LX IX
La Goutte fixe des articulations qui survient au rhumatisme , et qui a été décrite par Musgrave , ne forme point une maladie véritablement compliquée , mais doit être
DÉS MALADIES GOUTTEUSES. n57
regardée comme un développement de la Goude rhumatique , qui devient fixe.
Musgrave traite cette Goutte consécutive d'une manière qui est absolument hypothé:
tique. Il y conseille, pour résoudre la ténacité ({entor ) du sang qui engorge les vaisseaux capillaires, qu'il croit être la cause de celte Goutte ainsi que du rhumatisme, les anti-scorbutiques et les alkalis volatils. IL propose encore des saignées/, l'huile de/térébenthine et le camphre, et une légère salivation mercurielle ; mais il avoue qu'il n'a point d'expérience sur le succès de tous ces divers moyens, quil dit devoir être probablement heureux au commencement de ceita maladie.
Il propose enfin, si ces résolutifs manquent d'efficacité, de pomper par des succions fortes et souvent répétées (1) l’humeur gélatineuse épanchée dans le voisinage des articulations lésées , qui est encore fluide lorsque la maladie est assez récente, Il ajoute qu'il faut faire des fomentations fréquentes avec du vin brülé, à l'endroit des articulations affectées , etc. |
(1)Suiv. une pratique dontj’aiparlé ci-dessus, n.° x°.
Dans la Goutte, qui suecédant au rhumatisme participe plus ou moins de sa nature, il faut suivre les traitemens méthodiques généraux de la Goutte simple qui ont été exposés ci-dessus, et apporter à ces traitemens les modifications relatives au caractère du rhumatisme. On procure ainsi, de la manière la plus avantageuse, le changement qui peut avoir lieu de ceite Goutte rhumatisante en une Goutte fixe et régulière.
Lorsque ensuite cette Goutte fixe est formée, il faut la traiter aussi, en ayant égard au caractère plus inflammatoire qu’elle peut retenir.
ARTICLE Il
Des espèces de Goutte des articulations consécutive, où la Goutte forme une véritabie complication avec la maladie pri-
mitive.
Musgrave a donné sur le traitement de la Goutte symptomatique , un principe général qui est extrêmement défectueux (1).
Ce principe général est, que ce traitement
(1) Diss. de ArthritideSymptomaticä, cap 1,n. xx.
devant être formé de ceux qui conviénnent à la Goutte , et à la maladie primitive , les parties de ce traitement mixte , doivent étre disposées de manière, que dans l'attaque même. il se rapporte principalement à la Goutte; mais qu'après l'attaque, les remèdes préservatifs soient surtout dirigés contre la maladie primitive.
Cependant rien n'est moins d'accord avec ce principe général, que les résultats que Musgrave lui-même a donnés de sa pratique dans les attaques des, diverses espèces de la Goutte symptomatique (1).
Il dit qu'il en est des espèces, où il faut favoriser la Goutte des articulations, par tous les moyens; et d’autres où il faut enrayer son mouvement, et chasser la matière morbifique par diverses voies d’excrétion.
Il dit aussi que dans d’autres espèces de cette Goutte symptomatique, il faut altérer cette matière sans exciter aucune évacuation, et quil en estenfin, où l'on doit arrêter le mal dans son principe, sans employer des remèdes évacuans , ni altérans.
Comment Musgrave n'a-t-il pas reconnu
(x) Epilog. Diss. Arthritide symptomaticé:
que le choix entre ces traitemens divers, ou plutôt opposés des attaques de différentes espèces de Goutte symptomatique, ne peut être déterminé, si on le rapporte principalement à la Goutte même ; mais qu'il doit être réglé d’après la comparaison des indications de la Goulte, et de celles de la maladie primitive? |
Je vais exposer les principes généraux que je crois devoir établir sur le traitement des espèces de la Goutte consécutive qui est compliquée avec la maladie qui l’a produite.
1. Dans les attaques d'une Goutte des articulations consécutive et compliquée ( qui sont ordinairement irrégulières et prolongées ) il faut choisir et modifier le traitement excitatif ou résolutif de la Goutte, selon les rapports de nature intime, et ceux d'utilité, que cette Goutte peut avoir avec la maladie primitive. On doit toujours dans ces attaques suivre une Méthode de traitement analytique, où l'on combine les indications que présentent les deux maladies qui forment chacune de ces complications (1).
(1) Ainsi il ne faut jamais traiter ces attaques , comme celles d’une Goutte simple et parfaite ( exqui-
2° Dans les intervalles des atlaques de.
cette Goutte consécutive et compliquée, il faut aussi toujours suivre une méthode de traitement analytiqne , qui embrasse les indications que présentent , et la maladie primitive, qui persévère , ou dont les retours sont à présumer , et l'habitude introduite d’une disposition aux mouvemens de la Goutte.
3: Ces méthodes analytiques de traitement qui conviennent dans les attaques et hors des attaques de Goutte, aux divers cas de ces maladies compliquées, doivent ( suivant un principe général que jai proposé et développé ailleurs ) être déterminées relativement, et à l'ordre d'importance respective des indications de la Goutte et de la maladie primitive, et à l'ordre le plus avantageux de simultanéité ‘ou de succession de l'emploi des moyens qui répondent à ces diverses indications.
Je donnerai plusieurs exemples qui développeront l'utilité de ces principes dans diverses espèces de ces maladies goutteuses ,
sita ); quoique Musgrave l’ait conseillé pour plusieurs: espèces de la Goutte symptomatique.
269 T'R'AUTMÉ ct il sera facile d'en suppléer beaucoup d’autres applications.
Après avoir indiqué ces règles générales , je vais exposer successivement mes obser- Yations particulières sur le traitement des espèces de Goutte. consécutive qui forment une véritable complication avec leurs maladies primitives. Dans l’ordre où je traiterai de ces espèces , je placerai les premières, celles où la Goutte a une affinité singulière avec la maladie primitive. |