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114 TRAITÉ talons vers les fesses. Voici quelle me paroît être la cause de ce mouvement convulsif.
Lorsqu'on plie alors avec violence les jambes qui étoient étendues, on surmonte la résistance, et fait cesser l'effet de la contraction tonique des muscles extenseurs des genoux , quexcitoit l'irritation des nerfs cruraux. Dès-lors on fait prédominer la contraction tonique de leurs antagonistes fléchisseurs du tibia , toujours excitée ( quoiqu'elle ne puisse alors être fixée ) par l'irritation des nerfs sciatiques, et cette contraction acquiert une énergie extraordinaire , qui la transforme en contraction musculaire de ces fléchisseurs, dont rien ne gêne alors le mouvement.
C’est par les premiers effets de la lésion des nerfs cruraux et sciatiques, que les malades que commence d'affecter le mal vertébral, éprouvent d'abord dans les cuisses des douleurs, du froid, et une diminution générale de la sensibilité. 2
Lorsqu'un enfant commence à être attaqué de cette maladie, presque toujours il
plie les genoux , et croise les jambes sous le siége sur lequel il est assis.
L'enfant ou l'adulte qui est convalescent de cette maladie, est porté où détourné le plus facilement à affecter une semblable position , lorsqu'il fait effort pour exécuter un mouvement progressif volontaire. Ainsi il fléchit et croise alors ses jambes, lors même : quil tente de bien diriger ses pieds pour marcher. Ç
M. Pott dit que. dans cet état de foiblesse qui commence la maladie ou qui lui succède, les malaes ne peuvent résister à L’ac-
© tion prépondérante des plus forts muscles de la cuisse sur les parties foibles (1). Mais cette idée est extrêmement vague et insignifiante. |
Ce qu'il faut expliquer, est pourquoi les malades fléchissent les genoux , lorsque le mal vertébral commence ou lorsqu'il se dissipe, tandis qu'ils tiennent les jambes fortement étendues, lorsque le mal vertébral est formellement établi. |
La cause me paroït en être, que dans les temps qui précèdent ou suivent immédia-
(x) Livre cité, p. 125.
tement cette maladie, les origines des nerfs sciatiques et cruraux dans la moelle épi pière , ne sont que foiblement. comprimées :
et non fortement irritées par la lésion des vertebres affectées ; de sorte que cette cause ne produit alors qu'un affoiblissement général de la sensibilité , et de l'influence nerveuse, dans les muscles auxquels ees nerfs distribuent leurs rameaux.
La diminution de cette influence doit faire ( de même qu'il arrive par exemple dans le sommeil } que les forces toniques de ces muscles agissant seules , rendent plus. constante la situation des jambes qui DDR au rapport naturel de ces forces:
Ainsi, le malade affecte l’état de fluxiom des jambes , dans le commencement ou dans la convalescence du mal vertébral , parce que dans cet état de simple affoiblissement nerveux , la contraction tonique habituelle est beaucoup plus forte dans les fléchisseurs des genoux que dans leurs Sue nistes.
Dans la convalescence de cette maladie, le premier retour de la faculté de mouvoir les membres affectés se fait par des mouvemens involontaires ( qui ont lieu surtout
DES MALADIES GOUTYEUSES. 117 la nuit}, et ces mouvemens sont assez généralement accompagnés d’un sentiment fâcheux dans tous les muscles en action.
L'irritation des troncs des nerfs sciatiques et cruraux est alors affoiblie au point de ne pas empécher l'effet des irritations particulières qui peuvent survenir ( directement ou sympathiquement ) dans les rameaux de ces troncs, et ces irritations suffisent pour produire des mouvemens irréguliers et convulsifs dans divers muscles affectés.
Les remèdes internes ne doivent pas être négligés dans les cas rebelles de cette maladie. J'y ai, vu employer utilement pour cal . mer les douleurs, quoique d’ailleurs il n'ait point avancé la cure radicale , l'extrait des feuilles de rhus radicans , que M. Dufresnoy a recommandé pour la paralysie des extrémités inférieures , qui vient à la suite de convulsions. - |
On peut aussi tenter l'usage du camphre, que M. Collin conseille pour les douleurs de l’épine et des cuisses qui sont accompagnées de perte de mouvement , etc.
Mais le traitement dont on a obtenu le plus
généralement de grands succès pour la cure du mal vertébral, est celui qu'a enseigné M. Poit. IH consiste à établir et à éntretenir jusqu'à la guérison des cautères larges et profonds de chaque côté des vertèbres malades qui forment la courbure de l’épine:
M. Poit y emploie ces cautères comme le remède principal, où même comme le seul ( car il exclut tous les autres remèdes qui devroient être appropriés aux constitutions particulières des différens individus ).
