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Baillou et Baglivi ont observé que dans un lumbago produit par un effort violent des muscles extenseurs des lombes (1}, il se fait quelquefois un épanchement de sang dans le tissu de ces muscles ; que cet épanchement s'annonce par une fkuctuation qui n'est point précédée des signes de suppuration , et qu'on peut évacuer par l’incision le sang épanché.
Baglivi dit aussi qu'il est fort avantageux, dans les cruelles douleurs des lombes, qu'il survienne un flux de sang par les selles, et sans doute ce flux est produit par la resorbtion du sang qui a été extravasé dans le tissu des muscles lombaires.
(1) J'ai vu ces muscles spécialement altérés, et comme résous dans leur tissu , chez une dame sujette à des douleurs vives et lancinantes de lumbago ‘et de sciatique , chez qui elles revenoient et s’étendoient jusques sur les côtes inférieures, par le moindre mouvement d’ébranlement et deconversion du bassin , ou de redressement des vertèbres lombaires.
Bo. AL TRUANTUQNE
Morgani rapporte (1) qu’un jeune homme après avoir souflert pendant un an des douleurs cruelles , d’abord dans le lombe droit, et puis dans le lombe gauche, fut pris d'impuissance de mouvoir les jambes, eut ensuite une tympanite , et périt.
Morgagni trouva dans le cadavre, que le corps charnu qui fait l’origine commune du sacro-lombaire et du très-long du dos, avoit surtout du côté droit, et auprès de l'épine, dans une étendue de cinq travers de doigt en quarré, une couleur insolite, semblable à celle des vieilles armoires de bois de noyer; que cette couleur vicieuse s'étendoit de dehors en dedans, et aux muscles sacré et quarré des lombes qui sont placés au-dessous , et que dans tout cet espace les fibres ‘étoient extrêmement lâches , foibles , et renfermoient beaucoup de petits grumeaux de sang épanché dans leurs interstices. J'ai lu dans Plater une observation analogue.
Stoil a vu quil arrive quelquefois que l'inflammation , ou vraie (2), ou rhumati-
(1) Epist. Anat. Med: xvnr , n.° 17.
(2) La Motte a observé un lumbago causé par une vraie inflammation du muscle grand psoas. El dit que
que et fausse du muscle grand psoas , cause des douleurs vives dans les lombes , et empêche qu'on ne puisse plier le corps en avant, et élever les cuisses. Il a vu dans quelquesuns de ces cas, la lésion des parties voisines causer le ténesme et une excrétion fréquente et douloureuse des urines.
M. Tissot dit que l'excès des plaisirs vénériens ; surtout si on sy livre étant debout , cause un lumbago très-cruel ; avec une atrophie semi-paralytique des cuisses, qui force à rester au lit. Ce lumbago et cette semi-paralysie, que M. Tissot n’a point expliqués , me paraissent avoir pour cause principale les compressions que les muscles grands psoas exercent sur les nerfs CTUrauUx.
Les secousses répétées de ces muscles dans cet usage vicieux des plaisirs : vénériens , liraillent assidüment les origines de l'un et de l’autre nerf crural ; ce qui établit sympathiquement une sensibilité douloureuse, et enfin des douleurs vives dans les muscles des lombes , auxquels se distribuent
cette inflammation peut se terminer par un abcès qu’il conseille d’ouvrir. |
b4 TRAITÉ les nerfs lombaires , dont les cruraux tirent leur origine. |
Ces compressions violentes et réitérées de chaque grand psoas, affoiblissent aussi l’intégrité des parties qu'il frappe dans le nerf crural , qui se distribue à divers muscles de la cuisse ; de sorte que ces muscles jouissant moins du concours de la force nerveuse, tombent dans l'état d'atrophie et de semiparalysie.
M. Pouteau (1) dit qu'en ouvrant les tumeurs formées à l'endroit des parties aflectées de lumbago , il en sort quelquefois de Vair qui fait un certain bruit. Il me paroît probable que cet air se dégage, même sans fermentation putride , du sang extravasé dans le tissu cellulaire des muscles affectés ; lorsque ce sang ne peut être déplacé ou mû ‘par les oscillations toniques de ce tissu ; oscillations qu'arrête l'effort de situation fixe qui constitue l'état de Rhumatisme.
