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Hippocrate (2) dit que l’eau froide verste abondamment sur les tumeurs goutteuses des articulations y soulage la douleur ; qu'elle résout en produisant un engourdissement modéré. Galien a confirmé là même chose. Mais faute d’avoir rappelé cette pratique à ses principes, elle a été trop géné
(1) De Arthritide primigenià regulari , p. io : (2) Aphor. 25 , sect. v.
DB) L'URNASENDE à
ralement condamnée par les uns, comrite Gorter , et recommandée par les autres ; comme Cocchi. |
Les auteurs hippocratiques les plus éclairés qui sont favorables à l'usage de ce remède , n'ont présenté sur ce point que des aperçus vagues , et dont l'incertitude est manifeste. |
Sanctorius dit que l’eau froide versée abondamment sur les tumeurs goutteuses , offense les articulations, et empèche la résolution qui doit dissiper la Goutte. Mais it ajoute qu'elle est moins nuisible par ses effets . qu'utile en détruisant la douleur ; ce qui fait cesser aussitôt la fluxion , rétablit le sommeil , et amène la coction des humeurs déposées sur les articulations.
Prosp. Martianus dit que les topiques froids, en fortifiant la partie affectée , aident la coction et l'expulsion de l'humeur goutteuse : qu'en retenant ce que cette humeur a de plus fluide, et l'empéchant de se dissiper, ils préviennent la génération des duretés et des tufs , etc.
Je ferai à ce sujet, les observations suivantes : 1. L’utilité priucipale de l'affusion “le l'eau froide dans ces cas, est rapportée
DES MALADIES GOUTTEUSES: : äd par Hippocrate à son effet stupéfiant qui résout l'excès de la douleur. Saus doute il peut être utile alors que par cette sensation profonde , et d'un’ genre différent, on fasse diversion à la douleur excessive des parties affectées. Mais il faut craindre d’abuser de ce moyen ; au point de faire trop tomber la chaleur des parties souffrantes , d'autant que le changement extrème et soudain que ces parties éprouvent en passant d'un excés à l'autre des sensations du même genre , peut être souvent dangereux.
En effet il seroit à craindre dans beau coup de cas , que cette affusion d’eau froide sur les parties affectées, n'y affoiblît la cha leur vitale , de manière que cette chaleur ne se reportât point ensuite complètement dans ces parties , de l'intérieur à l’extérieur (1). C'est pourquoi Houllier veut qu'après avoir jeté de l’eau froide sur les tumeurs goutteuses , on ranime les parties que ces tumeurs occupent, en y appliquant des échauffans, etc. AO CA
2° L'eau froide et les topiques froids peu-
(1) Par ce retour du caliduminnatum ; qu'Hippe= | Erate a appelé epanaclesis ; et Aristote antèperislgse;
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vent encore agir sur les parties affectées’, de manière à y fixer utilement la Goutte.
Le peuple , dit Prosp. Martianus , craint que ces remèdes froids ne causent la répulsion, de l'humeur à l'intérieur , tandis qu'au contraire ils peuvent en fixant et incrassant cette humeur ; en empêcher la répulsion.
Mais Prosp. Martianus auroit dû ajouter, qu’une condition nécessaire pour cet effet avantageux des topiques froids , est que la déposition de l'humeur goutteuse soit déjà faite assez complètement dans les tumeurs sur lesquelles on les applique ; de sorte que la congestion des humeurs sur ces parties soit terminée, ou du moins qu’elle soit affoiblie à tel point qu'elle ne puisse prendre aucun mouvement de fluxion inverse, par l'excitation que produisent ces topiques.
Avec cette condition, les topiques froids peuvent modérer l'excès de Finflammation , qui pourroit renouveler les mouvemens de congestion des humeurs : et enfin ils peuvent aussi alors , en fortifiant l'organe extérieur , aider la terminaison favorable de la tumeur goutteuse.
J'ai dit ailleurs qu'il faut apporter. une semblable restriction à la pratique d'Hippo-
DES MALADIES COUTTEUSES. 108:
«rate et d'autres anciens médecins qui, pour fixer l’érysipèle du cou et de la poitrine, qui survient à certaines espèces d’angines, y appliquoient des rafraîchissans très-forts. Je pense, contre l'opinion de ces anciens , que Glass et d’autres ont suivie , que ces topiques y seroient des répercussifs dangereux, S'ils étoient employés avant le temps où le travail de l'éruption de cet érysipèle s'est déjà terminé d'une manière complète.
