‹ Traite ́des maladies goutteuses (volume 2)Chapitre 77 sur 81 · X X VIT · texte numérisé non relu

X X VIT

Dans les premiers temps de ceite fièvre de mauvais caractère, où elle n'est pas encore dominante par rapport aux fluxions rhumatiques violentes qui sont multipliées à la surface du corps, où doit employer une méthode de traitement analytique.

On doit combattre par des remèdes évacuans généraux , révulsifs , tempérans et autres appropriés, tous les divers élémens de cette maladie compliquée qui sont Îles fluxions du Rhumatisme , la surabondance

des humeurs, leur acrimonie dépendante de l’état rhumatique du sang , et les différentes affections fébriles. | | |

Ainsi c’est alors que peuvent être fort utiles des purgatifs anti-phlogistiques répétés , qui pourroient ensuite être nuisibles ; et pendant le même temps il faut dans les intervalles des purgations faire prendre en abondance ét chaudement des boissons émollientes et adoucissantés.

Dans l'état plus avancé de cette maladie compliquée , lorsque la fièvre catarrhale rhumatique est manifestement dominante , il faut suivre une méthode naturelle de traitement dont l’objet soit de faciliter et de gouverner les tendances salutaires que la nature affecte dans cette fièvre, suivant ce que l'observation a fait connoître.

Les remèdes qui y sont alors de l'usage le plus général ( d’après les observations susdites de Storck ), sont des boissons émollientes et adoucissantes prises chaudes, qui favorisent et modifient la tendance des humeurs séreuses vers la peau , et qui en déterminent des congestions particulières formant des tumeurs dont la solution se fait :

enfin heureusement. |

DES MALADIES GOUTTEUSES. Ée

IL faut favoriser la formation des tumeurs molles et critiques qui se produisent dans le cours de cette fièvre. Il ne faut point se hâter de les dissiper, et l'on ne doit travailler à les résoudre que graduellement par des incisifs et des laxaiifs doux.

Un usage convenable des narcotiques peut être nécessaire pour assurer le succès des mouvemens salutaires de la nature dans cette maladie. |

Ainsi l'on doit reconnoître avec Storck,; que si l'extrême violence des douleurs amène des soubresauis des tendons, ou d’autres affections convulsives dans cette fièvre rhumatique catarrhale, il faut donner du narcotique souvent et à petites doses:

Storck dit que lorsque dans cette maladie un sommeil tranquille et réparateur ne succédoit pas les matins dans la rémission de la fièvre et des douleurs, il le procuroit utilement en donnant alors un narcotique:

Il assure que les narcotiques donnés les soirs pendant lexacerbation de la fièvre et des douleurs, réussissoient toujours mal. Il les a vu causer un sommeil très - fatigant , qui étoit suivi le lendemain d'un état sopo-

. 358 TRAITÉ reux approchant du délire, avec un pouls inégal et contracté (1).

Dans cette fièvre il est très-utile d'appliquer des vésicatoires au-dessus des endroits les plus souffrans pour évacuer les humeurs âcres et corrosives qui s’y accumulent.

Quand les malades épuisés tombent en consomption , on leur ordonne avec succès le lait, une diète humectante et nourrissante, l'infusion de sauge pour remédier aux sueurs nocturnes, etc. Il me paroît que des bains tièdes convenablement administrés dans le même temps pourroient être fort avantageux pour remédier au dessèchement général des solides. |

Mertens a décrit une épidémie de fièvres rhumatiques goutteuses que je trouve avoir été de la nature catarrhale de celles dont je parle ici. Elle paroïît avoir eu cette singularité, que les humeurs séreuses après avoir été attirées sur les organes extérieurs, y étoient rendues extraordinairement fixes , au point de ne pouvoir être résoutes, ré-

(1) Mertens a vu aussi dans une fièvre semblable les narcotiques causer une stupeur extrêmement in commode lorsqu'ils étoient donnés la nuit.

DES MALADIES GOUTTLUSES. 359 sorbées , ni évacuées par les remèdes les plus appropriés.

En effet, la saignée, les calmans, le kermès minéral, le camphre, l’aconit, le quinquina, les sudorifiques n'y eurent aucun véritable succès. Mais Mertens réussit parfaitement en faisant prendre aux malades des bains tièdes d'une ou deux heures dans une eau sulfureuse artificielle, faite en mettant dans chaque bain une livre et demie de foie de soufre préparé avec une partie de soufre et deux parties de chaux vive.

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