‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 18 sur 116 · L X VI · texte numérisé non relu

L X VI

| inflammation rhumatique qui affecte les membranes des viscères peut être produite , soit immédiatement , soit par translation à l'intérieur, de l'humeur rhumatique , soit par sympathie de l’état des solides affectés du Rhumatisme , qui existoit auparayant dans les muscles.

Stahl a soutenu que les stases inflammatoires , que le Rhumatisme produit à l'intérieur, se font sans aucune métastase d’une matière morbifique , qui n'existe point dans le Rhumatisme comme elle existe dans la Goutte. Mais il n’auroit pu prouver cette assertion (1).

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. (1) Voyéz ce qui a été dit dans ce livre, n,° x.

M. Tissot a chservé que l'abus du régime.

chaud pour faire suer dans le Rhumatisme , peut le jeter sur les intestins et sur le cerveau ( qui est spécialement affecté, quand on a abusé des narcotiques ).

Il a vu aussi que le Rhumatisme chronique qui se jette sur les viscères , cause , en se portant sur les poumons , des toux opiniâtres qui dégénèrent en maux de poitrine très-graves, en affectant l'estomac et les intestins, des vomissemens et des douleurs de colique horribles , et en attaquant la vessie, des rétentions d'urine , et des maux semblables à ceux que produit la pierre. |

On peut ajouter avec M. Ponsart , que le Rhumatisme qui se porte à l'intérieur, a coutume d'attaquer la partie la plus foible ; par exemple l'estomac chez ceux qui ont fait excès des plaisirs de la table , etc.

La nature rhumatique d’une inflammation interne se manifeste , quand elle survient dans un temps où une attaque de Rhumatisme. qui a coutume de paroître chez le malade n'arrive pas; comme aussi lorsque celle inflammation se produit dans une attaque de Rhumatisme , où les parties externes viennent à être soulagées tout-à-coup

à la suite d’un abus de remèdes spiritueux ou échauffans , d'un refroidissement , ou d'une autre erreur de regime.

Mais il est d’autres signes par lesquels on doit distinguer en général l'inflammation rhumatique d'un viscère, d'avec son inflammation vraie ( soit phlegmoneuse , soit érysipélateuse ). Stoll a très-bien marqué ces signes qui se réduisent aux suivans.

1 L'inflammation rhumatique est par fois bornée dans une seule partie, mais communément elle a plus d'étendue que la yrale. |

2. Il est rare que les inflammations vraies ne soient pas aiguës , au lieu que l'inflammation rhumatique , laissée à elle-même , a communément une durée longue, et qui s'étend souvent à plusieurs semaines. |

5° Si on excepte l’inflammation rhumatique du cerveau, qui est généralement meurtrière , linflammation rhumatique est beaucoup moins périlleuse que la vraie dans les autres viscères , et est rarement mortelle. |

4° L'inflammation rhumatique n'observe point les lois des coctions et des crises , et le plus souvent elle se termine par une réso-

lution benigne. Stoll a vu une inflammation rhumatique de l'estomac , et une autre des intestins , qui ont duré long-temps sans des symptômes fort graves , et qui ont fini par la résolution , quoique le sang qu'on y avoit tiré fût couvert d’une couenne si épaisse , qu'on pouvoit à peine y voir un peu de parlie rouge. |

LXVITL

On observe un état général inflammatoire rhumaiique , qui se porte vaguement sur dif:

rens viscères, lorsque l'humeur mobile, ou la cause quelconque du Rhumatisme est déterminée brusquement à se jeter de l'extérieur à l’intérieur. La fièvre se renouvelle alors ,ou devient beaucoup plus vive ; elle est avec chaleur forte , pouls plein et dur, et des signes d'inflammation qui menace ou affecte plusieurs viscères. | ® Dans ces cas , il faut saigner , suivant que l'indiquent la fièvre, la dureté du pouls, et la pléthore, ordonner des lavemens émolliens , des lave-pieds et même des bains tièdes, et faire boire abondamment de la décoction de fleurs de sureau. L'état fébrile étant promptement modéré par ces moyens ,

on doit s'occuper de rapporter en dehors, le plutôt possible, l'humeur ou l'affection rhumatique.

Pour cette fin il faut donner du camphre joint au nitre, fréquemment et à petites doses; car de trop grandes doses de camphre augmenteroient la chaleur, et forceroient les sueurs par expression, comme Priugle l'a observé. Il faut aussi faire sur les parties qui souffroient auparavant, des fomentations émollientes et des frictions, ét y appliquer ensuite des sinapismes, ou même des vésicatoires. |

Il est des cas où la diffusion de l'humeur de Rhumatisme rentrée, ne produit point d'état inflammatoire plus ou moins étendu; mais d'autres symptômes plus redoutables, comme une affection soporeuse , la difficulté de respirer, l'intermitience du pouls, le refroidissement des parties externes, etc.

Dans ces cas, dont le traitement doit être actif et rapide, M. Vogel fils, recommande avec raison les vésicatoires à la nuque et aux jambes, les frictions aux extrémités , les lavemens âcres répétés, le camphre et le musc pris à grandes doses , avec une boisson chaude abondante. Il ajoute qu'un émétique ordonné

128 | TRAITÉ à propos, peut aussi faire un très-bon effet dans ces cas.

M. Vogel dit fort bien, que ces moyens employés avec\ célérité et suite, arrachent les malades à une mort quelquefois instante, par le retour de \l’humeur rhumatique à la surface du corps, ou par des évacuations critiques. de sueurs\ fortes et puantes, de selles glaireuses, de crachats épais, d’urines troubles et sédimenteuses. Il faut aider et soutenir ces excrétions par des évacuans relatifs, à proportion de ce qu'elles diminuent la

violence des symptômes.

LXVIIT.

Entre toutes les inflammations rhumatiques des viscères, il n’en est point d'aussi commune que la pleuro-pneumonie rhumatique. |

La pleuro-pneumonie rhumatique doit être bien distinguée de la douleur de côté rhumatique qui a son siége dans les muscles de la poitrine. Boerhaave a désigné celle-ci par le nom de pleuritis spuria, et Sauvages par celui de pleurodyne rheumatica.

: Suivant Cullen, on doit regarder comme des espèces sympiomatiques dans le genre de:

la douleur de côté rhumatique , les douleurs de côté que Sauvages a rapportées au genre du pleurodyne , et qui sont causées par les maladies hystériques , le scorbut, la vérole, un anévrysme, le rachitis, etc. Mais il me semble que ce ne peut être que très-improprement qu on rapporte au genre du Rhumatisme, les douleurs de côté déterminées par ces différentes maladies.

Le traitement de la douleur de côté rhumatique, dans ses premiers temps, est facile à déduire de ce qui a été dit ci-dessus. Je. remarquerai seulement à ce sujet, que Simson (1) a vu que dans cette pleurésie rhumatique , si on saignoit dans le commencement, on la dissipoit immédiatement; mais que si on la négligeoit pendant huit jours, elle devenoit fort diflicile à guérir.

Les observations que Stoll a faites dans une épidémie de pleuro-pneumonie rhumatique, ont très-bien établi les caractères par lesquels cette maladie diffère de la vraie inflammation de poitrine.

Elle est généralement précédée, et souvent accompagnée de douleurs rhumatiques

Q) 4ppendig to the Sytem of the W'omb.

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