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Je passe à ce qui concerne le choix et l'usage des boissons et des alimens les plus convenables pour préserver des attaques de la Goutte. Je commence par les observations suivantes que Barry a faites à ce. sujet.
La méthode la plus sûre, dit-il, pour.
prévenir ou modérer les attaques de Goutte, est de fortifier les digestions par degrés , et de régler les excrétions par des moyens convenables. Il est moins prudent de s’assujettir à une règle statique générale, avec une exactitude rigide , que de lexcéder quelquefois , et de ramener dans d'autres temps le corps à un poids convenable, par Y’abstinence et par de douces évacuations.
(1) Voyez ce qu’en a dit l’ancien Scholiaste de Cruquius , sur le v. 5 de l’épitre xv du premier livre d'Horace. Baxter qui y rapporte ce passage de ce Scholiaste, raconte ensuite un fait analogue singülier, qui lui a élé communiqué par le docteur Baynard.
Chacun peut se former à lui - même des règles utiles, quoiqu'elles ne soient pas certaines , d’après ses propres observations , et particulièrement d’après les symptômes qu'il éprouve quand il est exposé par des erreurs de régime à des atiaques. prochaines de Goutte. Ces symptômes sont l'insomnie , la lassitude inaccoutumée, le manque d'appétit, l'augmentation de flatuosités, etc. | :
Barry dit très-bien au sujet du régime des goutteux, qu'en général chez les personnes valétudinaires qui prennent trop de liquide, à proportion de leurs alimens solides, la transpiration insensible est souvent en défaut , et les évacuations sensibles excédent toujours celle de la transpiration. Ces personnes ne peuvent améliorer solidement .
leur état de santé habituel , qu’en observant de ne pas boire, sans une véritable soif , en prenant moins de boisson , et en la prenant plus forte , en augmentant leur nourriture solide, et en faisant plus d'exercice.
1 est certain que l’eau froide est la meilleure boisson des goutteux. Pros. Martianus dit que des goutteuxs qui buvoient du vin,
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se sont entièrement délivrés de la Goutte, en ne buvant que de l’eau, et 'en $’'abstenant de tous les alimens âcres pendant plusieurs années. Le vin est surtout contraire aux gouttéeux qui ont pus de sang (Alex.
de Tralles ).
Les vins blancs acides , et le vin de Champagne , disposent particulièrement à fa Goutte: Il paroît que Liger a été trop facile à permettre aux goutteux l'usage dw vin, même du vin dé Champagne, ét quil a été condamné sur ce poit avec raison par Schræder.
Coste à remärqué par rapport au vin de Champagne , que les hôpitaux de cette Province sont pleins de gens attaqués de la Goutte, et d’autres maladies des articulations. {1 dit qu’une infinité de personnes , pour avoir bu quelques verres de cette liqueur aù souper , ne peuvent dormir pendant la nuit, à cause des maux de tête, des crampes ét des douleurs qu'ils ressentent dans les membres : et que d’autres, après un excès de cette boisson , sont immédiatetement saisis de la Goutte.
Le vin rouge pris très-modérément, peut être dans divers sujets un préservatif de la
Goutte. Ainsi Musgrave conseille dans cette vue , de faire prendre après le dîner, et à l'heure du sommeil, un peu de vin rouge qui ne soit pas nouveau, ni trop vieux (parce au’il offenseroit les nerfs). Mais il faut toujours craindre d'abuser de lexcitation que peuvent donner aux goutteux les liqueurs fortes et spiritueuses.
Musgrave conseille aussi l'usage du café après le dîner. On a observé que dans les Colonies Françaises en Amérique, et en Turquie , où il est une boisson principale, on connoît à peine, non-seulement la pierre, mais encore la Goutte.
Bontekoë assuroit que l'usage habituel du thé , fait qu'il n'y a pas un seul Chinois qui ait la goutte ou la pierre.
