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des extrémités. Quelquefois elle ne commence pas par un long frisson, mais par un refroidissement court et léger. Le siége de la douleur s'étend dans le bas-ventre, à la région précordiale, ou même à toute la poitrine, et passe souvent d'un endroit à un autre. Le toucher sur l'endroit souffrant y est douloureux, et il n'y a que peu ou point d'oppression et de difficulté de respirer. La langue et la gorge ne sont point arides, mais recouvertes d’une éroûte blanche et muqueuse.
Le sang qu'on y tire est couvert d’une croûte plus dense et plus étendue, que dans la vraie inflammation de poitrine. Les crachats que fait rendre la toux y sont généralement, et dès le ‘principe de la maladie, muqueux , jaunes et sanguinolens; ce qui indique, comme dit Stoil, que le siége de linflammation est dans le poumon, et non pas seulement dans la plèvre et ies muscles intercostaux.
Enfin, cette inflammation rhumatique est moins aiguë, moins périlleuse ( par elle-même ) que la vraie pleuro-pneumonie; et quoique la solution s'en fasse par les crachats, les urines et les sueurs, elle n’est assujettie à
DES MALADIES GOUTTEUSES. 13€ aucune loi fixe pour les jours et mouvemens critiques.
Stoll dit très-bien que l’on reconnoît la nécessité de distinguer la pleurésie rhumatique d'avec celle qui est essentiellement inflammatoire ; mais que ces deux maladies ont souvent une parfaite ressemblance par la force de la fièvre et de la douleur, et par leurs autres symptômes; et qu'alors il n'y a qu'un Praticien très-éclairé qui sache reconnoître la première de ces maladies, qui peut être aussi diflicile à traiter que l'autre, et aussi dangereuse si elle est mal traitée.
La vraie pleuro-pneumonie se joint quelquefois à la rhumatique, et celle-ci se com plique aussi parfois arec la bilieuse. Chacune de ces complications indique une méthode de traitement analytique, réglée suivant que domine le mode essentiellement inflammatoire, ou l'état rhumatique, ou le vice bilieux.
… L'inflammation rhumatique du poumon, lorsqu'elle est dégagée de toute eomplication, est toujours traitée avec le plus grand succès dans son premier temps, par la sai
gnée répétée avec circonspection, et Pi un régime anti-phlogistique.
Mertens a observé qu'il faut d’autant moins multiplier les saignées dans cette maladie, lorsqu'elle tend à devenir putride, suivant la nature de l'épidémie régnante. Mais il a d'ailleurs bien vu, que si c'est l'oppression du poumon qui rend le pouls petit et mou dans cette maladie, il devient plus plein et plus fort après chaque saignée.
Lorsqu'on a suffisamment affoibli l’inflammation par la saignée, et par une grande quaniité de boisson émolliente nitrée prise tiède , il faut suivre une méthode naturelle, ou dont l'objet est d'aider , autant que possible, le travail salutaire de la nature dans la coction et l’excrétioñ critique des crachats.
C’est alors qu'il convient de donner le kermès minéral, à petites doses ( comme d'un quart de grain toutes les deux heures ). Mais Stoll avertit qu'il ne faut pas se hâter de donner un expectorant aussi actif que le kermès. Il a vu que ce remède donné trop tôt, même dans des cas où les maladies étoient presque hors de danger, excitoit quelquefois des mouvemens fébriles, qu'il falloit calmer par la saignée,
Le camphre donné très-fréquemment à petites doses ( comme à un demi-grain toutes les demi-heures ) avec quelques grains de nitre, est aussi un remède salutaire , lorsque malgré les tendances de la mature, cetie maladie reste dans un état de crudité, avec un pouls fréquent et tendu, une inquiétude extrême , et un délire obscur ( Mertens ). |
Mais le premier et le plus usité des remèdes dans l’inflammation de poitrine rhumatique est le vésicatoire appliqüé sur l’endroit de la douleur , après qu'on a fait précéder la saignée. Pringle a plus que tout autre déterminé l'usage de ce remède dans les pleuro-pneumonies rhumatiques, dont les épidémies (ainsi que celles du Rhumatisme ) sont causées sensiblement par les vicissitudes des intempéries de l'air froid, chaud et humide.
J'ai contribué à rendre d'un usage commun en France, l'application des vésicatoires sur la poitrine, dans les inflammations du poumon , el parce que j'ai recommandé cette pratique dans un Mémoire lu en 1756 , à l'Académie Royale des Sciences
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de Paris (1), et dans mes Lecons publiques; et parce que depuis cinquante ans jé l'ai employée avec lé plus grand succès dans les inflammations de poitrine.