Vogel dit qu'on a vu quelquefois le lumbago se résoudre par un gonflement tympa-
(1) Mél. de Chir., p. 41.
nitique. Morgani à vu aussi uñe tympanite symptomatique survenir au lumbago invétéré. Il me paroît très - vraisemblable que dans ce cas, l'air dégagé du sang dans le tissu des muscles affectés, se propage dans tout le tissu cellulaire qui est extérieur au péritoine, et en cause la distension.
On pourroit rapporter réciproquement à la pénétration à l'intérieur de l'air que renfermoit le tissu des muscles exlenséurs, ce fait singulier , qu'a publié Monro (1). Chez une femme attaquée de iympanite, on observoit qu'à mesure que le bas-ventre venoit à se désenfler, sans qu'il eût précédé aucune évacuation , il survenoit des douleurs qui se formoient dans toutes les parties du corps. :
Mais il faut considérer d’une manière plus générale la connexion qu'ont avec les vents un grand nombre de douléurs ou de Rhumatisme ou autres.
Arbuthnot dit avoir vu fréquemment (2), que des douleurs dans les extrémités étoient soulagées par des frictions que suivoit une
(1) Mém. d'Édimb. , tom. 1.
(2} Essais sur les efféts de l'air, p. 149-
b6 TRATITÉ
éruption d’une quantité prodigieuse de vents venant de l'estomac. |
Fischer (1) parle de certains habitans de la Livonie l qui sont sujets à une douleur qui répond à l'os sacrum , qu’ils croient être causée par des vents, et qui en rendent beaucoup, soit dans le bain, pris à la suite de fomentation ; soit lorsqu'ils se font fouler à l'endroit de l’os sacrum par un homme qui sy meut avec les genoux.
Ouire ces observations singulières , dont il seroit facile de multiplier les exemples, l'effet général de l’éruption des vents par haut ou par bas, qui a lieu lorsque des douleurs dans les parties extérieures du corps:
viennent à se dissiper, est si commun, qu'il na pu que donner naissance au préjugé populaire , depuis Hi ppocrate jusqu'à nous , que ces douleurs sont causées par des vents.
Je pense qu'on doit chercher à expliquer d'une manitre plus précise et plus satisfaisante, l'éruption de vents qui accompagne la dissipation de cette espèce de douleur.
Ce n’est que dans des cas très-rares, où l'air vient à se dégager des fluides que ren-
(1) De Senio , cap. un, n.° 109.
ferme le tissu des organes extérieurs affectés de douleurs vives, que la sensation des vents qui accompagne cette douleur, se trouve avoir de la réalité.
Mais dans une infinité de circonstances , des douleurs sont produites en divers points des organes extérieurs , lorsque leur tissu est tiraillé en sens contraires, par les mouvemens des fluides qu’il renferme , et par des efforts, soit de situation fixe , soit de rapprochement ou même d’écartement (1) entre les molécules de ses fibres.
Un changement soudain qui fait succéder à ces tiraillemens douloureux dans les fibres affectées , leur état naturel de contraction tonique , se fait par une espèce de détente dans l’action des forces vivantes. |
Cette détente subite est ressentie dans l'estomac et les intestins par un effet de leur forte sympathie avec les organes extérieurs, et le degré de contraction tonique qui existoit auparavant dans les membranes de ces
(1) J’ai parlé ailleurs de cette extension du tissu des fibres qui s’y opère par l’action directe du principe de la vie dans divers cas d’affections graves et insolites. |
58 MIRIAMUITÉ
viscères étant ainsi altéré tout-à-coup , cela suffit pour déterminer quelquefois un développement tympanitique des vents , et plus souvent leur éruption par haut ou par
bas.
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Les méthodes du traitement du lumbago, lorsque l'inflammation y est aiguë, doivent être analytiques et analogues à celles qui conviennent aux premiers temps du Rhumatisme aigu. ! |
Ainsi il faut y pratiquer les évacuations de sang qui peuvent être indiquées générales , révulsives , dérivatives . et locales, suivant les principes généraux du traitement des fluxions , ét des engorgemens qui leur succèdent. |
C'est d’après ces principes qu'on doit se conduire pour ordonner la saignée du pied qu'Hoffmann recommande dans cette maladie ; l'application des sangsues à l'anus, que Zecchius et d'autres y ont vu particulièrement utiles ; enfin les ventouses et les scarifications profondes sur l'endroit affecté, dont on a obtenu les effets les plus heureux.
