‹ Traite ́des maladies goutteuses (volume 2)Chapitre 58 sur 81 · TR ALT'É · texte numérisé non relu

TR ALT'É

constrictions spasmodiques et douloureuses du diaphragme au bas du sternum , jointes à diverses affections nerveuses dans les extrémités affectées de Goutte, comme stupéur aux doigts, torpeur aux pieds, crampes äux gras des jambes, etc.

Musgrave n'a point vu la Goutte survenir à l'asthme flatulent de Floyer. Cet asthme ( comme Sauvages et Cullen l'ont remarqué ) est une variété de l'asthme humide, dont les accès ont une marche régulière, et dont les retours sont fréquens. Îl est vraisemblable que la répétition assidue de ces accès réguliers d'asthme , empêche la formation des mouvémens de la Goutte.

Dans la Goutte qui se joint à l'asthme, et qui peut alterner avec lui, l'asthme domine en hiver, ét la Gouïte dans l'été, tandis que lés autres espèces de Goutte, soit essentielles , soit consécutives, se montrent plus rarement en été. à

Musgraive à observé aussi, que la Goutte symptomatique de l'asthme est déterminée surtout par les purgatifs draStiques, ét par les anti-asthmatiques excitans. [1 dit qu'elle est peu douloureuse, et qu'elle ne produit point de tufs ni d’autres lésions gravés , cé

DES MALADIES GOUTTEUSES. 275 qu'il rapporte à l'expulsion fréquente de la matière morbifique qui se fait par les crachats.

Dans le traitement de la Goutte consécutive et compliquée de l'asthme , les indications d'aider , d'entretenir , et de rendre complètes les attaques de Goutte, ne peuvent être dominantes qu'autant que ces attaques soulagent beaucoup l'asthme, ce qui en effet a lieu assez souvent.

Mais si l'asthme persiste avec violence pendant que la Goutte qui lui est jointe ow alternative est irrégulière et foible, et si læ Goutte , lors même qu'elle est forte, ne produit point assez de soulagement constant, il faut insister beaucoup moins sur les remedes qui sont relatifs à l'affection goutteuse , que sur les anti-spasmodiques et les expectorans indiqués pour l'asthme.

D'ailleurs il ne faut jamais négliger le traitement de diverses autres affections qui se combinent souvent dans ces cas ; comme sonf un flux hémorrhoïdal, une fièvre lente, etc.

D'après ces principes, on doit régler lapplication et l'administration successive où . combinée , des remèdes anti -asthmatiques et des anti-goutteux qui peuvent convenir

dans les divers cas de cette Goutte consécutive. Je vais en parler sommairement, en ‘rectifiant sur ce sujet diverses assertions de Musgrave que je crois erronées.

Dans cette complication de la Goutte et de l'asthme , la saignée est en général contreindiquée , à raison de l’énervation qu’elle peut produire. |

Les purgatifs peuvent y être utiles quelquefois , mais beaucoup plus rarement que ne l'a dit Musgrave, qui cependant a reconnu qu'ils peuvent être plus répétés dans l'asthme pituiteux simple , que dans celui qui est compliqué de la Goutte, où l’on doit craindre qu'ils n’empéchent la Goutte de se fixer aux articulations. |

Musgrave préfère , pour exciter cette Goutte symptomatique , des purgatifs forts et échauffans ; tels que laloës, la scammonée , l'ellébore noir ; mais il est trop douteux que l’action de ces remèdes réponde à cette indication, et leur opération peut être souvent dangereuse. |

Outre les purgations , il est d’autres évacualions révulsives qui conviennent singulièrement à l'état chronique de l'asthme eompliqué de Goutte , et dans les temps

d'intervalles que laissent ces affections. Ces évacuations sont celles qu’on procure par divers diurétiques et diaphorétiques , et par l'établissement des cautères.

Les béchiques doux, s'ils sont indiqués, doivent être donnés assez loin des repas , pour ne pas émousser l'appétit. Ce conseil de Musgrave est d'autant plus fondé, que la complication de la Goutte rend plus nécessaire de ne pas fatiguer l'estomac.

