‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 102 sur 116 · CENT · texte numérisé non relu

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J'ai traité dans ce troisième livre des es- |pèces goutteuses de divers genres de maladies internes qui sont consécutives de la Goutte des articulations. Je n'ai dû parler que de celles qui sont les plus graves ct les plus communes dans la pratique; mais il n'est point douteux que la Goutie interne ne soit la cause d'un très-grand nombre d’autres maladies , dont il seroit difficile de faire une énumération complète.

Entre les diverses affections qui se rapportent à un principe goutteux, sont des ophthalmies et d’autres maladies des yeux, des érysipèles chroniques , etc.

Musgrave a traité particuliérement des achores ( ulcères à la tête } qui ont une cause goutteuse , et qui peuvent se terminer par la crise de la Goutte aux articulations. À raison de l'utilité de ces ulcères, qui ne sont suivis que très-rarement d'une Goutte interne, il ne veut point qu'on se propose de

(1) Livre second, n.° Exxvur.

les EH NAT. en excitant des douleurs de Goutte aux articulations. Il ajoute que cette exception ne convient qu'à cette seule espèce de Goutte anomale.

Strack a indiqué (1) un très-grand nombre de maladies dont la cause est une Goutte masquée, et peut-être en a-t-il trop étendu la liste.

Strack remarque que les mouvemens de la Goutte sont périlleux dans les femmes enceintes , et il donne un exemple d’une femme: grosse de trois mois, chez qui la Goutte s'étant portée de l'épaule à la matrice, détermina l'avortement , et revint ensuite à l’épaule.

Reusner a observé des maladies de l’ouie, dont les retours étoient alternatifs avec ceux de la podagre.

La Goutte peut affecter le corps du cristallin , et produire la cataracte ( comme Strack et d’autres l'ont observé ) ; ou bien elle peut condenser l'humeur ( dite de Morgagni } contenue dans la capsule du cristal-

(1) De Colc. Pict. p. 71.

lin , ce qui cause diverses apparences de filamens et de toiles quise meuvent au-devant de l'œil ( comme l'a fait voir M. Demours ).

Aëtius dit que dans des sujets goutteux il survient quelquefois une affection douloureuse de l'iris dans sa partie circulaire qui entoure la prunelle. | J'ai vu chez un goutteux ( en qui cet accident cessoit , quand il survenoit des mouvemens de Goutte), un phénomène singulier qui est relatif à l'observation d'Aëtius. Ce malade voyoit une tache en anneau circuculaire qui voltigeoit devant son œil, tache qui étoit sensiblement produite par une affection du limbe ou bord intérieur de Firis qui entoure l'ouverture de la pupille.

Sans doute c'étoit parce que ce limbe ayant reçu une expansion vicieuse par l'engorgement goutteux , étoit devenu , quoique imparfaitement , perméable aux rayons de lumière ; que l'ombre de ce limbe se dessinoit très-souvent (et non toujours ) sur la rétine, de sorte que son image étoit rapportée au-dehors entre l'œil et la surface des objets extérieurs. |

Ce qui confirmoit particulièrement mon Opinion , étoit que cette tache annulaire se

464 T'RATTENN montroit plus souvent ; et surtout que son contour étoit terminé plus régulièrement , lorsque l'œil étoit tourné vers une lumière vive, que lorsqu'il étoit dirigé vers une surface obscure.

Dans le premier cas l'iris étoit élargi le plus possible par le resserrement nécessaire de la prunelle , de sorte qne son limbe étoit d'autant plus atiénué et plus pénétrable à la lumière. Dans le second cas , ce limbe étant comme plissé dans la dilatation de la prunelle , étoit inaccessible à la lumière ; de . même que le reste de l'iris , dont il n'étoit * plus distingué , et il ne pouvoit plus former sur la rétine une image circulaire.

Des complications de plusieurs maladies

goutteuses , qui sont produites à la fois par La Goutte qui affecte différens viscères. |

jh complications des affections que la Goutte produit à la fois dans différens viscères , ont lieu le plus souvent dans deux états différens des sujets goutteux ; états qu'il importe de distinguer.

L'un de ces états, est celui des hommes forts qui ont ressenti depuis peu les premières atteintes de la Goutte, et chez qui cette maladie n'étant point encore assujettie à des attaques régulières, se porte äl a fois sur divers organes internes.

L'autre état , est celui des vieux goutteux chez lesquels, par l’invétération de cette maladie , leur corps étant pour ainsi dire transformé en substance goutteuse, plusieurs viscères sont occupés en même temps par la

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