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De la formation et des symplômes des attaques régulières de la Goutie des artieulations.
La décomposition goutteuse étant portée à un certain degré dans les humeurs excrémentitielles , la substance terreuse qui domine dans ces humeurs leur donne une grande affinité avec les sucs nourriciers des os et des parties qui leur sont attenantes, d'autant que ces sucs sont entre les sucs nourriciers les plus chargés de substance terreuse.
Cette nature terreuse des sucs nourriciers du périoste, des ligamens et des tendons
6% TRAITÉ fait aussi que ces sucs sont plus susceptibles de l’altération goutteuse que toutes les autres humeurs. L'infirmité relative de ces parties qui les rend spécialement sujettes à l’état goutteux ; fait que leurs sucs ne peuvent y être convenablement travaillés , et que leur transpiration propre n'en évacue que très - imparfaitement les résidus excrémentitiels. | |
Ces sucs mal préparés séjournent alors trop long-temps dans ces organes affoiblis, où ils salièrent et se décomposent de plus en plus par leur confusion avec leurs produits excrémentitiels viciés et retenus. ls sont ensuite repompés dans la masse du.
sang , et ils doivent y introduire une nouvelle cause de décomposition goutteuse , qu'ils multiplient par leur contagion assi-
milatrice (1).
(1) Démétrius Pépagoménus (auteur dont je pense d’ailleurs, comme Marc Musurus, qu'il est 2nfans et elinguis , ne sachant exprimer €e qu’il avoit appris de l’art ou de l’expérience ) a présenté assez bien au
” commencement de son livre sur la Goutte des idées relatives à ce que je dis ici.
Il attribue la formation de la Goutte au vice des
On peut regarder la détermination des humeurs excrémentitielles goutteuses contenues dans le sang , sur le périoste et les parties tendineuses et ligamenteuses attenantes aux os, comme une espèce de sécrétion extraordinaire qu'opère la nature.
Quand les forces de la vie sont très-affoiblies chez les goutteux , cette sorte de sécrétion ne se fait plus aussi complètement, et les aberralions de ce mouvement salutaire, causent trop souvent la Goutte interne-ou qui se porte sur les viscères.
Lorsque la déposition de l'humeur gout-
humeurs mal préparées dans les articulations, qui. corrompent la masse du sang où elles sont resorbées.
Il dit que {a nature de l’homme a préparé et établi dans tous les organes , des forces capables d’attirer les sucs utiles , et de séparer les superflus ( à physis anté; caril ne faut ici rien changer , malgré la conjecture de Bernard : Démétrius ayant pu penser avant Stahl, que dans la génération , le corps humain à été formé par la nature même qui l’anime.
Ainsi , dit-il, si dans les articulations les forces organiques ne sont point assez actives pour la séparation et l'expulsion des humeurs excrémentitielles inutiles et crasses , la surabondance de ces humeurs, etleur puütréfaction par la chaleur, corrompront la masse du sang, et l’on verra naître la Goutte.
teuse qui étoit contenue dans le sang , sur l'articulation qui doit être le siége de la Goutte , se fait d’une manière assez soudaine et complète, il en résulte sensiblement ulle plus grande liberté dans l’ensemble des fonctions de tout le système, qui produit au jour qui précède immédiatement l'attaque de Goutte des symptômes singuliers , comme sont le retour de lappétit , une hilarité et une agilité fort remarquables.
L’humeur goutteuse qui se fixe dans les parties environnantes des articulations où se forme la Goutte pénètre et distend avec force le tissu de ces organes. Cette distension étant portée à un certain point , produit, quelque temps avant l’époque , des affections locales de pesanteur et d'incommodité dans ces parties.
Ce sentiment d’incommodité toujours croissante et celui de douleur qui lui succède , attirent de plus en plus sur ces articulations l'humeur goutteuse répandue dans tout le COrps. Cette attraction se fait ( comme a dit Van-Swieten ) d'une manière analogue à
celle qui a lieu dans les cas de dépôts puru- lens ou d'autres métastases critiques qui surviennent aux fièvres aiguës.
Le périoste et les autres parties qui doivent être le siége de la Goutte deviennent de plus en plus sensibles, lorsque l'humeur qui les engorge a ramolli considérablement leur tissu. Des douleurs vives de Goutte ‘sont ensuite déterminées dans ces parties par toute cause qui tend à les étendre et à forcer leur degré de cohésion.