Il faut observer relativement aux autres
DES - MALADIES GOUTTEUSES. 5g évacuations révulsives, dérivatives, ou locales , qu'on peut opérer par les purgatifs et les diaphorétiques , dans les divers états de la fluxion aiguë du lumbago , les indications particulières que présente cette affection rhumatique par son siége , et par la nature qu’elle prend chez différens malades. |
C'est ainsi que chez les malades robustes et peu irritables , il est avantageux de faire précéder par des lavemens âcres des purgatifs plus ou moins actifs ; et chez les malades très-sensibles en qui les douleurs persévérent avec violence après la saignée , d’employer des vapeurs émollientes et résolutives dirigées sur les parties douloureuses , avant que d'ordonner des purgatifs d’une énergie médiocre, etc. |
La négligence qu'on a eue généralement par rapport à l'observation ‘de semblables indications particulières qui se réunissent chez les différens malades affectés de lumbago, a souvent rendu nuisibles dans cette maladie divers remèdes évacuans des premières voies diaphorétiques et topiques appropriés , dans les mêmes cas de lumbago où ces remèdes auroient pu être fort utiles , si on les eût employés méthodiquement.
Les mouvemens salutaires de la nature sont trop rares et trop dificiles dans les temps avancés de cette maladie ( peut-être ‘à cause de la profondeur de son siége ) pour qu'on puisse se proposer de la traiter par une méthode naturelle, ou dont l'objet soit d'aider les mouvemens de la nature. :
Ainsi le lumbago , lorsqu'il ne peut être promptement résous par les mouvemens de la nature qu'ont préparés des moyens mis en œuvre en suivant une méthode analytique, devient un Rhumatisme chronique , et doit être traité semblablement par une méthode empirique, soit perturbatrice , soit spécifique.
Il est plusieurs remèdes perturbateurs , tant externes qu'internes qu'on a recommandés comme étant fort efficaces pour résoudre le lumbago rhumatique. |
On peut parvenir à le résoudre par un exercice médiocre dans lequel concourt le mouvement des parties affectées qui invite au rétablissement des mouvemens toniques naturels dans le tissu musculaire qui aïde la résolution de l’engorgement , et qui entretient la transpiration locale. Mais il faut éviter les mouvemens violens qui agitent
trop le sang , abattent les forces, et sont suivis d’un repos nécessaire et sans vigueur qui peut déterminer l'aggravation de la maladie.
On -a aussi conseillé spécialement des frictions faites sur les parties affectées après des onctions avec de l'esprit-de-vin cam- phré où l’on a dissous du savon , et des vapeurs chaudes déterminées au même endroit d'une infusion de thym ou d'autres plantes aromatiques. Van-Swiéten a éprouvé les meilleurs effets de ce dernier remède , dans un cas rebelle et très-fâcheux de lumbago rhumatique.
Home (1) vante extrêmement pour résoudre le lumbago ( comme aussi contre la sciatique.) un liniment composé, dont les principanx ingrédiens sont le savon noir, le sel de corne de cerf à petite dose , :et du camphre dissous dans six fois autant d’esprit de térébenthine. UE
L'arnica paroît avoir une vertu résolutive singulière dans le lumbago, de même que dans les autres affections rhumatiques. Aaskow a guéri dans l’espace de quatorze jours
(1) Medical Facts and Experiments , p. 76 et s.
un Rhumatisme chronique des lombes et faisant prendre matin et soir une forte infusion faite à chaud des fleurs d’arnica dans de la bière légère où l'on avoit ajouté de la créme de tartre ét du nitre.
VWorthington a observé un spasme dorsal (1), qu'il dit être très-différent du lumbago , et saisir subitement avec une grande violence , en même temps que le dos et les lombes , les muscles de l'abdomen et du thorax , les intercostaux et souvent le diaphragme. Il ne doute pas que ce spasme n'ait de l'affinité avec les affections goutteuses. |
Dans cette maladie Worthington conseille la saignée , et surtout chez les pléthoriques , les vésicatoires , et entre les diaphorétiques ( qu'il regarde comme des moyens secondaires de résoudre les spasmes } , la poudre antimoniale de James , avec le camphre et l'opium à petites doses souvent répétées. Si le spasme continue malgré ces remèdes, il prescrit de fortes doses d'opium avec
(1) Dans un traité On the spasm dorsal ( dont Pextrait tiré de Analytical Review , se trouvedansl’'Es+ prit des Journaux, septembre 1799 ; P: 999 }).
‘éther, l’assa-fœtida , l'esprit de corne de cerf , ct d’autres analogues. Il ordonne d'abord un régime ‘sévère dans ce spasme ; et quand il est résous , sie quinquina et des toniques.