Des expectorans résolutifs, qui sont surtout placés au déclin des accès de l'asthme, et qu'il faut employer de manière que leur action ne nuise pas aux mouvemens de la Goutte lorsque ceux-ci sont bien déterminés, sont le petit-lait vineux , un thé de camphorata, et un vésicatoire appliqué entre les épaules.

Le soufre paroît être spécifique dans cette complication, d'autant qu'il est anti-asthmatique et anti-goutteux. Les eaux sulfureuses peuvent être alors singulièrement utiles, mais il faut s'y abstenir en général des teintures et des autres préparations échauffantes du soufre, que Musgrave conseille dans ce cas. D'ailleurs le soufre peut être parfois employé ayantageusement dans cette Goutte

consécutive , à raison de son effet laxatif, auquel on ajoute en y joignant de la crême de tartre , etc. {

Dans cette complication , plus l'asthme participe du caractère nerveux ( caräctère que ie crois exister toujours, du plus au moins, dans le véritable asthme), plus les anti-spasmodiques actifs sont indiqués. Ces anti-Spasmodiques sont ou externes, come est l'application sur la poitrine d'un liniment volatil huileux camphré, ou internes, comme la liqueur de corne de cerf succinée , etc.

Les narcotiques peuvent étre bien placés alors par leur vertu anti-spasmodique; et dans cette vue, il est à propos que l'opium soit joint au camphre , ou d’autres antispasmodiques , comme il l’est dans {’Éliæir parégorique ( de la Pharmacopée de Londres ), qu'il faut donner les soirs, avant l'entrée des redoublemens de l'attaque d'asthme.

Musgrave dit que les narcotiques sont peu sûrs dans ce cas ; et cela est vrai, si on ne les administre point relativement à leur effet anti-spasmodique ; mais qu’on les donne seulement dans là vue de remédier à l'insomnie , ou aux douleurs vives de la Goutte.

| 4 L'opium est aussi d'autant plus contre-indi-

qué, que la congestion des humeurs sur le poumon est plus violente.

Il faut exciter les mouvemens de la Goutte, à proportion de ce que la Nature paroît disposée à les soutenir, et qu'ils semblent devoir être salutaires, en appliquant au-dessus ou auprès des articulations les plus souffrantes, ou qui ont été le plus souvent affectées de Goutte, des épispastiques, tels que des sinapismes aux pieds, et des vésica-

toires placés auprès des tumeurs goutteuses.

Il est des cas ( comme je le dirai dans la suite ) où des remèdes plus convemables pour cette fin, sont des pédiluves tièdes, ou des cataplasmes, et autres topiques émolliens appliqués sur les articulations goutteuses.

Il survient quelquefois dans cette Goutte consécutive de l'asthme, un œdème considérable aux jambes. IL faut alors, pour arréter les progrès de l’infiltration, appliquer un vésicatoire vers les limites de cet œdème, et panser la plaie avec de la thériaque, etc.

Musgrave conseille toujours les amers et les chalybés pour exciter la Goutte consécutive de l'asthme. Mais on voit facilement que. l'emploi de ces remèdes internes pour déter-

muiner celte excitation, doit être beaucoup plus borné que celui des topiques attractifs de la Goutte.

Les amers et les martiaux sont d’ailleurs généralement bien placés dans le traitement préservatif où Musgrave les conseille, ainsi que les frictions, l'équitation, etc.

Goutte consécutive du Scorbut.

J'ai parlé ci-dessus ( n.° xvr ) de ces espèces de Goutte, dans lesquelles l’altération des humeurs prend le caractère de la dégénération scorbutique, et se marque pas des signes analogues.

La Goutte, qui a seulement un caractère scorbutique, est différente de celle qui est consécutive d'un véritable scorbut, et qui le complique. Celle-ci a des attaques longues et peu violentes, et (comme l'a vu Musgrave ) elle retient constamment plusieurs symptômes de l'affection scorbutique primitive, tels que les maux des gencives, les taches, et les éruptions à la peau.

