‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 33 sur 116 · A TL · texte numérisé non relu

A TL

M. Plenciz le fils (1) a fort bien observé, que si un homme qui a eu la Goutte, est pris d'une fièvre ou d'une maladie quel- :

conque, surtout au temps où une attaque

(1) Acta ct Observata Medica , p 344.

de Goutte est instante, cette fièvre ou maladie est souvent la cause de la suspension de la Goutte , et non la suite de son empéchement, de sorte qu'alors on ramène souvent la podagre par des évacuations convenables, qui ôtent l'obstacle que souffroit cette opération de la nature.

Il ajoute qu'il est souvent pernicieux de rapporter ces maladies à la Goutte qui a été détournée des articulations pour être portée sur les viscères, et en conséquence d'y faire appliquer de grands vésicatoires , ainsi que d'y donner des vineux et d'autres expulsifs. | | :

Cependant il me paroît que dans ces ficvres, observées par MM. Grant et Plenciz, le vice goutteux de la constitution a pu en.

compliquer la nature, et en aggraver le danger. Ainsi, l'on traiteroit plus parfaitement de semblables fièvres, en ayant égard à l'indication de ce vice général goutteux ( qui peut aussi donner aux humeurs une altération atrabilaire , etc. ), eten suivant une méthode analytique, où lon combineroit avec les évacuans indiqués par la fièvre, des antigoutteux appropriés.

186 TRACTEUR X'TLL ra

Les cas les plus graves de la seconde sorte.

de Goutte interne; sont ceux où la Goutte, invétérée des ârticulatioris a porté auparavant à un très-haut degré lénetvation des solides et la corruption des humeurs: En général, däns cés cas, la terminaison funeste est comme inévitable.

Dans ces cas trés-graves, ou bien une maladie lente et mortelle s'établit à la suite. d'accès courts et fréquens de Goutté aux articulations; ou bien, si la Goutte a resté Jong-temps cachée sans affecter les articulations , elle se développe tout-à-coup dans l'intérieur et cause bientôt la mort.

Ludwig a fort bien observé (1) que ce dérnier cas a lieu, surtout chez les vieillards goutteux, lorsqu'ils abandorinent l’usagé du vin, qui leur donneroit plus de force pour avoir des accès de Goütte articulaire, et lorsqu'ils font trop d’usaäge des plaisirs de lParnour. Il a remarqué que ces vieillards goutteux périsseñt alors, ou par

(1) Dans ses Adversaria Medico-Practica, vol. x. p: à

des affections lentes de catarrhe, d'épuisement des forces, etc., ou bien par des fièvres de mauvais caractère ; catarrhales, intermittentes, et autres.

C'est à la suite des fièvres malignes et funestes des vieillards, qui sont causées par la Goutte interne, que l'on trouve les viscères frappés d’un état gangréneux, que n’a souvent précédé aucune inflammation manifeste. J'ai parlé ci-dessus (1) de ces gangrènes produites par la Goutte interne, qui me paroissoit tenir spécialement à la nature d'atrabile qu’a prise la matière goutteuse, et qui la rend singulièrement corruptrice,

lorsqu'elle a été mise én mouvement par uné:

fièvre aiguë. |

{1) Liv. 1, n.°x.

188 TRAITÉ RE mr CHAPITRE IL

Observations générales sur le traitement de la Goutte des viscères consécutive de da Goutte des articulations.

J: ne m'arrêterai point à exposer en détail les moyens d'empêcher le développement et l'action des causes communes à toute espèce de Goutte interne, qui sont ( comme je l'ai dit ) la disposition de la constitution à l'état goutteux, et l'infirmité relative du viscère que peut affecter la Goutte.

Le régime et les remèdes qu'indique la disposition de la constitution à l'état goutteux, sont les mêmes qui préservent des retours des attaques de Goutte, et j'en ai traité dans le ciuquième Chapitre du premier livre.

Quant aux moyens propres à corriger l'infirmité relative de tel ou tel viscère, qui le dispose particulièrement à être affecté par

la Goutte, ils sont en général les mêmes qui

peuvent préserver chaque viscère des diverses maladies simples qui lui sont particulières. | ne

J'indiquerai d’ailleurs sous les divers chefs des maladies de Goutte interne , qui sont les plus communes , le choix que la nature goutteuse de ces maladies indique entre les préservatifs connus des maladies simples qui leur sont analogues. |

Quand une autre maladie grave survient dans le temps accoutumé des retours de la Goutte , on a conseillé d'appliquer aux pieds du vieux levain mis en cataplasme avec du sel ou du vinaigre , et des vésicatoires aux cuisses. Mais s’il n'y a point de tendance déclarée à la formation de la Goutte aux pieds, ces épispastiques peuvent irriter pernicieusement , s'ils ne sont d'ailleurs indiqués.

On a proposé aussi de faire beaucoup marcher le malade , autant qu'il seroit possible dans ces circonstances. Mais il est douteux si cet exercice pris alors ne rendroit pas au contraire plus diflicile la détermination de la Goutte aux pieds.

Boërhaave dit avoir donné souvent avec

succès dans ces cas, un peu de vin du Rhin très-généreux mêlé d’un peu de suc de citon. Mais ce moyen lui a été suggéré , sans doute , par le fait connu que le via du Rhin et les acides influent très-généralement sur la production de la Goutte aux articulations. Or , cette vue est beaucoup trop vague. Il est peu vraisemblable qu'en général on puisse alors faire naître promptement la Goutte articulaire par un tel moyen, non plus que par d’autres analogues qui ont été proposés pour la même fin. |

Il est pourtant des goutteux chez qui la Goutte aux pieds est rappelée par la boisson d’un seul verre de vin acide ou de vin de Champagne ( comme je l'ai vu arriver ). La reproduction très-prompte de la Gouite aux articulations peut avoir lieu par un moyen aussi simple chez certains goutteux , lorsqu'ils se trouvent d’ailleurs dans des circonstances favorables à cet effet.

Il est possible que chez des malades qui sont devenus goutteux par l'abus de telle boisson spiritueuse , acide , ou autre, l'impression forte de cette boisson sur l'estomac étant renouvelée , fasse renaître par une habitude sympathique , l'affection qui lui est

DES MALADIES GOUTTEUSES. x9E singulièrement liée , ou la détermination de la Goutte sur les articulations.

Je vais présenter d’abord des observations générales sur l'usage des principaux rernédes excitans, qu'on fait prendre d'après Musgrave , dans tous les cas de la Goutte interne , où l’on se propose le porter la Goutte sur les articulations. à

J'exposérai ensuite dans deux articles sé-

parés ce qu'ont de particulier les méthodes

de traitement qui conviennent à chacune des deux sortes de Goutte interne , que j'ai

distinguées ci-dessus, suivant que cette

Goutte est, ou simple ou compliquée.

Musgrave rapporte à un principe uni-

versel tous les traitemens de la Goutte interne, qu'il appelle anomale (1).

Ce principe fondamental de Musgrave ,

est que l'indication générale devant être de

débarrasser le plutôt et le plus sûrement possible de la matière goutteuse l'organe interne qui en est affecté, il faut chasser une

Page 1