CXLI V
C’est dans la paralysie rhumatique , qu'oæ voit plus souvent que dans toute autre espèce de paralysie, de bons effets de l'usage des eaux thermales en bains , ou en douches au-dessus des parties paralysées.
M. de Sauvages dit trop généralement que la paralysie rhumatique est aggravée par les eaux thermales salines, et soulagée par les sulfureuses. En effet, l'expérience journalière fait voir que les eaux thermales salines
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sont souvent utiles dans des paralysies rhumatiques. |
Mais il ne faut pas oublier que dans toutes les affections rhumatiques , comme je l'ai dit ci-dessus (1) , les eaux thermales salines sont plus convenables quand la fibre est lâche, et que l’épaississement domine dans les humeurs, et qu'il faut leur préférer les æaux sulfureuses , quand la fibre est sèche et que les humeurs sont âcres.
On reconnoît généralement qu'il faut graduer la chaleur et l’activité des bains d'eaux thermales , ou de leurs douches sur les parties qu'affecte une paralysie rhumatique , de manière à ne point trop exciter , lorsqu il y a sensiblement beaucoup de sécheresse et d'âcreté dans les humeurs , et qu’il faut réserver l'application très-chaude des eaux thermales les plus actives pour les malades phlegmatiques , chez lesquels on est fondé à présumer l'excès d'atonie des solides et l’épaississement des fluides.
Mais on ne considère pas assez, que dans ce dernier cas ce remède doit être nuisible , lorsqu'il y a un extrême affoiblissement du
(1) N° xx et n.° xu du livre second.
tissu des fibres affectées, qui est aggravé par l'application d’un haut degré de chaleur humide , ou bien lorsqu'il y a un excès de résolution des forces nerveuses qui ne sont plus susceptibles que d’une excitation violente qui achève de les ruiner.
Autres maladies des nerfs, qui sont de nature goutteuwse.
Convutlsions goutleuses.
Il me paroît que les espèces de la Goutte interne qui porte sur les nerfs , n'ont pas été ob£ervées avec assez de soin, et demanderoient encore une étude particulière.
Musgrave traita , avec un plein succès, un homme fort goutteux ( dont deux frères avoient péri d'une Goutte anomale ou interne ) , quil vit attaqué de convulsions très-violentes , avec une perte de sentiment qui subsistoit depuis quelques jours.
Après l'avoir purgé, il lui fit appliquer sur la tête rasée un ample vésicatoire , qui dans cinq ou six jours de temps évacua une très-grande quantité d'humeurs séreuses. Il lui ordonna des pilules avec le.
castoreum et des gommes fœtides , et de l’esprit volatil huiïleux dans un julep cébhalique. Par ces moyens, il le retira de cet état funeste , et il le garantit ensuite d’y retomber, par l'usage du fer et du quinquina.
Trismus goutteux.
Le trismus est un resserrement convulsif des mâchoires, ou l'on né peut ouvrir la bouche qu'avec une difficulté extrême et de grandes douleurs , à cause de la roideur des crotaphites et des masseters.
Le trismus est souvent produit par une cause goutteuse. Sauvages dit que dans ce trismus arthritique, il survient une agitation continuelle des muscles voisins, une salivation très-abondante , et l’insomnie. Il ajoute que ce imal peut persister pendant plusienrs mois de suite. |
Sauvages a VU un cas de celte espèce de drismus ; où la malade fut soulagée par les douches des eaux de Balaruc, ét retira énsuite beaucoup d'utilité des narcotiques répétés cuaque jour. Dans un #rismus de cause rhumatique, Weickard a obtenu les effets les plus heureux de l'opium donné à grandes doses.
DES MALADIES GOUTTEUSES. 455 Ackerman (1) a donné une description fort détaillée d'un trismus , dans lequel les muscles affectés se contractoient et se relàchoient alternativement , et qui succéda à des douleurs invétérées de Goutte et de Rhumatisme. Ces douleurs furent suspendues pendant le temps que dura cette affection spasmodique , ét révinrent lorsqu'on l'eat fait cesser.
Ackerman conseille dans ce trismus goutteux , par rapport à la suppression de la transpiration et à la répulsion de l'affection goutteuse qui a précédé , de donner du laudanum liquide, ou d’autres combinaisons de l’opium avec des remèdes chauds , comme avec les alkalis volatils, la liqueur de corne de cerf succinée , etc.
Il y conseille aussi dans les mêmes vues, des vésicatoires et autres épispastiques , des cautères ou des setons , et spécialement des bains chauds, pris chaque jour , suivis de frictions faites sur tout le corps avec des.
flanelles.
(1) Dans sa Dissertation de Trismo.
M56 TRAITÉS Danse de Saint-Gui goutteuse.
Stoll a observé une espèce de la danse de Saint-Gui, dont la cause est goutteuse. IL y recommande , après avoir fait précéder la purgation, l'extrait d’aconit , les fleurs d'arnica , l'extrait de la racine de valériane, et il joint à ces remèdes l'application de l’électricité. Il dit qu'en faisant un long usage de ces remèdes combinés , la maladie se juge par la Goutte qui survient aux articulations, ou par des transpirations abondantes.
On peut douter si ces remèdes auroient toujours , dans cette maladie , un succès aussi constant que l'a pensé Stoll. Mais dans le cas où ils ne sufliroient pas pour la cure , jepense qu'il pourroit être utile de leur joindre le camphre pris à des doses assez fortes.
Outre que le camphre est un anti-goutteux très-efficace , je sais qu'il a réussi dans un cas de danse de Saint-Gui, où l'on n’avoit pu guérir en employant la racine de valériane , électricité , les bains froids et le quinquina. Ce dernier remède est d'ailleurs en général celui dont l'utilité est la plus assurée dans cette maladie, et il m'a sufi plusieurs fois pour la guérir.
DES MALADIES GOUTTEUSES. Ad,