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Le plus puissant des remèdes métasyneritiques est l’inustion , ou la brülure faite avec des mèches ou cônes de coton (1), sur la peau qui répond aux parties fortement affectées par le Rhumatisme, ou aux articulations voisines.
On a substitué parmi nous ces mèches de coton aumoxæa ( pyramide faite d’une espèce d'armoise), que le Chinois et les Japonois
‘ font brûler de même au-dessus des endroits
les plus souffrans , pour guérir la Goutte (2), le Rhumatisme , la Sciatique, et beaucoup d’autres maladies.
De tous les Auteurs modernes , M. Pouteau est celui qui a fait le plus grand usage et le plus heureux de cette cautérisation, et
(1) M. Percy préfère la mèche des canonniers ( espèce de corde faite de filasse imprégnée de nitre ) qui brûle complétement et sans interruption en donnant un feu assez vif.
Sur les inustions que les Lybiens pratiquoient avec de la laitue grasse pour guérir des maux goutteux , voyez Hérodote , et Prosp. pis de Medicinä Ægyp- | forum.
(2) Comme il a été dit ; livre premier, art. xuiv.
4% HTSRA TUE à qui a le mieux traité de son administration, et de ses effets sensibles.
Il à vu plusieurs cas de Rhumatisme , où ces brûlures ont procuré un soulagement grand et soudain , et ont sufli pour opérer la guérison, apres que l’on avoit employé sans succès les eaux sulfureuses , les vésicatoires , et divers autres puissans remèdes , tant externes qu'internes.
M. Pouteau conseille d'appliquer la mèche de coton dans l'endroit où le Rhumatisme cause la douleur la plus vive , et si la douleur vient à changer de place , de la poursuivre dans son nouveau siége par une semblable application. |
- Cependant il a observé avec sagacité, que dans certains cas où le siége du Rhumatisme n'étoit pas le même qu'il avoit occupé d'abord , le feu appliqué sur l'endroit actuellement douloureux , étoit inefficace, et qu’on guérissoit en portant le feu à l'endroit où la douleur avoit existé primitivement , quoiqu'elle ne s’y fit pas ressentir. Il à rapporté plus d’un exemple de cette observation trèsremarquable.
Dans un cas où les brülures répétées avoient été sans effet , à raison de l'extrême
mobilité de l’humeur du Rhumatisme , qui attaquoit successivement plusieurs endroits différens; il parvint par des frictions sèches. trés-vigoureuses , à fixer cette humeur dans une extrémité inférieure , sur laquelle ik appliqua le moxa , et guérit.
M. Pouteau a observé que l'effet salutaire de ces brülures se manifeste promptement ; que les douleurs se dissipent avant que la suppuration ne se déclare, et qu'ensuite la suppuration ainsi excitée produit des effets plus avantageux , que si elle l’étoit par tout autre moyen (1).
Le sentiment de la brûlure ( que M. Pouteau dit pourtant durer peu de temps , et être au-dessous de ce qu'on imagine ) en se communiquant à la partie affectée (2), peut y suspendre , et même souvent dissiper l’ac-
(1) Cependant Bromfield pense que les sétons sont plus avantageux que ces cautérisations pour dissiper les anciennes douleurs de Rhumatisme , parce que la suppuration qu'ils établissent peut être entretenue aussi long-temps qu’on le juge utile. D’ailleurs Pouteau conseille de faire suppurer pendant deux mois et plus les plaies produites par les brûlures. Ç
(2) On a observé que dans cette inustion la peau s€
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tion spéciale que les forces de la vie aflecs toient opiniâtrément dans cette pañtie , et qui y constituoit l'état de Rhumatisme. '
Il paroît que par l'impression profonde que font ces brülures , elles attirent de plu: sieurs parties du corps, une quantité d'humeurs extraordinaire. M. Pouteau les a vues dans des maladies rhumatiques , déterminer après la chute de l’escarre un flux si abondant , quil falloit panser plusieurs fois Îe jour. Mais indépendamment de l'effet de lécoulement procuré par ce moyen, il paroît aussi que le cautère actuel agit directement sur les chairs au-dessus desquelles il a été appliqué, pour en changer la qualité vicieuse.
Ce changement opéré dans la nature même des chairs, qu’avoit altérées le Rhumatisme, est rendu d'autant plus probable, que suivant la remarque de M. Pouteau, l'humeur rhumatique , lorsqu'elle n’a pas été entièrement épuisée par la brülure , se
gerse, et forme de longs rayons qui se terminent à la brûlure; les chairs palpitent, les muscles se contractent , et l’on y sent sous les doigts un petit frémissement.
DES MALADIES GOUTTEUSES. li
reporte rarement au même endroit quand la maladie revient , de sorte que cet endroit a reçu par la brûlure, comme une force singulière pour repousser de nouvelles attaques.