‹ Traite ́des maladies goutteuses (volume 2)Chapitre 54 sur 81 · TRADE · texte numérisé non relu

TRADE

pendant tout le cours d’une rougeole qui survint, aprés laquelle se développa use autre fièvre suivie de l’éruption de la petite vérole, qui parcourut ses périodes ordinaires, et se termina favorablement.

Ce fait doit être rapporté sans doute à l'activité singulière avec laquelle la rougeole et la petite vérole suivent l’ordre de la fièvre et des éruptions qui leur sont propres. C’est à cette cause que tient probablement ce que Rosen et d’autres ont observé, qu'ils m'ont jamais vu des sujets qui fussent pris en même temps de la rougeole et de la petite vérole. Mais d'ailleurs il est connu que la petite vérole peut se compliquer avee d'autres fièvres exanthématiques , comme sont le pourpre ou le miliaire.

Hhneniit

Il n'est pas douteux qué les bons observateurs n'aient vus des exemples sans nombre, où deux maladies, soit aiguës, soit chroniques, ont coexisté dans un même sujet et dans une même partie, et se sont combinées avec des modifications réciproques.

Il est certain qu'une fièvre intermittente

peut coexister dans le même sujet, nonseulement avec une autre fièvre intermittente dont le période est différent, mais encore avec une autre fièvre qui est aiguë inflammatoire. |

Van Swieten (1) rapporte qu'un homme attaqué de fièvre quarte, fut pris d'une forte pleurésie, avec fièvre aiguë inflammatoire : et pendant tout le cours de cette pleurésie, sa fièvre quarte continua avec le même type, ayant ses accès qui revenoient au temps marqué, sans que sa marche füt troublée par le cours de la fièvre inflammatoire, ni par les saignées et autres remèdes qu'on employa contre la pleurésie.

Entre les observations de deux maladies aiguës qui, étant réunies dans un seul sujet, ont suivi en même temps leur cours respectif, une des plus remarquables est l'histoire de Pythion qua donnée Hippocrate (2).

Ce malade, dans un même jour d’une fièvre aiguë (le dixième), fut jugé par les sueurs

(1) In Aphor. Boerh. 758.

{2) Lib. JT, Epidem. SECt. X. Æg: k

2bo TRAITÉ

et par des chrachats assez cuits, et néanmoins rendit des urines tenues et sans couleur : et ce ne fut que quarante jours après cette crise, que la maladie se termina par un abcès vers le fondement, et un dépôt sur les voies de l'urine. ATITA On voit que dans ce malade l'affection catarrhale de la poitrine, et la fièvre continue

-d'un genre inflammatoire, marchérent en

même temps, mais très-inégalement vers leurs terminaisons critiques.

M. Hunter soutient qu'on ne peut dire, sans un grand fonds d'ignorance, qu'il existe une complication de gale ou de scorbut avec la vérole. Mais on ne voit pas comment il a pu lui-même, soit ignorer, soit dédaigner de discuter un très-grand nombre de faits qui prouvent ces complications.

Au nombre de ces faits bien vus, sont les observations de Hoffmann (de Munster) sur des ulcères, qui étoient entretenus par la réunion du scorbut et de la vérole, et qu'on ne guérit qu'en faisant succéder les anti-scorbutiques aux anti-vénériens : et celles de Raulin sur des phthisies puilmonaires scorbutiques et vénériennes, qu'on ne peut guérir qu'en donnant conjointement

les anti-vénériens et les anti-scorbutiques, quon y avoit employés séparément sans succès. |

Une observation analogue et fort curieuse, est celle de Damianus Sinopéus; qui a vu qu'en Russie un scorbut grave, qui se dé-

“clare au printemps, renouvelle la vérole dans des sujets chez qui elle a existé précédemment; quoiqu'ils en aient été très-bien traités, et quelle ne peut alors être guérie que fort difficilement. |

L'opinion de M. Hunter ne peut étre fondée que dans un petit nombre de cas, où l'action de la cause d'une maladie chronique donne à tout le système des organes d'un individu , une affection tellement déterminée dans sa forme et dans ses effets, que ce système n'est plus susceptible de recevoir en même temps une affection de forme différente, que lui imprimeroit l’action d’une autre cause morbifique.

J'explique ainsi l'observation de Musgrave, qui dit que la Gouite symptomatique n’est jamais produite par la vérole invétérée, lorsqu'elle carie les os, ou fait d’autres grands ravages.

2)a T'RABTIÉ L'XVTTL

Il est des cas singuliers, mais. qu'on ne doit point rapporter ici, où une attaque de Goutte à dissipé des maux violens, ou invétérés et rebelles, par une crise prompte et complète, et n'a point laissé de trace de Goutte habituelle. Ces accidens ne constituent point autant d'espèces de Goutte consécutive qui indiquent des méthodes de traitement particulières , et l'on doit s'y borner à favoriser les mouvemens de la Goutte qui sont salutaires.

