou d’affections apoplectiques et paralytiques.
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