‹ Traite ́des maladies goutteuses (volume 2)Chapitre 56 sur 81 · EL X XL · texte numérisé non relu

EL X XL

Gouite consécutive de la mélancotie fypocondriaque.

Cette complication me paroît pouvoir être d'autant plus intime, qu'un vice atrabilaire du sang a lieu souvent dans la Goutte invétérée , comme je l'ai observé ci-dessus.

Musgrave a vu plus d'une fois des purgatifs doux déterminer utilement cette Goutte dans des sujets mélancoliques.

Il reconnoît d'ailleurs que les purgatifs fort actifs me conviennent point à cette espèce de Goutte. J’observe à cette occasion , qu'une grande sensibilité chez les malades

goutteux présente manifestement une exception très-étendue à la pratique générale de Musgrave , qui dans les Gouttes symplomatiques ( comme dans les anomales } donne presque universellement des purgatifs trèsénergiques , pour que l'orgasme qu'ils excitent détermine la Goutte des articulations.

Goutte consécutive des ulcères desséchés à la surface du corps.

Musgrave croit que la matière de ces ulcères qui produit cette Goutte consécutive est de la même espèce que Farthriti— que : et il paroît Favoir pensé d'après l’apercu très-vague que les ulcères et la Goutte sont pareillement des maladies externes:

En suivant cette idée , il donne le conseil très-défectueux d'employer les mêmes re mèdes dans les accès de cette Gautte, et le même régime dans ses intervalles, que si elle étoit primitive. | I dit d'ailleurs fort bien, que dans ces antervalles il faut entretenir ou renouveler autant qu'il est possible la maladie originaire par des remèdes externes appropriés.

Ainsi il veut qu’alors on applique des vésicatoires près des oreilles pour exciter les

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croütes de lait (achores ) qui se sèchent ; et des cathérétiques pour empêcher la cicairisation de l’ulcère qui se ferme , ete.

Il est évident que ces remèdes conviennent aussi durant l'attaque de cette Goutte consécutive , si elle ne supplée qu'imparfaitement à ces ulcères habituels , ou si elle ne détourne point assez les suites dangereuses que peut avoir leur dessication.

Goutte consécutive d’une fièvre autre que celle qui est propre aux accès de Goutte.

Cette distinction est marquée en ce que celte fièvre productrice de la Goutte diffère, par sa durée et ses caractères, de la fièvre qui est propre aux attaques de Goutte.

La succession de la Goutte à une fièvre primitive , peut y être ou simplement symptomatique , ou critique et salutaire. Dans les deux cas , le traitement de l'attaque de Goutte doit être gouverné suivant ses rapports avec la fièvre primitive. Ainsi, par exemple , la Goutte qui se déclare dans des sujets attaqués d'une fièvre aiguë, ne doit être excitée par des diaphorétiques et des cordiaux , qu'autant que ces remèdes conviennent à la nature et à l’état de cette fièvre,

Musgrave conseille ‘ces remèdes trop généralement dans ces cas , d'après cette vue extrêmement vague que la fièvre et la Goutte sont pareillement “des efforts de la nature pour chasser une matière étran- . gère , etc.

Quand la Goutte est purement sympto-

matique dans la fièvre où elle survient, et quelle ne suflit pas pour déterminer dans cette fièvre des mouvemens de coction ou de crise salutaire , elle n'empêche point de donner le quinquina, lorsqu'il peut étre indiqué dans cette fièvre (1). C’est ce que j'ai pratiqué plus d’ume fois avec succès.

- Quant au traitement à suivre dans les intervalles, et qui doit être préservatif des retours de la Goutte et de la fièvre, il est évident, comme l'a reconnu Musgrave, qu'on doit le rapporter aux indications que présentent les caractères de l’une et de l'autre maladie,

(1) F,. Werlhof, obs. de Febribus, p. 53.

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