‹ Traite ́des maladies goutteuses (volume 2)Chapitre 57 sur 81 · DRAM : BUS, CU A LA · texte numérisé non relu

DRAM : BUS, CU A LA

Goulle consécutive de la suppression des hémorrhagies habituelles.

Dans la Goutte consécutive de la suppression des hémorrhoïdes, Musgraye veut qu'on n'emploie que dans les intervalles des attaques de cette Goutte, les aloëtiques qui peuvent . rétablir ce flux, et l'applièation des sangsues à l'anus pour y suppléer.

Les aloëïiques peuvent être fort utiles alors en rappelant le flux hémorrhoïdal.

J'ai connoissance d’un cas où ces remèdes, en rétablissant ce flux , guérirent une affection paralytique des extrémités inférieures , qui subsistoit depuis six mois; ceite paralysie Ctant venue à la suite d'une violente atiaque . de : Goutte qu'ayoit déterminée. la suppression des hémorrhoïdes.

Il faut seulement employer en même temps que ces remèdes, d’autres remèdes externes propres à retenir, et à fixer /la Goutte aux articulations, autant qu'on juge que cela peut être utile.

L'application des sangsues au fondemen

peut aussi être bien placée dans l'attaque même de cette Goutte consécutive.

Mais il peut être nécessaire dans ces cas de faire précéder cette évacuation de sang locale par une saignée de bras. Faute de cette précaution, les sangsues à l'anus peuvent alors déterminer une suppression d’urine, en attirant l'humeur morbifique sur les, voies urinaires : et cette suppression , à laquelle peuvent se joindre la fièvre et les douleurs des reins, peut devenir funeste, comme l'a vu Séb. Nasius.

Musgrave a distingué deux cas très-différens dans la Goutte consécutive de la suppression des règles, suivant que ce flux.est intercepté dans de jeunes personnes attaquées ou mal guéries de la chlorose, et suivant qu'il est rendu très-imparfait , ou qu'il vient à cesser dans un âge avancé. Dans l’un et l'autre cas, la Goutte ( tantôt vague et tantôt fixe ) n'est déterminée que chez des personnes qui ont dans leur constitution une disposition goutteuse.

Dans le premier cas, Musgrave veut qu'on détourne la matière de la Goutte par la voie de da matrice , qu'on donne des emménagogues joints aux martiaux, entre

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lesquels il préfère les eaux ferrugineuses , qui agissent d'ailleurs comme diurétiques. IL regarde le fer comme le remède sur lequel on doit presque uniquement compter dans ce cas. Il conseille d’en faire précéder et d'en entreméler l'usage des purgations pour prévenir les dangers qu’auroient les martiaux, en causant la constipation ou le séjour des humeurs aqueuses dans quelque partie du corps , ou bien en donnant au sang une consistance renforcée et trop exaltée.

Mais les martiaux sont contre-indiqués dans ce cas , et peuvent produire l'effet contraire à celui qu'en attendoit Musgrave, si on en force l'usage , et surtout lorsque da chlorose a déjà été traitée par ces remèdes. En effet ils peuvent alors, en augmentant beaucoup la partie rouge du sang et en causant sa pléthore relative, exciter et aggraver de plus en plus d’une manière nuisible la détermination de la Goutte sur les articulations.

Ainsi les martiaux surtout , autres que les eaux ferrugineuses , sont moins sûrs et moins indiqués que des emménagogues plus directs dans ce cas de cette espèce de Goutte consécutive, On ne peut qu'y adop-

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%er en général, quoique avec les modifications nécessaires , les remèdes que M. Quarin conseille dans cette Goutte, qui sont les frictions, les savonneux, les amers, la.

myrrhe, quelquefois laloës, et les bains d'eaux sulfureuses.

Dans le second cas, où la Goutte est consécutive de l’imperfection extrême des règles, qu de leur cessation chez les personnes d'un âge avancé, Musgrave dit avec raison quil faut abandonner l'usage des emménagogues, à proportion de ce qu’on perd l'espoir du rétablissement des règles.

I dit que le remède principal est dans les purgations répétées sans excès, qui garantissent la tête et les parties internes de l'irruption que causeroit la plénitude des humeurs. Îl emploie, pour cette fin, des purgatifs fondans, auxquels il joint des antihystériques. Il conseille d’ailleurs lapplication d'un cautère, ou bien d’autres moyens d'excrétions qui suppléent aux règles, etc.