Celle de ces causes qui survient le plus communément alors , est le progrès rapide de l’'engorgement des vaisseaux sanguins de la partie afiligée de la Goutte, La circulation du sang est ainsi génée avec violence , et presque sans gradation , dans toutes les racines des vaisseaux veineux, ce qui fait un effet analogue à celui qu'auroit la ligature des troncs de ces vaisseaux. Or, on sait par l'observation de Fréd. Hoffman, que des ligatures fortes et long-temps continuées sur les extrémités y sont suivies de douleurs vives et persévérantes (1).
QG) Hoffman dit qu’une ligature faite au bras où à une jambe , pendant vingt-quatre heures , à la suite
gs TRAITÉ
Un progrès soudain et rapide de l’engorgement des vaisseaux de la partie affectée peut être produit, dans les personnes fortement disposées à l'attaque de Goutte , par des mouvemens de colère ou d’autres passions violenies, par une boisson inaccoutu- mée d'une liqueur spiritueuse, etc. Mais le plus communément une sorte d'injection des vaisseaux de la partie affectée qui y décide l'attaque de Goutte , est déterminée par l'effet du sommeil.
J'ai dit ailleurs que le sommeil , surtout lorsqu'il est profond , cause une accumulation de sang relative dans les capillaires du système des vaisseaux sanguins. J'explique par cette raison comment l'accès de Goutte régulière se déclare ordinairement la nuit, après quelques heures d'un premier sommeil.
d’une saignée ou d’une autre blessure, lorsqu’elle est un peu serrée, y détermine dans les articulations de la main ou du pied , et surtout dans celles des doigts, des douleurs semblables à celles de la Goutte, et qui subsistent avec beaucoup d’incommodité pendant plusieurs jours ( Med. Rationalis. t.1v, part. u, cap. vnr). Van-Swieten a fait une observation analogue ( Comnent, in Aphor. Boerhaawv.t. v. , p. 610). |
Les douleurs produites par l'affection goutteuse se font ressentir singulièrement vers les bords des articulations , dans le périoste et dans les parties ligamenteuses et tendineuses qui sy insèrent. J'ai rapporté cidessus des observations d’Arétée et de Sydenham , sur la précision avec laquelle les douleurs de Goutte se circonscrivent souvent aux bords des articulations.
La cause pour laquelle la douleur occupe surtout les extrémités plus fixes et plus tendues de ces parties qui sont le siége de la Goutte est vraisemblablement analogue à celle qui fait ( comme je l'ai dit ailleurs }) que toutes les parties d'un muscle blessé et enflammé étant sympathiquement affectées , l'augmentation de la sensibilité y produit plutôt les douleurs dans les attaches que dans le ventre de ce muscle.
L'affection goutteuse décidée dans les parties attenantes aux os et voisines d'une arti- .culation ny cause pas seulement des douleurs, mais divers autres sympiômes qui tiennent à l'état spécifique goutteux ,de ces parties. |
0 ; CUTUROAN TITRE
Ces symptômes sont l’immobilité ou (la difficulté de flexion et d'extension de larti-: culation , la stupeur , la sensation qu'on y. éprouve comme d’une eau froide qui y se-) roil versée , etc. |
Dans les temps qui précèdent immédiate-
. ment l'attaque de Goutte et pendant le cours
de ceile attaque ( surtout dans ses accès }), diverses affections sympathiques et synerqques se manifestent dans des parties voisines et dans des parties éloignées de larticulation qui est ou doit être le siége de la Goutte. |
J'ai distingué ailleurs des affections qu’on doit regarder comme purement symputhiques ( ou qui n'ont point de fin communce } , celles que j'appelle syncrgiques ou qui constituent par leur concours la forme générique d'un travail particulier de la nature en santé ou en maladie. Tels sont les symptômes dont l’ensemble produit les mouvemens de congeslion où de métastase dont le terme ou centre est dans le pied affecté de Goutte. »
Entre les affections symptomatiques que
. V’attaque de Goutte produit dans d’autres
organes que celui qui est frappé de Goutte, …
DES MALADIES GOUTTEUSES. gr celles qui sont synergiques sont les mouvemens spasmodiques qui tendent vers le lieu du dépôt goutteux et qui contribuent à le former; comme sont les spasmes qui, descendant sensiblement le long de la cuisse , se dirigent vers le pied , les pulsations plus fortes qu'on observe dans les artères voisines de la partie affectée, etc. Ges affections existent avant que la douleur de Goutte ne Soit excitée ; elles se continuent ensuile ef . deviennent des symptômes synergiques de la fièvre et de l'inflanmation goutteuses.