3 Le bain froid des extrémités affectées de violentes douleurs de Goutte, peut produire un calme soudain et profond , qui soit suivi d'un effort salutaire de la nature poux dissiper la maladie par des transpirations abondantes. Mais on ne peut tenter cet effet, que dans les circonstances qui viennent d’être indiquées.
C'est faute de les avoir connues, que Loubet na éprouvé que fortuitement sur luimême, cet effet avantageux de l'application de l’eau froide dans un cas semblable, et qu'il n’a jamais osé employer ce remède dans d'autres occasions.
Dans une attaque de Goutte, Loubet ayant ses pieds affectés d’érysipèle avec d'extré-
mes souffrances, se détermina à mettre les
pieds et les jambes dans l’eau froide, où il les laissa jusqu’à ce que l’eau fût dégourdie, Après s'être fait essuyer, il se remit au lit, et s'endormit profondément. S'étant réveillé avec une transpiration abondante, qui dura plus de quinze heures, il se trouva libre, et marcha le lendemain sans ressentir de douleur. ;
Pechlin rapporte (1) qu'un goutteux se délivra de ces douleurs de podagre, en frottant ces pieds avec de la neige, et marchant ensuite sur la neige, etc.
Musgrave a vu aussi que l'immersion des pieds dans l'eau froide, quoique très-souvent pernicieuse dans l'attaque de podagre, a eu chez plusieurs personnes l'effet de la dissiper très-promptement.
Les bains des jambes dans l’eau tiède ou médiocrement chaude, peuvent être fort utiles dans les violentes douleurs de Goutte. Tissot a reconnu cette utilité, malgré le préjugé contraire qui est assez commun (2).
(1) Obs. 28, lib. nr.
(2) Dans son Essai sur les maladies des Gens dû monde, p. 142.
On peut rappeler à cette occasion ce que
Boerhaave a observé, que l'aspersion de l’eau chaude soulage beaucoup, et sur-lechamp, les douleurs horribles des malheureux appliqués à la question.
. Mais les bains de vapeurs sont particulièrement eflicaces dans les douleurs de la Goutte (1). Barry a vu des personnes tourmentées à l'excès par des douleurs de Goutte, être promptement soulagées par le bain de vapeurs d'eau chaude ( qu’on retient à mesure qu’elles s'exhalent du vaisseau, sous une couverture suspendue en arc au-dessus des pieds affectés ). Ce bain est suivi fréquemment d'une transpiration abondante de la partie affectée, et d’une augmentation de son gonflement, ce qui modère la douleur.
On a publié dans la Gazette de Santé, la
(1) Sparmann ( Voy. au Cap de Bonne-Espérance, tome ur, page 44 et suiv. ) a obtenu sur lui-même ct sur d’autres, les plus heureux effets du bain de vapeurs d’eau chaude reçues aux pieds, dans une attaque de Goutte avec roideur des articulations, et chaleur sèche de toute la peau, Il dit que ces vapeurs le soulageoient, davantage que l'immersion des pieds dans l’eau chaude, qui d’ailleurs produisoit un gonflement avec #ne espèce de spasme. |
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formule et l'administration dans la Goutte d'un remède qui a été recommandé par M. Percy, qui est un bain de vapeurs de la décoction de fieurs de foin ( espèce de pous- Sière que laissent les tas de foin }), décoction dans laquelle on ajoute du soufre.
On assure que ce bain de vapeurs, auquel on expose les extrémités inférieures, adoucit et abrége beaucoup les accès de Goutte les plus douloureux; que dans les cas les plus graves il attire aux pieds et dissipe bientôt l'humeur goutteuse errante ou même remontée.
Le choix entre les topiques froids et les topiques chauds peut être particulièrement déterminé dans les cas où l’on reconnoît l'une de ces deux variétés ou sortes de la Goutte des articulations, qu'on a distinguée en chaude et en froide, suivant que les douleurs y sont aggravées par les topiques chauds ou froids. i
Il n'est pas prouvé que la Goutte chaude annonce une plus grande irritation, et la Goutte froide une plus grande foiblesse dans toute l'habitude du Corps. ;
C’est cependant ce que Liger a supposé, lorsqu'il a prétendu que la sensibilité spé
DES MALADIES GOUTTEUSES. roï ciale que les parties qu'occupent les dépôts goutteux , ont pour le chaud ou pour le froid , établit une telle différence dans le traitement interne, que les purgatifs et les diaphorétiques qu'on emploie dans les attaques de Goutte, doivent être donnés plus forts dans la Goutte froide que dans la Goutte chaude,