- Mais Musgrave dit trop généralement (1)

10 A la fin du chapitre 1 de sa Dissert. de Arthritide Symptomaticä.

270 TRAITÉ que le fér est pernicieux dans ce second tas de Goutte symptomatique. Car il peut y être fort utile, étant joint aux autres remèdes propres à procurer des. âttaques régulières de Goutte, lorsqu'elle est irrégulière et prolongée : d'autant qu'alors on ne peut laisser cette Goutte à elle-même, de crainte qu’elle n’amène d’autres maladies graves, comme le calcul et lulcère äe la vessie, etc. 1x Musgrave lui-même rapporte ailleurs (1} qu'une femme de quarante-cinq ans, chez qui les règles vinrent à cesser, après avoir eu ensuite des fleurs blanches, ét peu après unc hémopiysie, ayant été enfin prise de la Goutte, qui affecta les diverses articulations des extrémités supérieures et inférieures : il la traita avec succès, en assurant les mouvemens réguliers de sa Goutte par le moyen des eaux ferrugineuses, dont l'usage fut précédé, et parfois entremélé de purgatifs, et par des altérans appropriés, comme d'autres martiaux, des

amers, etc.

(1) Diss. de Arthritide primigeniä regutlari, p. 1 64

DES MALADIES GOUTTEUSES. (271 FU TU Goutte consécutive de la colique.

Cette colique peut être de plusieurs sortes. Lorsqu'elle est bilieuse, il est inutile en général d’exciter les mouvemens de la Goutte par des remèdes externes. Mais quant aux remèdes excitans et cordiaux qu'on pourroit faire prendre pour cette fin, Musgrave a bien vu qu'il faut s'en abstenir, ou ne les donner qu'avec beaucoup de réserve : ce qu'il a dit être particulier au traitement de cette Goutte. L

Il a bien observé que, dans ce cas, ces remèdes en excitant la fièvre peuvent produire un transport de la Goutte sur le cerveau, d'autant plus que cette métastase est comme propre à la colique bilieuse. Il ajoute que, dans cette espèce de colique, l'expulsion de la matière goutteuse morbifique sur les articulations, s'opère moins ordinairement que dans les autres espèces de colique, et qu'elle y est plutôt comme fortuite et très-facile à intercepter.

Æntre les autres espèces de colique auxquelles la Goutte succède souvent, et que

Musgrave a distinguées, ïil en a spécialement considéré une dont les reprises alternent souvent avec les attaques de Goutte:

celle que cause un vice des digestion, quoiqu'il n'ait point précédé d'erreur de régime dans la quantité ou la qualité des alimens, Dans cette espèce de colique, la crudité des sucs alimentaires, mal et péniblement digérés, leur a fait contracter une acrimonie qui cause des douleurs vives et d’autres lésions des intestins.

Musgrave dit fort bien qu'on ne remédie point a cette Goutte consécutive, si on ne considère la colique qui l'a précédée. Il conseille avec raison , comme préservatifs de l’une et de l’autre maladie, les remèdes fortifians des organes de la digestion, entremélés de doux purgatifs.

Mais il ordonne aussi dans les aitaques de cette Goutte, les mêmes remèdes que dans leurs intervalles, les stomachiques, les martiaux et des purgatifs entremélés (1).

Or les purgatifs que peuvent indiquer la colique qui a précédé, ne conviennent à l'at-

Ænr

(1) Voyez l’'Histoirenx, qu’il rapporte dans son cha= pitre sur cette espèce de Goutte.

DES MALADIES GOUTTEUSES, 373 taque de Goutte,. que dans des cas où cette attaque est prolongée , et n'a point:

une marché vive et régulière , qu'il seroit dangereux de troubler : et les martiaux et autres fortifians actifs ne sont appropriés dans cette attaque de Goutte , qu'autané

qu'on doit se proposer de lexciter pour «:

dissiper plus complètement la cause de lx éolique.

L' XXE V- Goutte consécutive de L’asthme.

La Goutte succède à l'asthme dans deg hommes âgés et d’une constitution disposée’ à la Goutte , et cet asthme est presque toujours humoral ou pituite ux.

Cette Goutte consécutive dépend sensiz blement de extension de la matière morbifique : extension que détermine proba= blement la sympathie qui est entre l'organe extérieur du corps et le poumon, dans la!

fonction de la transpiration.

Cependant la Goutte succède quelquefois

à l'asthme sec , ou essentiellement nerveux, ‘ De une semblable complication de la Goutte avec cet asthme, j'ai observé deÿ

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