Des affections purement sympathiques , ou qui ne concourent point sensiblement au travail de la nature pour la formation du dépôt de l'humeur goutteuse , sont les gonflemens comme flatueux qui se font sentir dans toute l'habitude du corps , mais partieulièrement dans l'estomac et les autres organes dela région précordiale, et l’état ( observé par Stahl) de compression et de contracture , avec interception du mouvement volontaire , dans les muscles de l'extrémité souffrante.
. L'accroissement des douleurs de la Goutte, et des mouvemens sympathiques et synergiques qui y sont joints, excite un acces de
42 T'RIANLTE fièvre qui est précédé d'horror, et dans lequel le malade a le pouls tendu et rend des urines rouges. |
La fièvre amène une inflammation de la peau à l'endroit de l'articulation affectée.
Chacun des accès fébriles qui se succèdent dans l'attaque de Goutte donne une nouvelle force à cette inflammation, qui recoit à la fin de l'accès un degré de résolution critique par des sueurs locales de forte odeur , où par une desquammation ou décomposition de l'épiderme (semblable à celle qui termine les inflammations érysipélateuses ).
X XIT.
Lorsque la Goutte a fait des progrès considérables , les accès dont est composée l'atiaque de Goutte sont marqués par des lésions successives, alternatives, combinées de différentes articulations , surtout des pieds et des mains ; et spécialement dans celles des parties correspondantes dans les moitiés droite et gauche du corps. Les successions de ces lésions tiennent à la sympathie singulière et trop peu observée , qui existe entre toutes les articulations.
Cette sympathie a été bien connue de
Cælius Aurelianus , qui dit que la Goutte est “une maladie douloureuse de toutes les articulations ou de plusieurs ; et que c’est dans l'état parfait de cette maladie, que se réunissent les affections sympathiques de toutes les articulations (1).
Cette sympathie est de l’ordre de celles des organes qui ont la plus grande ressemblance de structure et de fonctions. L’on doit remarquer à cet égard, que les sucs nourriciers de toutes les parties attenantes aux 05 | sont d'une même nature; comme est aussi ! la synovie dont la sécrétion se fait dans
| toutes les articulations.
Je rapporte à cette sympathie des articulations, un fait trop peu remarqué, que
(1) Arthratis dolor est cunciorum articulorum, sive multorum ; tum sufficitur { perficitur ) passio, cum inunum omnium cogitur articulorum consensus.
Cælius Aurelianus ajoute qu’une des causes de la guérison très-difficile de la Goutte , est qu’on la néglige dans son eommencement , à cause du petit espace où
\ elle est fixée ( parvitatis caus@ ), parce qu’on ne croit pas qu’un tel malaït sa racine dans une affection sympathique d’un grand nombre d’articulations ( quippe cum ë multis minimè credatur emergere. C’est ainsi qu’il fautinterpréterce passage qui n’a pas étéentendu).
5h T'R\A TT É
M. Ackermann a montré en rapprochant un grand nombre d'observations (1). Ce fait est qu'entre toutes les plaies où lésions qui déterminent , surtout dans les pays chauds , la formation du Trismus (roideur spasmodique des muscles moteurs de la mâchoire inférieure ), il n'en est point qui la causent plus généralement que les plaies des articu- Jations , leurs contusions , ou leurs luxations. qui Suivant ce que j'ai dit ailleurs, ce serrement convulsif des mâchoires me paroît dépendre en général, de ce que la cause qui affecte l'origine commune des nerfs dans cette maladie, détermine la convulsion des muscles qui meuvent la mâchoire infé rieure comme étant très. voisins de cette origine. | L'irritation profonde que souffre tout le système des nerfs, se combine avec la lésion violente de l'articulation blessée ou contuse : et celle-ci porte ses impressions sympathiques sur les articulations de la mächoire inférieure , plus spécialement que sur toute autre ; sans doute à raison de ce
(1) Dûss. de Trismo, p. 22. ;
que ces articulations sont celles où s’exercent les mouvemens les plus fréquens (1).
X XIIL.