Le traitement des attaques de cette Goutte pe présente aucune difficulté, et doit être le

même que celui des attaques de la Goutte simple.

Hors des attaques de cette espèce de Goutte, et pour les prévenir, ainsi que pour combattre le scorbut primitif, on voit qu'il faut combiner les anti-goutteux avec les antiscorbutiques ( entre lesquels le raïfort sauvage peut convenir alors spécialement ).

Dans plusieurs de ces cas, on peut employer avec succès le traitement suivant, que Musgrave recommande. Il fait prendre chaque jour, matin et soir, du sel de mars dans du suc clarifié de cochléaria, mêlé avec parties égales, ou la moitié, ou le tiers de suc de citron. Après avoir fait précéder des évacuations convenables , il ordonne ce remède, et en continue l'usage pendant un mois de suite, en donnant un purgatif environ tous les sept jours.

Dans cette Goutte scorbutique , il paroît quon ne doit pas suivre un autre conseil qu'y donne Musgrave, et que semble devoir faire rejeter la nature du scorbut.

Il propose d'y employer des préparations de mercure, de manière à procurer une salivation douce et prolongée ; mais il explique

le succès qu'il attribue à cette pratique, par

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des assertions vagues, en disant que cette salivation adoucit beaucoup la maladie, parce qu'elle purge la masse du sang, et en émousse l'âcre morbifique. Il avoue pourtant que la maladie s’est produite quelquefois après une semblable salivation.

Sans doute lorsque l’épaississement mu-+ queux des humeurs domine sensiblement dans cétte maladie, les mercuriels sont propres à remplir une indication majeure ( et qui peut être une des premières dans l'ordre des temps du traitement ), celle de résoudre les humeurs visqueuses et dégénérées qui se sont fixées dans les articulations.

Mais je pense que l'action fondante des mercuriels doit être alors détournée de produire la salivation, qui peut facilement devenir trop abondante ou même colliquative; et que cette action doit être assurée et dirigée par le moyen d'évacuans appropriés, en donnant de temps en temps des purgatifs médiocres, en faisant prendre des diurétiques et des diaphorétiques convenables, comme peut être l’eau de chaux composée de la Pharmacopée de Londres, etc.

Goutte consécutive de la V'érote.

Musgrave dit qu'il n’est point dé Goutte symptomatique qui soit plus commune; et c'est ce qu’on peut vérifiér dans tous les pays où la Goutte est fort répandue.

Cette Goutte succède spécialement à la maladie vénérienne que cause une chaudepisse mal traitée où supprimée.

Musgrave dit que la vérole d’un mari peut donner la Goutte à sa femme. Cela arrive sans doute parce que l’effét de la contagion vénérienne , sans produire alors d’autres maux vénériens chez la femme, peut développer en elle la disposition goutteuse (originaire ou acquise ). Musgrave pense que ce fait , dont il a vu des exemples , peut paroître extraordinaire ; mais j'ai observé que des cas semblables ne sont pas extrêmement rares.

Le caractère nerveux qu'ont plusieurs espèces de Goutie conséculive , a lieu principalement dans la Goutte vérolique. Ce caractère n'y est pas cependant plus marqué que dans les autres Gouttes consécutives, en ce que les douleurs y ont une plus grande violence relative , comme le prétend Musgrave.

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J'ai vu beaucoup de cas de cette Goutte où les douleurs étoient peu fortes , quoique les nerfs fussent très-affectés. |

J'ai vu un goutteux, qui à la suite de maux vénériens traités imparfaitement , avoit au côté gauche de la poitrine (sans aucune difficulté de respirer ) une affection goutteuse très-suspecte de complication d'un reste de virus vénérien, Ce malade avoit parfois , mais pour peu de temps , des intermittences dans le pouls , et de la peine à articuler. J'ai vu beaucoup d'autres cas où la Goutte vénérienne avoit porté sur les origines des nerfs.