Il croit, avec peu de vraisemblance , que.
ces cautères guérissent la carie des corps spongieux des vertèbres , dont la nature unit ensuite le tissu qui a été altéré , et même que leur bon effet ne laisse plus de trace de vice des humeurs qui a été la cause de la carie.
Cette méthode du traitement du mal ver- ‘tébral, qui a été conseillée par M. Pott, lui a généralement bien réussi. Elle a été adoptée heureusement par M. Aaskow, et par beaucoup d’autres.
M. Pott a pu être conduit à cette pratique par un grand nombre d'observations analogues:, qui ont été faites avant lui,
Pringle a guéri une sciatique qui avoit paralysé les jamibes , en faisant cautériser au-dessus de l'os sacrum eh quatre endroits différens. |
De Haën rapporte dans sa Pathologie, qu'un homme aÿant épuisé vainement tous les Secours ordinaires de l’art pour se guérit dé convulsions des parties externes et internes qui prenoient leur origine du dos et des lombes , il fut entièrement délivré par deux caäutères , appliqués l’un au ‘dos , l'autre aux lombes , suivant le conseil que lui donna Albinus.
On a observé plus d’une fois, depuis Hippocrate , qu’un abcès au dos avoit guéri dans des cas d’impotence des extrémités inférietires. Cet abcès étant ouvert, opéroit sans doute une détivation salutaire de la fluxion constante des humeurs sur les vertèbres affectées.
Cette fluxion peut aussi être dissipée par révalsion , et M. Martinenq a vu le mal vertébral guéri par là suppuration d’un abcès survenu au-dessous de loreillé droite.
M. Géniès a guéri par la cautérisation avec le moæa , appliqué à l'endroit des verttbres dorsales affectées, une paralysie des.
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extrémités inféricures causée par la gibbosité des vertébres, qu'on avoit traitée sans succès par la méthode de M. Pott (1).
M. Lentin dit que l'affection paralytique des extrémités inférieures , dont les bossus sont souvent attaqués , est l'effet de la comrression de la moelle épinière, que produit un amas de sérosités qui se sont jetées sur les parties voisines , et qu'après qu'on a évacué ces sérosités par des cautères, et plutôt encore par des inustions profondes ( qu'y a conseillées Pouteau ), il n'est pas rare que les vertèbres même qui étoient déplacées, se remettent Gans leur position naturelle.
Il arrive souvent des cas de mal vertébral, cù les cautères employés selon la méthode de Pott , et même les inustions à l'endroit des vertchres affectées, n'ont point d'effet salutaire , ou qui soit décisif.
Ces cas sont le plus ordinairement ceux cu une partie de la colonne vertébrale s’étant courbée à la suite d'un coup violent, l'irritation des nerfs qui naissent de la moelle épinière à l'endroit des vertébres affectées , : est perpétuée, parce qu'elle se joint à un état
(3) Journ. de Méd. 1788.
particulier chez le malade, de foiblesse et de sensibilité extrêmes de ces nerfs.
L’excitabilité singulière de ces nerfs suffit pour renouveler assidûment ou très-facilement , dans les parties voisines des articulations des vertèbres affectées , des engorgemens qui auroient pu d'ailleurs être dissipés par l'effet des cautères ou des brûlures.
Le vrai traitement qui me paroît convenir dans ces cas difficiles , est celui qu'a proposé en général pour la parésie , le docteur Goëépfert (1).
Ce traitement consiste essentiellement dans un usage assidu , et continué s'il le faut , pendant plusieurs mois, d'applications faites à l'endroit des origines des nerfs des extrémités affectées, de topiques émolliens , auxquels on entremêle , et fait aussi succéder après la cure (s'il le faut pour la compléter ) des topiques fortifians.
Ainsi l'on doit employer les topiques émolliens les plus appropriés , en vapeurs, en fomentations , en cataplasmes ; en onctions, en leur entremélant l'usage de l'on-
(1) Dans les Actes de l’Ac. Joséphine, t. 1, p. 150 et suivantes de la traduction.
122 TRAITÉ guent nervin ; et l’on doit faire suivre alter= nativement d’autres topiques fortifians , tels que des frictions avec des flanelles pénétrées de fiimées aromatiques , des embrocations d’eau froide faites en reffiontant vers les origines dés nerfs affectés , ét des bains d'eaux thermales sulfureéuses. Mais il ne faut janiais y émployer corhme fortifians , des topiques qui $oiéut Spiritueux ni astringens.
J'ajoute qu'il ne peut être qu'avantagelix de faire prendre , en même temps qu'o emploie ces topiques, les nervins ét les sédatifs les plus appropriés pour remédier à la foiblesse et à la sensibilité extrèmes de toût le systéme dés nérfs.