Le régime observé pendant l'attaque de Goutte , et les évacuations critiques qui en terminent les accès par des sueurs locales,
par la transpiration universelle , ou par les ‘urines, diminuent la quantité des humeurs fortement altérées par la dégénération goutteuse , et rendent la nature d'autant plus puissante pour régénérer des humeurs saines. | |
Mais ce degré de vigueur nouvelle de la constitution du goutteux est foible dans la commencement de la convalescence. C'est pourquoi les goutteux sont alors facilement susceptibles d'une rechute de Fattaque , même par des causes légères.
C'est ce que Warner a particulièrement observé sur lui-même, ainsi que sur plu:
sieurs autres goutteux. Il a souvent éprouvé
(1) Ceci pourroit être développé et confirmé par des faits analogues que renferme l’histoire singulière d'un goutteux, que M. Trampel a rapportée (4 « Y 110 - 11 ). ;
que fort peu de temps après une attaque de Goutte qui avoit été bien terminée, et lorsque le corps paroissoit rétabli dans sa première santé , il lui survenoit tout-à-coup une autre attaque aussi violente que la première , et ensuite de même une troisième!
pareille à la seconde , aussitôt qu'il ‘avoit commis quelque légère erreur de régime, comme en Ss’exposant au froid, ou ce qui est particulièrement remarquable , en prenant une médecine. J'ai vu plusieurs fois cette dernière erreur produire un semblable effet. |
Dans ces cas observés par Warner, il existe une disposition prochaine de la constitution à la reproduction générale de l’état goutteux dans les solides et dans les humeurs : et cette disposition mise en jeu par une cause légère , a des effets dont la progression singulièrement accélérée amène ces rechutes des attaques de Goutte.
J'observe que ces retours des attaques de Goutte sont fort analogues aux rechutes de fièvres intermiitentes que causent de semblables erreurs de régime. Dans la convalescence incomplète de ces fiévres, une cause légère développe pareillement la disposition
DES MALADIES GOUTTEUSES. Le
très-prochaine et très - active qu’a la constitution aux mouvemens fébriles, et à la bilescence des humeurs.
Il se fait dans chaque attaque de Goutte un dépôt sur les articulations , d'humeurs excrémentitieiles surabondantes : et ce dépôt se résout par des évacuations générales et locales, qui débarrassent utilement la masse du sang et les viscères de ces humeurs excrémentitielles.
C'est ainsi que les attaques de Goutte peuvent ( comme il a été déjà dit, prolonger la vie , en détruisant les semences de grandes maladies. Mais si ces attaques commencent dans un âge peu avancé, il est à craindre que leur violence , et les nombreux retours des attaques qui les suivent, n’énervent radicalement la constitution. |
Grant dit que dans la Goutte, la nature étant oppressée par la surabondance des humeurs morbifiques, se sert communément de l’expédient d’en déposer une partie considérable sur les articulations , jusqu'à ce qu'elle ait disposé du reste convenablement.
Cette opinion de Grant sur la longue prévoyance qu'ilattribue à lanature du corps humain, porte au plus haut degré l'invrai-
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semblance du système de tous ceux qui pré tendent qu'il existe toujours un motif raisonné qui guide les mouvemens que la nature opère dans les maladies.
. Il faut reconnoître sans doute qu'elle | peut y produire des effets salutaires : mais rien ne prouve qu’elle opère ces effets d’après des plans qu'elle s'est tracés, et tout dit qu'elle ne fait alors qu'obéir à la nécessité des lois primordiales de l'économie animale.
Sydenham ayant observé que le danger survient aux attaques de Goutte des articulations , lorsque l'irritation y est trop affoiblie , a été induit à croire que ces attaques se guérissent d'autant mieux que la douleur y est plus forte; et que leur solution la plus parfaite est celle que la nature doit opérer par l'instrument de la douleur.
Entre autres objections qu'on peut faire contre cette théorie de Sydenham , je remarque qu'il est hors de toute vraisemblance que la sensibilité plus ou moins excitée dans les divers individus goutteux, par les îésions locales que fait la Goutte , soit nécessairement proportionnée à l'énergie qua la nature pour opérer plusou moins promp-
tement la coction et les éacuaton? critiques dans cette maladie, |
Ce qu'il ‘est le plus essentiel d'observer au sujet de cette théorie de Sydenham , c’est que , comme Cheyne l'a bien vu, elle conduit à rejeter le traitement le plus utile des attaques de la Goutte.