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Secondement, il faut bien distinguer les fièvres bilieuses et putrides des premières voies, qui sont jointes à un Rhumatisme aigu, de ces fièvres aiguës, où ( comme la remarqué Quarin ) des matières corrompues qui séjournént dans les organes digestifs en les irritant, causent par sympathie dans les articulations des douleurs qui n’ont point le caractère arthritique ni rhumatique.
Blane a observé aussi, qu'il est des fièvres aiguës, où les douleurs de membres qui les accompagnent sont soulagées par les eflorts que fait le malade pour vomir, même avant
860. MAT ECROA NIUE qu’il y ait eu aucune évacuation de produite.
I est probable que dans la fièvre rhumatique goutteuse qui est éminemment bilieuse, les douleurs sont excitées par des fluxions de l'humeur bilieuse surabondante , sur les muscles, et sur d’autres organes voisins des articulations affectées.
Les signes suivans de la dominance de la bile dans cette maladie, ont été très-bien indiqués, et réunis par Stoll (1). Les joues sont d'un rouge foncé, excepté vers les commissures des lèvres, et les ailes du nez, qui sont d'une teinte moyenne entre la pâleur et le jaune tirant sur le vert. Les yeux ont un certain éclat, comme s'ils étoient pénétrés de larmes. La langue est enduite d’une couche d'humeur jaunâtre : elle est affectée de tremblement quand on l’étend; et la lèvre inférieure l’est aussi quand on parle. La saignée augmente plutôt les douleurs qu'elle ne les soulage ; et la couenne phlogistique du sang qu'on tire, est d'un jaune légèrement verdâtre. Enfin, les maladies de la constitution qui règne dans le même temps, sont évidemment de nature bilieuse.
(1) Ratio Med. PU, p. 249-4, Ed, Paris.
DES MALADIES GOUTTEUSES, 36x
La fièvre bilieuse ou putride des premiè-
res voies devient si promptement dominante dans le Rhumatisme aigu qu’elle complique, qu'il est rare que la révulsion des fluxions sur les parties externes qui ont lieu dans ce Rhumatisme , puisse être opérée par d’autres remèdes aussi convenables que les émétiques et les purgatifs.
Les émétiques fréquemment répétés sont ici les remèdes les plus eflicaces : comme l'ont reconnu Musgrave, Huxham, et surtout Stoll. Mais il est essentiel pour en obtenir l'effet le plus avantageux, de les placer lorsque la matière. morbifique est convenablement préparée; et l’on doit pour cette fin, faire précéder et entreméler leur usage de remèdes digestifs et résolutifs appropriés.
Entre les principaux de ces remèdes réso- Jutifs, sont l’eau avec le syrop de vinaigre ; le sel de Giauber, et le kermès minéral ( qui peut agir aussi comme laxatif ). Finke recom- : mande de joindre le kermès minéral au mercure doux, dans les cas où la bile dégénérée est mêlée avec beaucoup de matières visqueuses et pituiteuses.
IL est particulièrement utile de faire succéder aux émétiques, des mixtures où les
correctifs de la bile ( comme le nitre et le rob de sureau ) soient joinis aux laxatifs ( comme les tamarins et le sel polychreste ) : mixtures qui doivent être données en petites quantités et souvent; de manière à procurer cinq ou six selles toutes les vingt-quatre heures,
La fièvre rhumatique goutteuse qui est bilieuse putride des premières voies, devient quelquefois putride universelle Huxham l'a observé.
;, comme
Cette fièvre peut aussi devenir maligne, en se compliquant d'un état nerveux. Cet état peut se marquer, ou par des convulsions violentes et opiniâtrément répétées, comme l'a vu M. Sobaux (1); ou par des affections paralytiques, comme l'a vu Stoller,
Dans ces complications , il faut, en insistant toujours sur des évacuations sufhisantes de la bile, ordonner, suivant les indications, les divers anti-septiques, excitans , et antispasmodiques qui peuvent être appropriés, comme le quinquina, les vésicatoires, le camphre, le musc, les bains tièdes , etc.
- (1) Jour. de Méd., mars 1782.
III. Il est une fièvre rhumatique goutteuse, dont la nature est promptement mortelle , et que l’on doit appeler gangréneuse, puisque peu de temps après son invasion, il s'y déclare sur l'extrémité où la douleur s’est fait sentir, une inflammation qui est bientôt suivie de gangrène.
J'ai vu à Paris quelques exemples de cette fièvre, dont je ne trouve point qu'aucun auteur ait bien connu le traitement essentiel.
Borsieri, en traitant de la fièvre éphémère pernicieuse, a donné des exemples de la fièvre rhumatique - goutteuse qui produit promptement la gangrène. Il a dit avec raison que l'humeur goutteuse peut acquérir quelquefois une extrême malignité, et peut même causer une mort subite, et quil la vu produire la gangrène et le sphacèle.
Pott a vu chez des goutteux, la piqûre du scrotum ( dans l'opération de l’hydrocèle } être. suivie d’un sphacèle qui le détruisoit en entier.
Loubet a’ vu plusieurs goutteux d’un âge avancé, mourir d’une mort très-prompte ; par l'effet de la grangrène qui survenoit à
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l'endroit des cors qu'ils s’étoient fait couper aux pieds; gangrène qu'il dit avoit été précédée peu auparavant de diverses affections spasmodiques. Il assure que les remèdes auxquels on a recours dans ces cas , n’ont jamais aucun succès, et qu'il faut en venir à l'amputation de la partie affectée, qui ne réussit pas toujours.
Pour le traitement de cette maladie funeste, dont le progrès est si rapide, j'y distingue deux temps. Dans le premier, d’a- “près les circonstances antérieures et présentes qui indiquent la résolution des forces radicales , on a lieu de présumer que la fiévre dont le caractère est. encore obscur, sera très-maligne , et que l’inflammation rhumatique goutteuse sera bientôt suivie de gangrène. fe
Le second temps est celui où la malignité est démontrée par les symptômes redoutables qui surviennent tout-à-coup , et où la gangrène est manifeste.
D'après la distinction de ces deux temps dans ceite maladie, on voit que le traite- .
ment doit en être réglé suivant deux mé-
thodes analytiques différentes, qu'il faut y employer successivement.
La première de ces méthodes convient au premier temps ou accès de cette maladie.
On doit y combattre les mouvemens des fluxions rhumatiques , par des évacuans et des révulsifs, de manière à rendre plus complète la déclinaison de cet accès, et à affoiblir les douleurs ; et l'on doit ensuite, par le moyen du quinquina et d’autres fortifians appropriés , prévenir l'exacerbation de la fièvre, qui amèneroit la dégénération gangréneuse des inflammations rhumatiques.
Dans l’autre méthode analytique , qu'il.
faut suivre dans le second temps de la maladie où la disposition gangréneuse est établie, on doit faire un usage combiné du quinquina et de l'opium , en donnant ces remèdes suivant les rapports de dominance qu'ont entre eux les divers élémens qui.
constituent cette maladie gangréneuse. Ces élémens sont les variations de la fièvre, la perte des forces vitales, la putridité ou l’acrimonie sensible des humeurs, et la douleur ou d’autres lésions graves du genre nerveux.
Ainsi, dans le premier temps , l'application des sangsues sur les parties souffran-