On avoit d'abord, dans des paÿs où j'ai pratiqué la médécine , un très-grand éloighement pour cêtte extension de l'usage des véstcatoires. Mais ensuite on y à porté l’emploi de ce remède à l'excès , sans avoir égard aux nombreuses restrictions que jé n'ai céssé d'indiquer Cômme devant borner cette application desvésicatoires , suivant la diversité des espèces et ‘des circonstances des inflamrations de poitrine.
‘Si l'on sait observer les contre-indications de ce remède dans les divers cas dés inflammations de poitrine, on voit aisément que les objections de Tralles contre son utilité dans ces maladies, sont beaucoup trop vagues et trop peu fondées. |
Stoll a dit qu'on ne peut donner de raisons sufisantes du grand succès qu'a pour dissiper la douleur et la fièvre , qui sont par-
(1) Imprhné dans le troisième tome des Mémoires des Savans Etrangers. ;
DES MALADIES GOUTTEUSES. 135 fois très-violentes dans la pleurésie rhumatique, un remède aussi stimulant qu'est le vésicatoire. Il a vu que- ce remède laissoit quelquefois cesser la douleur dans l'espace de trois quarts d'heure.
Il a pensé que ce soulagement est plutôt produit par le stimulus âcre des cantharides qui est résorbé, que par les suites de l’érosion long-temps continuée du lieu affecté par le vésicatoire. Mais cette idée de la résorplion du stimulus est trop hypothétique, et cette théorie est d'autant plus vicieuse, qu'elle a conduit Stoll à une pratique qui est. mauvaise.
En effet, Stoll prétend que dans la pleurésie rhumatique, après qu'on a fait élever des vessies par l'action du vésicatoire, il ne faut point détacher l'épiderme, ni exciter la suppuration, qui causeroit des douleurs inutiles, et augmenteroit la fièvre. Il conseille un procédé aussi défectueux, d'après sa persuasion, que ce n'est point la suppuration , mais le stimulus seul des vésicatoires , qui est utile dans la pleurésie rhumatique. |
. Cependant Stoll lui-même a reconnu ailleurs. l'utilité dont il avoit été d'entretenir
pendant long-temps le flux des humeurs que donnoit la plaie d'un vésicatoire ( par le moyen d'un onguent digestif, auquel on ajoutoit un peu de savon) , pour guérir une migraine causée par la répulsion d'une ophthalmie séreuse ; ophthalmie qu'il rapporte aux inflammations rhumatiques.
Indépendamment de ce que le vésicatoire procure une évacuation salutaire, l'on doit rapporter à d'autres principes prouvyés par l'observation , l'utilité singulière qu'il a dans la pleuro-pneumonie rhumatique.
Il y atténue les crachats que leur viscosité rend trop difficiles à expectorer , et cêét effet, qui est produit, du moins indirectement, peut encore l'être directement par l’action de quelques parties des cantharides qui sont résorbées.
C'est surtout par son effet’ perturbateur { soit sympathique communiqué à la partie affectée , soit révulsif dans l'organe extérieur qui est au-dessus de cette partie } , que le vésicatoire dissipe ( et quelquefois trèspromptement ) l'affection spasmodique, qui existe dans le mode rhumatique inflammatoire de la partie de la plèvre ou du poumon , auprès de laquelle il est appliqué.
Mais ce puissant remède est contre-indiqué , même dans la pleuro-pneumonie rhumatique, toutes les fois qu'elle se rapproche de ces états des vraies inflammations de poitrine où son usage doit être proscrit.
Ces états ont lieu, même dans ces inflammations simples ( et non compliquées de mouvemens irréguliers de la bile, surtout dans les viscères précordiaux ) lorsqu'on peut craindre encore d'’exciter ou d’aggraver Ja fluxion inflammatoire , qui n’est pas assez affoiblie par la saignée et par d'autres évacuations convenables , lorsque le poumon qui souffre cette inflammation , est de plus affecté d'obstructions ou d'engorgemens qui aient précédé . et dont l’irritation par l'effet du vésicatoire peut exciter de nouveiles fluxions inflammatoires sur ce viscère ; enfin , lorsque l’état des forces du malade est tel qu'on peut appréhender que l'excitation qu'aura produite d'abord le vésicatoire , ne soit promptement suivie d'un affoiblissement pernicieux (1).
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(1) J’ai indiqué ces exceptions dans mon second mémoire sur le traitement méthodique des Fluxions, n.0 ix; au second tome des Mémoires de la Société Médicale de Paris, p. 265.