Les goutteux doivent se nourrir de viande seulement à dîner , et s'abstenir des viandes grasses et succulentes. Loubet a bien remarqué , que le chien qui est carnivore et vorace, est particulièrement sujet à la Goutte. Mais il dit trop généralement que la cause de la Goutte est dans les substances animales dont on tire sa nourriture.
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Dans la Goutte invétérée dont les accès se rapprochent , il est souvent très-utile de réduire les malades à ne se nourrir que de végétaux.
Il ne faut pas négliger les fruits qui ont une vertu résolutive marquée : mais il faut s'abstenir des fruits aqueux et indigestes, et des fruits d'été pris avec excès.
Ce régime pythagorique a été fort recommandé dans la Goutte par Cocchi, et par plusieurs autres. Mais en suivant ce régime, il faut avoir un soin particulier de proportionner toujours l'exercice à la quantité de la nourriture. Il est nécessaire d'y ajouter J'usage d’un peu de bon vin, chez les personnes foibles et âgées (1).
On a fait contre ce régime végétal diverses objections mal fondées. Il faudroit, sui- . vant l'opinion de Liger, en exclure les alimens végétaux qui abondent en mucilage, qu'il croit être spécialement nuisiblés dans Ja Goutte. Mais au contraire l'usage de plu-
(1) Voyez Lobb, Traité des moyens de dissoudre la pierre ; chap. 20.
sieurs de ces alimens végétaux, comme des farineux et de divers légumes, peut y être fort salutaire, ainsi que Loubet et d'autres l'ont observé (1).
Barry croit que la nourriture prise uniquement des végétaux est celle qui convient le moins dans les constitutions goutteuses ; parce que dans l'état de santé même, c'est avec la plus grande difliculté que les sucs des alimens végétaux sont assimilés aux fluides animaux ; mais cette dernière assertion est absolument gratuite. |
On sait que le régime mixte est le plus convenable à l’homme ; mais on ignore si c'est la nourriture prise uniquement des substances végétales , ou celle qu'on tire des seules substances animales, qui résiste le plus à la transmutation que doit opérer dans l'homme la faculté assimilatrice ou digestive, qui produit le chyle , le sang , etc. En effet on a des exemples, même dans les climats les plus opposés , des Peuples qui jouissent d'une santé parfaite en ne vivant que de végétaux (2).
(1) Voyez ci-dessus, n.° vur.
(2) Voyez Mackenzie.
Lorsque, les gontteux ne sont point réduits au régime végétal, ils doivent dans le régime mixte quils suivent, faire à proporlion moins d'usage de la. viande, qu'ils ne faisoient avant d'être pris de la Goutte. Cependant leurs alimens doivent toujours être légèrement aromatisés 3 et ceux qui sont froids , venteux , indigestes , leur sont spécialement contraires, surtout dans un âge avancé.
Scot a dit avec raison au sujet de la diète convenable aux goutteux, que celle-là est certainement la meilleure , qui étant employée avec modération et tempérance, pro:
duit après chaque repas, un sentiment général de douce chaleur, répandu dans tous les viscères du bas-ventre, en même temps que la sérénité et le contentément de l'ame:
qu'au contraire , s'il y a flatulence , oppression , et plénitude incommode dans l'estomac après le repas, jointes à une disposition de l'ame qui sans aucune cause apparente, soit facilement agitée, excitée, ou tourmentée par un sentiment d'impatience, le régime qui produit ces effets fâcheux, est certainement mal accommodé à la constitution du malade; et il faut y faire, des change- :
DES MALADIES GOUTTEUSES. 207 mens , jusqu’à ce qu'on en ait découvert un plus favorable. |
Ces observations particulières que chaque goutteux doit faire sur le régime qui lui est propre , sont indispensables , d'autant que les alimens qui sont le plus communément salutaires dans la Goutte , peuvent être nuisibles dans certaines constitutions, et même dans tel temps ,et non dans tel autre de la vie d'un même homme.