CHAPITRE III
. Du traitement des attaques régulières de la Goutte des articulations.
D l'état qui précède immédiatement une attaque régulière de Goutie, Barry dit que le poids du corps est toujours augmenté par une suite de la transpiration diminuée.
Barry s’est assuré par des expériences nombreuses , que si vers le temps où l’on attend une attaque de Goutte régulière périodique , on ramène le corps par degrés à son poids ordinaire; si on l'y entretient pendant tout l’espace de temps que l'attaque a coutume de durer; et si l’on excite en particulier la transpiration par Îles frictions, l'exercice, et les remèdes diaphorétiques d'activité modérée ( particulièrement par le soufre }, on réussit ou à empêcher l'attaque qui surviendroit , ou à la rendre beaucoup moins forte. Il ajoute qu’il faut en même
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temps faire observer une diète assez sévère | et ne permettre que des nourritures solides et faciles à digérer.
Lorsqu'après plusieurs jours qu'ont duré les symptômes d'incommodité qui ont annoncé l'attaque de Goutte, le retour du bon état des organes digestifs, donne lieu de croire que cette attaque est instante ; il ne peut être qu'avantageux de suivre le conseil que donne Grant , de diriger la matière morbifique vers les extrémités inférieures, en faisant tenir les pieds chauds dans le lit pendant le temps du sommeil ; et de faire prendre , au lieu de souper , du gruau avec un peu de vin , ou un trait de petit-lait vineux. ; |
La formätion et le développement de l'attaque régulière qui doit produire le dépôt goutteux inflammatoire aux articulations des extrémités , s'opérent souvent dif- ficiiement à raison de diverses circonstances qu'il faut bien distinguer et combattre par des remèdes convenables.
Ces remèdes qui peuvent déterminer la formation de l'attaque de Goutte, lorsqu'elle s'annonce comme instante, doivent être re-
latifs aux principales causes qui peuvent 1, 6
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l'empêcher. Ces causes sont, outre la pléthore sanguine, qui a lieu rarement alors , et qui indiqueroit des évacuations de sang, la surcharge des premières voies , et la langueur des organes digestifs, la foiblesse radicale de la constitution , et des spasmes douloureux des fibres , des muscles et d’autres organes où se meut l'humeur de la Goutte.
Ce nest que dans des cas rares , où l’on peut se proposer d'enlever une partie de l'humeur morbifique surabondante , qu'il peut étre utile de donner , suivant l'avis de Musgrave , des purgatifs forts et répétés pour déterminer la formation de l’attaqué de Goutte.
Je préfère même alors de suivre la pratique du docteur Williams , qui faisoit prendre trois ou quatre jours de suite, cinq à six grains d'ipécacuanha , et par-dessus du thé de camomille, pour aider la nature, lorsque des douleurs vagues en diverses parties annonçoient la formation d'une attaque de Goutte qui se faisoit difficilement.
Il est beaucoup de personnes prochainement menacées d’une attaque de Goutte, que leur état de foiblesse empêche de se former.
Dans ce cas Grant, et Stoll d’après lui,
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prescrivent du vin, des amers, des martiaux et d’autres fortifians, jusqu’à ce que l'attaque de fièvre goutteuse soit décidée, ou que l'appétit et les forces de la vie reprennent de l’activité.
Cette pratique échauffante ne doit être adoptée qu'avec beaucoup de réserve : mais elle est d'autant plus sûre, si ces sujets goutteux foibles ont eu d'autres attaques de Goutte régulière, et si la déposition de l'hu- meur goutteuse sur les pieds est actuellement commencée. :
Quelquefois l'état languissant de l'estomac, qui y cause des douleurs , ét y produit des-glaires et des vents, empêche les attaques résulières de Goutte de se former. Rien n’est plus approprié alors, qu'un remède dont Small a éprouvé de bons effets sur luimême (1), qui est l’infusion de la racine de singembre dans l'eau bouillante, continuée au point que celte eau en ait l'odeur assez forte. |
D'autres fois la formation de l'attaque de Goutte, quoique déjà fixée aux articulations des extrémités, ne se fait que d’une manière
(1) Observ. des Médecins de Londres, vol. vr.
84 TRAITÉ irrégulière; étant troublée, et par une foi.
blesse radicale de la constitution, et par des mouvemens spasmodiques douloureux des fibres, des muscles ou d’autres parties que parcourt l'humeur de la Goutte.
C'est dans des cas semblables que le docteur Williams a réussi en faisant prendre un scrupule, ou une demi-drachme de musc, toutes les six heures. Il dit que ce remède relève le pouls; calme les soubresauts des tendons et les spasmes des fibres des muscles ou autres; ne cause point de forte chaleur ni d’agitation; et est aussi anodin que l'opium sans en avoir les inconvéniens.
Au défaut du musc, il donne du meilleur castoréum (à demi-drachme par dose), dont les effets sont analogues, quoique beaucoup plus foibles.