Les attaques de cette Goutte , lorsque leur marche est régulière, peuvent être utiles à.

un certain point; mais lorsqu'elles sont interceptées, ou qu'étant ur peu actives , elles sont laissées à elles-mêmes ; elles amènent un état très - dangereux, s'il ne survient point d’hémorrhagie, d'ulcère ni de flux salutaire ; où bien s'il survient alors une cessation des règles, et si enfin toute issue est sensiblement fermée à la matière morbifique.

Musgrave a observé qu'alors la Goutte se.

porte ordinairement à la tête, et cause l'apo-

plexie, ou des maux convulsifs promptement funestes. Il rapporte un exemple remarquable d’un homme , chez qui celte Goutte vérolique ayant ainsi porté à la tête, fut traitée avec succès, mais qui fut pris quelque temps après , au milieu de la nuit , à la suite d’un sommeil fort tranquille , d’un spasme universel qui le fit périr brusquement. |

Durant les attaques de cette Goutte, Musgrave dit que les hypnotiques sont indiqués par la violence des douleurs , mais que leur abus jetteroit la matière morbifique sur les nerfs. Cette crainte est très-fondée, comme ‘ on peut voir d’après ce qui a été dit du caractère spécialement nerveux de la Goutte vérolique.

On pourroit essayer , dans ces attaques , “de donner, l'opium joint avec le mercure doux, que M. Plenciz le fils recommande fort dans la Goutte vénérienne. Cependant en général, ce remède me semble ne devoir être assez sûr que dans l’état chronique de cette espèce de Goutte (1).

(1) Ce n’est point ici le lieu de discuter la vertu anti-vénérienne ,; qu’on a récemment attribuée à

Ilest un principe général, que les médecins les plus éclairés m'ont paru suivre dans le traitement de la Goutte compliquée avec la vérole , et auquel je me suis toujours conformé avec succès dans ma pratique.

Ge principe est que, dans cette complication, sans négliger Îles remèdes palliatifs ou le traitement particulier des symptômes vénériens qui peuvent être urgens, on doit surtout s'attacher en premier lieu à combattre l'affection goutteuse ( en préférant sans doute les remèdes qui sont à la fois anti-vénériens) , et l'on ne doit travailler à la cure radicale de la vérole par les spécifiques mercuriels , que quand l'état goutteux est entièrement dissipé.

Les effets nuisibles qu'ont les mercuriels lorsqu'ils sont administrés comme spécifiques dans la complication de la Goutte et de la vérole ( effets qui ont été observés par MM. Plenck, Trampel et autres‘) , tiennent principalement à ce que ces remèdes aggravent la foiblesse du genre nerveux, qui est

l’opium , etqui me paroît bornée aux maux vénériens dans lesquels domine la douleur ; ou lPexcès de sensibilité.

éminente dans cette complication , à tel point qu'ils font dégénérer la Goutte, et peuvent même la rendre incurabie. Hs en prolongent extrêmement les attaques, et l’étendent au plus grand nombre des articulations qu'ils roidissent , ou auprès desqueiles ils produisent des engorgemens très-considérables.

Lorsque dans cette complication l'affection goutteuse résiste trop long-temps au traitement qui lui est approprié , les remèdes qui conviennent spécialement à ces malades affectés en même temps de la Goutte et de la vérole , sont le soufre , les préparations d'antimoine , les décoctions de salsepareille et de bardane; ces remèdes étant des dépuratifs appropriés à l’une et à l’autre de ces maladies. Dans des cas semblables, on peut leur | joindre avantageusement l'usage du lait, comme l’a observé M. Quarin.

J'ai vu plusieurs cas de douleurs trèsrebelles qu'entretenoit une complication de la Goutte et de la vérole , quoique la présence de celle-ci fût devenue obscure, et où Jai dissipé ces douleurs qui avoient résisté aux anti-vénériens , et aux anti-goutteux ordinaires , en faisant prendre de l'extrait

288 TRAITÉ d'aconit, ou seul (1) ou combiné avec des décoctions des bois sudorifiques , et avec des préparations d’antimoine.

efficacité de l’aconit dans les

(1) Je remarque que V

maladies vénériennes a été connue de J.-C. Scaliger

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