‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 42 sur 116 · X X VII · texte numérisé non relu

X X VII

Pour bien voir toute l'étendue et la di-.

versité des traitemens quexigent les indi-

. cations qui co-existent ou qui se succèdent ‘ dans les complications dont je parle , je crois

, nécessaire de rappeler ici un principe fon-

damental sur les méthodes mes du traitement des maladies compliquées , que j'ai enseigné et exposé avec tous les développemens nécessaires dans ma Thérapeutique, ou dans mes Leçons générales sur la méthode dans l’art de guérir. |

J'observe que la doctrine qu'a enseignée Galien (1) sur l'ordre dans lequel on doit suivre les indications diverses des maladies compliquées, a été rejetée avec raison par plusieurs médecins des derniers siècles, comme Vallésius, Salius Diversus , et autres, qui cependant n'en ont point substitué de meilleure.

Toute méthode analytique di traitement de deux ou de plusieurs maladies compliquées entre elles, doit être formée , et suivant l'ordre d'importance respective que présentent les indicalions de chaque maladie élémentaire ou composante , et suivant l’ordre de combinaison ou de succession Le plus avantageux, dans lequel on - peut distribuer les traitemens partiels qui remplissent ces indications de chaque maladie élémentaire.

QG) Meth. Med. NL Gi MIR |

C'est d'après ce principe général, qu'il faut régler les méthodes de traitement de la Goutte interne qui est déterminée par une autre maladie , avec laquelle elle se complique.

Il seroit déplacé de vouloir faire l’énumération de toutes les indications particulières qui sont propres à chacun des divers genres de maladies, dont on voit le plus communément des espèces goutteuses.

Mais il suffit d'observer en général, qu'il est nécessaire de combiner dans le traitement de ces espèces, les indications propres à chacun de leurs genres ( comme peut être une inflammation , ou autre lésion du viscère affecté, et les indications qui appartiennent au caractère goutteux qui spécifie

ce genre.

X X VIIT.

On doit tâcher de dissiper la matière goutteuse qui est contenue dans l’intérieur du corps, par des évacuations ou du sang, ou des humeurs excrémentitielles { par les se!les, les urines, et par la transpiration augmentée ) , toujours en choisissant celles qui conviennent au genre de maladie dont on

traite l'espèce goutteuse.

C'est le plus souvent lorsque la maladie primitive, ou autrement compliquée avec la Goutte interne est fort afloiblie, qu'il est le plus avantageux de combattre la détermination de la Goutte sur le viscère affecté, par des remèdes diaphorétiques et autres expulsifs, qui ne soient point contre-indiqués par cette maladie primitive, C’est surtout alors qu'il convient d'empioyer des topiques attractifs, qui portent et fixent les mouvemens ou les humeurs de la Goutte aux articulations des extrémités.

Ce ne peut être suivant un seul et même ordre, qu'on doit embrasser en même temps, ou se faire succéder les différentes indications du traitement des maladies compliquées de Goutte interne. C'est pourtant ce qu'on a supposé dans toutes les méthodes que Musgrave ou d’autres ont prétendu dedoir être d’une application perpétuelle dans ces maladies goutteuses.

. Grant a rapporté (1) un cas où la Goutte des articulations étoit compliquée d’une fausse péripneumonie. Il combattit avec succès cette maladie compliquée, qui se termina

à) Livre cité, p. 34-5.

Er)

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par l'expectoration, après des purgations

abondantes. La Goutter dura encore quatorze jours , et il n’en revint une autre attaque qu'après un intervalle plus long qu'à l'ordinaire.

Il me paroît que le succès que Grant obtint dans ce cas ne fut point dû , ainsi qu'il l'a pensé, à ce qu'il combattit la fausse péripneumonie sans avoir égard à la Goutte , mais au contraire, à ce que les remèdes, par lesquels il traita cette fausse péripneumonie, se trouvérent être aussi en même temps utiles contre la podagre. ,

En effet, il ne put que détruire la surabondance des humeurs goutteuses, par les évacuans des premières voies qu'il ordonna, et par les diaphorétiques actifs qu'il fit prendre durant tout le cours de cette maladie.

Ces derniers remèdes durent aussi soutenir constamment la fluxion de la Goutte sur les articulations, et empêcher sa rétrocession à l'intérieur.

Lorsqu'une autre maladie est compliquée avec la Goutte dans un viscère, et qu'il y

a en même temps une rétrocession de la.

Goutte qui étoit formée aux articulations , on voit qu'entre les indications combinées qu'on doit se proposer , il faut remplir d’autant plus promptement celle de reporter la Goutte sur les articulations. :

Mais d’ailleurs dans cette espèce de Goutte interne compliquée , lors même qu'il n’y a point de rétrocession de la Goutte des articulations, l'indication d'y porter la Goutte est toujours urgente dans les cas où lon a lieu de croire que la nature tend à une attaque de Goutte articulaire qui fera la termi= naison critique de la maladie.

L'un de ces cas est, quand ïil a coexisté avec la maladie qui complique la Goutte d'un viscère, une disposition manifeste à une attaque instante de Goutte aux articu- —lations, qui est comme suspendue par cette maladie. 42

Un autre de ces cas, et quand la maladie compliquée avec Hi Goutte interne, est une fièvre inflammatoire aiguë, d'autant que les fièvres de ce caractère qui surviennent aux goutteux; affectent ordinairement cette terminaison critique par une Goutte articu-

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