Ainsi on a vu une attaque de Goutte faire cesser divers symptômes nerveux et hypocondriaques qui subsistoient depuis plusieurs années. Lanzoni dit (1) qu'une femme qui étoit sujette à l’épilepsie depuis vingt-cinq ans , en fut délivrée par la LOHLE qui la Les à un pied.

Morgagni raconte qu'étant attaqué d'une inflammation violente aux deux yeux, pour laquelle il paroissoit instant de le saigner, il essaya ‘un pédiluve dans l’eau chaude; ce

(1) Ephem. Nat. Curios.

qui détermina une douleur au gros orteil du pied droit, dans sa jointure avec le métatarse, et les progrès de’ cette douleur dissipèrent l'ophthalmie. Il n’avoit jamais eu auparavant de Goutte aux pieds, et il n'en eut qu'un léger retour cinq ans après.

Van Swieten (1) rapporte que dans une pleurésie, au quatrième jour où la douleur étoit fort affoiblie par deux saignées et par d'autres remèdes, il survint des douleurs fortes aux deux gros orteils, qui dissipérent aussitôt et entièrement le point de côté et la fièvre. Van Swieten dit que ce malade n'’avoit jamais eu la Goutte aux pieds, et il n’a point su qu'il en ait eu depuis.

Je parlerai en détail des espèces de la Goutte consécutive qui sont les plus connues, en les rapportant aux deux classes générales que j'ai distinguées.

Je ne parlerai point des espèces de Goutte consécutive dont Musgrave n’a point traité, et qu'il a dit qu'il laissoit à développer aux Médecins qui viendroient après lui. Tels sont des cas qu'il paroît n'avoir indiqués que comme possibles, de la Goutte symptoma-

(1) In Aphor. Bocrh. 888.

254 TRAITÉ tique dans les écrouelles,. la jaunisse, la dyssenterie , etc.

Je remarque à ce sujet, que J'ai vu quelquefois une Goutte consécutive d’une métastase du lait qui se jetoit sur les articulations { Goutte qu'on peut appeler arthritis dactea ).

Stoll (1) a indiqué le traitement d’une espèce de Goutte qu'il a vue plusieurs fois survenir après l'usage prématuré du quinquina dans des fièvres bilieuses.

ARTICLE PREMIER

Des espèces de Goutte des articulations , où la Goutte ne forme point une vraie complication avec la maladie primitive.

LOX VOILE

On ne peut admettre de véritable complication dans les espèces suivantes de Goutte consécutive ( comprises au nombre des symptomatiques par Musgraye ), dans. celle qui succède à lhydropisie, et dans celle qui survient au rhumalisme. ;

Musgrave dit que dans l'hydropisie où il

(1) Ration. Med. Part. 1. p. m. 80.

ny a point de squirre, ou delésion trèsgrave du foie ou d’un autre viscére princi- pal, la Goutte survient assez souvent chez des sujets qui ont des semences de Goutte , lorsqu’après leur avoir donné des hydragogues, on soulient et reiève leurs forces par l'usage des amers et des chalybés.

Musgrave croit que dans cette Goutte symptomatique de J'hydropisie , le germe de la Goutte existoit dans de sang quelque temps avant l'attaque , et que la mature pousse ce miasmeau-dehors , lorsqu'elle est délivrée, du moins en partie, de la maladie primitive.

Il me paroît que dans ce cas , les martiaux et les toniques, qui par leur action régénèrent alors la partie rouge du sang , en procurent assez promptement une pléthore re- Jative , et que cette pléthore dans des sujets goutteux , détermine la production de la Goutte, comme peut faire la pléthore causée par la suppression des règles et des hémor- rhoïdes.

Musgrave dit qu'on ne doit traiter cette Goutte consécutive , que pour l’entretenir et l'accroître , ou pour la régler, et que dans ces vues , il faut employer des amers, des

anti-scorbutiques et des martiaux. Mais il est essentiel de remarquer que ces remèdes , comme ils ont déterminé la formation de la Goutte qui survient à l’hydropisie , peuvent

en exciter les mouvemens à un degré nuisible. dues

Ainsi l'on voit seulement en général , que cette attaque de Goutte consécutive doit être traitée suivant sa marche plus ou moins régulière, les symptômes dont elle est accompagnée , et l'utilité qu’elle peut avoir dans les circonstances du malade.

Si après l'attaque de cette Goutte consé-.

cutive , les fortifians sont indiqués pour préserver des retours de l'hydropisie , on ne doit point forcer les doses de ces remèdes dans la vue d'exciter de nouvelles attaques de Goutte, lorsque la Nature n'y est point sensiblement disposée , et lorsque l'utilité de ces retours n’est présumée que d'une ma-

nière vague el incertaine.

Page 1