‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 15 sur 116 · L'VALE · texte numérisé non relu

L'VALE

M. Cotugno pense que la cause de la sciatique nerveuse est toujours une humeur àcre ou abondante; soit aqueuse, soit lymphatique concrescible, épanchée dans le tissu cellulaire qui enveloppe le tronc et les rameaux du nerf sciatique, ou bien entre la substance de ce nerf et ses membranes. I croit qu'à la suite de ce dépôt d'humeurs sur ces enveloppes cellulaires, le nerf sciatique est toujours attaqué tôt ou tard d' RyArORRs de ces enveloppes.

M. Cotugno reconnoît qu'il n'a pu confirmer suflisamment par ses dissections, son assertion sur la production de cette maladie,

D'ailleurs on peut opposer à cette assertion, la remarque que fait Morgagni (1) sur une observation de Coîter, qui se rapporte à la théorie de M. Cotugno.

Coïter dit que dans des sujets attaqués de sciatique et d’autres affections goutteuses ,

(Q)Epist. Anat. Med. 1vu, n° à

100 TRAME il a trouvé souvent que l’espace qui est entre la partie inférieure de la moelle épinière et la dure-mère, espace que traverse le tronc du nerf sciatique à sa formation, étoit rempli de sérosités tenues, et quelquefois d’une pituite visqueuse. Morgagni objecte là-dessus, qu'on trouye aussi au même endroit des amas d’'humeurs semblables dans des sujets qui n’ont point été affectés de sciatique.

Home et Cullen ont fait d'autres objections fondées contre l'opinion de M. Cotugno, qui donne cet épanchement d'humeurs pour cause de la sciatique nerveuse.

D'après l’idée, quoique arbitraire, que dans cette maladie il faut évacuer une humeur croupissante dans les gaînes du nerf sciatique, M. Cotugno a pensé fort heureusement qu'il devoit être singulièrement utile d'y appliquer des vésicatoires en travers sur les endroits ou le nerf sciatique est le plus à découvert sous la peau. Ges endroits sont un peu au-dessous du geñou, vers la têle du péroné , et sur la partie inférieure externe du tibia, quatre travers de doigt au-dessus de la malléole externe.

DES MALADIES GOUTTEUSES. iot

Des observations fortuites des Anciens (1) sur l'utilité de l’inustion en ces endroits, l'ont déterminé à faire des essais qui lui ont parfaitement réussi. Il a ainsi dissipé en peu de jours entièrement et sans rechute, ur grand nombre de sciatiques cruelles et invétérées.

J'ai vu plusieurs cas de sciatique nerveuse postérieure , où J'ai obtenu de très-bons effets de l'application des vésicatoires faite aux endroits indiqués par M. Cotugno. Cependant j'ai réussi de même en faisant appliquer sous le jarret vers la partie extérieure, un vésicatoire, dont la plaie étoit entretenue pendant Jong-temps.

J'ai préféré d'appliquer le vésicatoire en

(1) Aux faits qu’a indiqués sur ce point M. Cotugno, on peut en ajouter d’autres cités par Forestus ( 6. xxix , 065. 21, in Scholio ). Je trouve aussi que Conrad Gesner ( cité par Rumler , observ. 98 ) avoit vu dans la sciatiqne de bons effets d’un cautère placé sous le genou.

Allen dit qu’il a vu un charlatan guérir la sciatique, et que depuis il l’a guérie lui-même en appliquant des feuilies d’une espèce de renoncule (ranunculus flammeus minor ) un peu au-dessous du genou, où elles faisoient l'effet d’un vésicatoire. |

cet endroit, dans des cas où les douleurs de l'extrémité inférieure affectée se faisoient sentir vivement dans la partie postérieure de l'articulation du genou, où passe le tronc du nerf scialique, quoique ce tronc ÿ soit plus recouvert sous la peau, que ne le sont ses rameaux aux endroits marqués par

M. Cotugno (1).

On a aussi pratiqué avec le plus grand succès, pour la cure de la sciatique nerveuse , des inustions aux endroits des orteils où finissent les derniers rameaux du nerf sciatique. Ainsi M. Pétrini a guéri cette maladie, même dans des cas où l'application des vésicatoires avoit manqué de succès, en cautérisant avec un instrument tranchant et rougi au feu, un peu au-dessus des deux plus gros

(1) J'ai guéri notamment , par ce moyen, un postillon qui à la suite d’un coup de pied de cheval, qui avoit porté à Pendroit de la partie postérieure et supérieure du fémur , avoit été pris d’une sciatique nerveuse qui subsistoit depuis plusieurs mois, et qui avoit causé la claudication et l’amaigrissement de cette extrémité inférieure.

DES MALADIES GOUTTEUSES. 103 orteils du pied de l'extrémité affectée (1).

Anthyllus (2) assure qu'il a guéri des sciatiques portées au dernier degré, et qui avoient résisté à tous les remèdes, en faisant une inustion très-profonde à la partie iaférieure du gros orteil de l'extrémité affectée, avec du crottin de chèvre chauffé jusqu'à être ardent. |

L'utilité de cette pratique, et de celle de M. Pétrini, est sensiblement éclaircie par la direction des dernières branches du nerf sciatique, qui se distribuent aux gros orteils (3).

J'ai remarqué à cette occasion, qu'il peut être aussi telle sciatique, dont la cause est dans une altération du mouvement du sang dans les vaisseaux de l'extrémité affectée ; : et qu'alors on peut obtenir un succès singulier pour la cure de cette sciatique, en ouvrant les derniers de ces vaisseaux.

(1) Ten Rhyne dit ( Diss. de Arthritide, p. 130 ), que dans toutle corps il n’est pas d’endroit qui soit … plus sensible à la brûlure, que l’espace qui est entrele pouce du pied et l’orteil qui le suit immédiatement

(2) Cité par Aëtius, Serm. x1r, Cap. 11, p. 207.

(5) Voyez les Tables Anatomiques d’Eustache , xx et xx.

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