‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 39 sur 116 · MN NATIF · texte numérisé non relu

MN NATIF

Voici les principales règles que je propose comme devant être suivies pour le choix et

l'administration des topiques ou relâchans ou irritans, dansles divers cas de la Goutte répercutée.

A. On doit ( comme Musgrave la dite en parlant du traitement de la Goutte remontée : à l'estomac ) modérer la force des topiques irritans , si la douleur qu'ils causent peut amener la défaillance. Cette défaillance aggraveroit l'effet le plus immédiatement dangereux de la Goutte interne , et en énervant le système des forces, fixeroit de plus en plus la Goutte à l'intérieur.

B. Il ne faut pas porter trop loin l'usage des vésicatoires et des autres topiques irritans, dont l'abus, en excitant trop l’action des organes extérieurs , devient une nouvelle cause de répulsion de la Goutte s sur les viscères.

Il faut rappeler ici Hd observations ‘de Cullen, qui a vu souvent un vésicatoire appliqué sur les articulations souffrantes , pour résoudre un accès de Goutte régulière , avoir l'effet de la faire rémonter (1); ce qui l’a conduità conseiller dans la Goutte qu'il appelle atonique , de n'appliquer des vésicatoires

(1) Fèrss Lines of the Practice of Physie, n.° 563. IT, 14

aux extrémités, qu'autant que la douleur n’y est point imminente (1).

C. Si les articulations des extrémités qui étoient affectées de Goutte , ont été offensées par une cause manifeste d'une contracture ou crispation, qui a déterminé la répulsion de la Goutte , et qui subsiste encore, les topiques irritans pourroient aggraver l'effet de cette cause, et l’on doit employer les topiques relächans. |

Si au contraire ces articulations sont réduites à un état de langueur sensible ou de stupéfaction, produit par des topiques ou par d'autres causes externes qui ont fait remonter la Goutte, les topiques irritans sont indiqués , et les relâchans seroient visiblement contraires,

Ce choix des topiques est ANA aux cas où la Goutte répercutée menace vaguement différens viscères , et n'en affecte aucun de manière à y produire des symptômes bien marqués de langueur ou d'irritation.

D. Si dans l’état des articulations goutteuses , on n'observe point l’'irritation ou la débilitation, qui a pu avoir lieu lorsque la

DES MALADIES GOUTTEUSES. 21€ Goutte en a été poussée à l’intérieur, on doit se régler sur l’état sensible du viscère qu'affecte la Goutte. Ainsi il faut leur appliquer des topiques relâchans, si c'est l’'irritation ; et des stimulans , si c'est la débilitation qui domine dans les symptômes de l'affection du viscère goutteux.

E. Le plus souvent il faut régler le choix des topiques , suivant que l'irritation ou la débilitation se combinent , et dans le viscère affecté , et dans les articulations goutteuses. Ces combinaisons se bornent aux suivantes.

Une langueur insolite dans les fonctions du viscère affecté , peut être jointe à une irritation vive dans les extrémités goutteuses. Alors il faut leur appliquer des topiques relächans , en même temps qu'on applique des topiques stimulans sur d’autres articulations qui paroissent disposées à la Goutte. :

L'irritation vive dans le viscère affecté, peut concourir avec une débilitation inaccoutumée des extrémités goutteuses. Dans ce cas on ne peut se proposer d'affoiblir lirritation de ce viscère, que par une révulsion qu’opèrent des topiques stimulans appliqués sur les articulations de ces extrémités.

Les articulations des extrémités d'où la

12 TRANTÉE

Goutte est remontée , et le viscère qu’elle occupe, peuvent être pareillement dans un état manifeste ou d'irritation , ou de langueur dominante , et l’on voit qu'il faut appliquer des relâchans à ces extrémités dans le premier cas, et des stimulans dans le second.

Cependant il est dans ce dernier cas une exception que peut présenter l'œdème du poumon (1); où malgré la foiblesse des extrémités , il est à propos de les relâcher par l’application de l’eau chaude , en même temps qu'on applique des topiques stimulans sur des parties voisines des articulalions où siégeoit la Goutte.

F. Lorsque l'affection goutteuse d’un viscère a été soulagée par la formation imparfaite de la Goutte dans une articulation , il ne faut point appliquer sur cette articulation, des topiques relâchans , qni pourroient dissiper cette terminaison salutaire de la fluxion goutteuse. Cest ce que j'ai observé dans le cas suivant.

J'ai vu un malade qui , après une colique arthritique , fut pris d'une oppression de poitrine, et eut ensuite tous les autres symp-

rs

(1) J’en donnerai la raison ci-dessous au n.° cvr.

tomes d’un œdème du poumon. Chez ce malade , l'oppression fut extrêmement soulagée par la Goutte qui survint au gros orteil. On voulut y fixer la Goutte par un pédiluve avec l’eau chaude qui n’eut point cet effet, et qui au contraire renouvela l’oppression; mais ensuite on appliqua un sinapisme au pied, qui n’y rappela point la Goutte, et qui cependant eut un effet très-marqué pour diminuer l'oppression de poitrine.

Cinquièmement. Les remèdes fortifians les plus convenables pour assurer les bons effets des remèdes internes et externes, par lesquels on doit satisfaire aux indications précédentes , sont les martiaux et les stomachiques, surtout les amers, auxquels on a attribué une vertu balsamique, tels que le trèfle d’eau, la racine de gentiane et la quassia ou le bois amer de Surinam.

Les sitomachiques aromatiques peuvent aussi être d’une grande efficacité dans les mêmes vues, et leur action peut être plus généralement appropriée en la modifiant.

C'est peut-être à ce qu'on lui donne le lait pour véhicule, que tient en partie l'efficacito

Page 1