‹ Traite ́des maladies goutteuses (volume 2)Chapitre 75 sur 81 · AXE · texte numérisé non relu

AXE

L'action des causes du Rhumatisme aigu ayant excité une fièvre simplement symptomatique, cette fièvre peut dans son développement déterminer, suivant les disposi-

tions des malades , la formation de diverses fièvres aiguës qui ont leur caractère essentiel et qui se compliquent avec ce Rhumatisme (1).

Je remarque en général que dans le traitement de ces fièvres compliquées avec le Rhumatisme aigu, on doit suivre une méthode analytique où l’on combine suivant les rapports de dominance des indications

respectives, les traitemens propres à l’une ct

à l’autre de ces maladies compliquées.

Ainsi dans les premiers temps de ces complications la fluxion rhumatique étant généralement l'affection dominante, il faut a combaïtre par des évacuans et des révulsifs, en choisissant toujours entre ces remèdes ceux qui conviennent spécialement au caractère essentiel qu'a la fièvre compliquée.

Mais d'autant que cette fièvre qui complique le Rhumatisme aigu, présente com-

(1) On observe la même chose dans la petite vérole \et dans d’autres maladies exanthématiques où la fièvre \symptomatique en se développant dans les sujets di-

versement disposés, se change en d’autres fièvres. | Q Q 0 e assentielles qui forment de véritables complications. | 4

DES MALADIES GOUTTEUSES. 3br munément bientôt après des indications qui dominent sur celles de la fluxion rhumatique on doit alors suivre une méthode de traitement ou naturelle ou analytique, qui satisfasse aux indications particulières de cette fièvre, en préférant des remèdes qui puissent en même temps répondre aux indications de l'affection rhumatique compliquée. |

Je ne parlerai que de ces espèces de fièvres compliquées avec le Rhumatisme aigu, qu'on a le plus souvent observées jusqu'ici.

Ces espèces sont, celle qui est catarrhale d'un mauvais caractère, la bilieuse putride, et la gangréneuse. |

Premièrement, Stôrck a parfaitement bien décrit la fièvre rhumatique goutteuse de nature catarrhale d’un mauvais caractère, et Van-Swiéten a fait un juste éloge de cette description. Je vais rapporter en détail les principaux faits qu’elle renferme, parce que des cas analogues, quoique beaucoup moins graves, se rencontrent souvent dans la pratique.

Cette fièvre avoit en général tous les soirs des redoublemens marqués, dans lesquels les douleurs augmentoient et ne cédoient

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que vers le matin. Ces douleurs qui d’abord n’avoient occupé que les mains etles pieds; se répandoient ensuite dans toute l'habitude du corps, y devenoient extrêmes, et causoient un igor et un tétanos üniversel qui ne, laissoit de libre que la mâchoire inférieure.

Storck trouvoit surprenant ce phénomène, qui en effet étoit contraire à ce qu’on observe généralement dans le tétanos. On voit que la cause du tétanos dans cette fièvre étoit indépendante d’une affection de lorigine commune des nerfs.

IL étoit des cas où la fièvre étoit peu con:

sidérable, mais où il y avoit une sécheresse fâcheuse de la poitrine avec une toux fréquente et inutile; les forces s'abattoient, le corps s’exténuoit, et tomboit quelquefois en consomption avec des sueurs nocturnes , etc.

Storck à pensé, mais sans aucune preuve, que dans ces cas les douleurs occupoient la substance interne des os. Je crois qu'il suflit de reconnoître qu'il existoit alors un dessèchement extrême des solides, produit par l'effet de l'irritation très-généralement répandue que causoit l'acrimonie des humeurs:

Les remèdes sudorifiques ou diurétiques

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actifs étoient tres-nuisibles. Mais il falloit y faire un grand usage des boissons chaudes, émollientes et adoucissantes ( comme des décoctions très-saturées de bardane, d’althæa, de bouillon blanc , etc. )

Cet usage étant continué pendant plusieurs jours, étoit suivi de la formation de tumeurs molles au-dessus des articulations ; tumeurs qui étoient critiques et qui calmoient tous les symptômes , de sorte qu'ensuite il n'étoit plus besoin d'employer que de doux laxatifs et des incisifs. |

Lorsque dans le cours de cette fièvre les humeurs séreuses portées à la surface extérieure du corps disparoissoient des parties tuméfiées et se jetoient à l'intérieur, elles étoient déterminées sur la tête ou sur la poitrine , et donnoient la mort quelquefois très-promptement.

Stôrck a vu le reflux de ces humeurs causer dans un malade une aphonie , et dans un autre une orthopnée qui furent mortelles en vingt-quatre heures. On trouva une matière gélalineuse ramassée entre le cerveau et la pie-mère dans le premier cas ; et dans le second entre les poumons ct la membrane qui les enveloppe.

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